Les Déracinés (titre original : Surcos) est un film espagnol réalisé par José Antonio Nieves Conde et sorti en 1951.
Synopsis Une famille de campagnards, les Pérez, s'installe à Madrid dans l'espoir d'échapper à la pauvreté. Logés dans l'étroite maison d'un parent, chacun d'entre eux se met à la recherche d'un travail. Mais, ils ne trouvent que de misérables emplois dans un contexte hostile et corrupteur. Pour les Pérez, le désenchantement est irrémédiable… Un tableau réaliste de la société espagnole d'après-guerre.
Fiche technique Titre du film : Les Déracinés ou Les Désemparés Titre original : Surcos Réalisation : José Antonio Nieves Conde Scénario : Gonzalo Torrente Ballester, Natividad Zaro et J. A. Nieves Conde, d'après une idée de Eugenio Montes Photographie : Sebastián Perera Format : Noir et blanc - 1,37 : 1 Musique : , chansons de Manuel Mur Oti Montage : Margarita de Ochoa Décors : Antonio Labrada Costumes : Juan Esplandiu Production : Atenea Films Pays d'origine : Langue originale : Espagnol Durée : 99 minutes Sortie : Espagne : à Barcelone France : à Lille
Distribution María Asquerino : Pili : El Mellao : Don Roque Francisco Arenzana : Pepe : Tonia José Prada : Manuel Pérez Ricardo Lucía : Manolo Pérez María Francés : la mère Montserrat Carulla : Rosario Marujita Díaz
Analyse Au début des années 1950, le cinéma espagnol Jean-Claude Seguin in : . L'Espagne sort progressivement de son isolement international (elle intègre l'Unesco en 1952 puis l'ONU trois ans plus tard). En novembre 1951, signe d'une timide ouverture culturelle, se déroule à Madrid la "Première Semaine du cinéma italien", au cours de laquelle est offerte une vision plutôt édulcorée de l'École néo-réaliste.
S'inspirant de cet exemple, quelques rares films essaieront de décrire les problèmes cruciaux de la société espagnole. Parmi ceux-ci, Surcos (Déracinés) de José Antonio Nieves Conde aura
, écrit Antxon Salvador CastiellaA. Salvador in : Le cinéma espagnol, Gremese éd., Rome, 2011..
Surcos sera, d'un autre côté, soutenu par , premier directeur de la Cinématographie espagnole à l'intérieur du nouveau ministère de l'Information et du Tourisme, créé en 1951 et dirigé par , homme de confiance du général Franco. García Escudero déploiera toute son énergie pour défendre le film de José Antonio Nieves Conde, réussissant à le faire classer "film d'intérêt national" face à Alba de América de Juan de Orduña (1951), . Or, cette prise de position déclenchera le tumulte dans les milieux les plus conservateurs et le désaveu du ministre de tutelle. Celui-ci se séparera, après six mois d'exercice, en mars 1952, de son premier directeur de la CinématographieEmmanuel Larraz in : Le cinéma espagnol des origines à nos jours, Les Éditions du Cerf, Paris, 1986..
Pourtant, à partir d'un texte-dénonciation écrit par une femme, Natividad Zaro, fait plutôt inhabituel à l'époqueA. Salvador : op. cité., José Antonio Nieves Conde Emmanuel Larraz : op. cité.. Pour l'heure, l'échec de Surcos contraindra les cinéastes espagnols .
Distinctions Le film a été présenté en sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 1952.
Notes et références
Liens externes
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