Hamilton Howard Fish, dit Albert Fish, né le à Washington D.C. et mort le à la prison de Sing Sing, dans l'État de New York, est un tueur en série et cannibale américain, surnommé le « Vampire de Brooklyn », l’« Ogre de Wysteria », le « Gray Man », le « croquemitaine » ou encore le « » en raison d’un témoignage d’Albert Fish Jr. qui raconta que, parfois, lors des nuits de pleine lune, son père ressentait une irrésistible envie de viande crue et d’après son fils, « son visage devenait terriblement rouge, ce qui était plutôt bizarre, car il n’avait pas mis les pieds dehors de la journée, l’expression de ses yeux donnait l’impression qu’il avait vu quelque chose qui lui avait fait peur. Comme si quelqu’un le pourchassait ». Durant la quasi-totalité de son existence, Albert Fish s’est livré à diverses pratiques sexuelles, telles que le voyeurisme, le sadisme, le masochisme, le fétichisme, la flagellation active, la zoophilie, la prostitution, et même l’autocastration, la pédophilie, l’ondinisme ou encore la coprophilie. Également cannibale, Fish a notamment commis ses crimes sur de nombreux enfants. Il fut condamné à mort et exécuté sur la chaise électrique.

Jeunesse Albert Fish est né le , à Washington D.C., de Randall Fish (1795-1875), né dans le Maine, et d’Ellen Fish (1838 -1903), née en Irlande. Il est le cadet de la famille et a trois frères et sœurs, Walter, Annie et Edwin Fish.

Il déclarera plus tard que sa famille avait un long passé de maladies mentales. En effet, en deux générations, sept membres de sa famille ont connu des troubles mentaux.

Son père fut capitaine « de bateau de rivière », puis en 1870 devint fabricant d’engrais. Il mourut d’une attaque cardiaque en 1875 à Washington D.C.. Les registres du cimetière du Congrès déclarent que Randall est décédé le et a été enterré le dans la tombe numéro R96/89. Sa femme, Ellen, contrainte de trouver un emploi, ne fut plus en mesure de s’occuper d’Albert, et le plaça dans un orphelinat où il fut fréquemment puni, fouetté, battu et où, selon ses dires, il découvrit le plaisir de la souffrance physique ; ses camarades eurent aussi l’idée de mettre le feu à la queue d’un cheval. Cet incident marque beaucoup l’enfance d’Albert. Lorsqu’il quitte l’orphelinat à l’âge de 7 ans, le sadomasochisme l’attire : . Un jour, pendant qu'il se faisait battre, ses camarades remarquèrent sa satisfaction, accompagné d'une érection.

De retour chez sa mère, il fait une chute grave alors qu’il grimpe dans un arbre, il en ressent des vertiges, des maux de tête, un bégaiement tenace et continue d’uriner au lit, ses camarades se moquent de lui. C’est à cette époque qu’il souhaita être appelé Albert afin d’échapper au surnom de Ham & EggsLe Ham and eggs, littéralement « jambon et œufs », est un plat populaire qui fut souvent servi en tant que déjeuner dans les campagnes de l'Ouest américain. qui lui fut attribué à l’orphelinat où il passa la majorité de son enfance. Son frère aîné Walter lui montre des dessins d’hommes et de femmes dénudés et lui raconte des histoires d’aventures avec des cannibales. Albert, lui, est subjugué par ces fausses histoires. Il oblige son frère à lui répéter constamment ces histoires dont il rêve la nuit. Il se met ainsi à suivre les rubriques criminelles dans les journaux.

Majorité En 1882, Fish fait la connaissance d’un jeune télégraphiste qui attise sa curiosité en lui racontant ses aventures sexuelles dans les maisons closes. Ils entretiennent une relation sexuelle et son amant l’initie à des pratiques sexuelles telles que l’ondinisme ou la coprophagie.

En 1890, Albert Fish part s’installer à New York, où il dit être devenu prostitué. Il passe ses week-ends à la piscine ou aux bains publics pour regarder les jeunes garçons. C’est à cette époque qu’il a commencé à violer de jeunes garçons, crime qu’il continua à perpétrer après que son mariage fut arrangé par sa mère, en 1898 avec Anna, de neuf ans sa cadette. Le couple aura six enfants : Albert, Anna, Gertrude, Eugène, John et Henry Fish. Elle le quitte après vingt ans de mariage, il se remariera trois fois illégalement.

Vers 1898, il travailla comme peintre en bâtiment, et dit avoir continué la molestation d’enfants de moins de six ans. Plus tard, il raconta son escapade avec un amant qu’il emmena dans un musée de cire, où Fish fut fasciné par la dissection d’un pénis ; peu après, il développa un intérêt morbide pour la castration. Durant une relation avec une personne déficiente, qu’il rencontra au milieu d’une orgie dans un train de marchandises en provenance du sud, Fish tenta de lui trancher le pénis avec une paire de ciseaux, mais il avait l’air de tellement souffrir que Fish eut pitié et s’enfuit. À cette période, Fish fréquenta plus régulièrement les bordels où il pouvait être battu et fouettéWilson Colin et Donald Seaman, Les Tueurs en série, Virgin publishing Ltd., 2004, .. En 1903, il fut arrêté pour détournement de fonds et incarcéré à la prison de Sing Sing.

En , sa femme le quitte pour John StraubeTroy Taylor, Albert Fish: The Life & Crimes of One of America's Most Deranged Killers. in Dead Men Do Tell Tales, 2004. Consulté le 14 février 2007.. À la suite de ce rejet, Fish commença à entendre des voix. C’est aussi à cette époque que débutèrent les automutilations ; il s’introduisait des aiguilles dans le corps, notamment dans l’aine, qu’il retirait par la suite, mais il commença à les enfoncer plus profondément si bien que ce fut impossible de les ôter. Plus tard, les rayons X révéleront la présence de 27 aiguilles logées dans son bassin ainsi que dans son périnée.

À l’âge de 55 ans, Fish eut des délires et des hallucinations, Dieu lui commandant de torturer et de castrer des petits garçons. Les médecins dirent qu’il souffrait de « psychose religieuse ».

Fish s’est marié le , à Waterloo, New York, avec Estella Wilcox et divorce au bout d’une semaineNew York Times. 14 décembre 1934, . Consulté le 14 février 2007.

Lors de son arrestation, le détective prend pitié des enfants de Fish. En effet, il connait des difficultés financières et n’a pas d’emploi. Il leur donne un dollar pour qu’ils puissent aller s’acheter de quoi manger. Fish aimait beaucoup ses cinq petits enfants, mais cet amour est marqué par un côté pervers comme en témoigne cette lettre adressée à sa petite fille Mary Nicols :

Premières agressions et enlèvements Le premier enlèvement, que Fish confessa plus tard, fut celui de Francis McDonnell (1916-1924).

Grace Budd Le , Edward Budd, 18 ans, passe une annonce dans le Sunday edition du New York World :

Le , répondant à l’annonce du jeune homme, Albert Fish, alors âgé de 58 ans, rend visite aux Budd à Manhattan : Albert Budd, le père, bagagiste pour Equitable Life Assurance Society, et Delia Flanagan.

Il se présente comme étant Frank Howard, un fermier de Farmingdale, à New York (Long Island). À l’appartement des Budd, Albert Fish trouve Edward parfait. Il rencontre ensuite sa jeune sœur de douze ans, Grace.

Albert Fish promet de loger et employer Edward pour quinze dollars par semaine et, en attendant, il convainc les parents de laisser Grace l’accompagner à une fête d’anniversaire organisée ce soir-là, chez sa sœur Annie Fish : il leur donne notamment l’adresse où la fête devait se passer : Columbus Avenue, près de la . Les parents ignoraient que l’avenue ne dépassait pas la et que l’adresse était fausse. Grace avait une sœur, Béatrice, et deux autres frères, Albert Budd II, et George Budd. Grace part avec Fish le jour même. Elle ne reviendra jamais.

Il emmena la fillette à la gare. En chemin, Fish s’arrêta devant un kiosque à journaux chercher un paquet et ils prirent tous deux le train pour Irvington dans le comté de Westchester. Arrivés à destination, ils se rendirent à Greenbourgh. Albert Fish y avait repéré depuis longtemps une maison du nom de Wisteria Cottage à l’écart, près d’un bois, abandonnée depuis plusieurs années. Son paquet contenait ses .

Le , la police arrête Charles Edward Pope, suspecté dans l’enlèvement. Gardien de maison de rapport de 66 ans, il fut accusé par sa femme aliénée. Il passa 108 jours en prison entre son arrestation et son jugement, le New York Times, 22 décembre 1930. Consulté le 14 février 2007.. Il fut jugé non coupable.

La lettre En , alors que les parents de Grace avaient déjà mené la police vers Albert Fish, celui-ci enverra une lettre anonyme à la mère de la victime décrivant ses motivations et l’origine de son goût pour la chair humaine. Voici sa traduction corrigée des fautes d’orthographe et des erreurs grammaticales d’Albert Fish :

étant illettrée et ne pouvant donc lire la lettre, la confia à son fils EdwardSchechter Harold et David Everitt, De A à Z Encyclopédie, Livre de Poche, 2006, . Fish révéla à la police, lorsqu’il fut interrogé, qu’il n’avait l’idée de violer la petite filleWilson Colin et Donald Seaman, Les Tueurs en série, Virgin publishing Ltd., 2004, .Wilson Colin et Donald Seaman, Les Tueurs en série, Virgin publishing Ltd.2004..

Arrestations

Il a été arrêté à huit reprises entre 1902 et 1933, la première pour tentative d’escroquerie, une autre, pour vol dans un magasin où il travaillait. Pour des chèques sans provision, il reçoit des condamnations assorties d’un sursis. Il est arrêté en pour avoir « envoyé une lettre obscène à une femme noire qui avait répondu à une annonce pour être femme de ménage ». À la suite de son arrestation, il est envoyé à l’hôpital psychiatrique de Bellevue pour observation entre 1930 et 1931, puis il est à nouveau arrêté pour envoi de lettres obscènes. Lorsque la police fouille son appartement, ils découvrent d’autres lettres, un chat à neuf queues ainsi qu’une carotte et une saucisse de Francfort, un des policiers constate la présence de matières fécales dessus. Lorsqu’il est questionné à ce sujet, il répond : en ricanant. Extraits de certaines lettres obscènes que Fish a envoyé :

La lettre des Budd, ou plutôt son enveloppe livrèrent une piste. L’en-tête avait mal été barré et un policier arriva à déchiffrer l’adresse, le 627 Lexington Avenue, où réside l’association New York Private Chauffeur’s Benevolent Association. Mais malheureusement, aucun des membres de l’association ne connaissait de Frank Howard.

Le même policier convoqua tous les membres de l’association. Un jeune homme concierge bénévole reconnait avoir volé des enveloppes et des papiers a en-tête au 622 Lexington Avenue. Le policier interroge à nouveau le jeune homme. Il a déménagé, il se souvient d’un détail lors du déménagement, il a laissé les enveloppes sur une étagère. En examinant le registre des locataires, il constate que le signalement correspond à celui de «Frank Howard», mais il a signé sous le nom d’Albert H. Fish. Malheureusement, il vient de quitter la location le , date à laquelle Delia Budd reçoit la lettre. Malgré cela, le policier reste confiant, car Fish a indiqué à la propriétaire qu’il attendait un chèque d’un montant de de la part de son fils et qu’il viendrait le chercher. Le détective n’a plus qu’à attendre, il monte une planque. Le , un inspecteur du service de poste indique au policier qu’une lettre adressée à Fish vient d’arriver. Un vieil homme se présente pour récupérer son chèque. Le détective l’arrête. Lorsqu’il aperçoit le détective, Fish le menace d’une lame de rasoir, mais le policier balaye cette arme. L’arrestation met un point final à une enquête qui dura plus de 6 ans. Chez lui sont retrouvées des coupures de presses sur Fritz Haarmann dit le «Boucher de Hanovre» ainsi que les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe avec une passion particulière pour «Le puits et le pendule». C’est l’histoire d’un long supplice.

Découvertes des crimes Le porte-parole de la police admet qu’Albert Fish a été interrogé à plusieurs reprises sur des disparitions d’enfants, mais qu’il n’a jamais été vraiment suspecté.