Saint Baudime d'Auvergne ou encore Baudimius, Baudenius, Baudelius, Baudèle, Bauzély, Bauzile, Beauzire, Boil est un compagnon de Nectaire d'Auvergne, avec lequel il aurait évangélisé la région des Dores et des DômesRégion du mont Dore et de la vallée de la Dore ainsi que du Puy-de-Dôme. Les communes de la Tour-d'Auvergne, Laqueuille, Saint-Pierre-Roche, Ceyssat, Besse et Saint-Pierre-Colamine font partie de cette région (cf Le Moniteur 22 février 1922) dont les racines celtes correspondent à une grande partie du département du Puy-de-Dôme (cf. Dauzat Albert. La toponymie gauloise de l'Auvergne et du Velay. In: Revue des Études Anciennes. Tome 33, 1931, n°4. pp. 357-388). à la fin du . Saint Baudime passe pour avoir terrassé un dragon. Il est fété le .

Il se serait retiré ensuite avec Nectaire et Auditeur près de l’église qu’ils avaient fait édifier au mont Cornadore sur l'emplacement d'un lieu de culte dédié à Irminsul, voire un temple dédié à Hermès-ApollonLouis Mayeul Chaudon, "Dictionnaire historique, critique et bibliographique, contenant les vies des hommes illustres, célèbres ou fameux, de tous les pays et de tous les siècles, suivi d'un dictionnaire abrégé des mythologies, et d'un tableau chronologique des événements les plus remarquables qui ont eu lieu depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours", Volume 30, , Ed. Ménard et Desenne, 1823, p. 156.

Légendes Des incertitudes règnent sur l'époque dans laquelle il convient de replacer la biographie de saint Austremoine, premier évêque d'Auvergne, et sur celle de ses compagnons. Ainsi les légendaires comportent-ils des récits partiellement extraordinaires.

Baudime, terrassant un dragon L'un des chapiteaux de l'église de Saint-Nectaire figurerait le saint ayant les pieds sur un monstre, faisant penser à saint Baudime qui aurait terrassé un dragon.

Comme Nectaire et Auditeur, saint Baudime dut affronter une forte résistance à l'évangélisation, la population celte, arverne de la région étant fortement vouée au culte de la divinité du Chêne Irminsul.

Alors que saint Baudime passait par Ronzières, il trouva une source dédiée aux fées. Il y prêcha et la consacra à Notre-Dame. La source dispensa alors une eau guérisseuse et ne tarissant jamais.

Baudime, présent lors de la résurrection de saint Nectaire Selon la Vita Nectarii () de Clermont-FerrandVita Nectarii: Clermont-Ferrand, Bibliothèque Municipale, ms. 149, fol. 119-122

Le troisième chapiteau, en partant de la gauche du chœur, évoquerait cet épisode, mais toutes les biographies de saint Nectaire n'évoquent pas de prédécès, ni résurrection.

Culte Deux églises d'Auvergne lui consacrent un culte: l'église romane de Saint-Nectaire, dans laquelle son buste reliquaire datant du est conservé et l'église Notre-Dame de Ronzières aussi appelée église Saint-Baudime, toutes deux dans le département du Puy-de-Dôme.

Notre-Dame de Ronzières

Une antique source sacrée à Tourzel-Ronzières

Source de Font-Notre-Dame : La nomenclature initiale de l'église reflète cette évangélisation :

Ecclesia Rongeriarum

Sous l'influence de Bernard de Clairvaux, le voit le « Culte de la Mère de Dieu » prendre son essor. Les sanctuaires qui s'élèvent de toute part, sont dédiés à « Notre-Dame ».

Ronzières, propriété des comtes d'Auvergne Au , l'église de Notre-Dame de Ronzières est placée sous le patronage de saint Baudille. Un procès-verbal de 1604 l'atteste à deux reprises : et un peu plus loin :

Oratoire de Saint Baudime Sur le rocher de Ronzières s'élevait aussi un oratoire éponyme du saint.

Église de Saint-Nectaire L’église de Saint-Nectaire a été construite au , sous l’impulsion des moines bénédictins de la Chaise-Dieu. Le clocher fut entièrement détruit en 1794, les reliques et objets de valeur échappant de peu à la destruction ou la fonte durant cette période. L'eglise a été classée monument historique dès 1840. Son clocher à deux étages date de 1875La Montagne, lundi 29 juillet 2013, p. 3.

Tombeaux de l'église de Saint-Nectaire Le sarcophage de Baudime serait dans l'église de Saint-NectaireJérôme Baschet, Jean-Claude Bonne et Pierre-Olivier Dittmar, « Chapitre III - Saint-Nectaire : déploiements figuratifs et auto-glorification de l'Ecclesia », Images Revues [En ligne], “Iter” et “locus”. Lieu rituel et agencement du décor sculpté dans les églises romanes d'Auvergne, Hors-série 3 | 2012, mis en ligne le 21 novembre 2012, consulté le 10 février 2020. URL : http://journals.openedition.org/imagesrevues/1611 .

Chapiteaux de l'église de Saint-Nectaire Baudime figurerait dans l'évocation de la résurrection de saint Nectaire, sculptée sur les chapiteaux de l'église de Saint-Nectaire

Buste byzantin de S. Baudime L'église de Saint Nectaire possède un buste byzantin de saint Baudime. Il s'agit d'un reliquaire d'environ . La tête et les mains sont en cuivre, probablement issu du recyclage d'une statue antique, montées sur un buste en chène recouvert de plaques de cuivre repoussé. Les yeux sont en en corne et ivoire. Sur le visage, la barbe est extrêmement finement poinçonnée. Le personnage de Saint-Baudime bénit de sa main droite légèrement levée tandis que l'autre tient un étui. Ce reliquaire aurait abrité des ossements de Saint-Baudime.

Une partie des historiens émet toutefois l'hypothèse selon laquelle il a pu être le reliquaire initial consacré à Nectaire, avant que ses reliques n'aient été transférées dans un nouveau reliquaire datant de la fin du . Ce reliquaire aurait alors été attribué à saint Baudime Dominique Allios, Saint-Nectaire en Auvergne : de l’invention à la glorification d’une mémoire, dans Arturo Carlo Quintavalle (dir.), Medioevo: immagine e memoria, Milan, Electra, 2009, p. 194-204.

Saint-Baudime est invoqué pour détourner le mal.

Anecdote Le buste initial de saint Baudime était orné de pierreries figurant les boutons de la chasubleLambert Élisabeth d'Aubert, comte de Résie, Histoire de l'Église d'Auvergne, contenant les événements religieux, civils et politiques, la vie des saints de l'Auvergne, du Velay et du Bourbonnais, la fondation des principales églises, des abbayes, des prieures, de ces trois provinces, depuis saint Austremoine jusqu'à l'année 1560, Impr. chez Lhuillier, Paris, 1855.. En 1907, ce buste fut volé par la « bande Thomas », de Clermont, puis retrouvé, mais dépouillé de ses cabochons, et restitué à l'église de Saint-Nectaire.

Liens externes

Baudime, histoire d’un prénom : de l’âne d’or au saint homme, page personnelle de Baudime Jam Saint-Nectaire (63), l'église Notre-Dame du mont Cornadore, page personnelle de Fabrice Verduron Ronzières, Canal.Blog L'église de Saint-Nectaire, 3 saintes et saint : Auditor, Baudime, Nectaire, Académie de Mâcon, Pôle art roman, responsable Jean-Michel Dulin

Notes et références

Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du IIIe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Saint catholique français