William Herschel, né Friedrich Wilhelm Herschel, est un astronome germano-britannique d'origine allemande, né le à Hanovre et mort le à SloughPlus exactement à . Nom de la paroisse ecclésiastique : Upton cum Chalvey. Sa sépulture est dans l'église : John Bartholomew, Gazetteer of the British Isles : Statistical and topographical, 1887. .. Il est aussi compositeur de musique.
Biographie Premières années à Hanovre William Herschel passe son enfance à Hanovre, une ville du nord-ouest de l'électorat de Brunswick-Lunebourg ; l'électorat est alors en union personnelle avec la Grande-Bretagne sous le roi . Il reçoit une éducation musicale de son père, violoniste et hautboïste. Garde de régiment, et hautboïste militaireFiche des archives de la Royal Society., il est appelé avec son frère aîné en Grande-Bretagne en 1756 afin de parer l'invasion française (guerre de Sept Ans). Ils participent à la bataille de Hastenbeck. Horrifié par les tueries auxquelles il vient d'assister, il déserte l'armée et s'installe définitivement en Angleterre..
Une vie de musicien Il gagne d'abord sa vie comme copiste musical à Londres, ensuite en tant que professeur de musique, puis comme directeur de la milice de Durham. En 1758, il obtient la direction des concerts d'Édimbourg avant de devenir organiste à Halifax en 1766 et enfin organiste à la chapelle octogonale de Bath, la célèbre station thermale, l'année suivante. Il demeure au centre de la vie musicale de la ville pendant dix ans, tout en s'intéressant de plus en plus à l'astronomieSite articles.adsabs.harvard.edu, Livre "Le Centenaire de William Herschel." de Camille FlammarionSite astrosurf.com, page sur William Herschel, consulté le 25 mai 2021..
L'astronome
Découverte d'Uranus Astronome amateurLivre "Apres Le Temps Des Prophètes. Les défis Des Années 80 et le destin de L'Europe", page 45 de Pierre CormierSite promenade.imcce.fr, page "Uranus", consulté le 25 mai 2021., il a le projet de déterminer la forme et les dimensions de l'Univers. Trop pauvre pour s'acheter un instrument astronomique, il construit, après plusieurs essais infructueux, plusieurs grands miroirs concaves en bronze. Cela lui permet de réaliser en 1776 un télescope de sept pieds de distance focale () et de de diamètre () ; l'instrument, qui grossit 227 fois, est achevé en 1778 et placé dans le jardin de sa maison du 19 New King Street à Bath, dans le Somerset en Angleterre..
Dans la nuit du , il découvre au cours d'une tentative de détermination de parallaxe stellaire, la planète Uranus, croyant d'abord avoir affaire à une comète ou à un disque stellaire. C'était la première planète découverte depuis l'Antiquité. Après d'autres observations de Herschel, Anders Lexell calcule l'orbite et est d'avis qu'il s'agit probablement d'une planèteThomas Kuhn, The structure of scientific revolutions, The University of Chicago Press, 1970, .. Cet objet céleste avait déjà été observé (par John Flamsteed, James Bradley, Tobias MayerUranus est l'étoile 964 du catalogue de Mayer : Eric G. Forbes, « The astronomical work of Carl Friedrich Gauss (1777–1855) ». et Pierre Charles Le Monnier, généralement sous le nom de 34 TauriSur ces cas de prédécouverte, on peut voir Garry E. Hunt et Patrick Moore, Atlas of Uranus, .Edgar W. Woolard, « Comparison of the observations of Uranus previous to 1781 with theoretical positions obtained by numerical integration », dans Astronomical Journal, , .) et avait été pris pour une étoile, mais Herschel se range à l'avis de Lexell et, en l'honneur de George III, appelle la nouvelle planète (l'). En nommant leur découverte ainsi, William et sa sœur Caroline s'assignaient les titres de « King's Astronomer » et « Assistant to the King's Astronomer », ce qui leur incluait à chacun une pension à vie. Mais le nom du roi anglais ne passe pas en France (on y parle plutôt de la ) ; puis on finit par se mettre d'accord sur . William est devenu célèbre presque du jour au lendemain.
Observations avec Caroline Aidé de sa sœur Caroline, qui l'a rejoint à Bath en 1772 après la mort de leur père, il devient, grâce aux lunettes et aux télescopes qu'il construit lui-même, un observateur renommé. Caroline va être sa fidèle assistante pendant une grande partie de sa carrière. Le roi , passionné d'astronomie, lui offre son soutien, notamment en en le nommant astronome du roiNe pas confondre avec astronomer royal, qui est une fonction publique. L'astronome du roi est un astronome privé, même s'il s'agit du roi. et lui allouant, afin qu'il puisse se consacrer entièrement à ses recherches scientifiques et astronomiques, un traitement annuel de — salaire bien modeste pour l'époque ; Caroline reçoit pour sa part , devenant la première femme rétribuée pour du travail scientifique..
En , il détecte le mouvement du Soleil vers un point de la constellation d'Hercule qu'il nomme l'apexHistoire de l'astronomie, , 1964 (le cercle du Bibliophile et Erik Nitsche). Les astronomes contemporains donnent parfois des points voisins.. En , il attribue à la météorologie certains changements observés à la surface de Mars et suppose, le premier, que cette planète a une atmosphèreFiche de la NASA sur le dans l'observation de Mars..
Entre 1785 et 1789, le frère et la sœur construisent le célèbre télescope de ; il ne sera toutefois pas à la hauteur des espérances<ref>Margaret Alic, [https://books.google.com/books?id=mxu9RxX1mDgC&pg=PA127&dq=disappointment Hypatia's heritage : a history of women in science from Antiquity through the nineteenth century, Beacon Press, 1986, ].</ref>.
En , il découvre deux satellites d'Uranus, Obéron et Titania, le « An account of the discovery of two satellites revolving round the Georgian Planet », dans Phil. Trans., 1787 77:125–129 .. et monte son télescope de de focale (). En , il découvre les calottes polaires de Mars et les satellites Mimas et Encelade de Saturne« Account of the discovery of a sixth and seventh satellite of the planet Saturn ; with remarks on the construction of its ring, its atmosphere, its rotation on an axis, and its spheroidical figure », dans Phil. Trans., , 80, ..
Des volcans sur la Lune ? Pendant la nuit du , Herschel observe un phénomène lunaire transitoire : il remarque trois taches rougeoyantes sur la partie non éclairée de la LuneW. Herschel, « Herschel’s « Lunar volcanos » » (Les volcans lunaires de Herschel), dans Sky and Telescope, mai 1956, . (Réimpression de An account of three volcanos in the Moon , rapport de Herschel à la Royal Society le 26 avril 1787, réimprimés à partir de la collecte de ses travaux (1912)).. Il informe le roi et quelques astronomes de ses observations. Herschel attribue le phénomène à des éruptions de volcans et perçoit la luminosité du point le plus brillant comme supérieure à celle d'une comète découverte le . Ses observations coïncident avec la survenue d'une aurore boréale au-dessus de la ville italienne de PadoueZdenek Kopal, « Lunar flares », dans Astronomical Society of the Pacific Leaflets, 9, décembre 1966, 401–408.. L'activité d'une aurore boréale aussi au sud du cercle Arctique est très rare. Le spectacle de Padoue et l'observation de Herschel se produisent peu avant que le nombre de taches solaires n'atteigne un pic en .
Travaux de la maturité En , il propose un modèle d'univers lenticulaire (il semble avoir eu l'intuition de nébuleuses extragalactiquesCela ne deviendra certain qu'avec les travaux d'Edwin Hubble en 1924.) grâce à un dénombrement des étoiles dans le ciel. Ce modèle est une approximation grossière du modèle contemporain de la Voie lactée. Herschel fait alors un travail de cosmologiste ; le mot de « cosmologie » n'est toutefois pas de luiIl est de Christian Wolff et remonte à 1731. (il parle de la ).
En 1789, il construit un télescope de de long et de d'ouverture..
C'est lui qui, en , découvre les « rayons calorifiques »Voir particulièrement cette page des Phil. Trans., que nous appelons aujourd'hui rayonnement infrarouge.
En , il montre qu'il y a des étoiles binaires. Il en publie plusieurs catalogues (, ). Ses catalogues de nébuleuses sont de , et .
Famille Plusieurs membres de la famille de William Herschel se sont aussi illustrés dans les sciences : Caroline Herschel, sa sœur et collaboratrice ; son fils unique, John Herschel, astronome ; il a nommé plusieurs des objets célestes découverts par son père ; un petit-fils, William James Herschel, le premier à utiliser les empreintes digitales à des fins d'identification ; un autre petit-fils, Alexander Stewart Herschel, astronome.
Contributions (liste partielle) Astronomie Textes Œuvres sur Wikisource (voir plus bas) Articles et lettres publiés dans les Philosophical Transactions et disponibles en ligne (Juin 2016.) John Louis Emil Dreyer (dir.), The scientific papers of Sir William Herschel, The Royal Society and The Royal Astronomical Society, 1912 (avec des inédits) : , ; ,
Instruments
Herschel découvre très tôt que ses miroirs, qui sont faits de cuivre et d'étain, ont besoin d'un polissage soigné et continu juste après leur production. D'où des séances de polissage de seize heures ou plus, durant lesquelles c'est Caroline qui nourrit William.
Musique La musique de Herschel a été redécouverte une première fois dans les années 1990 et une seconde fois avec bonheur en 2003 par les London Mozart Players dans un disque consacré aux symphonies. Les quarantaines d'œuvres « galantes » de Herschel ont été composées entre 1759 et 1770 : , une douzaine de concertos (violon, alto, hautbois, orgue), des sonates pour clavecin et de la musique religieuse. Un CD d’œuvres de Herschel interprétées à l'orgue par Dominique Proust a été publié en 1992.
Discographie London Mozart Players, Symphonies, Chandos, CHAN 10048 [UPC:095115104828] Dominique ProustDominique Proust est à la fois astrophysicien et organiste., Pièces d'orgue de William Herschel, Imports, 2007 [UPC:3254872014185] Richard Woodhams et The Mozart Orchestra, « Concerto pour hautbois en do et Symphonie en mi bémol », dans Davis Jerome (dir.), Sir William Herschel — Music by the father of astronomy, Newport Classics, 1995
En ligne
Partitions The oboe concertos of Sir William Herschel, , , 1998
Bibliographie The story of the Herschels — A family of astronomers, 1886 Joseph Fourier, Éloge historique de William Herschel, dans Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, lu le , Gauthier-Villars, Paris, 1823, tome 6, (lire en ligne).
Vincent Duckles, « Sir William Herschel as a composer », dans Publications of the Astronomical Society of the Pacific, (), , Jürgen Hamel, Friedrich Wilhelm Herschel. Leipzig, 1988 (= Biographien hervorragender Naturwissenschaftler, Techniker und Mediziner. 89), . Arthur Robert Hinks, « Sir William Herschel », texte fourni par The Royal College of Surgeons of England, 1912 Edward Singleton Holden, , New York, Charles Scribner's Sons, 1881
Bernard Lovell, « Herschel's work on the structure of the universe », dans Notes and records of the Royal Society of London, 33.1 (1978), Hector Macpherson, , 1919
Dominique Proust, « Herschel, William (1738–1822) », dans Dictionnaire des compositeurs, Encyclopaedia Universalis, 2015, (Extraits) James Simes, , 1900
Honneurs et éponymie La Royal Society lui décerne la médaille Copley en ; c'est l'année même où il est élu fellow. En , il devient le premier président de la Royal Astronomical Society. Le (14,9° S, 230,3° O, de diamètre) a été nommé en son honneur et en celui de son fils John. L'étoile Mu Cephei est aussi appelée l'étoile Grenat de Herschel ; il a le premier remarqué sa couleur.. La médaille Herschel est décernée tous les depuis par la Royal Astronomical Society. Une fenêtre le commémorant est inaugurée en 2001 dans l', où il est enterré.