La Colombie-Britannique (en ; BC) est la province la plus occidentale du Canada, située entre l'océan Pacifique et les montagnes Rocheuses. Avec une population estimée à d'habitants en 2021, elle est la troisième province la plus peuplée du pays. Sa capitale Victoria est la quinzième plus grande région métropolitaine du Canada et tire son nom de la reine Victoria, qui régnait sur l'Empire britannique au moment de la Confédération. Sa plus grande ville, Vancouver, est la troisième plus grande aire métropolitaine du Canada et la plus peuplée de l'Ouest. En 2013, elle compte environ d'habitants.
La première colonie britannique de la région fut celle de , qui a été établie en 1843. Elle donna naissance à la ville du même nom qui a d'abord été la capitale de la colonie de l'Île de Vancouver établie en 1848. La colonie de la Colombie-Britannique a ensuite été fondée en 1858 sur la partie continentale, par et le détachement des Ingénieurs Royaux, en réponse à la ruée vers l'or du canyon du Fraser. Moody a été le commissaire en chef des terres et des travaux de la colonie, ainsi que son premier lieutenant-gouverneur.
Moody a été choisi par le bureau des Colonies à Londres, pour transformer la colonie en un « rempart de l'extrême ouest » de l'Empire britannique et pour « fonder une seconde Angleterre sur les rives du Pacifique ». Il a ensuite choisi le site et a fondé la capitale d'origine, New Westminster, puis il a établi la route Cariboo et le parc Stanley. Il a également conçu la première version des armoiries de la Colombie-Britannique. La ville de Port Moody a été nommée en son nom. En 1866, l'île de Vancouver est annexée par la colonie continentale et Victoria devient la capitale de la colonie unifiée. En 1871, la Colombie-Britannique entre dans la Confédération et devient la province du Dominion du Canada.
L'économie de la Colombie-Britannique repose principalement sur la foresterie, l'exploitation minière, le cinéma et le tourisme. Elle bénéficie également de valeurs de propriétés élevées et du fait d'être un centre pour le commerce maritime. Bien que moins de 5 % de son territoire soit de la terre arable, une grande activité agricole est produite dans les vallées Fraser et Okanagan, grâce à un climat plus chaud. Elle est la quatrième province du Canada en termes de produit intérieur brut.
vignette|Vue de la crique Quathiaski en Colombie-Britannique, île de Vancouver.
Règles de graphie, de genre et d’emploi La Colombie-Britannique est de genre féminin. Lorsqu’on utilise le mot « province », il est d’usage d’écrire « la province de la Colombie-Britannique » comme avec les autres mots, par exemple, « le gouvernement de la Colombie-Britannique ». Son abréviation est C.-B. et il est le sixième lorsqu'on ne précise pas l'ordre à suivre, étant donné qu'il est la sixième des provinces et territoires à faire son entrée dans la confédération.
Géographie
Géographie physique vignette|Carte de la Colombie-Britannique.|alt=|gauche vignette|Chutes Takakkaw. La Colombie-Britannique est la province la plus occidentale du Canada et longe la côte Pacifique du Canada. Elle a une forme allongée orientée du sud-est vers le nord-ouest, que l'on peut schématiser par un parallélogramme. Sa partie continentale est située entre les latitudes nord de et de (mais l'extrémité sud de l'île de Vancouver est située à 18'), tandis qu'elle s'étend entre les longitudes ouest de et de . Les régions limitrophes sont l'Alaska au nord-ouest, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest au nord, l'Alberta à l'est, et les États américains de Washington, de l'Idaho et du Montana au sud.
vignette|centré|upright=3.2|Le lac Bernard, en Colombie-Britannique, en août 2017.
vignette|Un lac à Dome Creek près du Fleuve Fraser en Colombie-Britannique. Mars 2019.
La province est majoritairement dominée par des chaînes montagneuses globalement parallèles à l'axe nord–sud principal de la province, notamment les Rocheuses canadiennes, la chaîne Côtière, la chaîne des Cassiars et la chaîne Columbia. Ces montagnes recouvertes de vastes forêts ont été érigées il y a des dizaines de millions d'années lors de la subduction de la plaque océanique sous la plaque nord-américaine.
Dans la partie sud située entre les chaînes montagneuses de l'Ouest et celles de l'Est, se trouve un vaste plateau, le plateau intérieur (Interior Plateau), tandis que le coin nord-est de la province est occupé par des plaines légèrement ondulées dans le prolongement des grandes plaines de l'Alberta et de la Saskatchewan.
La côte, très montagneuse, est renommée pour ses nombreux fjords bordés de forêts, qui contribuent à rendre les paysages spectaculaires.
Régions vignette|Cette carte illustre la région appelée Basses-terres continentales de la Colombie-Britannique. vignette|alt=Derrière une façade de sapins probables, des montagnes enneigées sortent des nuages.|Montagnes dans la vallée Robson, Colombie-Britannique. Avril 2019.
La Colombie-Britannique est généralement divisée en trois grandes régions :
les Basses-terres continentales (Lower Mainland) qui est le coin sud-ouest de la province autour de la ville de Vancouver et du delta du fleuve Fraser ; la Côte (The Coast) qui est constituée par la bande côtière au nord du Lower Mainland, entre le littoral et la chaîne Côtière, et par les îles ; l'Intérieur (The Interior) qui est constitué par toute la partie de la province à l'est de la chaîne Côtière.
Une division un peu plus fine distingue les régions suivantes :
Île de Vancouver et côte (Vancouver Island and Coast) ; Vancouver et zone urbaine (Vancouver and Metropolitan Area) ; Vallée du Fraser (Fraser Valley) ; Pays de la mer au ciel (Sea to Sky Country) ; Thompson (ancien: Pais du Couteau) ; Okanagan ; Kootenay ; Cariboo ; Chilcotin ; Côte nord (North Coast) ; Côte centrale (Central Coast) ; ; Vallée Robson (Robson Valley) ; Pays de la Paix (Nord-est: the Northeast) ; Pays de Stikine (Stikine Country) ; District Atlin (Atlin District ou Atlin Country).
Climat Les régions situées dans le Nord ont des hivers froids et neigeux. La région sud de l'île de Vancouver jouit d'un climat tempéré, modéré par le courant de Kuroshio de l'océan Pacifique. À l'intérieur des terres, les températures estivales peuvent être plutôt chaudes, puisqu'il existe plusieurs régions semi-arides dans la province, par exemple près des villes d'Osoyoos et de Lillooet. Un endroit unique en Colombie-Britannique s'appelle Sunshine Coast (« La côte ensoleillée »). Les températures les plus élevées enregistrées tournent autour de .
Climat maritime de l'ouest de montagne. En hiver, la côte est régulièrement battue par des tempêtes qui apportent des quantités importantes de pluie et donnent souvent des vents très forts. Un exemple extrême de ce phénomène est la tempête du Columbus Day de 1962 et les inondations en Colombie-Britannique et dans l'État de Washington en novembre 2021.
La fleur du cornouiller du Pacifique ou cornouiller de Nutall (en anglais : pacific dogwood) est l'emblème floral de la Colombie-Britannique.
Géographie humaine vignette|L'hôtel de ville de la capitale provinciale, la ville de Victoria.|alt= La capitale de la Colombie-Britannique est Victoria, située à l'extrémité sud-est de l'île de Vancouver. La principale métropole de la province est Vancouver, située au coin sud-ouest du Canada continental.
+ Aires urbaines par populationAire urbaine2016.2001.1996VancouverVictoriaKelownaAbbotsford-MissionNanaimoKamloopsChilliwackPrince GeorgeVernonCourtenay
+ Les villes les plus peupléesMunicipalité2016.20011996VancouverSurreyBurnabyRichmondAbbotsfordCoquitlamKelownaLangleySaanichDelta
Histoire
Premiers habitants thumb|Chapeau de chef nutka, fibre de cèdre, avec motifs de chasse (à la baleine ?), . C'est après la fin du dernier réchauffement climatique que les premiers habitants autochtones s'établirent le long des côtes et dans les vallées de la Colombie-Britannique.
Les recherches ont révélé des traces d'habitation remontant à . Ces populations semi-sédentaires profitaient des ressources naturelles de la région : l'eau douce, le gibier, les poissons, les crustacés et les plantes comestibles étaient présents en abondance tandis que les hautes forêts fournissaient le bois nécessaire au feu et à la construction des abris.
Ces peuples parlaient de nombreux langues, parmi lesquels les langues salishennes. Ils avaient développé une culture raffinée dont témoignent les totems richement décorés et la coutume du « potlatch » au cérémonial élaboré.. Dans les années 1950, des universitaires canadiens ont réagi en constatant le quasi-anéantissement de l'art des amérindiens Haïdas et Kwaguʼł. Ils ont demandé à deux vieux maîtres sculpteurs de prendre des apprentis et de leur transmettre leur savoir d'antan. Des écoles ont fleuri. Aujourd'hui, dans le bois ou l'argilite, la cosmogonie autochtone s'exprime à travers le totem mais aussi à travers des miniatures. Les collectionneurs du monde entier et les musées sont friands de ces mâts-totems miniatures.
Le plus ancien site archéologique connu en Colombie-Britannique est situé au nord-est (région presque arctique) de la Colombie-Britannique. Des fouilles à Charlie Lake Cave, près de Fort St. John dans le district régional de la rivière de la Paix (), ont permis de mettre au jour des ossements d'animaux (bisons, corbeaux.) associés à des artéfacts d'origine humaine. Les datations ont permis d'estimer que leur ancienneté était comprise entre et ..
Arrivée des Européens Le premier voyage documenté d'un Européen dans la région est celui du navigateur espagnol Juan José Pérez Hernández en 1774 qui approcha des côtes de Colombie-Britannique mais sans y aborder. L'année suivante, l'espagnol Juan Francisco de la Bodega y Quadra fut le premier à explorer la région. À noter cependant, qu'il est possible que Francis Drake, le navigateur anglais, et Juan de Fuca, un pilote grec au service de l'Espagne, aient exploré la région dès le . Le détroit entre l'île de Vancouver et l'État de Washington porte toujours le nom de Juan de Fuca. James Cook, le navigateur britannique, visita les côtes de l'île de Vancouver en 1778, et George Vancouver, qui avait accompagné Cook en 1778, revint en 1792 pour faire une exploration plus détaillée de la région, ce qui a déterminé une fois pour toutes qu'aucun passage maritime au sud du détroit de Bering ne permettait l'accès à l'Europe.
Un conflit territorial entre l'Espagne et la Grande-Bretagne pour contrôler la traite des fourrures de loutres de mer, alors très estimées en Chine, fut évité grâce aux Conventions de Nootka. L'Espagne, qui avait établi le Fort San Miguel dans la baie de Nootka, se retira de la région, ce qui permit aux Britanniques et aux Américains de se livrer à la traite et à la colonisation..
Colonisation britannique vignette|C'est la reine Victoria qui a définitivement choisi le nom de Colombie-Britannique.|upright Avant l'établissement en 1846 de la frontière entre les parties américaine et britannique des territoires situés à l'ouest des Rocheuses, la plus grande partie de l'actuelle Colombie-Britannique faisait partie de ce qui était appelé Oregon Country à l'époque, par les Américains.. Le traité de l'Oregon fixa cette frontière à la latitude du jusqu'à l'océan Pacifique.