En physiologie, le () ou la myoclonie phrénoglottique est un réflexe ventilatoire caractérisé par une succession de contractions inspiratoires spasmodiques, incontrôlables et involontaires des muscles inspiratoires (diaphragme, muscle intercostal externe, muscles scalènes et parfois les muscles intercostaux parasternaux et les muscles sterno-cléido-mastoïdiens) concomitante d'une inhibition des muscles expiratoires, suivies plus tard d'une constriction (resserrement circulaire) de la glotte. L'arrivée d'air est alors freinée et a du mal à pénétrer dans la trachée et les poumons, ce qui provoque une incommodité et une vibration des cordes vocales, au niveau de l'épiglotte : le bruit glottal caractéristique du hoquet s'échappe Le hoquet possède cependant d'autres définitions qui ne sont plus ou très rarement employés.().

Le plus souvent, le hoquet est momentané, banal et complètement inoffensif. Il touche l'ensemble de la population humaine, y compris le fœtus, et d'autres mammifères. Ce hoquet est le plus souvent lié à une dilatation de l'estomac, situé près du diaphragme, après un repas trop copieux ou ingurgité trop rapidement.

Mais il peut, dans certains cas pathologiques, se prolonger et devenir nocif pour la santé. Le hoquet « chronique » peut ainsi s'étendre pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, voire plusieurs années, comme en témoigne le record de Charles Osborne, qui a hoqueté pendant 68 ans. Toutefois, ces situations sont très rares (une personne sur est ou a été touchée par le hoquet « chronique »..) et sont, la plupart du temps, les conséquences d'une affection abdominale ou nerveuse.

Les médecins distinguent ainsi trois types de hoquets : le hoquet bénin, le plus fréquent, qui ne dure généralement que quelques minutes ; le hoquet persistant, qui dure plus de 48 heures ; le hoquet réfractaire, qui dure plus d'un mois.

Étymologie Le mot « hoquet » est apparu au début du , d'après l'onomatopée hok, exprimant un bruit de coup. Cette même étymologie se retrouve dans la plupart des pays du monde : le mot est souvent construit à partir de la traduction écrite du bruit du hoquet, qui diffère selon la prononciation de la langue (hic pour en anglais, pour en allemand, ou encore nâc pour cái nâc en vietnamien). Le terme signifiait d'abord un choc ou un heurt, puis il prit sa définition courante au Définition écrite d'après Le Petit Robert (log. v 2.2).Chair de poule, hoquet, pets et rots… les signaux du corps aux éditions Milan junior.

L'expression « myoclonie phrénoglottique » est un synonyme (plutôt désuet) de hoquet dans le langage médical. Il est composé de plusieurs parties étymologiques. Le terme myoclonie est issu du grec mus, muscle et klonos, agitation. Le second terme est issu du grec phren, diaphragme et glottis, glotte. Ceci signifie littéralement « secousse musculaire brève et involontaire du diaphragme et de la glotte ».

Historique Dans Le Banquet de Platon, Aristophane ne peut discourir à cause d'un hoquet pour des raisons digestives, Éryximaque (littéralement : « celui qui combat le hoquet ») lui donne alors des remèdes pour l'arrêterhttp://www.france5.fr/sante/connaitre/W00462/3/122034.cfm Arte BBC NEWS | Health | « Why we hiccup ».

Galien, un médecin grec de l'Antiquité, affirma que le hoquet était provoqué par de violentes émotions de l'estomac, situé près du diaphragme. Au , le médecin français Jean Fernel affirmait que le hoquet provenait d'un mouvement convulsif de l'estomac. En Angleterre, au , un médecin affirma que le hoquet était dû à une manifestation d'hystérieContribution à l'étude du hoquet hystérique; Armand Moreau ; Henri Jouve éditeur ; 1895, bien que les explications physiologiques n'aient jamais été remises en question.

Au , la connaissance du hoquet a progressé notamment grâce aux découvertes en neurophysiologie, permettant ainsi de mettre en évidence que le diaphragme n'est pas le seul muscle à intervenir dans le phénomène. La première étude physiologique rigoureuse chez l'homme date de 1970. Le phénomène n'est cependant pas entièrement expliqué de nos jours. Le record du hoquet le plus long connu à ce jour est détenu par Charles Osborne, qui hoqueta sans interruption pendant 68 années, de 1922 à 1990Livre Guinness des records, 2001.

En 2006, , de l'université du Tennessee, a reçu, en médecine, le prix Ig Nobel pour son rapport d'étude clinique sur l'arrêt des hoquets chroniques par toucher rectal (« calmant » ainsi le nerf vague)..

Description La survenue imprévisible du hoquet et la rareté des formes chroniques rendent son étude difficile. Le système d'organes humains « touché » par le hoquet est principalement le système respiratoire...

Fonctionnement normal vignette|Diaphragme.

Au moment de l'inspiration, le diaphragme, le principal muscle ventilatoire qui forme une sorte de coupole aplatie et qui sépare le thorax de l'abdomen, se contracte, s'abaisse et les poumons se remplissent d'air. À l'inverse, au moment de l'expiration, le diaphragme se relâche, se relève et fait pression sur les poumons qui se vident d'air.

La glotte, correspond aux cordes vocales situées au-dessous de l'épiglotte, au bout de la trachée. Elle s'ouvre quand on inspire ou on expire pour conduire l'air de la bouche aux poumons. Autrement, elle se ferme quand on avale, pour éviter que la salive ou les aliments, qui vont vers l'œsophage, n'entrent dans les poumons par la trachée.

Fonctionnement du hoquet vignette|gauche|Les deux nerfs phréniques, à gauche et à droite du pharynx, descendent jusqu'au diaphragme où ils se divisent en différentes ramifications. Les nerfs vagues (nerfs pneumogastriques) se trouvent à proximité.

Description vignette|Vue de l'entrée du larynx, où se trouve la cavité de l'épiglotte qui renferme la glotte, un « petit clapet » permettant de fermer et ouvrir le « passage » aux poumons (trachée) et qui conserve les cordes vocales. Le hoquet est une décharge brusque (contraction imprévue) des muscles inspiratoires, isolée ou en salves. Les muscles concernés sont principalement le diaphragme (parfois un seul hémi-diaphragme), les muscles intercostaux et d'autres muscles ventilatoires inspiratoires accessoires. La partie supérieure de la cage thoracique subit un mouvement ascendant, tandis que le diaphragme s'abaisse provoquant une voussure abdominale.

La décharge inspiratoire peut durer jusqu'à 0,5 seconde, toutefois la glotte se ferme très rapidement, environ 35 millisecondes après la contraction du diaphragme, et environ 60 millisecondes avant le pic de contraction. La fermeture de la glotte peut être plus ou moins complète, causant le « hic » du hoquet. L'air ne passe plus dans la trachée et fait vibrer les cordes vocales, provoquant ainsi le bruit guttural caractéristique.

Avec cette fermeture glottique, le hoquet représente un cas particulier de mise en jeu musculaire, dans un ordre et une hiérarchie de contractions différentes de l'inspiration normale. La contraction des intercostaux est synchrone de celle du diaphragme, mais celle des interchondraux (portion interne des premiers intercostaux) est déphasée de 50 à 100 millisecondes plus tard. On ne retrouve pas de lien temporel systématique avec d'autres muscles accessoires.

La fréquence du hoquet est très variable, entre 15 et 60 par minute. Il semble que l'amplitude soit en rapport inverse avec la fréquence (les hoquets les plus sonores seraient les plus lents).

Innervation Ces contractions sont liées à l'irritation d'un nerf phrénique ou d'un nerf vague qui innervent le diaphragme..

Le diaphragme reçoit deux nerfs, provenant du plexus nerveux cervical, appelés (nerf phrénique droit et nerf phrénique gauche), et responsables des contractions et des relâchements du diaphragme. Il existe également deux nerfs crâniens qui passent près du diaphragme, appelés nerfs vagues (ou nerfs pneumogastriques). Ils sont responsables de la digestion, de la phonation et de la fréquence cardiaque. Ce sont les nerfs crâniens les plus étendus. Les origines de la stimulation de ces nerfs sont très nombreuses, suivant le type du hoquet.

Signification Le hoquet se superpose à la ventilation pulmonaire normale. C'est un réflexe involontaire mettant en jeu le tronc cérébral, à la contraction inspiratoire, il associe une inhibition transitoire des muscles expiratoires, ainsi qu'une inhibition de la motricité de l'œsophage durant le hoquet. Ce serait un réflexe plus digestif que ventilatoire, même si son expression est surtout thoracique. Il est fréquent à la naissance et disparait progressivement ensuite.

Le hoquet n'a pas de fonction protectrice ou utilité connues, contrairement à l'éternuement, au vomissement, ou au gaz par exemple. Tout au plus, sur le plan pratique, il pourrait servir de signal lors de la plénitude gastrique.

Les différents types de hoquets, leurs causes et leurs conséquences Le hoquet bénin Le hoquet bénin est le plus courant des types de hoquet. Il est banal, bref et intermittent : il ne dure que quelques minutes, parfois même que quelques secondes.

Causes vignette|Position du diaphragme (2) et de l'estomac (3) chez l'Homme

Il existe des causes nombreuses et diverses au hoquet. Ainsi, il est difficile d'identifier quelle est l'origine exacte de chaque hoquet.

Les causes sont souvent liées au mode de vie, la majorité sont d'ordre digestif : distension de l'estomac (l'origine la plus courante du hoquet) :quand l'estomac est rempli d'air ou de liquide, il se dilate, et provoque des irritations au nerf phrénique et donc au diaphragme, proches de lui.La distension de l'estomac peut être provoquée par un repas trop copieux, ou ingurgité trop rapidement.Il peut être aussi provoqué par l'aérophagie (avaler de l'air en mangeant), une absorption excessive de boissons gazeuses ou alcoolisées (ces dernières neutralisent également les inhibiteurs naturels du hoquet, au niveau du cerveau, excitant aussi le nerf phrénique), un repas trop chaud ou trop froid ; changement brusque de la température :il peut être provoqué en absorbant un liquide très froid ou très chaud, ou en changeant de pièces de températures très différentes.Ce changement brusque rend alors le nerf phrénique hypersensible ; tabagisme excessif (plus de dix cigarettes par jour) :le tabac provoque l'excitation du nerf phrénique, ce qui favorise le hoquet et entraîne la toux qui irrite aussi le diaphragme ; causes psychologiques :le hoquet peut être lié à des changements d'humeurs, au stress ou à une émotion forte. Chez les enfants, le hoquet peut surgir après ou pendant une crise de pleurs ; rire ou toux, qui irritent le diaphragme ; stimulation extérieure du diaphragme, par des chatouilles abdominales ; grossesse ; il peut également être déclenché par un sevrage aux opioïdes.

Conséquences Le hoquet bénin est complètement inoffensif. Toutefois, il est préférable de consulter un médecin s'il est trop fréquent.

Le hoquet bénin provoque parfois une petite douleur au niveau de l'épiglotte et une sensation d'inconfort. Il peut être handicapant pour manger, boire ou communiquer.

Hoquet persistant et hoquet réfractaire Le hoquet chronique, persistant ou réfractaire, sont les deux types de hoquet les plus rares (un individu atteint sur .). Ce sont des hoquets chroniques (ou des hoquets rebelles). Ils sont délétères et considérés comme des maladies (non contagieuses).

La consultation d'un médecin est nécessaire.

On distingue : le hoquet persistant qui dure plus de 48 heures ; le hoquet réfractaire qui dure plus d'un mois, parfois plusieurs années.

Les personnes âgées (plus de 50 ans) sont la tranche d'âge la plus atteinte par le hoquet chronique « Retrospective analysis of hiccups in patients at a… » J Natl Med Assoc. 2002 - PubMed Result.

Causes