Carla Del Ponte, née le à Bignasco en Suisse, est une magistrate suisse originaire du Tessin.

Anciennement juge d'instruction à Lugano (1981) puis procureur du canton du Tessin. (1985) et procureur général de la Confédération suisse. (1994), elle est nommée en procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda. (TPIR). Elle remplace ainsi Louise Arbour dans la poursuite des personnes accusées des violations les plus graves des droits de l'homme. Afin qu'elle se consacre uniquement au cas de l’ex-Yougoslavie et à la suite de pressions exercées par le gouvernement rwandais, en 2003, le Conseil de sécurité des Nations unies ne renouvela pas son mandat de procureure générale du TPIR et désigna à sa place le magistrat gambien Hassan Bubacar Jallow. Après huit années d'activité, son mandat de procureure du TPIY prit fin le ; elle laissa sa place au magistrat belge Serge Brammertz.

Le , elle succède à Daniel von Muralt comme ambassadrice de Suisse en Argentine avec résidence à Buenos Aires. Ses fonctions prennent fin en février 2011. De à , elle est membre de la commission d'enquête indépendante chargée d'enquêter en Syrie, créée sous les auspices du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Biographie Carla Del Ponte est née en 1947 dans une famille suisse italophone à Lugano. Elle passe son enfance à Bignasco dans le Val Maggia. Durant les premiers temps de sa jeunesse elle voulait d'abord être médecin comme deux de ses frères. Elle rêvait de devenir chirurgien : Karen Lajon, « Les confidences de Carla Del Ponte », Le Journal du Dimanche, 6 mai 2007.. Mais son père, hôtelier de la vallée surplombant Lugano, envisageait pour elle une vie de femme mariée et mère de famille, et non de longues études universitaires. Déjà, son tempérament « bien trempé » l'amènera à négocier avec son père. Ainsi, elle entreprit des études de droit, certes moins longues, mais des études. C'est ainsi qu'elle s'orienta vers le droit. En 1975 elle ouvre son propre cabinet d'avocats. En 1981 elle est nommée juge d’instruction. En 1985 elle est nommée procureur du canton du Tessin à Lugano. En 1994 elle est nommée procureur général de la Confédération suisse. En 1999 elle est nommée procureur général du TPIR et du TPIY par le Conseil de sécurité des Nations unies. En 2003 elle est maintenue dans ses fonctions de procureure générale du TPIY mais son poste de procureure générale du TPIR n'est pas renouvelé. Le , le Département fédéral des Affaires étrangères annonce sa nomination comme ambassadrice de Suisse en Argentine à compter de janvier 2008, après la fin de son mandat au TPIY. Le , elle est nommée commissaire au sein de la commission d'enquête de l'ONU sur la SyrieCarla Del Ponte nommée commissaire de l'ONU sur les crimes en Syrie, Le Point, 28 septembre 2012.. , elle a un fils, Mario Timbal, qui est l'actuel directeur général de la RSI. Del Ponte parle l'italien, l'allemand, le français, l'anglais, et l'espagnol. Études Carla Del Ponte entreprit des études de droit international à l'université de Berne puis à l'université de Genève. Lors de ses études à Genève, elle se passionna pour les cours de droit pénal et de criminologie. . Elle fit aussi des études de droit international en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord où elle obtint son LL.M. (Master of Laws) en 1972. Activités en Suisse

Activités internationales Le le Conseil de sécurité des Nations unies nomma Carla Del Ponte procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) dont les sièges sont respectivement à Arusha en Tanzanie et à La Haye aux Pays-Bas. Dans cette nouvelle fonction, elle instruit et poursuit l’accusation contre les personnes accusées des crimes les plus odieux tels que les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité. Après avoir combattu la plus grande partie de sa vie contre le crime organisé, Carla Del Ponte se retrouva projetée au plus haut niveau juridique des actes de poursuite et des actes d’accusation. Parmi ses dossiers, on retrouve les charniers du Rwanda et les massacres perpétrés en ex-Yougoslavie durant les années 1990 (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Kosovo). Activité de procureur général du TPIR Ses actes d’accusation sont dirigés contre d’anciens chefs de guerre comme Anatole Nsegiyumya (Rwandais Hutu) et Théoneste Bagosora (Rwandais Hutu), ou bien contre des personnalités politiques telles que le premier ministre (Hutu) Jean Kambanda et le bourgmestre de la ville rwandaise de Taba, Jean-Paul Akayesu. À partir de décembre 1999, Carla del Ponte annonce pour la première fois son intention de poursuivre des personnalités du FPR (tutsi), et ouvre une enquête officielle. Carla del Ponte fut dès lors l'objet de pressions de la part de Paul Kagame, qui empêcha la procédureTémoignage de Carla Del Ponte, colloque "le drame rwandais", organisé par le club Démocraties, avril 2014, Paris. Le , le Conseil de sécurité des Nations unies ne renouvela pas le mandat de Carla Del Ponte comme procureure générale du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Elle dut de fait quitter le TPIR, sans que la moindre inculpation d'un quelconque responsable du FPR n'eût été menée, et fut remplacée par un magistrat gambien, Hassan Bubacar Jallow, ministre de la justice de Gambie de 1984 à 1994. Certains voient dans cette mise à l'écart de Carla del Ponte du TPIR une preuve de l'orientation politique pro-FPR du tribunal. Activité de procureur général du TPIY Ses actes d’accusation sont aussi dirigés contre d’anciens chefs de guerre tels que Ratko Mladić (Serbe de Bosnie), Radislav Krstić (Serbe de Bosnie), Ante Gotovina (Croate), Tihomir Blaškić (Croate de Bosnie). Ils sont également dirigés contre d’anciens dirigeants politiques comme l’ex-président de la République fédérale de Yougoslavie Slobodan Milošević, le dirigeant Serbe de Bosnie Radovan Karadžić, le président de la République autoproclamée des Serbes de Krajina Milan Babić. Vu sa ténacité et son opiniâtreté, elle est affublée d'un nouveau surnom de la part de Milosevic et de ses colistiers : « La nouvelle Gestapo ». Lors de son activité, elle évitera une fois de plus la mort à Belgrade, en Serbie. On tire sur les vitres de sa voiture blindée. Son poste très exposé fait d'elle une des personnes sur la planète les plus menacées. Elle est gardée 24 heures sur 24 et ses déplacements sont préparés de façon minutieuse, dix jours à l'avance. Elle fut maintenue à la tête du Tribunal jugeant les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie jusqu'en décembre 2007. Fin du mandat et bilan de ses fonctions au sein du TPIY Après huit années de services destinés à traquer et juger les criminels de guerre, son mandat de procureur général du TPIY prit fin le . Le département fédéral des affaires étrangères (DFAE) suisse la nomma à de nouvelles fonctions. Ainsi, Carla Del Ponte occupe depuis le le poste d'ambassadrice de la Confédération suisse en Argentine et au Paraguay, à Buenos Aires, poste dans lequel elle succède à Daniel von Muralt. Son mandat de magistrate suisse à La Haye aurait dû se terminer fin septembre, mais le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait prié la Tessinoise de rester trois mois de plus. Dans une lettre rendue publique le , le secrétaire général annonça la fin de son mandat et nomma comme nouveau procureur le magistrat belge Serge Brammertz, l'ancien chef de la Commission d’enquête internationale pour le Liban. Entre la création du TPIY et le moment du départ de Carla del Ponte, 161 personnes ont été mises en accusation et 94 accusés ont été jugés définitivement. D'autres procès sont en cours. Durant ses mandats, 91 accusés ont été transférés à La Haye. Le , 4 accusés (en particulier Radovan Karadžić et Ratko Mladić) étaient toujours en fuite et 59 ont été déclarés coupables en première instance. La Chambre d'appel était encore saisie d'un certain nombre de recours formés par ces accusés et confirma la déclaration de culpabilité prononcée contre 37 d'entre eux. 25 accusés étaient jugés dans le cadre de six procès en premiere instance. Trois autres attendaient le prononcé de leur jugement. Seuls 11 accusés attendaient d'être jugés. Enfin, 11 accusés ont interjeté appel du jugement dans cinq affaires. Lors d'un dernier discours face au Conseil de sécurité de l'ONU, l'ex-procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), dénonça le lundi , "l'obstruction délibérée" de la Serbie pour procéder à l'arrestation des ex-chefs politique et militaire Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, accusés de génocide. La magistrate suisse critiqua l'immobilisme des autorités serbes qui avaient Ratko Mladic, alors qu'il se trouvait, et se trouve toujours, en Serbie. En 2004, Radovan Karadzic aurait aussi Philippe Bolopion, « Carla Del Ponte quitte le TPIY "déçue" », Le Monde, 12 décembre 2007., sans être inquiété. Carla Del Ponte a également reproché aux forces internationales présentes en Bosnie après la guerre (1992-1995) de ne pas avoir tenté d'arrêter les criminels de guerre prétextant l' . L'immobilisme des institutions et la fuite, selon Carla Del Ponte, des auteurs , remet en cause selon elle, . Carla Del Ponte demanda au Conseil de sécurité de l'ONU de ne pas fermer les portes du TPIY, dont la date limite d'activité est prévue jusqu'en 2010, tant que les deux fugitifs ne seraient pas jugés. L'un de ses grands regrets concerne Slobodan Milošević, qui mourut d'un (sic) dans sa cellule le sans que le procès ne fût achevé. Il restait à la procureure dix jours, à raison de quatre heures d'audience chaque jour, soit quarante heures, avant de requérir à l'encontre de l'ancien chef d'État la sentence finale qui aurait été, selon elle, la reconnaissance de sa culpabilité et la réclusion à perpétuité. Elle avait déjà préparé son réquisitoire. Elle déclara : . Après huit ans à son poste, Carla Del Ponte déclara partir . Membre de la commission d'enquête sur la Syrie Nommée membre, en , de la Commission indépendante internationale d'enquête pour la Syrie, sous les auspices du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, elle déclare, le , au micro d'une radio suisse de langue italienne, que selon les témoignages recueillis par la commission, , tout en précisant que les enquêtes devaient . Ses allégations ont été démenties par le secrétariat de la commission, à Genève, qui indique que celle-ci n'est pas en possession d'éléments probants . Ces propos sont jugés irresponsables car établis à la suite d'entretiens et « sans preuve incontestable », par la journaliste Ana Maria Luca, qui ajoute que « cela montre sa méconnaissance de la Syrie ». Elle démissionne de la commission d'enquête sur la Syrie en , estimant que cette dernière et accusant ses membres de Syrie : Carla Del Ponte va démissionner de la Commission d'enquête de l'ONU, AFP, 6 août 2017.. Elle affirme être « convaincue » que la communauté internationale dispose d'assez de preuves pour condamner Bachar el-Assad pour crimes de guerreSyrie : Carla Del Ponte « convaincue » qu’Al-Assad pourrait être condamné, Le Monde avec AFP et Reuters, 13 août 2017.. Toutefois, elle déclare aussi : « Au début il y avait le bien et le mal. L’opposition du côté du bien et le gouvernement dans le rôle du mal. Désormais, tous en Syrie sont du côté du mal. Le gouvernement Assad a perpétré de terribles crimes contre l’humanité et utilisé des armes chimiques. Et l’opposition n’est désormais composée que d’extrémistes et de terroristesLibération avec AFP, « Syrie : 'Frustrée', Carla Del Ponte quitte la Commission d’enquête de l’ONU », Libération, 6 août 2017, en ligne.. » Quelques autres cibles et affaires célèbres