L'église Saint-Nicolas de L'Hôpital, du Centre ou encore Saint-Nicolas du Centre, est un édifice religieux dédié à saint Nicolas de Myre, qui a été élevé du au sur un coteau proche de L'Hôpital (Moselle), le long de l'ancienne voie romaine Metz-Mayence-Worms. Elle est considérée comme église et paroisse-mère de toutes les autres paroisses catholiques de L'Hôpital et de Carling.
Histoire thumb|left|Extrait de la carte de Cassini du avec L'Hôpital et son église. thumb|left|150px|Projet de 1752 (extérieur) thumb|left|120px|Projet de 1752 (intérieur) Ce sont les moines cisterciens de l'abbaye de Villers-Bettnach qui sont à l'origine à l’orée de la forêt du Warndt d'une annexe de leur couvent appelée « grange ». Ces moines étaient des défricheurs de forêts et travaillaient souvent loin de leur abbaye. Or la Règle de l'Ordre cistercien exigeait que les moines dormissent au couvent ou sinon dans une « grange ». C'est ainsi que le cardinal Étienne de Bar (évêque de Metz de 1120 à 1162) faisait en 1146 une donation de terrain dans la forêt du Warndt, à l'abbaye de Villers-Bettnach, en vue de la construction d'une telle grange. En 1179, le pape Alexandre III accordait par une bulle papale, sa protection à cette grange connue sous le nom de « Merle ».
Vers 1210, Luccarde de Leiningen, la veuve du comte de Sarrebruck et son beau-frère Henri, premier comte de Deux-Ponts (Zweibrücken), firent don à l’abbaye cistercienne de Villers-Bettnach d’un terrain pour y bâtir un hôpital que la tradition populaire décrit comme hôpital de lépreux, mais aucun texte ne décrit cet établissement comme une léproserie et le nom de L’Hôpital ne figure pas sur la liste des léproseries lorraines connues. Cet hôpital fondé en 1214 et placé sous la protection de Saint Nicolas, se trouvait à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Nicolas, le long de l'ancienne voie romaine Metz-Mayence-Worms. En cette place également s'élevait une chapelle placée sous l'invocation de la Sainte-Trinité et de la Sainte-Croix.
En 1426 cette chapelle est liée à une fondation et rattachée en 1440 à l'abbaye Saint-Nabor de Saint-Avold par volonté de l'évêque de Metz Conrad II Bayer de Boppard. La chapelle est desservie par un vicaire et les paroissiens de L'Hôpital sont enterrés dans le cimetière adjacentRevue du cercle d'histoire de L'Hôpital-Carling Entre Lauter et Merle , Juillet 2001.
En 1695 décède Adam Vellingen, dernier ermite de L'Hôpital. Les habitants de L'Hôpital choisissent ce vieux bâtiment qui était autrefois un hôpital et un ermitage avec sa chapelle pour le transformer en église. En 1700 cette église est terminée, mais en 1752 elle menace de tomber en ruine. Une nouvelle église est reconstruite sur l'ancien emplacement en 1762 et achevée en 1765. Son coût très élevé pour la paroisse s'élève à 2.860 livres. Le chœur de l'ancienne église est conservé. Elle possède un petit clocher sur le toit de la nef, une vaste nef sans transepts, le chœur ancien, une sacristie et est dédiée à saint Nicolas de Myre. Le a eu lieu la bénédiction des deux cloches Sol et Do par l'abbé Claude, curé de Marange et archiprêtre de Saint-Avold. L'église est alors située sur le territoire du comté de Nassau-Sarrebruck mais dessert également la partie du village appartenant au duché de Lorraine, les deux communautés ne formant qu'une seule paroisse. Un extrait de la carte de Cassini du montre L'Hôpital et son église.
Pendant la RévolutionBernard Fick, Entre Lauter et Merle , août 1989. se met en place dès le la Constitution civile du clergé, signée par Louis XVI mais qui sera condamnée par le pape Pie VI. Les prêtres doivent prêter serment sous peine d’être destitués. Les prêtres ayant prêté serment furent appelés « jureurs » et ceux qui refusèrent furent appelés « réfractaires ». Le , le directoire du département de la Moselle et le procureur général syndic baron Henri-Jacques de Poutet (1738-1793) décident de destituer les prêtres réfractaires. Le prêtre en poste dans la paroisse en 1791 était Jean Jacques Kraft originaire de Bouquenom (Sarre-Union). Il était en fonction en tant que vicaire résident depuis Noël 1784. Il refusa de prêter serment en 1791 et exerça ses fonctions en tant que réfractaire jusqu’en 1792, date de sa déportation. Le , un décret républicain enlève le droit de tenir un registre d’état civil au clergé. Sans desservant régulier, les registres de l’église Saint-Nicolas de L’Hôpital portent la marque de nombreux prêtres réfractaires de passage dans la paroisse, dont celle de Jean Harter. Le , la séparation de l’Église et de L’État est instituée. Le concordat est signé en 1801 mais la paroisse ne recouvre un office religieux régulier que le jour de l’Ascension du assuré par Jean Harter, un prêtre originaire de Saint-Avold. Durant la période révolutionnaire, Jean Harter avait été un prêtre réfractaire et déporté en Guyane en tant que curé insoumis. Le successeur de Jean Harter est le vicaire résident Frédéric Nickel (1761-1833), un prêtre originaire de Saint-Avold et également réfractaire durant la période révolutionnaire. Il quitte L’Hôpital en 1805 et est nommé chanoine honoraire de la cathédrale Saint-Étienne de Metz en 1821.
L’église Saint-Nicolas comportait à partir de 1860 un nombre croissant de paroissiens. Desservant à la fois L’Hôpital et Carling, elle devenait le cœur d’une paroisse toujours plus importante et ce grâce à l’industrialisation. Le besoin d’associer beauté et harmonie musicales aux célébrations se faisait sentir dans une population sensible à la musique, comme l’attestent les nombreuses et dynamiques chorales présentes dans la région à cette époque. Le se réunit le Conseil de Fabrique de l’église Saint-Nicolas, qui décide l’achat d’un orgue.
En août 1874, on pose sur la tribune de la nef un instrument comprenant alors 13 registres avec pédalier indépendant du facteur d'orgues Müller de Rehlingen (Sarre).
L'église devenant trop petite, on confie à l'architecte Conrad Wahn, le soin de l'agrandir. On y ajoute un clocher en pierre de taille néogothique qui comprend un narthex ainsi qu'un baptistère. Deux transepts sont ajoutés à la nef et le chœur est reconstruit. Deux sacristies encadrant le chœur sont ajoutées à l'édifice. L'ancien tabernacle du chœur en bois sculpté du est déposé et est placé dans la sacristie Nord. De nouveaux autels sont mis en place.
Le , le Conseil de Fabrique décide également l’agrandissement du jeu d’orgue et la pose d’un nouveau buffet. Les facteurs d’orgues de Rémering dédoublent les capacités de l’instrument et sont à l’origine du magnifique buffet en bois de chêne toujours en place.
Le a eu lieu la bénédiction solennelle de l'église agrandie et restaurée en présence de Monsieur l'abbé Willemin, vicaire général du diocèse délégué à cet effet par Monseigneur Paul Dupont des Loges, évêque de Metz et en présence de très nombreux prêtres et fidèles.
L'église Saint-Nicolas de L’Hôpital desservait également jusqu'à la construction de l’église catholique Saint-Gérard Majella de Carling de 1906 à 1908, la paroisse de cette ville voisine. thumb|right|180px|Statue de Saint Nicolas
Lors de la première guerre mondiale, l'abbé Johann Peter Menger en fonction à L'Hôpital qui doit se présenter à l'armée le pour être formé en tant qu'ambulancier paramédical. Son mal d'oreilles chronique fait qu'il se voit réformé et il retrouve sa paroisse le . Conscients de la terrible tournure qu'allait prendre cette guerre, les réservistes sur le départ passent la nuit du 2 au à l'église paroissiale Saint-Nicolas en suivant des confessions toute la nuit et une célébration eucharistique à deux heures du matin. La grande piété des habitants faisait que les familles des soldats envoyés au front se réunissaient pour prier devant la Croix des Missions située dans le cimetière, tous les soirs à 21h00. Les chroniques de la paroisse rapportent que depuis le avait lieu à l'église Saint-Nicolas tous les matins une sainte messe avec récitation du rosaire et également la prière de litanies avec bénédiction le soir à compter du . Les religieuses de l'ordre Saint Vincent de Paul restées à L'Hôpitalarchives de la Maison Provinciale des Filles de la Charité de Lille mettent à disposition du comité médical leur maison située face à l'église Saint-Nicolas pour en faire un centre de soins appelé lazaret. En 1917, le curé Bour réussit à sauver l’orgue de la convoitise de l'administration Allemande. Les cloches de l'église sont descendues le et partent à la fonte.
Le les premières troupes françaises entrent à L'Hôpital vers 14h00. Vers 18h00 arrivera le du d'infanterie appelé régiment de Berry-au-Bac conduit par le Colonel Bouchaud de Bussy et le commandant Foucault. Le à 10h00 a lieu sur le souhait du Colonel Bouchaud de Bussy entouré de toute la population en liesse une célébration religieuse en l'église Saint-Nicolas avec un Te Deum chanté par les aumoniers militaires français, sous la direction de l'abbé Domergue, vicaire à Saint-Michel de Decazeville (diocèse de Rodez). Le curé Bour de L'Hôpital fit un petit discours aux soldats et aux Spittellois enfin libérés.
En 1922, on remplace la sonnerie manquante depuis la Première Guerre mondiale. Le , la réunion de Conseil de Fabrique signale que les grandes orgues sont hors d’usage et seront bientôt réparées grâce à une heureuse donation de 8000 francs. Les orgues rempliront leur office jusqu’à 1938, date à laquelle la maison Haerpfer et Ermann de Boulay procèdent à une restauration.
En 1940, l'église se trouve en zone occupée juste face à la ligne de front. En 1943, trois cloches sur les quatre qui se trouvaient dans le clocher de l'église Saint-Nicolas sont à nouveau descendues par l'occupant allemand et partent à la fonte. Lors des combats de la libération, L’Hôpital est bombardé du au , l'église Saint-Nicolas est touchée et des vitraux sont détruits.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'église est soigneusement restaurée. Les vitraux détruits sont remplacés et l'on procède au remplacement des cloches. Des fouilles entreprises dans l'église lors de l'installation du chauffage-central dans les années 1950, ont permis de révéler l'existence d'inhumations faites à l'intérieur de l'église, probablement aux , . De nombreux ossements furent trouvés par Monsieur le curé Charles Krummenacker et déposés au cimetière.
En 1979, le curé Charles Krummenacker fait procéder à la restauration des orgues par la manufacture d’orgues Willy Meurer de Rohrbach-lès-Bitche.
En 2007 une très belle restauration intérieure a été réalisée, les colonnettes en marbre qui séparaient la nef du chœur ont été déposées pour se mettre en conformité avec la nouvelle liturgie impulsée par le IIe concile œcuménique du Vatican.
Actuellement la paroisse de l'église Saint-Nicolas est rattachée à la Communauté de Paroisses Saint Antoine des Puits de L'Hôpital - Carling.
Description thumb|left|Vue de l'église Saint-Nicolas de L'Hôpital Architecture L'église actuelle en forme de croix latine se compose d'une tour-porche (1882) avec narthex construite en pierres de taille et d'un chœur reconstruit en style néogothique avec stalles, fresques, vitraux et maître-autel, ainsi que de la nef de l’ancienne église (1762) remaniée en 1951 (plafond à caissons dorés) et de deux transepts dont l'un présente une entrée latérale. À l'entrée de l'église se trouve une chapelle avec une Pietà. Dans la nef du se trouvent de grandes orgues sur tribune, une chaire, des statues et des vitraux. Un baptistère, des confessionnaux, deux autels majeurs doublés d'autels latéraux sont situés au niveau des transepts éclairés par de grands vitraux. Deux sacristies donnent sur l'ancien chœur médiéval reconstruit en style néogothique. Elles sont éclairées par des vitraux et présentent un mobilier ancien.
La chapelle d'entrée vignette|200px|Chapelle d'entrée (1882) et Pietà