La marine de guerre hellénique (en grec moderne : , abrégé ΠΝ) est la force navale des forces armées grecques, fondée de facto en 1821 Site officiel de la marine de guerre hellénique et officiellement en 1828, en tant que force officielle de l’État. La marine grecque moderne prend ses racines dans les forces maritimes des différentes îles de la mer Égée, qui ont combattu durant la guerre d'indépendance grecque. Pendant les périodes de la monarchie (1833-1924 et 1936-1973), elle portait le nom de Marine Royale (en grec moderne : , abrégé ΒΝ).
Cependant, l'histoire de la marine grecque existe déjà dans les récits d'Homère, l'Iliade et l’Odyssée, datés du En effet, à l'occasion de la guerre de Troie, il est fait état d'une expédition qui est .
La devise de la marine grecque est . Il s'agit d'une citation de Thucydide rapportant le discours prononcé par Périclès à la veille de la guerre du Péloponnèse, signifiant « C'est une chose importante que la maîtrise de la mer »La Guerre du Péloponnèse, livre 1, ch. CXLIII, trad. Jean Voilquin (en ligne). L'emblème de la marine hellénique se compose d'une ancre sur laquelle se croisent la croix chrétienne et le trident : la croix symbolisant l'orthodoxie grecque et le trident symbolisant Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Les paroles de Périclès sont inscrites dans la partie supérieure de l'emblème.
La marine grecque a pour mission de protéger les eaux territoriales contre toute intrusion. Elle est placée sous l'autorité de l'état-major général de la Marine hellénique.
La marine de guerre antique
L'origine de la marine hellénique n'est pas connue : depuis la préhistoire, les Grecs ont développé des sociétés côtières tournées vers les ressources marines. Naturellement, afin de se protéger, ils développent également des unités organisées de marine. Dans le récit légendaire de la guerre de Troie, il est fait état d'une première expédition navale panhellénique : ce récit, qui s'étale sur plus de dix ans, raconte également le retour des marins. Les Grecs ont déjà une bonne expérience dans l'art de la construction navale. Selon Homère, les navires du sont rapides et creux. Livrés avec deux rangs de rames, ceux-ci ont de pour les rameurs. Ainsi, lors des et , les Grecs dominent toutes les côtes de la Méditerranée. Commençant la navigation dans la mer Égée, ils ouvrent de nouveaux horizons, des colonnes d'Hercule (Gibraltar) à la mer Noire. Des centaines de colonies sont fondées autour du bassin méditerranéen. En 480 , les longues trirèmes athéniennes battent les grands navires, maladroits du roi de Perse dans le détroit de Salamine. Athènes devient la première puissance navale en Grèce et ses défenses sont renforcées par la construction des longs Murs reliant Athènes au Pirée. Au cours des et , les équipages des trirèmes atteignent 170 rameurs et 30 officiers.
Histoire contemporaine L'histoire de la marine de guerre hellénique commence avec la naissance de la Grèce moderne.
La marine pendant la révolution
vignette|gauche|180px|La destruction du navire amiral ottoman à Chios par Konstantínos Kanáris en 1822. Toile de Nikifóros Lýtras.
L'histoire de la marine de l’État grec débute réellement en 1821. Au début de la guerre d'indépendance grecque, les forces navales des Grecs se composent essentiellement de la flotte marchande des îles du golfe Saronique (Hydra et Spetses) et de Psará. La flotte est d'une importance cruciale pour le succès de la révolte. Son but est d'empêcher, autant que possible, le réapprovisionnement de la marine ottomane, l'isoler de ses garnisons et des renforts terrestres des provinces asiatiques de l'empire ottoman.
Bien que les équipages grecs soient formés de marins expérimentés, leurs navires ne sont que des navires marchands armés, incapables de résister aux grands navires de ligne turcs dans le combat direct. Les Grecs ont donc recours à l'utilisation de brûlots (en ), avec un grand succès. C'est par l'utilisation de ces navires que des marins courageux comme Konstantínos Kanáris gagnent une renommée internationale. Sous la direction d'amiraux expérimentés, le plus célèbre étant Andréas Miaoúlis d'Hydra, la flotte grecque obtient ses premières victoires et garantit la survie de la révolte dans la partie continentale.
Cependant, alors que la Grèce est impliquée dans une guerre civile, le Sultan fait appel à son plus puissant sujet, Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte. En proie à des luttes internes et des difficultés financières, les Grecs ne réussissent pas à créer une flotte permanente : malgré des succès ponctuels, ils ne peuvent empêcher la capture et la destruction des îles de Kassos et Psará en 1824, puis le débarquement de l'armée égyptienne à Modon en 1825.
vignette|La sortie du brick grec durant la guerre d'indépendance grecque. Toile de Konstantínos Volanákis.
La Révolution est menacée d'effondrement jusqu'au moment de l'intervention des grandes puissances dans la bataille de Navarin en 1827. La flotte égypto-ottomane est vaincue de manière décisive par les flottes combinées du Royaume-Uni, de la France et l'Empire russe, assurant la protection effective de l'indépendance de la Grèce.
Lorsque Ioánnis Kapodístrias devient gouverneur de la Grèce nouvellement libérée en 1828, la flotte grecque se compose de quelques navires vétérans de la guerre d'indépendance. Le premier ministre des affaires navales est Konstantínos Kanáris et le navire le plus puissant de la flotte, à cette époque, est la frégate , construite aux États-Unis en 1825. La marine grecque établit son siège sur l'île de Poros et entame la construction d'une nouvelle série de navires, à la base navale, tandis que les vieux navires sont progressivement retirés. En outre, les efforts se concentrent vers l'éducation des officiers : les jeunes aspirants sont formés à l'école des Évelpides puis ils sont transférés dans la marine, car il n'existe pas encore d'académie navale
En 1831, la Grèce sombre dans l'anarchie dans de nombreuses régions, notamment le Magne et Hydra qui se révoltent. C'est pendant cette révolte que la frégate Hellas, amarrée à Poros, est incendiée par l'amiral Andreas Miaoulis. Capodistrias est assassiné quelques mois plus tard.
La marine royale du roi Othon Lorsque le nouveau roi arrive dans la capitale grecque, Nauplie, en 1832 à bord du navire de guerre britannique , la flotte grecque est composée d'une corvette, 3 bricks, 6 goélettes, 2 canonnières, 2 bateaux à vapeur et quelques plus petits navires. La première académie navale est fondée en 1845, sur la corvette , et y est affecté en tant que directeur. Cependant la formation inefficace des officiers, couplée au conflit entre ceux qui poursuivent la modernisation et les piliers de la tradition des anciens combattants ayant lutté pour l'indépendance, aboutit à une marine limitée et inefficace, n'assurant que la police de la mer et la poursuite des pirates.
Pendant les années 1850, les éléments les plus progressistes de la marine l'emportent et la flotte est complétée par plusieurs navires. En 1855, les premiers navires de fer à hélice sont commandés en Angleterre. Ce sont les bateaux à vapeur , Pliksavra, et Sfendoni.
Croissance de la marine sous le règne de Georges vignette|gauche|Uniformes vers 1890.
Le , après une cérémonie d'intronisation dans sa ville natale de Copenhague et une tournée de plusieurs capitales européennes, le prince Guillaume de Danemark devenu roi des Hellènes arrive à bord du navire amiral grec , pour monter sur le trône en tant que Georges de Grèce. En 1866, lors de la révolte des Crétois, les navires de la marine hellénique ne sont pas en état de la soutenir. Un tel échec conduit à l'éveil du gouvernement au problème de l'insuffisance de la marine et l'adoption d'une politique en déclarant que : . Pour cette raison, la flotte est dotée de navires récents et plus gros, reflétant un certain nombre d'innovations, notamment l'utilisation du fer dans l'industrie de la construction navale et l'invention de la torpille. Par ces progrès, la marine grecque change en efficacité et en apparence.
vignette|droite|Le vers 1900.
Pendant ce temps, à partir de 1878, en raison de la guerre russo-turque et la nécessité d'augmenter la marine grecque, une nouvelle et plus grande base navale est établie à proximité de Faneromeni dans l'île de Salamine. Quelques années plus tard, elle est transférée au cap Arapis où elle demeure de nos jours.
De même, l'académie navale est fondée et Ilías Kanellópoulos en est nommé directeur. Une mission navale française, dirigé par l'amiral Laurent Joseph Lejeune, introduit une nouvelle organisation navale, plus poussée et la formation méthodologique du personnel enrôlé, par la création d'une école de formation dans l'ancien bâtiment de la base navale de Poros. Pendant le gouvernement de Charílaos Trikoúpis, en 1889, la flotte s'accroit par l'acquisition de nouveaux navires de guerre français : , et . Ainsi, lorsque la Grèce entre en guerre contre la Turquie, en 1897, la marine grecque installe sa domination dans la mer Égée, mais ne peut changer le résultat de la guerre sur le continent, qui s'avère être une humiliation nationale.
En 1907, l'état-major général de la Marine hellénique (en ) est fondé, avec alors le capitaine Pávlos Koundouriótis pour premier chef. Après la guerre, en 1897, l'Empire ottoman entreprend un programme d'expansion de sa flotte et en réponse, en 1909, le croiseur cuirassé Georgios Averoff est acheté à l'Italie. En 1910, une mission navale anglaise arrive, dirigée par l'amiral , afin de recommander des améliorations dans l'organisation et la formation de la marine. Cette mission conduit à l'adoption du style anglais de gestion, d'organisation et de formation de la flotte, en particulier dans le domaine de la stratégie.
Les guerres balkaniques (1912-1913) vignette|gauche|L'amiral Pávlos Koundouriótis et l'équipage du Georgios Averoff en 1912.
La marine, peu de temps avant les guerres balkaniques, est composée d'une flotte de destroyers et de cuirassés. Sa mission est principalement offensive, visant à capturer les îles ottomanes de la mer Égée orientale et à établir la suprématie navale dans la région. À cette fin, son commandant en chef, le contre-amiral Pavlos Kountouriotis , établit une base avancée dans la baie de Moudros à Lemnos, directement en face du détroit des Dardanelles. Ayant repoussé les deux tentatives de sortie turques à partir du détroit, à Elli (décembre 1912) et Lemnos (janvier 1913), la flotte grecque obtient la maîtrise de la mer Égée.
Les guerres balkaniques sont suivies par une escalade rapide entre la Grèce et l'Empire ottoman, sur le statut, alors peu clair, des îles de la mer Égée orientale. Les deux gouvernements se lancent dans une course à l'armement naval, la Grèce achetant les cuirassés obsolètes Lemnos et Kilkis, le croiseur léger Elli et commande également deux dreadnoughts, de classe Bretagne, le Basileus Konstantinos et le Salamis et un certain nombre de destroyers. Cependant, avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale , la construction des cuirassés s'arrête.
La première guerre mondiale et après (1914-1940) vignette|droite|Le Lemnos à Constantinople en 1919.