Emanuel Swedenborg, né le La date du 29 janvier se comprend suivant le calendrier julien ; suivant le calendrier grégorien il serait né le 9 février. à Stockholm et mort le à Londres, est un scientifique, théologien et philosophe suédois du . Son nom originel Emanuel Svedberg (ou Swedberg) est devenu officiellement Swedenborg après son anoblissement Anoblissement décidé en 1719 par la reine Ulrique-Éléonore en récompense de l'exploit d'ingénierie militaire réalisé par Swedberg lors du siège de la ville de Fredrikshald / Halden : il avait inventé un moyen de faire traverser à deux galères, cinq chaloupes et une corvette de guerre fortement armées plus de soixante kilomètres de terre ferme ; dans Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine, Jacques Matter précise que cet anoblissement ne donna pas à Swedenborg le titre de baron ou de comte, comme on peut parfois le lire..

Dans la première partie de sa vie, Swedenborg est un scientifique et un inventeur prolifique. Ceci lui vaut alors dans certains cercles le surnom de Léonard de Vinci du Nord ou encore d’Aristote de Suède. À l’âge de cinquante-six ans, il déclare être entré dans une phase spirituelle de sa vie et a des rêves et des visions mystiques dans lesquels il discute avec des anges et des esprits, voire avec Dieu et Jésus-Christ, et visite le Paradis et l'Enfer.

Biographie Les années de formation Emanuel Swedenborg naît le à Stockholm. Son père, , était un pasteur luthérien d'origine modesteSelon certaines sources, Jesper vient d'une famille de mineurs qui fut prospère au (cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton) qui, d'aumônier militaire, devint ensuite professeur de théologie à l'université d'Uppsala et évêque de Skara grâce à l'appui de Charles XI. Sa mère était Sarah Behm, fille d'Albrecht Behm, Assesseur du Bureau Royal des Mines. Jesper Svedberg et Sarah Behm auront ensemble neuf enfantsSwedenborg's secret: the meaning and significance of the word of God, the... de Lars Bergquist ; les enfants sont par ordre de naissance : Albert, Anna, Emanuel, Hedvig, Daniel, Eliezer, Catharina, Jesper et Marghareta ; Albert mort en 1696, Emanuel devient le fils aîné. Sarah Behm apporte une fortune appréciable ; cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton.. Jesper Svedberg transmet notamment à son fils son intérêt pour les thèses piétistes et sa croyance en la présence des anges et des esprits sur Terre. Ayant accédé à la charge d'évêque à Skara, il ne peut plus superviser l'éducation de son filsLa mère d'Emanuel décède en 1696 ; Jesper se remarie en 1697 avec Sarah Bergia — également d'une famille de mineurs — ; cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton., Emanuel, resté à Uppsala. Il est élevé par sa sœur Anna et son beau-frère Ericus Benzelius, bibliothécaire en chef de l'université d'Uppsala et futur archevêque de Suède avec lequel Swedenborg maintiendra des relations étroites sa vie durant.

Emanuel s'inscrit en 1704 à l'université d'Uppsala où il obtient son doctorat en philosophieÀ l'époque, ces études comprenaient les sciences mathématiques, la physique et les lettres. en 1709, avec une thèse sur les sentences de Sénèque et de Publilius Syrus. Pour se délasser, il tient les orgues de la cathédrale d'Uppsala. En 1710, il entreprend son Grand Tour à travers l'Europe. À l'issue d'une traversée mouvementée, il gagne l'Angleterre et se rend à Londres, où il manque de se faire pendre pour manquement — involontaire — aux règles de la quarantaineLa Suède connaissait alors des épisodes d'épidémies de peste.. Il restera deux ans et demi tantôt à Londres, tantôt à Oxford où il suit des cours à l'Université : il y étudie la physique, la mécanique et la philosophie et y rencontre Halley, Woodward et Flamsteed, mais ne put rencontrer NewtonIl témoigna dans une correspondance de son admiration pour l'érudit — alors décédé — Isaac Casaubon ; cf. Samuel Willard Crompton, Emanuel Swedenborg.. Il loge chez différents artisans auprès desquels il s'initie à l'horlogerie, à l'ébénisterie ainsi qu'à la fabrication d'instruments de mesure.

Il passe ensuite en Hollande, d'abord à Leyde en 1712, où il apprend à fabriquer des lentilles optiques et où il fréquente l'observatoire astronomique, puis à Utrecht, où se négocie alors le traité d'Utrecht et où il se lie avec l'ambassadeur de Suède, Palmqvist. Puis il gagne la France par Bruxelles. À Paris il fréquente l'Abbé Jean-Paul Bignon, rencontre l’astronome La Hire et l’algébriste Varignon. En 1714, à la demande de son père, il rentre en Suède : de Lille, il gagne Hambourg et fait halte à Rostock d'où il écrit à Benzélius, futur évêque d'Uppsala, une lettre dans laquelle il énumère quatorze inventions qu'il a conçues: machine à vapeur, machine volante, sous-marin, fusil à air comprimé, pompe à mercure, poêle à combustion lente, nouveau type d'écluse, pendule à eau représentant le mouvement des planètes, etc.

Il arrive en Suède au printemps 1715, accompagné d'une Dame FeifR. L. Tafel, dans Documents Concerning the Life and Character of Emanuel Swedenborg Part One, identifie cette Dame Feif comme l'épouse de Casten Feif, conseiller à la guerre du roi Charles XII.. Il fait paraître une œuvre littéraire et poétique qu'il a composée pendant ses pérégrinations, les Jeux d'Helicon (Ludus Heliconius, sive carmina miscellanea quae variis in locis cecinit) ; il publie également à Greifswald un autre petit écrit littéraire intitulé Muse boréale (Camoena borea, sive favellae Ovidianis similes)Jacques Matter, Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine..

Période scientifique vignette|La machine volante, dessinée dans son carnet de 1714. Le pilote est assis au centre et pagaie dans l'airVoir description dans Söderberg, H. Swedenborg's 1714 Airplane: A Machine to Fly in the Air (1988) et dans la vidéo (minute 5:48) .

De retour en Suède en 1715, il se consacra aux sciences et à l'invention pendant une vingtaine d'années. De 1716 à 1718On trouve des dates très différentes selon les auteurs. Anne Buttimer et Tom Mels, By northern lights: on the making of geography in Sweden donnent 1711 comme date de fondation du journal ; Lars Bergquist, Swedenborg's secret: the meaning and significance of the word of God, the... donne 1716-1718 comme période d'édition de 6 numéros., il crée, avec son ami Christopher Polhem, le premier journal scientifique suédois intitulé Daedalus Hyperboreus (Dédale hyperboréen), qui contient les premiers travaux de la Société royale des sciences d'Uppsala dont Swedenborg fut un des premiers membresCurieusement, Matter indique 1729 comme année d'adhésion à la Société Royale., et où sont mentionnées les inventions mécaniques du philosophe.

Swedenborg est présenté par Polhem au roi Charles XII à Lund. Le roi, appréciant ses talents, le nomme Assesseur au Collège des Mines le . Il a pour mission d'assister Christopher Polhem dans l'exécution de divers grands travaux comme les docks de Karlskrona, les écluses du lac Väner et de Göteborg ou encore les installations hydrauliques de Trollhättan. En 1718, il publie, toujours en latin, Méthode nouvelle pour trouver les longitudes par les observations lunaires, puis un traité rédigé en suédois comprenant dix volumes, sur l'algèbre le calcul différentiel et intégral, la mécanique et la balistique.

En 1719, il est anobli, ce qui lui confère le droit de siéger à la chambre haute du Parlement suédois. Cette même année, il publie en suédois différents traités sur le mouvement de la Terre et des planètes, ainsi qu'un traité sur la hauteur des eaux et les fortes marées dans le monde primordial.

Dans les années 1720 et 1721, il visite les mines de Suède. En 1721, il fait un court séjour à Amsterdam pour y publier en latin cinq traités d'ordre scientifique : le Prodrome des principes de philosophie naturelle, les Observations et découvertes sur le fer et le feu, la Nouvelle Méthode pour déterminer sur terre ou sur mer les longitudes géographiques des lieux, l' Art de construire les docks et une nouvelle méthode pour la construction des digues, l' Art d'apprécier la force mécanique des naviresRespectivement : Prodromus Principiorum Rerum Naturalium, sive novorum tantaminum Chemiam et Physicam experimentalem Geometrice explicandi, Nova Observata et Inventa circa ferrum et ignem ; una cum nova camini inventione, Methodus nova inveniendi Longitudines locorum, Terra Marique, Ope Lunae, Modus construendi Receptecula Navalia ; Nova Constructio Aggeris, Aquatici, Modus Mechanice explorandi Virtutes Navigiorum titres latins trouvés dans C. Knight, Penny cyclopaedia of the Society for the Diffusion of Useful Knowledge, Volumes 23 à 24, 1842.. Il part de Hollande vers Aix-la-Chapelle, Liège et Cologne pour y visiter des mines. Séjournant à Leipzig en 1722, il y fait paraître ses Mélanges d'observation sur les minéraux, le feu et les gisements des montagnes. Arrivé à Hambourg après avoir visité les mines de Saxe, il ajoute un quatrième volume aux Mélanges pour y traiter du fer et des stalactites de la grotte de Baumann. Il repart de Hambourg visiter les mines de Brunswick, de Gosslar, du Hanovre et du Limbourg. À l'été 1722, il est de retour en Suède où il fait paraître Sur la dépréciation et l'élévation des monnaies en SuèdeJacques Matter, Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine.. Il invente un système décimal monétaire, également utilisable pour l’étude de la cristallographie.

En 1724, Swedenborg décline la chaire de mathématiques que lui proposait l'Université d'Uppsala et qui était vacante depuis la mort de Nils Celsius. Il veut en effet se consacrer à son grand projet, les Principia, qui l'occupera durant douze ans. Il est le premier à émettre l'hypothèse de la formation du système solaire. il énonce une théorie moderne de l'atome, décrit la nature de la Voie lactée, précédant celles de Buffon et de Laplace, propose une théorie ondulatoire de la lumière et une théorie cinétique de la chaleur. Il publie une méthode de calcul des longitudes suivant l'observation des phases de la lune, étudie la formation des marées, s'intéresse à la cristallographie et à la métallurgie, ainsi qu'au magnétisme et à l'électricité, devançant les travaux de Franklin et de Faraday. En , il publie à Leipzig les trois tomes de Opera philosophica et mineralia qu'il fera paraître en version révisée à Dresde en 1734. Le tome premier s'intitule Principes des choses naturelles et nouvel essai d'un exposé philosophique du monde élémentaire (Principia rerum naturalium, sive novorum tentaminum phoenomena mundi elementaris philosophice explicandi). Cet ouvrage lui vaut reconnaissance et honneursEn 1763, l’Académie des sciences de Paris fait traduire en français son traité de métallurgie et le fait insérer dans sa Description des arts et métiers.. La même année, il publie à Dresde L'Infini, la cause finale de la nature, et le lien de l'âme et du corps... Essai sur la cause finale de la création ainsi que le mécanisme de l'âme et du corps (Prodromus philosophiae rationalis de infinito et causa finali creationis : deque mechanismo operationis animae et...). Il retourne en Suède où il arrive en pour l'assemblée des États.

Études anatomiques