La bataille de Varsovie (), aussi connue sous le nom du « Miracle de la Vistule » () fut la bataille décisive de la guerre russo-polonaise (1919-1920), qui débuta après la fin de la Première Guerre mondiale. Elle fut remportée par les troupes polonaises de Józef Piłsudski sur l'armée bolchevique commandée par Mikhaïl Toukhatchevski.
Présentation La guerre polono-soviétique de 1919-1920 oppose la Russie bolchévique à la Pologne qui retrouve son indépendance en 1918, après la Première Guerre mondiale. Les Polonais combattent pour défendre leur indépendance, perdue depuis 1795. Les Bolchéviks étaient les maîtres de la Russie depuis la Révolution d'octobre 1917 et donc d'une partie de la Pologne.
La Pologne obtient son indépendance de facto le , par le retrait imposé par l'armistice aux unités d'occupation allemande et austro-hongroise. La Deuxième République Polonaise peut émerger. Le Petit traité de Versailles, appelé traité des minorités polonaises, signé à Versailles le , trace entre l'Allemagne et la Pologne une frontière mais élude le problème de la frontière orientale de cet État ainsi reconstitué. De ce fait, sur les limites orientales de la jeune République polonaise, les Alliés laissent le champ libre aux différentes armées qui s'affrontent sur le terrain.
Prélude à la bataille vignette|gauche|Char Renault FT du de chars de l'armée polonaise durant la bataille de Varsovie.
À la suite des victoires de l'Armée rouge sur les Russes blancs assistés par les puissances occidentales, Vladimir Lénine, chef du nouveau gouvernement de la Russie communiste, est optimiste. Son armée tente, au fur et à mesure des retraits (imposés par l'armistice) des forces allemandes et austro-hongroises, de récupérer les territoires perdus par la Russie pendant la Première Guerre mondiale. Pour Lénine, la Pologne est aussi la route la plus courte vers Berlin pour y soutenir la future révolution prolétarienne qu'il appelle de ses vœux.
En , une offensive polonaise vers l'Ukraine appelée opération Kiev est lancée. Kiev est occupée par une armée polonaise commandée par le général Edward Rydz-Śmigły. Mais cette avancée est stoppée lorsque le commandement polonais est informé d'une offensive massive de l'armée rouge plus au nord. En effet, le commandant de l'armée rouge du Front Nord-Ouest, Mikhaïl Toukhatchevski, a entamé le une offensive en direction de Varsovie avec une forte supériorité numérique. Pour Mikhaïl Toukhatchevski, . Les batailles décisives commencent au nord des marais du Pripiat.
Le , l'armée rouge, aidées par ses alliés lituaniens, reprennent Wilno, puis le Grodno. L'armée rouge se trouve maintenant en position d'envahir la Pologne. Son commissaire de guerre Léon Trotsky est contre la poursuite de l'opération, mais Lénine décide de la prolonger. Le , l'armée rouge arrive sur la ligne ferroviaire reliant Lidzbark à Dęblin. Les Polonais retranchés dans Modlin complètent la ligne de défense de Varsovie.
Le commandement polonais est conseillé par 400 officiers d'une mission militaire française conduite par Paul Prosper Henrys, dont le futur Général de Gaulle qui ne reste sur place à Varsovie que six jours, et également par une mission militaire britannique de moindre importance. Ces officiers, répartis dans les instances du commandement polonais, jouent un rôle important dans la formation des cadres militaires polonais, l'amélioration de l'organisation et de la logistiqueTomasz Schramm, Francuskie misje wojskowe w państwach Europy Środkowej 1919–1938, Poznań 1987.Tadeusz Wojciechowski, Zawartość źródłowa tek Teslara - ..
De plus, dès le début de l'avance de l'armée rouge, Pilsudski a réclamé des renforts en matériel de guerre qui sont acheminés d'urgence. Les formations en retraite sont complétées et rééquipées.
Devant l'enchaînement des défaites, l’épiscopat polonais participe à la mobilisation des territoires polonais en faisant lire dans les églises les appels des autorités polonaises à la mobilisation et en faisant prier pour une victoire polonaise. Le , jour de l’Assomption, ils sont exaucés, d'où le nom de « miracle sur la Vistule » donné par les catholiques polonais à cette bataille.
La bataille thumb|250px|left|Positions des troupes avant la bataille
La défense de Varsovie est constituée de deux lignes de défenses commandées par le général Franciszek Latinik. La première ligne court le long de la rivière Rządza par Wołomin vers Okuniew et la deuxième ligne de Pustelnik vers Kobyłka. Dans les environs de Jabłonna, la d'infanterie est laissée en réserve.
Toukhatchevski continue à avancer vers l'ouest. Mais une partie de ces troupes, la armée de cavalerie de Semion Boudienny s'est séparée de l'axe principal d'attaque pour tenter de prendre Lwów (désormais appelée Lviv, en Ukraine) sous l'impulsion d'un commissaire politique encore peu connu, Joseph Staline, qui recherche un succès personnel. C'est un échec complet. Par contre, les autres forces de Toukhatchevski sont aux portes de Varsovie et ont pour projet de traverser la Vistule à Płock, légèrement au nord-ouest de Varsovie, afin de pouvoir attaquer ses défenseurs par l'arrière.
Piłsudski, qui dirige l'armée polonaise, devine l'intention de Toukhatchevski et repasse à l'attaque durant cette manœuvre. L'armée rouge est attaquée sur son flanc gauche par la Armée. Celle-ci sort de la position défensive de la forteresse de Modlin, entre Płock et Varsovie, et passe à l'offensive. Les corps de l'armée rouge sont surpris et hésitent. La détermination des Polonais est forte. L'armée polonaise puis l'armée rouge contre-attaquent alternativement, les positions changent sans arrêt. Le vers midi, la Armée et la Division d'Infanterie de réserve entrent ensemble en action. Le , les Polonais reprennent Radzymin et Ossów. La Armée du général Władysław Sikorski amène finalement les troupes de Toukhatchevski à se replier, ce qu'ils font de manière particulièrement désordonnée : c'est désormais la déroute pour eux.
Le les forces du général polonais Edward Rydz-Śmigły lancent un assaut sur la rivière Wieprz, sur l'aile gauche, toujours, et l'arrière de l'armée rouge qui est détruite. Les Polonais lancent alors une vaste offensive : une première partie des troupes se dirige vers Mozyr (Mazyr), sur le Pripiat, une deuxième partie vers Mińsk, une troisième partie vers Mazowiecki, une autre vers Brest Litovsk, une dernière enfin en direction de Siedlce. Pendant ce temps la Armée polonaise du général Władysław Sikorski brise la défense de l'armée rouge à Nasielsk, obligeant les restes de ses défenseurs à se replier vers Ciechanów, et elle poursuit la Armée rouge en retraite qui est détruite à Kolno le . Cinq autres divisions de l'armée rouge en déroute s'enfuient en Prusse-Orientale. Les autres sont repoussées au-delà du Niémen.
Épilogue thumb|Tombes des soldats polonais tués à la bataille de Varsovie, Cimetière Powązki, Varsovie.
Les Polonais ont fait prisonniers et pris 231 canons. L'Armée rouge a , 500 disparus et . Les Polonais ont , et disparus.
L'échec de l'Armée rouge est un coup dur pour les dirigeants de la RSFSR, surtout pour Lénine. La bataille de Varsovie détermine l'issue du conflit russo-polonais, marque l'histoire polonaise et change probablement le cours de l'histoire en Europe centrale dans l'entre-deux-guerres, en limitant l'expansion de la révolution russe.
Fin septembre, une tentative de Toukhatchevski de tenir le long de la ligne Sejny-Grodno-Volkovysk se solde par une nouvelle défaite. Un armistice est signé à Riga le , qui précède la Paix de Riga signée le .
Références
Articles connexes Jour des forces armées (Pologne) La Bataille de Varsovie, 1920, film réalisé par Jerzy Hoffman en 2011
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