Alain Carignon, né le à Vizille (Isère), est un homme politique français.

Membre du RPR, il est élu maire de Grenoble en 1983, faisant tomber un bastion socialiste. Il conserve cette fonction jusqu'en 1995. Lors de ses mandats, il inaugure le synchrotron de Grenoble, le Centre national d'art contemporain (Magasin-CNAC) et le World Trade Center Grenoble.

Il est ministre délégué à l'Environnement du gouvernement Chirac II puis ministre de la Communication du Gouvernement Balladur en 1993. À ce poste, il fait passer la « loi Carignon » qui impose un quota de chansons francophones à la radio et entérine la création de La Cinquième.

En 1994, il démissionne du gouvernement et se place en retrait de la mairie, après sa mise en examen pour corruption et abus de biens sociaux pour le financement de sa campagne aux élections municipales. Jugé coupable, il est condamné à de prison dont un an avec sursis, suivis de cinq ans d'inéligibilité. Pendant son incarcération, il est mis en examen pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux dans une enquête sur la société Grenoble Isère développement, dont il est resté président pendant le début de son incarcération. À sa sortie de prison, il revient en politique en 2002. En 2004, il est condamné à une amende pour l'affaire Grenoble Isère développement.

Présent sur la liste de Matthieu Chamussy lors des élections municipales de 2014, le score qu'elle réalise ne lui permet de retrouver le conseil municipal qu'en 2019, après la démission de deux colistières pour lui permettre de siéger avant les élections municipales de 2020, où il échoue à reprendre la ville à Éric Piolle. Après une deuxième tentative manquée en 2026 cette fois face à Laurence Ruffin, il annonce ne pas siéger dans l'opposition et se retire de la vie politique.

Carrière Débuts en politique Entré à l’âge de dans le mouvement des jeunes gaullistesfresques.ina.fr du 16 novembre 1984, Alain Carignon., en Mai 68, il est l'un des neuf étudiants à s'opposer ouvertement aux manifestants de l'université de Grenoble. Il est repéré par le préfet et la droite qui lui proposent un poste, mais il n'a pas l'âge requis pour se présenter à des élections.

Il est diplômé de l'Institut d'administration des entreprises (à l'époque École Supérieure des Affaires) de Grenoble, et commence sa carrière en tant qu'attaché de presse de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble.

En 1976, il entre au Conseil général de l'Isère.

Il travaille au cabinet du médiateur, puis à la commission industrie du Conseil économique et social. Il devient chargé de mission auprès de Jérôme Monod, secrétaire général du RPR.

Maire de Grenoble Alain Carignon se fait connaître en emportant en 1983 la mairie de Grenoble, bastion socialiste de longue date, face à Hubert Dubedout.

Le , il organise un référendum municipal sur la création du tramway de Grenoble., après avoir appuyé sa campagne municipale sur l'opposition à ce projet de l'équipe d'Hubert Dubedout. Le projet est accepté par pour, soit 53,09 % des votes exprimés et un taux de participation de 36,79 %... La première ligne du tramway à Grenoble (ligne A), portée par Charles Descours, est inaugurée en devant une foule de , devenant le premier tramway au monde entièrement accessible aux handicapés grâce à des planchers bas...

Sur un plan scientifique et au cours de ses mandats, Grenoble est choisi en aux dépens de Strasbourg pour l'implantation de la source européenne de rayonnement synchrotron., permettant ainsi le désenclavement du polygone scientifique par la construction de deux nouveaux ponts (pont d'Oxford et pont des Martyrs). Alain Carignon inaugure le le bâtiment 40 du LETI en présence du président François Mitterrand..

Alain Carignon inaugure en 1985 le nouveau bâtiment de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble dans le quartier Hoche, le centre national d'art contemporain en 1986 sur l'ancien site industriel Bouchayer-Viallet, le parc Pompidou de en 1987 dans le quartier de la Capuche, Le Summum et la voie sur berge en 1988, l'extension d'Alpexpo en 1989. Il lance surtout en 1990 le quartier d'affaires Europole sur les friches industrielles de l'ancienne brasserie de la Frise en y transférant l'école supérieure de commerce en 1992 et en y créant le World Trade Center Grenoble en 1993, laissant par ailleurs la possibilité d'installer le futur palais de justice.. Enfin, en 1994, il transfère le musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère dans la rue Hébert.

Sur un plan urbanistique, Alain Carignon rénove certains quartiers et bâtiments historiques du centre-ville comme la halle Sainte-Claire inaugurée en 1991, les immeubles de la rue Très-Cloîtres ou l'ancien palais des évêques transformé en musée de l'Ancien Évêché, mais qui n'ouvrira ses portes qu'en 1998 à la suite de la découverte inattendue du premier baptistère de la ville.

Il est contraint à la démission en raison de sa mise en examen pour l'affaire Dauphiné News en 1994.. Son premier adjoint Pierre Gascon le remplace jusqu'à la fin de son mandat l'année suivante..

Autres postes avant 1994 Il devient député européen en 1984 et président du conseil général de l'Isère le puis ministre de l'environnement sous Jacques Chirac l'année suivante.

Il fait partie des douze jeunes députés « rénovateurs » RPR et UDF (avec notamment François Léotard, Michel Noir, François Bayrou, François Fillon et Philippe Séguin), qui souhaitent évincer à la fois Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.

En 1988, il est député de l'Isère et préside le département. Il conserve par ailleurs ce dernier poste pendant sa détention.

Carrière ministérielle Ministre délégué à l'Environnement En 1986, il remporte les législatives dans la circonscription de sa ville et est appelé par Jacques Chirac dans le premier gouvernement de cohabitation, au poste de ministre délégué à l'Environnement. Le , peu après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, il déclare au journal télévisé d'Antenne 2 : , reprenant les éléments communiqués au gouvernement par le service central de protection contre les rayonnements ionisants. Selon un rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire en 2016, les taux étaient en réalité seulement inférieurs au seuil de précautions fixé par l'Organisation Mondiale de la Santé qui était de 2000 Bq par litre et inférieurs au seuil de danger fixé a par litre (sauf cas particulier de la Corse)1986-2016 : Tchernobyl, après : Impacts de l’accident de Tchernobyl en France et en Europe, rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, 2016, consulté le 30 décembre 2019..

À la suite de cette catastrophe, il propose, en collaboration avec le ministère de l'IntérieurLe Quotidien de Paris, Jean-Pierre Thiollet, 22 juillet 1986, http://discours.vie-publique.fr/notices/863149000.html, une loi au Parlement sur la prévention des risques majeurs. Celle-ci est adoptée à l'unanimité en 1987.

Ministre de la Communication Réélu député en 1988, il démissionne en raison des limites sur le cumul des mandats en France, choisissant de rester maire de Grenoble et président du conseil général de l'Isère plutôt que de siéger à l'Assemblée nationale. Il explique ceci par une volonté de liberté face au blocage politique. Lors du second gouvernement de cohabitation, en 1993, le nouveau premier ministre Édouard Balladur le nomme ministre de la Communication.

Il doit démissionner l'année suivante en raison de l'affaire de financements politiques qui l'emmènera en prison.

Il fait adopter en la loi dite « Carignon » qui porte sur la création d'une cinquième chaine de télévision publique, « La Cinquième » (aujourd'hui France 5)vie-publique.fr ainsi que l'instauration d'un quota obligatoire de 40 % de chansons françaises sur les ondes radiophoniquesddm.gouv.fr.

Condamnations judiciaires Affaire Dauphiné News

Le , le juge Philippe Courroye ouvre une information contre X pour abus de biens sociaux et recel. L'affaire en question concerne les journaux News et Dauphiné News de Grenoble, journaux de facture luxueuse lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989 et qui soutiennent le conseil municipal sortant. En , Alain Carignon est réélu maire de Grenoble et les journaux disparaissent immédiatement, laissant un passif de de francs. La Lyonnaise des eaux de Jérôme Monod, qui vient de remporter, via une de ses filiales, la gestion des eaux de Grenoble nouvellement privatisée par la municipalité d'Alain Carignon, entre alors dans le capital de l'entreprise de presse, et bien que celle-ci n'ait plus aucune activité, elle en éponge les dettes.

Outre ces journaux servant à sa campagne pour les municipales, Alain Carignon a également bénéficié à titre personnel d'une croisière en Méditerranée, d'un voyage en Australie, de vols en avions-taxis, ou encore d'un appartement de dans Paris..

Le , Alain Carignon annonce sa démission de son poste de ministre de la Communication du gouvernement lorsque sa mise en examen devient inéluctable. Incarcéré le . à la prison Saint-Joseph., il est condamné le par un arrêt définitif de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Lyon à de prison dont un an avec sursis., d'inéligibilité, et d'amende pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins.

Il obtient une libération anticipée le et détient alors le record de durée de détention pour un homme politique français.

Affaire Grenoble Isère développement Au début de , alors qu'il est incarcéré à la prison de Villefranche-sur-Saône pour l'affaire Dauphiné News, Alain Carignon est mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de biens sociaux » dans une enquête sur la société Grenoble Isère développement (GID). Celle-ci est une société d'économie mixte liée au conseil général de l'Isère, dont il est resté président pendant le début de son incarcération« Corruption : Alain Carignon a été mis en examen à propos d'irrégularités découvertes dans la Société Grenoble Isère développement », Le Monde, 21 septembre 1997..

Le , il est condamné par le tribunal correctionnel de Grenoble à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et francs d'amende pour « abus de biens sociaux et usage de faux ». Le procureur adjoint avait requis deux ans avec sursis et d'amende. Le sénateur Jean Boyer, poursuivi en qualité de président de GID, est lui condamné à quinze mois d'emprisonnement avec sursis et d'amende« Alain Carignon condamné à dix-huit mois de prison avec sursis », Le Monde, 15 juillet 1999..

En 2004, la chambre régionale des comptes condamne Alain Carignon et Xavier Péneau à rembourser au conseil général de l'Isère la somme de , et à payer en outre d'intérêts, ainsi que d'amende pour Alain Carignon, pour Xavier Péneau. Le , la Cour des comptes confirme la décision. En , le ministère du Budget rejette la demande de remise gracieuse déposée par Alain Carignon« Alain Carignon sommé définitivement de payer », 20 minutes, 3 février 2011..

Retour en politique En 1998, à sa sortie de prison, Carignon adhère au Rassemblement pour la République.

Activités sans mandat électoral Alain Carignon revient en politique en 2002, après de détention, un record pour un homme politique en France, suivis de d'inéligibilité« Les fantômes d'Alain Carignon », Le Canard enchaîné, 6 octobre 2010, 2.. Malgré l'opposition d'Alain Juppé, alors chargé de la création de l'UMP, le soutien de Nicolas Sarkozy lui permet d'intégrer le nouveau parti de droite, « Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble », Le Monde, 5 juin 2007.. Il prend la tête de la fédération UMP de l'Isère en 2003, les conditions de son élection étant néanmoins fortement contestées« Carignon: les secrets d'un retour - Opération Résurrection », L'Express, 15 mars 2007.. Il est soutenu par son ami Nicolas Sarkozy.