Le de chevau-légers lanciers est une unité de cavalerie polonaise au service de la France, issue de la légion de la Vistule. Créé en 1808 sous le nom de régiment des lanciers de la légion de la Vistule, il est dissous en 1814.

Le régiment s'illustre particulièrement au cours de la guerre d'Espagne où il est craint des Espagnols pour son efficacité.

Organisation

Le , Napoléon ordonne la mise sur pied d'une légion polonaise, formée avec les quelques troupes de cette nationalité présentes en Italie. Cette légion prend la dénomination de légion polacco-italienne au début de l'année 1808, puis passe au service de la France fin mars sous le nom de légion de la Vistule. Le corps aligne un régiment de cavalerie et trois régiments d'infanterie, chaque arme ayant son conseil d'administration distinct.

Le régiment de cavalerie de la légion est créé par décret du sous le nom de régiment des lanciers de la légion de la Vistule. Il est doté d'un état-major de 19 hommes, de quatre escadrons à deux compagnies de 128 hommes chacune et d'une compagnie de dépôt, pour un total de 47 officiers et sous-officiers et hommes de troupe. Chaque compagnie se compose d'un capitaine, d'un lieutenant, de deux sous-lieutenants, d'un maréchal des logis-chef, de quatre maréchaux des logis, d'un brigadier-fourrier, de huit brigadiers, d'un maréchal-ferrant, de deux trompettes et de 105 cavaliers. Le colonel Stanislas Klicki est nommé commandant du régiment en remplacement du colonel Aleksander Rożniecki. La solde est identique à celle des régiments de chasseurs à cheval tandis que l'uniforme hérité de la légion polacco-italienne est conservé.

De 1808 à 1809, les lanciers polonais de la Vistule sont la seule unité de cavalerie de l'armée française à être dotée de la lance, jusqu'à l'attribution de cette arme aux chevau-légers polonais de la Garde. Ils prennent le à la suite de la formation d'un deuxième régiment de lanciers de la Vistule le .. Avec la création de six régiments de chevau-légers lanciers français la même année, le corps est versé dans la cavalerie française le en tant que régiment de chevau-légers lanciers.

Campagnes militaires

En Espagne (1808-1813)

vignette|gauche|Lanciers polonais de la Vistule lors d'une patrouille en Espagne (par Juliusz Kossak, 1875).

Déjà employés, avec le reste de la légion polacco-italienne, lors de la conquête du royaume de Naples en 1806 et de la campagne de Pologne en 1807, en particulier durant les sièges de Gaète et de Dantzig, les lanciers polonais de la Vistule participent l'année suivante à la guerre d'Espagne. Dans les derniers jours d'avril, le régiment arrive à Bayonne avant de se diriger sur Pampelune. Il livre un premier combat aux Espagnols à Mallén le . Deux jours plus tard, deux de ses escadrons prennent part à la vaine tentative du général Lefebvre-Desnouettes contre Saragosse. C'est au cours de ce siège, long de plusieurs semaines, que les lanciers, exaspérés par le feu d'un camp espagnol situé à proximité de la ville, mettent pied à terre et s'emparent de la position.. Les pertes essuyées par les lanciers polonais devant Saragosse s'élèvent, chez les officiers, à un tué et cinq blessés, parmi lesquels le colonel Konopka.

Selon Alain Pigeard, les lanciers intègrent durant l'été le corps du maréchal Lefebvre, qui opère en Espagne. Robert Burnham affirme cependant qu'ils servent sous les ordres du maréchal Lannes de juin à . Ils passent ensuite à la brigade de cavalerie du général Wathier, appartenant au corps, jusqu'en . Ils sont alors détachés brièvement à la division Lasalle avant de retourner, pour quelques mois seulement, au sein du corps. Dès avril, le régiment est en effet transféré au corps de l'armée d'Espagne, d'abord au sein de la brigade Ormancey puis, de à , à la brigade Perreimond.

vignette|Charge des lanciers polonais de la Vistule contre la brigade britannique Colborne à la bataille d'Albuera, par William Barnes Wollen.

À la fin de l'année 1808, les lanciers de la Vistule chargent à la bataille de Tudela le . Ils connaissent cependant un revers à un contre dix à Los Yébenes le . Surpris dans ce village par une force espagnole bien supérieure en nombre, les cavaliers de Konopka parviennent à se frayer un chemin à travers les lignes espagnoles, non sans avoir essuyé des pertes importantes et abandonné à leurs adversaires les bannières de leur régiment. Cette négligence entache profondément l'honneur du corps qui n'a de cesse, par la suite, de vouloir redorer son image.. Le , au combat de Ciudad Real, les lanciers de la Vistule prennent le pont, enfoncent quatre carrés d'infanterie espagnole et les mettent en fuite. Le lendemain, à Santa Cruz de Mudela, sans attendre le reste des troupes, ils défont une nouvelle fois l'armée espagnole.. Ils prennent également part aux batailles de Talavera en juillet et d'Almonacid en août. Le , enfin, la simple présence des lanciers polonais à Ocaña incite le régiment des carabiñeros reales, malmené lors du combat de Los Yébenes, à quitter les lieux.

L'unité, composée en majorité de vétérans, se taille de fait une redoutable réputation d'efficacité sur le champ de bataille et est surnommée les par les Espagnols. Les Polonais se distinguent notamment le à la bataille d'Albuera où, aux côtés du de hussards, ils détruisent en une seule charge la brigade britannique Colborne et capturent cinq drapeaux. Ils continuent par la suite de servir sous les ordres du général La Tour-Maubourg qui commande la réserve de cavalerie de l'armée du Sud. En , ils sont versés à la brigade Lallemand de la division de cavalerie du général Digeon. La même année, lorsque Napoléon donne l'ordre au maréchal Soult d'envoyer le en Russie, le commandant en chef de l'armée d'Andalousie refuse de se séparer de ceux qu'il considère comme ses meilleurs cavaliers. Incorporés à la brigade Sparre le , les lanciers de la Vistule ne quittent définitivement la péninsule Ibérique que le .

Campagnes de 1812-1814

vignette|Tenue des lanciers polonais (peinture de Carle Vernet).

Un peloton dirigé par le lieutenant Boguslawski rejoint l'armée en Russie à la fin du mois d'. Placé à la suite des lanciers polonais de la Garde, il perd cinq hommes, blessés ou prisonniers, dans une embuscade de cosaques près de Borovsk le .Ronald Pawly note que .. Un escadron de marche du régiment quitte à son tour l'Espagne en mais ne fait sa jonction avec les débris de la Grande Armée qu'en décembre suivant ; une poignée de ces cavaliers fait d'ailleurs partie de l'escorte qui accompagne Napoléon lors de son retour en France de Smorgoni à Rovnopol..

En 1813, affecté aux et corps de la Grande Armée, le régiment participe à la campagne d'Allemagne. Il combat à Möckern le , ainsi qu'à Dresde et Hanau.

En , le reçoit les débris du régiment de chevau-légers lanciers qui a été laminé lors de la bataille de Leipzig. L'unité est incorporée au de cavalerie avec lequel elle est engagée, pendant la campagne de France, aux batailles de Montereau et de Champaubert.

Après la première abdication de Napoléon , le régiment est dissous en à la Première Restauration, comme tous les régiments étrangers, sans être recréé par la suite.

Chefs de corps

1807-1811 : Jan Konopka 1811-1812 : Stanislas Klicki 1812-1813 : Ferdynand Stokowski 1813-1814 : Casimir Tanski 1814-1814 : Andrzej Tomasz Łubieński

Uniformes

Guidon

Personnalités

Gaspard Hug, comme lieutenant-colonel

Bibliographie

. . . . . .

Notes et références

Notes

Références

Articles connexes

Légions polonaises (armée française) Unités de volontaires polonais au service de la France Cavalerie polonaise Duché de Varsovie Lanciers polonais de la Garde impériale

Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute