La bataille des Deux Morins est une bataille de la Première Guerre mondiale qui se déroule du 5 au lors de la bataille de la Marne. Elle oppose d'une part la française (commandée par le général Franchet d'Espèrey) et le BEF (commandé par le maréchal French) aux et allemandes (des généraux von Kluck et von Bülow).
Le , Kluck devant les attaques de l'armée de Maunoury sur l'Ourcq repositionne ses corps d'armée en les repliant vers le nord pour combattre cette française. Ce mouvement crée un vide dans l'alignement allemand masqué par des divisions de cavalerie. Les forces de la française et du BEF avancent dans la brèche à partir du et repoussent les troupes allemandes. Le BEF est opposé aux troupes de la allemande, la française tente de tourner la allemande. Devant ses manœuvres, la allemande doit se replier et entraîne avec elle le repli de toutes les armées allemandes et la victoire des troupes alliées dans cette bataille.
Contexte stratégique Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, les armées allemandes pénètrent en Belgique afin de tourner les armées françaises et les détruire. La française et le BEF sont envoyés en Belgique pour contrer les armées allemandes. Au cours des batailles de Mons et de Charleroi, les troupes alliées sont contraintes au repli pour éviter leur destruction. Cette retraite va durer du jusqu'au , ponctuée par des batailles d'arrêt (bataille du Cateau pour les Britanniques et bataille de Guise pour les Français) pour se dégager de la pression allemande.
La française est affaiblie par la retraite de réalisée pendant presque , elle change aussi de commandant, le général Lanzerac cède son poste au général Franchet d'Espèrey.
Description du champ de bataille Forces en présence Organisation et objectifs des troupes alliées Le , les armées alliées cessent leur mouvement de repli et se préparent à un mouvement offensif pour le lendemain. La française est localisée sur une ligne de front formée par Courtacon, Esternay et Sézanne.
Le corps de cavalerie du général Conneau formé des , et de cavalerie, cantonne dans la région de Provins. Il est chargé d'établir sur la gauche de la la liaison avec l'armée britannique (British Expeditionary Force - BEF), stationnée entre Tournan-en-Brie et Ormeaux.
Le d'armée, à la gauche du dispositif de la , dispose de la à Saint-Martin-des-Champs, de la dans la région de Voulton, Boolot. Une troisième division, la , rattachée au corps d'armée est placée en seconde ligne vers Saint-Brice.
Le de divisions de réserve formé des et est en ligne entre les et d'armée. Il tient une ligne de front entre Beauchery et Villiers-Saint-Georges pour la et entre Villiers-Saint-Georges et Brasseaux pour la .
Le d'armée dispose en première ligne de la entre Brasseau et Écury et la entre Saint-Genest et Fontaine-sous-Montaiguillon. La est en seconde ligne à Villegruis.
Le d'armée est placé en formation de divisions successives. la est à l'ouest de la forêt de la Traconne face à Esternay. La est placée dans la région de Chantemerle.
Le d'armée a la en première ligne au sud de Mœurs en liaison avec le d'armée à Essarts-lès-Sézanne. La également en première ligne est localisée entre Verdey et Sézanne. La , rattachée au d'armée est en seconde ligne à l'est de la forêt de la Traconne.
Organisation et objectifs des troupes allemandes Alors que les troupes de la allemande ont franchi le Petit Morin, von Kluck apprend le que le d'armée de réserve est engagé face à de nombreuses troupes françaises. Il arrête la poursuite des troupes alliées et modifie le positionnement de son armée. Le d'armée est déplacé au sud-ouest de Crouy-sur-Ourcq, le corps d'armée se regroupe sur La Ferté-sous-Jouarre et le d'armée à La Ferté-Gaucher, le d'armée reste stationné à proximité de Joiselle.
La bataille Le Aile gauche, BEF et le corps Conneau Au matin du , les troupes britanniques du BEF sont stationnées à Tournan-en-Brie et Ormeaux, elles commencent un mouvement offensif prudent en direction de Courtacon. Vers , la division de cavalerie est attaquée à Pécy par une brigade de cavalerie allemande appuyée par un ou deux groupes d'artillerie. Cette attaque est finalement repoussée grâce au soutien en artillerie de la de cavalerie française. Vers midi, l'infanterie britannique atteint Champgueffier, le BEF demande le soutien du corps Conneau pour occuper Jouy-le-Châtel et Villegagnon faiblement occupés par les troupes allemandes. Le BEF atteint en fin de journée le Grand Morin de Villiers à Coulommiers et aussi Choisy-en-Brie.
Le corps Conneau a pour mission d'assurer la liaison entre le BEF et le d'armée. À partir de du matin, la de cavalerie se dirige au nord de la forêt de Jouy sur la route entre Provins et Coulommiers pour se lier avec la division de cavalerie britannique vers Jouy-le-Châtel. la de cavalerie se dirige vers Savigny pour établir la liaison avec le d'armée. Durant l'après-midi, le général Conneau reçoit l'ordre de soutenir la progression des troupes françaises en avant du d'armée. Vers , la de cavalerie entame ce mouvement mais est attaquée à Champcenest qui doit être abandonné. La de cavalerie est envoyée en renfort, mais l'artillerie seule de la de cavalerie suffit à empêcher les troupes allemandes de déboucher du village.
Le général Conneau décide de replier ses unités pour la nuit sur Provins, les chevaux sont épuisés par la journée passée dans des régions dépourvues d'eau.
Centre du champ de bataille, et d'armée Au matin du , le général Maud'huy, chef du d'armée ordonne aux 35 et d'infanterie de se positionner sur une ligne entre La Mangotière, Gembrois, Voulton et le château de Flaix. La d'infanterie est placée en réserve, l'artillerie du corps d'armée est placée entre les deux artilleries divisionnaires de première ligne. Des reconnaissances aériennes et de cavalerie identifient les positions allemandes, une troupe équivalente à une brigade d'infanterie, de la d'infanterie allemande, est localisée à proximité de Montceaux-lès-Provins soutenue par d'artillerie. La d'infanterie allemande est quant à elle stationnée vers Sancy-lès-Provins.
À partir de , l'artillerie du d'armée tire sur Montceaux pour soutenir l'attaque du village par le d'armée, elle effectue également des tirs sur la croupe d'Aubert. Au cours de l'après-midi, le duel d'artillerie est à l'avantage de l'artillerie française. À , la de la d'infanterie attaque Montceaux-lès-Provins, perdu au cours de l'après-midi par le d'armée, soutenue l'artillerie divisionnaire, l'artillerie du corps d'armée et l'artillerie du groupement de réserve. Elle atteint le village à et occupe une ligne entre Brantilly et Montceaux-lès-Provins. La d'infanterie occupe Couperdrix et Ecoublay, elle est opposée à une troupe mixte composée de cavaliers et de cyclistes qui évacuent au cours de la journée Augers-en-Brie.
Le d'armée passe la matinée du sans rencontrer de difficultés dans sa progression. À , la d'infanterie occupe Saint-Bon et Villouette et poursuit sa progression en direction de Montceaux-lès-Provins et Champfleury appuyée par l'artillerie divisionnaire, l'artillerie du corps d'armée et le soutien d'une partie de l'artillerie du d'armée. La d'infanterie stationnée dans le haut d'Escardes progresse vers Escardes qu'elle occupe vers et vers Courgivaux. À la mi-journée, l'artillerie lourde allemande enraye la progression de l'aile gauche de la d'infanterie par des tirs sur Saint-Bon. Devant Montceaux-lès-Provins, l'après-midi débute par un duel d'artillerie opposant l'artillerie divisionnaire, un groupe d'artillerie du corps d'armée, l'artillerie lourde et l'artillerie divisionnaire de la d'infanterie (soit environ 100 pièces d'artillerie) à l'artillerie allemande. Vers , l'artillerie allemande est contrainte de ralentir ses tirs. La d'infanterie progresse alors et occupe Champfleury puis Montceaux-lès-Provins. La d'infanterie peut occuper Courgivaux vers d'abord par des unités de cavalerie puis par trois bataillons d'infanterie qui ont pour ordre de mettre en défense le village. Un autre bataillon de la division est placé au nord-ouest de Pont-à-Sec pour se lier avec le d'armée.
À , les troupes allemandes déclenchent une contre-attaque sur le front de la d'infanterie forçant le d'infanterie à évacuer le village de Courgivaux malgré le renfort d'un bataillon du d'infanterie. Une nouvelle contre-attaque allemande repousse les troupes françaises sur leurs positions de départ sur Escardes. Le bataillon isolé du d'infanterie est lui aussi contraint à un repli sur Escardes devant la pression des attaques allemandes. Le recul de la d'infanterie contraint la d'infanterie à se replier sur ses positions de départ vers sous le bombardement de l'artillerie lourde allemande.
Aile droite, et d'armée Au matin du , le d'armée dispose de la d'infanterie à la Pimbaudière et la d'infanterie en retrait à La Forestière. La d'infanterie soutenue par une partie de l'artillerie du corps d'armée doit progresser pour atteindre la route reliant Paris à Vitry près d'Esternay entre la et le château d'Esternay.
La progression est difficile pour le d'infanterie de la d'infanterie qui doit s'emparer du château d'Estrenay. Malgré le soutien en artillerie de deux groupes d'artillerie divisionnaire et d'un groupe d'artillerie du corps d'armée, le régiment est bloqué par des tirs de mitrailleuses. Vers , il parvient à atteindre la lisière sud du village de Châtillon-sur-Morin sans pouvoir s'emparer du village qui reste dans sa partie nord aux mains des troupes allemandes. Le combat pour la maîtrise du village continue toute la journée. Sur la , le d'infanterie bien que soutenu par un groupe de l'artillerie divisionnaire et deux groupes de l'artillerie du corps d'armée est rapidement bloqué vers Retourneloup par des tirs de tirailleurs. En liaison avec la d'infanterie, Pont-à-Sec est occupé mais doit être évacué dans l'après-midi devant une forte contre-attaque allemande.
La d'infanterie progresse dans la matinée à travers la forêt de la Traconne, elle atteint vers Beauvais-la-Nove et Bricot-la-Ville sur le Grand Morin, l'aile droite de cette division ne rencontre pas d'opposition. La d'infanterie est engagée pour déborder les lignes de la division d'infanterie allemande et pour se rabattre vers l'ouest pour faire sauter le verrou défensif d'Esternay. Vers midi l'artillerie de la d'infanterie commence le bombardement d'Esternay. Mais à , l'artillerie allemande répond pendant deux heures de façon très violente ; elle met hors de combat pour le reste de la journée deux groupes d'artillerie et enraye la progression de la d'infanterie sur la lisière nord du bois de Gril d'Arcan. Deux bataillons sont dirigés sur Esternay, ils subissent les tirs amis de la d'infanterie avant d'être confrontés à des tirs défensifs très efficaces provoquant de lourdes pertes et entraînent leur repli sur le bois Gril d'Arcan. Du côté allemand, les pertes sont nombreuses aux et d'infanterie.
Le d'armée progresse au matin sans rencontrer de résistance ; à , la d'infanterie dépasse Les Essarts-lès-Sézanne, puis vers elle est située à au sud des Essarts. La d'infanterie atteint Lachy tandis que la d'infanterie est stationnée au nord de Sézanne. La progression se poursuit, vers midi le corps d'armée est localisé vers Jouy (au nord de la forêt du Gault), le Recoude, Charleville. Les troupes de la de réserve allemande du de réserve contre-attaquent en début d'après-midi au nord de la forêt et obligent à le d'infanterie à abandonner Jouy ce qui entraîne un repli de l'ensemble de la d'infanterie. Les troupes allemandes continuent leur effort et poursuivent les troupes françaises dans la forêt du Gault jusqu'au Clos-le-Roi, mais sont ensuite bloquées par les tirs de l'artillerie divisionnaire française.