La révolution islandaise, aussi appelée révolution des casserolesStéphane Kovacs, « L'Islande ébranlée par la « révolution des casseroles », sur lefigaro.fr, 4 février 2009 (consulté le 20 décembre 2015)., () est un ensemble de mouvements de protestation survenus entre et en Islande, principalement à Reykjavik, sa capitale. Ces mouvements naissent dans le contexte de la crise financière de 2008 en Islande alors qu'en moins d'un mois les trois banques principales du pays, dont Landsbanki, se déclarent en faillite. À la télévision, le Premier ministre, Geir Haarde en appelle à , ce qui est notable dans un pays qui n'est pas habitué aux références religieuses en politique.
Constitution du mouvement Le mouvement trouve son origine le , quand réclament devant le bâtiment de la Banque centrale d'Islande la démission de son directeur, Davíð OddssonJérôme Skalski, La Révolution des casseroles : chronique d'une nouvelle constitution pour l'Islande, coll. « Un singulier pluriel », Lille, La Contre Allée, 2012, chap. II.. Le lendemain, à l'initiative de Hördur Torfason, auteur-compositeur, le One man's protest est organisé devant le siège de l'Althing, le parlement islandais.
Très vite, un rendez-vous hebdomadaire est fixé, tous les samedis, devant le Parlement, et les manifestants se regroupent sous l'étiquette de la « Voix du Peuple ». Le , les participants aux rassemblements sont plus (ce qui représente un centième de la population de l'agglomération de Reykjavik). Chaque semaine, des manifestants se réunissent, souvent équipés d'ustensiles de cuisine. Le , plus de défilent dans les rues de Reykjavik, la capitale de ce pays qui ne compte que (rapporté à la population française, cela correspondrait à quatre millions de manifestants). Des actions symboliques sont menées pendant des mois jusqu'à la démission du gouvernement et la nationalisation des trois principales banques du pays : on brûle en public des drapeaux des banques qui ont fait faillite, on hisse celui de la chaîne de distribution Bónus sur le porte-drapeau du Parlement Trailer du documentaire God Bless Iceland, sur youtube.com, 5 septembre 2009 (consulté le 20 décembre 2015)..
À partir du , les manifestations prennent de l'ampleur avec pour principale revendication la démission du gouvernement.
Échos politiques Très vite, le Mouvement des verts et de gauche, un parti politique de gauche radicale, prend fait et cause pour les mobilisations.
Conséquences Le Premier ministre Geir Haarde démissionne de ses fonctions le . Il est remplacé par Jóhanna Sigurðardóttir (ministre des Affaires sociales), première femme à accéder à ce poste, qui est reconduite à la tête d'une coalition de centre-gauche à l'issue des élections législatives du mois d'avril.
Les deux textes de loi sur le remboursement de la dette sont rejetés par les électeurs lors des référendums de 2010 et 2011. En revanche le projet visant à l'adoption d'une nouvelle constitution n'aboutit pas et est abandonné après les élections législatives de 2013.
Annexes Islande, sur les traces de la démocratie, un documentaire qui explore les suites démocratiques de la crise financière islandaise de 2008, notamment le processus constitutionnel participatif.
Notes et références
Catégorie:2008 en Islande Catégorie:Émeute ou désordre civil en Islande Catégorie:Manifestation en Islande Catégorie:République d'Islande Catégorie:2009 en Islande Catégorie:Manifestation en 2008 Catégorie:Manifestation en 2009