Le massif du Cézallier, qui peut aussi s'écrire Cézalier, est un plateau volcanique situé dans le Massif central, entre les monts Dore et les monts du Cantal, constituant une région naturelle française. Il est principalement partagé entre deux départements : le Puy-de-Dôme et le Cantal, mais comprend aussi une petite partie de la Haute-Loire. C'est aussi l'une des cinq régions naturelles composant le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne.
L'altitude moyenne du massif est située entre . Le point culminant du massif est le signal du Luguet ().
Toponymie thumb|Carte de Cassini () mentionnant la montagne du Cézallier. L'origine du nom Cézallier est débattue. Généralement on considère qu'il vient de l'auvergnat seijaveî qui signifie « terre à seigle ». D'autres auteurs pensent qu'il provient de l'association de deux mots anciens signifiant « montagne » et « lieu où poussent les chênes ».
C'est à partir du que le Cézallier a été présenté par les scientifiques, les administrateurs et les écrivains comme un massif ou comme une montagne. Le nom de Cézallier ne figurait pas encore sur les cartes levées par les officiers de l'état-major à la fin du , elles mentionnaient simplement le « signal du Luguet », baptisant ainsi le point culminant du village du Luguet, qui compta jusqu'à à la fin du .
En fait, l'usage populaire ne connaissait ni la région du Cézallier ni une région du Luguet. Ce sont les cartographes et géographes qui ont donné une extension au nom de Cézallier, dont ils ont fait un massif, alors que traditionnellement il est un sommet. Désormais, le nom de Cézallier est inscrit comme l'un des massifs d'Auvergne dans la nomenclature géographique du Massif central, définitivement sans douteParc naturel régional des Volcans d'Auvergne - Panneau d'informations touristiques de Brion..
Géographie Situation thumb|Situation du Cézallier (en bleu) dans l'ancienne région Auvergne. Le Cézallier occupe une position centrale dans les monts d'Auvergne. Il est bordé au nord par les monts Dore et au sud par les monts du Cantal. À l'ouest, l'Artense fait transition avec les monts du Limousin tandis qu'à l'est s'étend la plaine de la LimagnePhilippe Arbos, « Le massif du Cézallier (Étude de géographie humaine dans la montagne d'Auvergne) », Revue de géographie alpine, 1926, vol. 14, , pages 573-599 .
Si le Cézallier s'étend principalement entre le Puy-de-Dôme (entre Égliseneuve-d'Entraigues à l'ouest et Apchat à l'est) et le Cantal (entre Lugarde à l'ouest et Massiac à l'est), il intègre aussi quelques communes de la Haute-Loire, sur la rive gauche de l'Alagnon..
Communes du Cézallier Le tableau suivant regroupe les communes par zones géographiques et ne tient pas compte du découpage administratif. Cézallier OuestCézallier SudEstivesHautes CouzesPays Coupés Alagnonais Chanterelle Condat Égliseneuve-d'Entraigues Lugarde Marchastel Saint-Amandin Saint-Bonnet-de-Condat Saint-Saturnin Allanche Chalinargues Joursac Landeyrat Neussargues-Moissac Peyrusse Sainte-Anastasie Ségur-les-Villas Vernols Vèze Anzat-le-Luguet Boutaresse Brion Espinchal La Godivelle Marcenat Mazoires Montgreleix Pradiers Saint-Alyre-ès-Montagne Apchat Ardes Compains La Chapelle-Marcousse Rentières Roche-Charles-la-Mayrand AutracUne partie du territoire communal fait partie du Brivadois Auriac-l'Église Blesle Charmensac Laurie Leyvaux Massiac Molèdes Molompize Saint-Étienne-sur-Blesle Torsiac
Topographie thumb|Le mont Chamaroux. Comme c'est le cas de nombreuses formations volcaniques de type hawaïen, les reliefs les plus marqués du Cézallier ne sont paradoxalement pas les plus hauts sommets mais les vallées de la périphérie, où l'érosion fluviale antérieure au volcanisme s'est poursuivie et s'est accentuée après l'émergence de celui-ci, donnant localement de profondes gorges (Couzes d'Ardes, de Valbeleix, vallée de la Sianne) plus nombreuses en versant oriental où les rivières courent rejoindre en peu de distance la basse vallée de l'Allier, tandis que le versant occidental présente des dénivelés plus modérés.
Contrairement aux deux autres stratovolcans voisins, plus élevés que ne sont les monts du Cantal et les monts Dore, où l'érosion glaciaire a dégagé en leur centre des crêtes vives et des cirques abrupts, le haut Cézallier — bien que jadis entièrement englacé mais de façon moins prolongée et moins intense — présente essentiellement des reliefs doux et arrondis (dômes, plateaux). Toutefois l'empreinte glaciaire est partout présente : embryons de cirque (Artout, le Joran…), tourbières, blocs erratiques, etc. Au nord les ultimes édifices volcaniques, pas encore démantelés par l'érosion, présentent également des formes plus vigoureuses (cônes éruptifs du Montchal et du Montcineyre, dôme du Chamaroux).
Principaux sommets thumb|Cézallier au printemps, Le Chabrut (). Les sommets principaux du Cézallier culminent tous les trois à un peu plus de d'altitude et sont tous les trois couverts de pâturages, mais couronnés juste au sommet par un petit bois de conifères. Le plus haut point du massif, dans l'un de ces bois, est le signal du Luguet (), tout proche du village du même nom, Anzat-le-Luguet, et surplombant l'ex-cirque glaciaire d'Artout.
Hydrographie thumb|right|Lac de Saint-Alyre. vignette|Lac d'en Haut (à gauche) et lac d'en Bas (à droite).
Cours d'eau situésdans le bassin de la Loire</font>Cours d'eau situésdans le bassin de la Dordogne</font>Lacs</font> L'Allanche La Bouzaire La Sianne La Fontaine Saint Martin(La Fontaine Salée) La Voireuze Le Bave L'Auze Le ruisseau de la Roche La Couze d'Ardes La Couze de Valbeleix La Grande Rhue La Rhue Le Bonjon La Santoire Lac d'en Bas de La Godivelle (tourbière) Lac d'en Haut de La Godivelle (cratère) Lac de Chaumiane Lac des Chandroux (tourbière) Lac du Jolan Lac de Cureyre (tourbière) Lac de l'Esclause Lac de la Chaumoune Lac de la Fage (retenue) Lac de la Landie Lac de Saint-Alyre (tourbière) Lac de Serre Lac de la Terrisse (retenue) Lac des Bordes Lac des Bruyères de Sianne (retenue) Lac des Moines Lac du Pécher (retenue)
Géologie Le Cézallier forme un ensemble de plateaux et petites montagnes volcaniques, principalement constitués de coulées de lave fluide (basalte) mais aussi de quelques cratères dont les plus récents ont seulement quelques milliers d'années (Montchal, Montcineyre) et sont parfois occupés par des lacs (Pavin, Chauvet, La Godivelle).
Le stratovolcan du massif du Cézallier Le stratovolcan à l'origine du massif du Cézallier est apparu il y a huit millions d'années et s'est éteint il y a trois millions d'années. Il avait entre de long sur de large et était orienté nord/sud, le signal du Luguet en est un des principaux vestiges. Dans sa partie centrale ce volcan est constitué d'une accumulation de coulées de lave (basalte) et de matériaux fragmentés associés à des dômes de trachyte et de phonolite ainsi qu'à des nappes de ponces. En périphérie du massif du Luguet il ne subsiste de cette activité que quelques monticules dégagés par l'érosion glaciaire puis par des eaux de ruissellement (processus d'inversion du relief).
Climat La majeure partie du Cézallier appartient à l'ensemble subocéanique montagnard des monts d'Auvergne et d'Aubrac, caractérisé par un effet notoire d'ascendance réactivant les flux atlantiques humides, et par la modération de l'amplitude thermique été-hiver (autour de 14° entre janvier et juillet) au sein d'une moyenne annuelle très fraîche (6° vers d'altitude).
Il en résulte des précipitations globalement soutenues et un enneigement hivernal important, bien qu'irrégulier en raison des redoux océaniques et du rôle prépondérant du vent sur les vastes espaces pastoraux (la neige est « balayée » par l'écir et s'accumule massivement en congères sur les rebords de plateaux et dans les combes abritées, occasionnant des névés qui s'attardent généralement jusqu'en mai, voire juin dans les parties les plus hautes). À ceci il faut ajouter des nuances locales engendrées par la disposition interne et externe du relief : le nord-ouest du Cézallier, en l'absence d'autre formation montagneuse faisant obstacle aux perturbations provenant du sud-ouest — sinon les lointaines et donc peu influentes Pyrénées — est la partie la plus humide (cumuls de l'ordre de /an) ; inversement le sud du Cézallier bénéficie vis-à-vis de ce même flux de l'effet de foehn créé par les monts du Cantal, d'où une relative sécheresse (environ /an) et l'accroissement de l'apport orageux estival dans le cumul total (tendance continentale) ; la partie centrale (signal du Luguet, mont Chamaroux) voit décroître du sud au nord l'effet de « foehn cantalien » et, sous l'effet de son altitude culminante et d'une large ouverture à l'ouest, bénéficie de précipitations élevées (120 à /an) et de l'enneigement le plus abondant ; enfin tout le versant oriental est sous l'effet de foehn du Haut Cézallier, avec une décroissance rapide de la pluviométrie (de 120 à moins de /an) et une hausse marquée des températures moyennes à l'approche de la plaine de la Limagne et de la vallée de l'Alagnon, aux caractères continentaux voire méditerranéens.
Faune et flore La végétation reproduit les contrastes climatiques. Le centre et le nord-ouest, domaine d'estives verdoyantes, de landes à bruyère et myrtille, de tourbières post-glaciaires et de hêtraies (plus rarement de sapinières ou, plantées, de pessières), typiques de la montagne atlantique, font place à un ensemble plus sec à mesure qu'on se déplace vers le sud et l'est, domaine des chênes, des pins sylvestres et des pseudo-garrigues.
Les grands espaces découverts du Cézallier forment un terrain de chasse idéal pour les rapaces. Les profondes gorges boisées leur offrent des refuges sûrs. Les chouettes hulottes et effraies, les hiboux petits et moyens ducs sont nombreux. On compte aussi des hiboux grand-duc qui préfèrent les zones rocailleuses. Les rapaces diurnes sont représentés par les buses variables, les milans noirs, les busards cendrés et les faucons crécerelles. Le milan royal et le circaète Jean-le-Blanc sont plus rares.
Parmi les mammifères sauvages présents sur le massif, on rencontre notamment la marmotte, le cerf élaphe ou encore le chamois.
Le relief accidenté du Cézallier présente d'importantes dénivellations. Cela explique qu'il y ait de grands écarts climatiques sur de très petites distances. La végétation varie surtout en fonction de l'exposition. La prairie subalpine couvre le Cézallier. On y voit d'immenses troupeaux de vaches salers qui y restent à l'estive. Jusqu'aux années 1980, ces troupeaux utilisaient la ligne de chemin de fer pour monter vers les estives. Le train a ainsi convoyé jusqu'à têtes de bétail par été. Dans ces vastes prairies on trouve la gentiane jaune, la centaurée, les orchis, les campanules, la pensée sauvage, la potentille, l'arnica des montagnes, la brunelle, le gaillet, le lis martagon et l'anémone pulsatille.
L'étage montagnard est limité aux gorges. La hêtraie occupe les versants froids et les adrets sont couverts de landes, de taillis de chênes et de pins sylvestres.
Les tourbières du Cézallier
Le climat arrosé et frais du Cézallier ainsi que le relief hérité du volcanisme et de l'érosion glaciaire (cuvettes de surcreusement) ont permis le développement de nombreuses tourbières. L'hiver glacial arrête la période végétative qui se limite à la saison estivale. L'évaporation en surface provoque un refroidissement de l'eau en profondeur. La température de cette dernière peut atteindre certaines nuits d'été, restreignant ainsi le processus normal de décomposition des végétaux morts (principe de l'accumulation de tourbe).