Le Consolidated PBY est un hydravion militaire conçu dans les années 1930 aux États-Unis. Il est largement utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, tant par l'armée américaine que par celle d'autres pays alliés, effectuant des missions très diverses (lutte anti-sous-marine, escorte de convois, sauvetage en mer).
Très fiable et capable de parcourir de grandes distances, le a été construit à environ , dont une partie au Canada et en URSS. Il a été utilisé par plus de différents, y compris comme avion de transport civil. sont encore en état de vol, employés comme bombardiers d'eau dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt. D'autres ont été restaurés et sont maintenus en état de vol par diverses associations.
La désignation initiale de l'avion était simplement PBY, avec « PB » pour « Patrol Bomber » (patrouilleur, bombardier), « Y » étant la désignation de Consolidated, son constructeur. Il fut surnommé par les BritanniquesVoir le de l'article Consolidated PBY-5 , en référence à l'Île Santa Catalina en Californie pour respecter leur système de désignation des avions. Les avions fabriqués au Canada étaient eux désignés .
Historique En 1933, l'US Navy émet un appel d'offres pour un hydravion ayant une autonomie de et une vitesse de croisière de . Deux projets sont retenus : le XP3D-1 de la firme Douglas et le XP3Y-1 de Consolidated (Model 28), qui avait déjà produit deux appareils de ce type (le Model 16 civil et le Model 22 militaire). Le premier prototype du fait son vol inaugural le Certaines sources indiquent la date du . à Norfolk (Virginie). Lors des vols d'essais, l'avion relie Norfolk au canal de Panama puis, de là, rejoint San Francisco, démontrant ses capacités.
Le XP2Y-1 présente plusieurs innovations : une aile parasol avec deux renforts de chaque côté en faisant une aile cantilever. Les flotteurs de stabilisation se rétractent pour constituer les saumons de bout d'aile, selon un brevet de la société Saunders-Roe. La coque se compose de deux parties principales comme celle du P2Y. Mais la queue cantilever cruciforme donne de meilleures performances que la double dérive. Un grand dôme d'observation de chaque côté de l'avion facilite les patrouilles maritimes.
Un certain nombre de modifications sont apportés au XP3Y-1, notamment l'installation de moteurs plus puissants et une nouvelle dérive, l'avion modifié recevant la désignation XPBY-1. Il fait son premier vol le .
Production
En 1936, Consolidated commence à livrer à l’US Navy les soixante exemplaires de la version initiale. Le PBY-1 fut livré à l'escadron VP-11F en . Le deuxième escadron à être équipé fut le VP-12, qui reçut son premier appareil début 1937. La deuxième commande de production fut passée le . Au cours des trois années suivantes, la conception fut progressivement perfectionnée et des modèles successifs furent lancés correspondant aux versions PBY-2, PBY-3 et PBY-4 qui diffèrent principalement du PBY-1 par une motorisation de plus en plus puissante.
+Production Consolidated pour l'US NavyModelpériode de ProductionQuantitéPBY-1Sept 1936 – Juin 1937PBY-2Mai 1937 – Fév 1938PBY-3PBY-4Mai 1938 – Juin 1939PBY-5Sept 1940 – Juil 1943PBY-5AOct 1941 – Janv 1945Bridgeman 1946, p. 218.PBY-6AJanv 1945 – Mai 1945
L'avion porta finalement le nom de Catalina, d'après l'Île Santa Catalina (Californie); ce nom fut inventé en , lorsque la Grande-Bretagne commanda ses 30 premiers appareils. Les premières livraisons de Catalina de la Royal Air Force débutèrent début 1941 et ceux-ci entrèrent en service au sein des et escadrons du Coastal Command. Au total, neuf escadrons du Coastal Command furent équipés de Catalina, ainsi que 12 escadrons supplémentaires outre-mer. L'acquisition totale s'éleva à environ 700 appareils, répartis sous les désignations suivantes : Catalina Mk I, Mk IA (PBY-5A amphibie en service uniquement dans la Royal Canadian Air Force), Mk IB, Mk II, Mk III, Mk IVB (PBY-5 de fabrication canadienne, le PB2B-1), Mk IV et Mk VI (version à queue haute de type PBN-1 construite au Canada). Les Catalina Mk V, qui auraient dû être des PBN-1, furent annulés.
En vertu d'un accord conclu entre les gouvernements canadien et américain, des chaînes de production furent établies au Canada, par (sous le nom de PB2B-1) à Vancouver, et par Canadian Vickers (PBV-1) à l'usine Canadair de Cartierville. Les avions de fabrication canadienne servant dans la Royal Canadian Air Force étaient connus sous le nom de Canso A et équivalaient au PBY-5A (avec train d'atterrissage rétractable). Onze escadrons canadiens de l'effectif de guerre territoriale pilotaient des Canso et des Catalina prêt-bail des deux côtés de l'Atlantique Nord et sur la côte ouest du Canada. Deux escadrons « outre-mer » volaient depuis les îles Britanniques, ainsi qu'au-dessus de l'océan Indien.
Engagements Le est initialement conçu comme un patrouilleur-bombardier, un avion avec long rayon d'action capable de localiser et d'attaquer des navires de transport ennemis afin de rompre les lignes de ravitaillement ennemies. Il peut être armé de bombes, de torpilles ou de charges de profondeur pour la lutte anti-sous-marine.
Seconde Guerre mondiale Les américains, canadiens et britanniques assurent la protection anti-sous-marine des convois de bateaux traversant l'Atlantique vers la Grande-Bretagne ou vers Mourmansk en URSS. Malgré l'armement anti-aérien des sous-marins, ils en coulent à eux tout seuls une trentaine (dont le U-156, le U-164, le U-197) plus quelques autres en collaboration avec d'autres moyens anti-sous-marinsVoir le tableau final sur uboat.net - Fighting the U-boats - Aircraft - Consolidated PBY .
Un brésilien coule le U-199 dans les eaux territoriales brésiliennes le ..
C'est un de la Royal Air Force qui, le , retrouve le cuirassé allemand Bismarck qui s'était échappé après avoir coulé le , fierté de la marine britanniqueHow Our Catalina Shadowed the Bismarck.
C'est un de l’Aviation royale canadienne qui détecte les porte-avions japonais approchant de Ceylan le et fait échouer l'attaque contre la flotte britannique de l'océan Indien.
C'est un de l'US Navy qui, le , repère la flotte japonaise s'approchant de Midway et permet ainsi de lancer la première attaque aérienne de la bataille de MidwayArticles : événements militaires - 1942, La bataille de Midway.
thumb|left|Un et son équipage. Pendant la guerre dans le Pacifique, les de plusieurs escadres ont été modifiés pour pouvoir opérer de nuit. Équipés de détecteurs d'anomalies magnétiques, peints en noir, ces (surnommés les « » en référence à leur peinture), attaquent les convois de ravitaillement japonais la nuit. Dans ce rôle, ils coulent de bateaux marchands, en endommagent et endommagent de guerre.
La Royal Australian Air Force (RAAF) utilise aussi des pour des raids nocturnes de mouillage de mines le dans les eaux japonaises. Et notamment dans le port de Balikpapan fournissant du pétrole au Japon. Fin 1944, ils mouillent aussi des mines dans la baie de Manille pour faciliter la reconquête des Philippines par le général Mac Arthur. Ils réalisent aussi des raids contre des ports de la côte chinoise et la base japonaise importante de Rabaul.
Les réalisent de nombreuses missions de sauvetage en mer. C'est un qui sauve du croiseur coulé en pleine mer par un sous-marin japonais au retour de sa mission de livraison de la première bombe atomique. Quand il n'y a plus de place dans l'avion, l'équipage attache des marins sur les ailes de l'hydravion pour pouvoir les sauver.
Autres conflits À la fin de la guerre, les purement hydravions sont retirés du service, mais les versions amphibies sont conservées quelques années. Le dernier , un PBY-6A, appartenant à l'U.S. Navy de réserve, est retiré du service le ..
Le , trois Catalina de la marine argentine participent au bombardement de la place de Mai à Buenos Aires, en prélude de la Révolution libératrice..
De nombreux restent en service jusqu'à la fin des années 1960 dans de plus petites forces aériennes, notamment dans l'armée de l'air brésilienne où ils sont utilisés jusqu'à 1982 à partir de Belém pour des transports militaires le long de l'Amazone dans des régions éloignées et difficiles d'accès.
La France engage ses pendant la guerre d'IndochineDe nombreux détails à ce sujet sont fournis dans l'Histoire de la 28F - Indochine puis la guerre d'Algérie.
Usages civils Usages commerciaux The Double Sunrise thumb| Double Sunrise sur la base de Nedlands en Australie en 1943. thumb|left|Le diplôme du "Secret Order of the Double Sunrise". The Double Sunrise (Le double lever de soleil) (en) était un service de vols commerciaux établi du au entre l'Australie et Sri Lanka après la coupure des lignes aériennes à la suite de la prise de Singapour par les Japonais en 1942.
Du personnel de l'armée de l'air australienne fut sollicité pour piloter des pour le compte de la compagnie aérienne Qantas. Les vols partaient de Nedlands, Crawley ou Pelican Point sur le fleuve Swan à proximité de Perth sur la côte ouest de l'Australie. Ils reliaient la base de la Royal Air Force à Koggala près de Galle située tout au sud de l'île de Ceylan, maintenant Sri Lanka, sur une distance de . Ultérieurement, la ligne fut prolongée jusqu'à Karachi au Pakistan.
Ces vols furent les plus longs (pas en distance, mais en durée) de l'aviation commerciale : de 27 à 33 heures. De ce fait, comme les passagers pouvaient voir deux fois le soleil se lever, ces vols étaient appelés The Double Sunrise. Ces vols devaient respecter le silence radio pour éviter d'attirer des avions japonais. Pour naviguer, ils ne disposaient que d'un compas et de l'observation des étoiles.
L'horaire de départ était déterminé afin de survoler de nuit les territoires occupés par les japonais. Le trajet longeait la côte ouest de Crawley à Exmouth, puis obliquait vers les Îles Cocos ou l'île Christmas, sans cependant les apercevoir. Après le succès des premiers vols, le service devint hebdomadaire.
La charge utile était faible : ou trois passagers avec au plus de bagages ou de courrier. Tous les équipements non essentiels, tels que ceux de dégivrage ou de chauffage avaient été démontés (alors que la température extérieure descendait à et que l'avion est mal isolé). Cependant, le poids au décollage était de , proche du poids maximum au décollage de . Il emportait de carburant. furent réalisées, transportant et de courrier. À l'issue du vol, les passagers recevaient le diplôme du Secret Order of the Double Sunrise.
En , les furent remplacés par des Consolidated B-24 Liberator plus grands et plus confortables. Malgré la difficulté de ces vols, aucun ne fut perdu.
Autres usages civils thumb|Le suédois abattu par les soviétiques en 1952. Des Catalina sont utilisés pour des vols transatlantiques par la American Export Air Lines.
Les Catalina furent utilisés pendant longtemps après la guerre pour des missions de sauvetage en mer et de bombardier d'eau et au moins un par Air France pour des vols en Polynésie française.
Le Commandant Cousteau utilisa un PBY-6A (N101CS) pour ravitailler ses expéditions. Son second fils, Philippe, fut tué dans un accident à bord de cet avion sur le Tage près de Lisbonne.
Le capitaine de la marine chilienne Roberto Parragué réalisa avec un le premier vol entre l'île de Pâques et le continent, ainsi que le premier vol vers Tahiti.
L'affaire du Catalina est le nom donné à un incident pendant la guerre froide où un Catalina de l'armée de l'air suédoise fut abattu par des chasseurs soviétiques au-dessus de la mer Baltique le . L'équipage réussit à amerrir près du cargo allemand Münsterland et put être sauvé... Il faisait partie d'une patrouille de deux à la recherche d'un Douglas DC-3 suédois disparu trois jours plus tôt. On apprit plus tard que celui-ci avait lui-même été abattu par un chasseur soviétique pendant une mission de renseignement électronique.
Variantes Consolidated 28 : prototype.