Le TBD est un bombardier-torpilleur américain de la Marine des États-Unis construit par Douglas. Le TBD fut le premier appareil à aile basse de construction entièrement métallique à entrer en service dans la . Il ouvrit une nouvelle ère en matière d'emploi de l'aviation au sein de l’ au moment de son entrée en service avec la flotte en . Il était à ce moment un des avions les plus modernes du monde, mais il fut rapidement rattrapé par les progrès techniques.
Conception Commandé à l’origine le , le TBD entre alors en compétition avec le biplan Great Lakes XTBG-1 ainsi qu’avec l’hydravion à aile haute et deux flotteurs Hall XPTBH-2. Le premier s’avéra instable et ses performances médiocres tandis que l’emploi du second était limité aux bases situées près de la mer ou de plan d’eau.
Le prototype nommé XTBD-1 (qui reçoit l’identification Bu. de la ) effectue son vol inaugural le à Santa Monica, en Californie avant d’être transféré à la Naval Air Station d’Anacostia, D.C. dès le pour y commencer des tests de performances. Cet appareil est propulsé par un moteur Pratt & Whitney WR-1830-60 développant à .
Un total de sont affectés au projet : Lt.Cdr. A.M. Pride, Lt.Cdr. R.E. Jennings, Lt.Cdr. E.W. Litch, Lt.Cdr. T.S. Combs, Lt. W.V. Davis, Jr., Lt. D.S. Cornwell, Lt. J.M. Carson, Lt. C.B. Hutchins, Lt. C.H. Duerfeldt, de l’ et Mr. E.W. Rounds.
Des vols de familiarisation et des évaluations de performances sont conduits à Anacostia jusqu’au avant d’être transféré à N.A.S. Norfolk, en Virginie pour des essais de routine et des vols de nuit. Le , l’avion retourne à Anacostia puis est transféré au Naval Proving Ground de Dahlgren, en Virginie pour des essais de bombardement. Le , la machine revient à Anacostia. Des essais de torpilles sont entrepris à Norfolk du au . Le , l’appareil doit rejoindre l’usine Douglas via la , en Californie. Le Lt. William V. David, Jr. assure le convoyage vers la côte ouest. Le seul incident notable de ce voyage provoquera plusieurs déclenchements d’alarme provenant de la tour de contrôle, l’appareil étant alors le premier à pouvoir manœuvrer au sol tout en repliant ses ailes grâce à son système hydraulique ! Le prototype arrive à North Island le pour y être remis au Bombing Squadron 5B (VB-5B) pour maintenance et préparations de dernière minute avant d’entreprendre des essais de qualification à bord du porte-avions . Le Lt Davis effectue le premier appontage sur le navire américain en attrapant avec brio le brin numéro 2. Avec le Lt. (jg.) George W. Anderson et le Lt. Stuart H. Ingersol, de l’, les trois pilotes réalisent et décollages.
Le XTBD-1 revient sur la côte est des États-Unis en et séjournera chez le constructeur Douglas pendant plus d’un an pour divers essais avant d’être libéré par l’Inspector of Naval Aircraft le . Durant son séjour à Santa Monica, la verrière originelle est remplacée par un modèle bombé faisant penser à une serre avec un capot destiné à laisser libre la protection anti-crash située derrière le siège du pilote.
Le , le XTBD-1 retourne à Anacostia pour évaluer les changements subis et enregistrer d’autres performances. Ces essais se poursuivent jusqu’au , date à laquelle l’appareil rejoint Norfolk pour y subir des essais de mise en service accélérée. Ces essais s’achèvent le , la machine étant ensuite livrée le à la Pratt & Whitney Company pour des expérimentations. Il est ensuite envoyé à la Naval Aircraft Factory pour installation d’armement en . L’appareil rejoint N.A.S. San Diego le pour y être révisé avant d’atteindre Dahlgren pour des essais supplémentaires. Il effectue un bref séjour à la NAF pour des essais de vibrations. Le , l’appareil retourne à Dahlgren et après un séjour de , est envoyé à N.A.S. Norman, dans l’Oklahoma où il restera jusqu’au , date de sa mise à la ferraille.
Les leçons apprises des essais du XTBD-1 pendant une période de , d’ à , seront bien sûr adoptées sur les modèles de série.
Premier modèle de production Le premier contrat de la () attribué à Douglas pour des TBD concerne un lot de (Bu. à Bu. ) construits à l’usine de Santa Monica. Le premier appareil de production Bu. rejoint par les airs Anacostia le avant de rejoindre Dahlgren le pour des tests de bombardement. L’appareil se révèle stable et fiable comme plate-forme de bombardement. Le , le Bu. rejoint la Naval Aircraft Factory pour des essais d’arrêt puis vole vers Norfolk le lendemain pour y subir des essais de torpillage et des tests de vol de nuit. Deux jours plus tard, l’appareil retourne à Anacostia et y séjourne jusqu’au . La machine retourne à la Naval Aircraft Factory pour des essais additionnels puis effectue des allers-retours entre Newport et la Naval Aircraft Factory jusqu’en . Au cours d’une période comprise entre le et le , l’appareil a accumulé totalisant de vol. Les pilotes affectés à son bord étaient : Lt.Cdr. R.E. Jennings, Lt.Cdr. J.F. Bolger, Lt. M.E.A. Gouin, Lt. J.M. Carson, Lt. C.B. Hutchins, Lt. C.H. Duerfeldt et Mr. E.W. Rounds.
Le TBD-1 emportait un équipage de trois hommes, un pilote, un officier torpilleur ou bombardier et un opérateur de mitrailleuse et radio. L’officier torpilleur agissait comme opérateur radio et navigateur jusqu’au moment d’assumer son rôle de torpilleur. Durant une attaque à la torpille, il devait s'allonger sur le ventre sous le siège du pilote et regarder à travers deux ouvertures pratiquées sous l’appareil. Il était alors maître de l’appareil concernant sa vitesse, son altitude et sa position afin d’assurer le bon lancement de son engin. Comme de nombreux appareils navals de l’époque, il était équipé de dispositifs de flottaison dans les ailes assurant un déplacement de d’eau de mer.
Le , le TBD Bu. reçoit de la Naval Aircraft Factory deux flotteurs Edo pour être rebaptisé TBD-1A. Les essais débutent le à Newport, dans l’État de Rhode Island et base de torpilleur de l’. Les essais s’achèveront à Newport le avec deux brefs intermèdes à la Naval Aircraft Factory pour installer des dispositifs radio. Le , les essais du TBD-1A sont suspendus, la machine étant démolie le lendemain.
En service L'appareil Bu. étant toujours affecté aux essais et le Bu. étant destiné à prendre le même chemin, la doit recevoir le troisième appareil de production Bu. . Le Torpedo (VT-3), rattaché au porte-avions l’, est choisi pour recevoir le premier exemplaire de l’usine Douglas en . Juste après son premier atterrissage sur le pont du Saratoga, l’un des officiers présents ne peut s’empêcher de s’exclamer : « Il a tout sauf un évier de cuisine ». Bientôt, la VT-3 dispose d’un effectif de sous le commandement du Lt.Cdr. M.E. Crist.
Le , la commande de plus (Bu. à Bu. ) sous le contrat . La même année, les TBD de la VT-3 prennent part à l’exercice annuel de la flotte. Le Saratoga procède au lancement de ses appareils d’une distance de de Pearl Harbor qui, en utilisant les mêmes tactiques que celles employées par les Japonais trois ans plus tard (le ), simulent une attaque des navires à l’ancre ainsi que les installations de Fort Island.
Le premier accident survient à cause du dispositif de repliage hydraulique des ailes. N’ayant sans doute pas vérifié la position de la commande sur « verrouillé », son appareil bascule sur le côté lors de l’envol, blessant mortellement le jeune enseigne à son bord. Les ailes des nouvelles machines du VT-3 posèrent également un certain nombre de problèmes en matière de corrosion durant les premiers mois d’utilisation.
La VT-2 de l’ fut la deuxième unité à recevoir des TBD. L’appareil Bu. fut le premier à équiper l’unité en recevant le codage 2-T-9. En , l’unité disposait de .
La VT-5 de l’ reçut quant à elle son premier TBD en , le premier exemplaire étant le Bu. le . En , la VT-5 disposait de sur ses listes.
thumb|right|Un Douglas TBD-1 (BuNo 0325, « 6-T-4 ») du « Torpedo squadron » VT-6 basé sur le porte-avions USS Enterprise (CV-6) à l'exercice, lancant une le 20 octobre 1941. La VT-6 de l’ reçoit officiellement son premier TBD-1 à Norfolk, en Virgine, en . Le « Big E », comme fut appelé ce porte-avions au destin extraordinaire, recevra le principal choc des forces japonaises durant la première partie de la guerre du Pacifique.
La VT-8 touche ses premiers TBD le après avoir rétrocédé ses NAF SBN-1 à Norfolk, en Virginie. Le commandant de cette unité, le Lt.Cdr John C. Waldron, s’efforcera d’obtenir la perfection pour accomplir la mission de son squadron.
Les escadrons de torpillage n’avaient pas le monopole des TBD. Le , la VS-71 de l’ reçoit le premier de ses TBD. La VS-42 de l’ prend également livraison de ses premiers TBD. L’Utility Squadron 3, rattaché à l’, un destroyer de ravitaillement, utilisa le du au . Le , le Marine Scouting basé à San Diego, reçut le et le mit en œuvre comme remorqueur de cible jusqu’au , date de son transfert à la VT-3 de l’.
Le , soit dix jours après l’entrée en guerre des États-Unis, la VT-4 est formée à bord de l’USS Ranger. Cette unité recevra huit appareils jusqu’au . Cette même unité recevra le Grumman TBF-1 en .
La VT-7 sur le Wasp reçut le premier de ses quatre TBD le . À cause de l’exiguïté de son pont, le Wasp ne disposait de squadron de torpilleur avant le conflit. Mais après Pearl Harbor, il est jugé opportun d’embarquer une unité de torpilleur disposant du plus grand nombre d’appareils possible afin de fournir au groupe aérien une polyvalence aussi grande que possible.
Bataille du Pacifique thumb|TBD-1 du Torpedo Squadron 6 (VT-6) à Hawaii, en 1941. Au moment de l'attaque de Pearl Harbor, le , le était déjà obsolète, on comptait alors pris en compte de la . Sur ce total, seuls sont en service opérationnel avec la flotte américaine. Les premiers six mois de service de l’appareil en période de guerre allaient s’avérer être les derniers. Il réussit néanmoins à avoir des performances correctes au cours de quelques batailles. Ses performances au cours de la bataille de la mer de Corail furent bonnes et ce furent des qui coulèrent le le Shōhō.
Raid sur les îles Gilbert et Marshall L’appareil prend part à la première action conduite par les Américains contre les Japonais. Le , des machines des VT-5 et VT-6 venant de l’USS Yorktown et de l’USS Enterprise effectuent une attaque au lever du jour contre des îles occupées dans le Pacifique. Une première vague de TBD de l’Enterprise, armé chacun de trois bombes de (environ ), cause des dommages importants à des navires à l’ancre dans le lagon de Kwajalein. Les avions, après avoir regagné l’Enterprise à , se réarment avec des torpilles pour attaquer de nouveau, au niveau de la mer cette fois, des navires japonais. Seuls trois appareils seront touchés par des tirs nippons. Le bilan de cette action s’établit à la destruction de deux navires de transport, à deux sous-marins, un croiseur léger et une canonnière endommagés ainsi que la neutralisation de deux cargos.
Les TBD de la VT-5 décollent du pont du porte-avions à de ce même jour et mettent le cap sur Jaluit. Le mauvais temps s’avère ce jour-là un ennemi plus redoutable que les Japonais eux-mêmes. Les TBD enregistrent des coups au but contre un grand navire de transport, des petites embarcations ainsi que contre des installations portuaires. Plus tard ce même jour, la VT-6 bombarde le terrain d’aviation de Taroa en détruisant des avions au sol, un dépôt de munitions et de nombreux bâtiments.
Pour ces premiers raids aériens, les TBD n’enregistrent que quelques dégâts mineurs de la part des batteries antiaériennes de Kwajalein et de Jaluit.
La deuxième action menée par les TBD intervient le . Des appareils de la VT-6 s’attaquent à Wake en larguant chacun de () (six sous chaque aile) en phase de vol horizontal. Les endommagent 7 des de carburant situés sur la bande de terre de l’île Wilkes et retournent tous au porte-avions. thumb|TBD du Yorktown dans le Golfe de Huon en mars 1942