Le protestantisme est l'une des trois principales confessions du christianisme, avec le catholicisme et l'orthodoxie. Entendu largement, le protestantisme est l'ensemble des Églises issues de la Réforme..
Le protestantisme rassemble neuf courants majeurs : l'adventisme, l'anabaptisme, l'anglicanisme, le baptisme, le calvinisme, le luthéranisme, le méthodisme, l'évangélisme et le pentecôtisme. Le baptisme et le pentecôtisme sont les courants principaux formant le mouvement évangélique. Les protestants rassemblent plus d'un tiers des chrétiens dans le monde, soit 900 millions de fidèles, dont 300 millions dans les Églises directement issues de la Réforme et 600 millions dans les nouvelles Églises protestantes, principalement évangéliques.
Introduction La Réforme protestante est le résultat du rejet des orientations prises par le catholicisme pendant le Moyen Âge, avant que celui-ci ne s'engage dans un mouvement de Contre-Réforme au travers du concile de Trente.
La Réforme a été menée sous l'impulsion de théologiens, tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli, Jean Calvin, Sébastien Castellion, Guillaume Farel parmi tant d'autres. Pierre Valdo, John Wyclif, Jan Hus, Jacques Lefèvre d'Étaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme.
À la suite de ces théologiens, le protestantisme comprend des courants théologiques très divers. Au sein de la seule fédération protestante de France, on dénombre vingt-six unions d'Églises., tandis que, sur le plan international, ce sont environ trois cent vingt Églises issues du protestantisme qui participent au conseil œcuménique des Églises, aux côtés d'une trentaine d’Églises orthodoxes et des Églises vieilles-catholiques.
Origine du mot protestant thumb|Pour les protestants, la Bible est l'autorité suprême en matière de foi. Ce sont les adversaires de la Réforme qui, les premiers, utilisèrent ce quolibet en 1529, dans le Saint-Empire romain germanique, en désignant les princes protestants et les villes libresLes six princes furent ceux qui, l'année suivante, allaient signer la Confession d'Augsbourg. Parmi les quatorze villes libres qui « protestèrent » aussi à Spire, plus des deux tiers adoptèrent également, plus tard, cette Confession, le reste adoptant le calvinisme... La plupart des princes-électeurs avaient choisi de suivre la réforme de Luther tolérée par Charles Quint, l'empereur élu par eux. Mais en 1529, ce fervent catholique change d'avis et ordonne le ralliement inconditionnel à l’Église catholique. La promulgation de cette prescription provoque le refus des princes : ils « protestent devant Dieu […] ainsi que devant tous les hommes » de leur refus d'admettre un décret qu'ils jugent contraire « à Dieu, à sa sainte Parole, à [leur] bonne conscience et au salut de [leur] âme »« Pourquoi ce nom de protestant ? ». Plutôt attribué de façon péjorative, cet adjectif fut ensuite adopté comme substantif par les adeptes de la Réforme. En effet, la définition (vieillie ou littéraire) de ce mot est : Exprimer avec certitude, promettre avec force (à quelqu'un) que quelque chose est vrai, que quelque chose existeCNRTL.. En revendiquant le sens positif de ce mot., les protestants affirment leur croyance, ils font profession de leur foi. De là l'origine du mot protestantLes protestants français, d'abord appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires ». Il s'agit de l'abréviation de ceux de la « Religion prétendue réformée » ou « R. P. R. », appellation officielle du protestantisme dans les actes royaux (d'après Jean-Louis Guez de Balzac dans le Socrate Chrestien, (1623) sur la meilleure façon de nommer les protestants).. La portée du mot est parfois restreinte aux seuls courants luthérien et réformé, dont la cohérence et l'unité ont été affirmées très tôtSignature de la Concorde de Wittemberg, en 1536..
Principes fondamentaux du protestantisme Les protestants modernistes hésitent à parler de « doctrine » ou de « religion ». Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs voire également de relation, indiquant ainsi vivre une liberté dans leur relation avec Dieu plutôt que par obligation ou tradition, ce que sous-entend pour eux le mot « religion ». Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices.
Grands principes Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent plusieurs points fondamentaux : les « cinq solas » (les deux premiers concernent le salut) et deux autres principes non moins essentiels (Solus Christus et Ecclesia semper reformanda) : en tout sept, dont un est réputé formel (Sola Scriptura) et six à caractère matériel.
Les voici libellés ci-après :
Sola gratia (« par la grâce seule ») L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social.
Sola fide (« par la foi seule ») Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, par Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d'amour de Dieu.
Sola scriptura (« par l'Écriture seule ») (À mettre en rapport avec le sacerdoce universel et l'éclairage indispensable du Saint-Esprit) Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée entre autres par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais essentiellement par le Saint-Esprit). À travers les témoignages humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.
Solus Christus (« Jésus Christ seul ») Jésus Christ est le seul intermédiaire entre Dieu et l'humanité.
Soli Deo gloria (« à Dieu seul la gloire ») Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.
Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse ») Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper » disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la lecture de la Bible, lecture éclairée par l'Esprit. qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité qui ne peut être reniée), prononcée par un concile, ou par le pape en vertu de l'« infaillibilité pontificale ».
Sacerdoce universel Principe de la Réforme protestante de « Priesthood of All Believers », L. Siegele-Wenschkewitz in The encyclopedia of Christianity, Eerdmans Publishing, 2005., que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela ayant évolué en fonction des pays et des époques.
Pratiques et croyances protestantes vignette|droite|Les pèlerins d'Emmaus, Rembrandt. La doctrine protestante repose exclusivement sur les textes sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les Livres deutérocanoniques ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foiIntroduction aux Livres deutérocanoniques dans la TOB (Traduction œcuménique de la Bible), Éditions du Cerf - Les Bergers et les mages. et ne sont plus imprimés dans les bibles protestantes depuis le . Toutefois, on trouve toujours les apocryphes dans les bibles luthériennes. Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle. À l'instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ et le salut qui en résulte peuvent être considérés comme le point essentiel de la foicf. Épitre de S. Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 14 : « si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. ». Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène).
Les protestants croient, comme les autres chrétiens, en un Dieu créateur, et participent, entre protestants ou dans le cadre d'initiatives œcuméniques, à des actions en faveur de la sauvegarde de la créationLe programme « Justice, Paix et Sauvegarde de la création » du Conseil Œcuménique des Églises : un déclic pour les chrétiens..
Le baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d'après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines Églises protestantes, notamment évangéliques, le baptême n'est administré qu'à l’âge adulte tandis que d'autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants.
La confirmation désigne la cérémonie qui conclut l’éducation religieuse des catéchumènes, en général des adolescents de 14 à 15 ans. Assez proche de la profession de foi célébrée chez les catholiques, elle n'est cependant pas un sacrement mais elle confirme les vœux du baptême et elle marque l’admission du confirmand à la cène et son passage à une vie de foi adultePascale Marson, Le guide des religions et de leurs fêtes, Paris, Presses de la Renaissance, 1999, .. Depuis un synode de l'église réformée de France, les enfants sont admis à la cène sous la responsabilité de leurs parents.
Le mariage est la bénédiction divine d'un amour humain et, bien que le protestantisme n'encourage pas la pratique du divorce, l'idée qu'un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est admise par la majorité des protestants ; le remariage de divorcés est possible.
Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Évangile et la promesse de la résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire. Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés. Les protestants ne célèbrent pas le "jour des morts" et ne fleurissent les tombes que par conformisme aux usages.
Fêtes et rassemblements Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi saint et le Vendredi saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte. Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois : le Nouvel An, le ;