Léglise Saint-Jean-Baptiste est un édifice religieux catholique français de Sceaux (Hauts-de-Seine). Située à l'angle de la rue Houdan et de la rue du Docteur-Berger, elle est inscrite comme monument historique depuis 1929..

Histoire Origines Au se trouve à Sceaux - le village dépendait encore de la paroisse de Châtenay - une chapelle dédiée à saint MammèsÉglise Saint-Jean-Baptiste, Sceaux.. gauche|vignette|Retable de saint Mammès Un autel du est toujours consacré à ce saint dans la chapelle latérale droite du fond de l'église. Il comprend le reliquaire sans doute réalisé en 1726 pour le duc du Maine lors du don d'une relique de saint Mammès par le chapitre de Langres. Le retable a peut-être été peint à la même date, et provient lui aussi de la chapelle du château de Sceaux, mais il ne fut donné qu' au début du , par l'acquéreur du château Jean François Lecomte. Saint Mammès y est représenté en berger tenant sa houlette.

Le célèbre maître-verrier Hirsch a également représenté, en 1898-1899, saint Mammès dans un vitrail situé au revers de la façade : le saint martyr est attaché à un poteau, venant d'apprivoiser le lion qui devait le dévorer, tandis que des soldats romains s'enfuient en arrière-plan.

Au début du , le village de Sceaux devient paroisse, et à l'emplacement de la chapelle est construite, en 1203, une église dédiée à saint Jean-BaptisteAux origines de Sceaux..

Ancien Régime L'édifice fut agrandi en 1476 à la demande du seigneur local Jean II Baillet.

À la suite d'un incendie l'ayant endommagée en 1530, elle est partiellement reconstruite en 1545.

Enfin, de 1719 à 1726, le curé Guy-Louis Baudouin fait faire des travaux d'agrandissements et de restaurations des parties anciennes donnant à l'édifice ses proportions actuellesÉ. F., « L'église Saint-Jean-Baptiste se livre », Archéologia, , , ..

Révolution Le décret de la Convention du transforme l'église en temple de la Raison, qui va servir de mairie, de bureau de bienfaisance, de siège de la Société populaire, de raffinerie de salpêtre et d'entrepôt. Pendant cette période, la châsse de saint Mammès et les archives de la fabrique échappent à un incendie volontaire.

L'inscription sur la façade : , date du , à partir duquel le bâtiment devient un temple de l'Être suprême. Le (17 prairial an III), l'église est rendue au culte.

Du thumb|285px|Église de Sceaux restaurée (état en 2023)

Elle bénéficie tout au long du de travaux d'entretien et d'amélioration, notamment grâce au duc de Trévise. Ville de Sceaux.

Dans le cadre de ces travaux de restauration dans la nef et le chœur, la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Île-de-France a ouvert un chantier de fouilles archéologiques qui a permis la découverte des différents états jusqu'au Moyen Âge et des sépultures des ainsi que des , et pour cette dernière période le caveau vide du duc du Maine et de son épouse.

La partie antique du chœur était vraisemblablement en terre battue, recouverte de plâtre sur radier de pierre à la fin du ou début du avec l'installation d'un mobilier comprenant banquette et autel latéral.

Mobilier vignette|344x344px|Jean-Baptiste TUBY - Le Baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste (réalisé entre 1674 et 1680)|gauche

Sculptures Le Baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste groupe réalisé par Jean-Baptiste Tuby (1635-1700), d'après un dessin de Charles Le Brun pour orner la chapelle du château du duc du Maine, et finalement remis à l'église paroissiale et placé au-dessus du maître-autelGroupe de Tuby de l'église paroissiale de Sceaux. vignette|redresse|Sainte Catherine tenant sa palme et une roue, instrument de son martyre (, détail). Vitraux Les vitraux les plus anciens datent du . Ceux de la nef sont l'œuvre d'Émile Hirsch.

Orgues L'église de Sceaux est le lieu d'une notable activité musicale depuis l'époque baroque. La présence au château de la famille de Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan n'y est pas étrangère, car les princes et la cour se déplacent souvent sur le domaine et à la paroisse.

Le dimanche de Pâques , le O filii de Louis Marchand (qui avait succédé en 1708 à Guillaume-Gabriel Nivers dans l'une des charges d'organiste de la chapelle royale de Versailles), est donné par un orchestre dans lequel jouent les enfants de Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine et de son épouse Louise-Bénédicte de Bourbon, à savoir Louis Auguste II de Bourbon, prince de Dombes, au basson et son frère Louis-Charles de Bourbon, comte d'Eu, au violon.vignette|389x389px|Grand-Orgue restauré de l'église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux|gauche

L'orgue montre un élégant petit buffet " en " de la fin du (peut-être des années 1670-1680Jean Martinod, Répertoire des travaux des facteurs d'orgues à Paris, avant 1855, n° spécial de la revue Connaissance de l'orgue, janvier 1976.), souvent comparé à celui de l'orgue de l'église Saint-Pierre de Montmartre à Paris, bien que ce dernier soit plus ancien plus orné.

L'instrument de Sceaux provient de l'église du couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. Quand le couvent fut fermé, en 1767, et son église démolie, en 1777 car menaçant ruine, l'instrument fut racheté par le curé de l'époque, M. du Fraissy, pour la somme de et installé à la paroisse, sur la tribune actuelle dont le décor est de style Louis XIV, sans pour autant qu'il soit possible d'affirmer qu'elle existait déjà ou qu'elle fut construite pour l'occasion.

L'orgue faillit être détruit pendant la RévolutionVictor Advielle dans son Histoire de la Ville de Sceaux, des origines à nos jours (Sceaux, éd. Charaire et fils, 1883) écrit : .

Très endommagé par des obus français pendant la guerre de 1870, l'instrument est dans un tel état qu'en 1872, la fabrique de la paroisse s'adresse au facteur Aristide Cavaillé-Coll avec qui elle signe, le , un contrat de pour l'installation de 10 jeux dans le buffet ancien, en partie modifié pour l'occasion. L'orgue est livré le et un contrat annuel d'entretien annuel est signé, pour un montant de . Lorsque le facteur Charles Mutin rachète la maison Cavailé-Coll, l'entretien de l'instrument revient au nouveau facteur qui effectue un relevage en 1899.

Le premier ventilateur électrique est installée entre 1905 et 1925 (selon les sources) et un pédalier de 32 notes est installé en 1948 par le facteur Georges Helbig.

Les grands travaux de restauration de 1969-1970, puis de 1977, réalisés par le facteur Beuchet-Debierre redonnent à l'orgue une esthétique plutôt néo-classique et d'importants travaux ont encore été réalisés en 2014 par le facteur François Delangue.

En 2020, l'orgue de la paroisse de Sceaux possède deux claviers et pédalier. La composition est la suivante : vignette|415x415px|Grand-Orgue restauré (2023) de l'église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux|gaucheLe dimanche , après plus de deux années de travaux, le grand-orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux a été béni par Monseigneur Yvon Aybram, délégué par Monseigneur l’évêque de Nanterre, en présence du Père Jean-Baptiste Alsak, curé, et du clergé de la paroisse, de M. Philippe Laurent, maire de Sceaux et d’une nombreuse assistance de fidèles.

Restauré dans l’atelier de Gwenin l’Haridon et Pauline Freyburger, facteurs d’orgues aux Forges-de-Lanouée (Morbihan), l’instrument a désormais la composition suivante : 2 claviers et pédalier, 15 jeux

Organistes René Bürg (1898-1971), titulaire et Maître de chapelle, lauréat de la Schola Cantorum (1920-1923) ; il fit également plusieurs remplacements à l'orgue de la paroisse Saint-Gilles de Bourg-la-Reine dans les années 1950-1960. Christian Gouinguené (né en 1941), titulaire depuis 1968 et dernier Maître de chapelle en titre, élève de Maurice Duruflé (harmonie) et d'Yvonne Desportes (fugue et contrepoint) ; fondateur en 1972 et directeur du conservatoire de Meudon. Georges Bessonnet (né en 1953), co-titulaire depuis 1973 ; également titulaire du grand-orgue de la maîtrise d'Antony à l'Institution Sainte-Marie. Philippe Picone (né en 1968), co-titulaire depuis 1995 ; également co-titulaire du grand-orgue historique de la collégiale Notre-Dame de Vernon.

Curés de la paroisse

Notes et références

Annexes

Bibliographie Victor Advielle, Histoire de la ville de Sceaux..., 1883, lire en ligne Articles connexes Liste des monuments historiques des Hauts-de-Seine

Liens externes

Jean-Baptiste Sceaux Sceaux Jean-Baptiste Catégorie:Monument historique inscrit en 1929 Catégorie:Patrimoine du XIIe siècle