Le rap est un mouvement culturel et musical (musique populaire) qui tire ses origines du hip-hop. Apparu au début des années 1970 dans les ghettos américains, le rap se caractérise par une diction très rythmée et l’usage de la rimeEncyclopedia Universalis Junior 2007, volume 8.. C'est à la base un moyen d'expression pour revendiquer une certaine manière de vivre à cette époque, le rap prenant un caractère social important quand il souligne les injustices de la société ou un caractère plus égotrip souvent aussi. À partir des années 1980, le rap commence à s'exporter à l'étranger, en France, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, Corée, Sénégal, Afrique du Sud, URSS (puis Russie) et même en Chine.. Le rap se répand dans le monde entier et se propage, devenant l'un des premiers courants artistiques avec des représentants sur chaque continent.

Le plus souvent, un morceau de rap est une succession de couplets séparés par un refrain. Influencé par d'autres genres musicaux (reggae, blues, jazz, rock), le rap acquiert une popularité de plus en plus grande au fil des années 1980. Aux premières heures, les MC () servaient juste à soutenir les DJ, et les parties rappées étaient simplement appelées ( ou ).

En France, le rap se développe à partir de la fin des années 1980. Il peut se diviser en trois ères.. La période classique s'étend de la fin des années 1980 au début des années 2000, marquée par des artistes comme Oxmo Puccino, MC Solaar, Kery James (avec Ideal J), EJM, Assassin (groupe de hip hop français), IAM, NTM. La période de démocratisation commence dans les années 2000., avec des groupes et des artistes comme Booba., Diam's.., Sinik.., Rim'K, Sefyu.., Sniper, Rohff., La Fouine, qui commencent à toucher la population française en général et à enregistrer des premiers succès commerciaux importants.... Enfin, à partir des années 2010, le rap francophone connaît une période d'innovations assez paradoxale, car c'est le début de la fin du rap français, mais aussi le début d'une logique d'expérimentations nouvelles qui ouvrent le rap français à de nouveaux genres musicaux, comme la trap, la drill ou encore le rap « folklorique ».. (le « raï et rap », le « rap celtique », le « flamenco rap », etc.) ; quand le rap expérimente la fusion musicale… Cette période se distingue par la grande variété du rap français.

Étymologie et usage Le Online Etymology Dictionary donne une origine étymologique remontant au début , rappe, signifiant et ayant peut-être une origine scandinave..

Le mot pourrait provenir de , un verbe en slang (argot américain) signifiant ..David Diallo, « La musique rap comme forme de résistance ? », Revue de recherche en civilisation américaine, 2009-1.. Enzo Gonçalves retrace l'usage du terme depuis 1541 avec le sens de Shorter Oxford English Dictionary, troisième édition, révisée, 1970, page 1656.. Le de Wentworth et Flexner donne pour définition Harold Wentworth and Stuart Berg Flexner, Dictionary of American Slang, supplemented edition, 1975, . (1931), puis Harold Wentworth and Stuart Berg Flexner, Dictionary of American Slang, supplemented edition, 1975, ..

« » a également été un terme utilisé dès 1970 pour décrire des voix enregistrées sur l'album d'Isaac Hayes, To Be Continued, avec le titre Monologue: Ike's Rap I, puis son album suivant en 1971, , et plus précisément sur les titres Ike's Rap II, , et ainsi de suite..

On associe parfois au mot rap le rétroacronyme de « », mais ce n'est cependant pas l'origine du mot.

Histoire Genèse Le premier rappeur connu fut Herc, constatant que les soirées les plus dansantes du funk, qui dominaient alors les clubs, house parties et dance-floors, étaient les breaks. Afin de s'assurer un plus grand succès, Herc, qui gagnait alors sa vie grâce à son sound-system, se mit à passer en boucle ces breaks. Ce qui allait devenir l'essence du rap, le choix, puis la confection d'une boucle puissante et prenante était déjà là, bien que de façon artisanale : à ce moment (1974-1976) il n'y avait pas d'autre moyen, pour répéter en continu un passage, que de mettre deux disques identiques et de passer de l'un à l'autre.. La technique fut améliorée par un passionné de matériel phonographique : Joseph Saddler, plus connu sous le nom de Grandmaster Flash. Flash élabora ce qui allait être connu comme le DJ-ing.. Ses premiers essais publics solo ne furent pas des succès, alors il s'associa à Robert Keith « Cowboy » Wiggins, aux frères Glover (Melvin « Melle Mel » et Nathaniel « Kidd Creole ») (Grandmaster Flash et the 3 MCs) en 1978 pour former ensuite les Grandmaster Flash and the Furious Five avec également Mr. Ness/Scorpio (Eddie Morris) et Rahiem (Guy Todd Williams), et révolutionner la musique.

Origines et influences Le rap semble au premier abord avoir des racines dans la culture africaine. Le chant scandé du MC évoque en effet le griot, poète et musicien qui chronique la vie quotidienne ou est invité à chanter lors des célébrations (par exemple un mariage). De même, le retour à une musique fondée plus sur le rythme que sur la mélodie rappelle les polyrythmies de percussions africaines. Cela aurait transité par le jazz (scat et bebop) et surtout par la musique jamaïcaine (une grande partie des premiers DJ et MC étaient d'origine jamaïcaine, et les sound systems jamaïcains ainsi que la pratique du talk-over ont joué un rôle essentiel dans la naissance du rap au cœur des ghettos noirs américains). On parle aussi de l'influence d'une musique d'origine brésilienne, la capoeira (musique, chant, danse-combat, contre l'esclavagisme). Toutefois, d'autres ont aussi évoqué la possibilité d'une origine occidentale de cette expression, en prenant l'exemple des troubadours pour appuyer leur thèse.

L'ancêtre le plus proche du rap est le (« mot parlé »), apparu au début des années 1930 avec le Golden Gate Quartet, un groupe de gospel, avec la chanson . Bien plus tard, quelques groupes confidentiels dont The Last Poets à New York, The Watts Prophets, en Californie, ainsi que Gil Scott-Heron (voir notamment la chanson The Revolution Will Not Be Televised) utilisent la déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection. Parallèlement au , et bien que, par essence, le hip-hop a surtout le funk comme racines, une autre influence possible dans la genèse du rap est l'apparition dès le début des années 1970, du toasting en Jamaïque. Des DJ/animateurs se mettaient à parler-chanter par-dessus des mix instrumentaux de hits reggae (souvent placés en face B de ces derniers) à la radio ou dans les sound systems. Ces mix conçus pour les sound systems ont permis le développement du dub, tandis que cette façon de chanter-parler par-dessus définissait le toasting, ou autre ragga, et du coup les prémices de rap à venir. U Roy est l'un des meilleurs exemples. Le rapprochement avec le rap est évident.

Le hip-hop, lui, est né en 1974 avec DJ Kool Herc, et les premiers raps étaient réalisés par des MC (Maîtres de Cérémonie) qui faisaient des rimes toutes simples pour mettre l'ambiance en soirée. En 1979, quelques mois après, le premier tube rap sort en 45 tours, c'est du Sugarhill Gang, dont la musique est clairement influencée par le funk. En 1980, le groupe punk anglais The Clash intègre le rap dans le morceau .

Les années 1980 sont celles de l'explosion du rap avec des groupes politiques (comme Public Enemy) ou entertainment (comme Run–DMC). Dans la lignée du des punks new-yorkais (le hip-hop fut d'abord surnommé le « punk noir »), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché. Il s'agit d'une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d'une part sous l'influence de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip-hop le moyen d'éloigner les jeunes de la drogue et des gangs et de stimuler leur créativité, d'autre part en tant que témoignage d'une vie difficile (rap « hardcore »). Issu des quartiers défavorisés, le rap à ses débuts est souvent un exutoire au mal-être et aux revendications des jeunes qui les habitent. Les propos violents ou crus sont fréquents, volontiers provocateurs. Le rap est à la fois un phénomène social et une forme artistique à part entière.

En 1982, The Message de Grandmaster Flash est la révolution annoncée. Il s'agit du premier tube hip-hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d'ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu'on entend sur l'enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash (le DJ - concepteur sonore). Le rappeur n'avait pas le rôle de premier plan qu'il a aujourd'hui. Les rappeurs américains tel que Run–DMC critiquent le racisme des blancs dans leurs chansons, la majorité des auditeurs sont alors des Noirs. Les Beastie Boys commencèrent eux aussi à se faire connaître, prouvant et montrant ainsi que la culture hip-hop était bien un mélange de cultures et d'influences noires et blanches. Plus tard, Puff Daddy a calqué la musique rap sur les chants doux très en vogue chez les blancs aux États-Unis.

Âge d'or À New York, la guerre des crews (équipes) se termine. Les crews réunissaient des rappeurs (souvent des dizaines) du même quartier, réunis autour d'un producteur charismatique. Le plus célèbre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui est attribuée l'invention du sampling (échantillons extraits d'autres morceaux puis inclus dans les boucles). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs (luttes) avec les lyricists (paroliers) des autres quartiers. Par exemple, KRS-One, du South Bronx, a défié le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The Bridge is Over qu'il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.

L'âge d'or, c'est donc l'émergence à New York des duos DJ-MC comme Gang Starr (DJ Premier et Guru), Eric B & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l'œuvre de Marley Marl ; et en Californie d'une nouvelle scène Gangsta avec surtout les NWA. À Los Angeles le groupe de rap NWA est fondé par Dr. Dre, Ice Cube, Eazy-E, MC Ren et DJ Yella en 1986, il sévit jusqu'en 1991 après avoir révolutionné le rap. En effet, alors que le rap new-yorkais produit un rap teinté de soul et de jazz à tendance consciente, les NWA créent le gangsta rap, musicalement très inspiré du P-Funk. Il s'agit de raconter leur vécu : les violences policières, les guerres de gangs, et de représenter leur ville Compton.

Leur album est classé comme un monument du hip-hop. Ce groupe permet à la scène rap de la côte ouest d'avoir une visibilité médiatique. Cela est plutôt réussi puisque jusqu'au milieu des années 1990, le rap de Los Angeles l'actualité hip-hop (avec les premiers albums solos de Dr. Dre en 1992, de 2pac en 1991, de Snoop Dogg en 1993, Tha Dogg Pound composé de Daz Dillinger et Kurupt en 1995, etc.) pendant toute cette période avec le Gangsta rap et le G-funk (sample de funk de la côte ouest).