Un bouchot (mot poitevin, du latin médiéval buccaudum, de buccale, embouchure.) est une ligne de x en bois partiellement immergés dans la zone de battement maritime (estran) des marées et servant de support pour l'élevage et la récolte des moules (mytiliculture), qui donne son nom aux « moules de bouchot ».

Description Il s'agit généralement de pieux en chêne ou en châtaignier, et depuis une trentaine d'années en bois exotique (angelim vermelho, okan, azobe) de 2 à de long, non écorcés, enfoncés de un quart à la moitié (suivant le milieu) dans le sable ou les sédiments, et disposés en alignements de 50 à sur les zones d'estran recouvertes à marée haute et découvertes à marée basse. Les parcs à moules ainsi constitués ne sont pas immergés de façon permanente et émergent à marée basse..

Des naissains de moules y sont accrochés par des mytiliculteurs pendant environ un an, avant récolte. Les alignements pouvaient prendre autrefois la forme de « V » ou de « W ». Les moules de bouchot ainsi produites ne contiennent naturellement pas de sable, contrairement à la pêche aux moules sauvages traditionnelle.

Histoire et origine du mot bouchot

L'origine de ce mot n'est pas certaine, et n'est pas citée par les anciens dictionnaires français.

vignette|redresse|Naissain de moule enroulée autour d'un bouchot, de l'aquarium La Rochelle. Il aurait été inventé, d'après une ancienne tradition orale vendéenne, et comme la méthode de culture qu'il décrit, par Patrick Walton.., un Irlandais naufragé en 1235 en baie de l'Aiguillon près de La Rochelle en Vendée. Cherchant alors à se nourrir en attrapant au vol des oiseaux de mer, il plante de longs piquets en bois sur l'estran à marée basse pour y accrocher ses filets d'allouret. Il se serait alors rapidement rendu compte que des moules et coquillages se fixaient naturellement sur ses piquets, et aurait alors développé cette technique d’élevage et de pêche en les joignant par des clayonnages qui se couvraient également de moules (bouchot, en français, viendrait du nom irlandais déformé-francisé de cette structure bout choat). Cette technique d'élevage et de récolte de moules et d'autres coquillages et crustacés se développe et se répand alors au delà de ce lieu d'origine, à partir du .

thumb|redresse|Naissain de moule de bouchot en début de grossissement, en baie de Somme. Les Charentais affirment avoir inventé la technique du bouchaud au .

Le mot pourrait venir du patois d'une forme de piège immergé de type barrage à poissons., à base de filets et pieux ou planches utilisé pour capturer ou braconner l'anguille dans le Marais poitevin et ailleurs. Ce mot dérive probablement du mot « boucher » car il désignait aussi parfois la sortie d'une retenue d'eau.

Ce nom était également donné à un système de piège constitué de filets accrochés à des alignements de pieux formant un entonnoir en « V » conduisant les poissons dans une nasse qui « bouchait » la sortie, y enfermant les poissons qui cherchaient à gagner le large à marée basse. Ces pieux se couvrant naturellement de grosses grappes de moules, on aurait eu l'idée de les cultiver de la sorte, mais de manière plus rationnelle et intensive : on n'attend plus que les moules arrivent ; on ensemence les pieux avec des cordes couvertes de larves et on enferme les moules dans un filet. On sait par ailleurs que les récifs artificiels ont un effet « attracteur » sur les poissons et de nombreux organismes. Il est donc possible que les moules et les pièges aient eu une fonction synergique. Lorsque deux pièges en forme de V étaient associés, la forme centrale du W permettait, en plus, de piéger les poissons cherchant à nager vers la plage à marée montante. Placés en des lieux stratégiques, comme les filets traversant les estuaires destinés à pêcher le saumon, ces systèmes de pêche ont pu déjà contribuer à la surexploitation de la ressource halieutique à l'époque des lumières. Ils étaient généralement abandonnés après quelques dizaines d'années, alors que le produit de la pêche diminuait, faute de reproducteurs.

Des écluses à poissons faites de bois entrelacés, sont nommés , pêcheries de clayonnage, bas parcs ou bouchots sous l'Ancien Régime. Elles sont adaptées à des rivages peu exposés.

Métier Les exploitants et ouvriers de bouchots sont appelés mytiliculteurs, ou anciennement bouchoteurs, boucholeurs ou boucheteurs. vignette|Moules marinières. Les deux zones de production les plus connues sont celles de la baie du Mont-Saint-Michel et celles de Charron, dans la baie de l'Aiguillon, en Charente-Maritime (où Patrick Walton aurait inventé le procédé).

Cependant, l'ensemble de la côte atlantique française possède aussi d'importantes zones de production, qui ont atteint, en 1999, pour la Bretagne-nord, pour l'île de Ré et le centre-ouest (Charron essentiellement), pour la Bretagne sud, pour la Normandie et la mer du Nord et pour le bassin de Marennes-Oléron..

Reconnaissance 2006 : la « moule de bouchot de la baie du Mont-Saint-Michel » est le premier des produits de la mer à obtenir une appellation d'origine protégée (AOP). La zone d’élevage est en baie du Mont-Saint-Michel, uniquement dans sa partie située en Ille-et-Vilaine. Elle se situe à l'ouest de la limite entre départements de l’Ille-et-Vilaine et de la Manche ; au nord la limite est constituée par l’alignement du clocher de Carolles et de la pointe de la Chaîne à Cancale. Les communes de production et de conditionnement sont Cancale, Saint-Méloir-des-Ondes, Saint-Benoît-des-Ondes, Hirel, Le Vivier-sur-Mer, Mont-Dol, Cherrueix et le nord de Dol-de-Bretagne..

2013 : l'inscription de la dénomination « moules de bouchot » est publiée dans le registre des spécialités traditionnelles garanties (STG) du Journal officiel de l'Union européenne, du Règlement d’exécution (UE) n ° 416/2013 de la Commission du 6 mai 2013 enregistrant une dénomination dans le registre des spécialités traditionnelles garanties [Moules de bouchot (STG)..

2020 : la culture des moules de bouchot de Pénestin dans le Morbihan en Bretagne, est une pratique reconnue et inscrite en octobre à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel en France.

Bibliographie 2021 : The fabulous legend of Patrick Walton, par Stephane Aymard,

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Mytilida Mytiliculture Fruits de mer Moules marinières Produits de la mer Conchyliculture

Liens externes

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