La Porsche Carrera GT est une supercar produite par le constructeur automobile allemand Porsche de 2003 à 2006, successeur de la Porsche 911 GT1.

À l'origine présentée comme un concept car lors du Mondial de l'automobile de Paris en , elle entre en production en et sortent de l'usine de Leipzig, en Allemagne.

Conception et production

Contexte alt=Une voiture de course noire vue de l'avant droit exposée dans un musée.|gauche|vignette|Prototype de Porsche LMP2000 / 9R3 exposée au musée Porsche de Stuttgart. Le développement de la Carrera GT remonte aux 911 GT1 et LMP1-98. En partie à cause des changements de réglementation de la FIA et de l'ACO en 1998, ces deux projets sont abandonnés. Porsche prépare alors un nouveau prototype pour la nouvelle catégorie Le Mans Prototype, la LMP2000, à partir de 1998. Le constructeur prévoit d'abord d'y intégrer un moteur six cylindres à plat turbocompressé, mais l'ingénieur responsable du projet, Herbert Ampferer, opte finalement pour intégrer un moteur V10, dérivé d'un bloc construit par Porsche pour l'écurie de Formule 1 Footwork en 1992. Le moteur est entièrement repensé pour répondre aux exigences de l’endurance, avec une cylindrée portée de 3,5 à . Il développe alors et peut atteindre un régime de . Une nouvelle boîte de vitesses ainsi qu’un châssis en fibre de carbone sont conçus en collaboration avec l’écurie Lola.

Toutefois, le projet est annulé en , des rumeurs affirmant qu'un accord avec le groupe Volkswagen aurait été conclu pour collaborer sur la conception du Volkswagen Touareg et du Porsche Cayenne, permettant ainsi à Audi de participer aux 24 Heures du Mans sans la concurrence de Porsche.

La décision d’abandonner le projet émane effectivement de Wendelin Wiedeking, alors président de Porsche. Les fonds initialement alloués au programme 9R3 sont redirigés vers le développement du Porsche Cayenne, dont le lancement est prévu pour le millésime 2003. Herbert Ampferer confirmera ce redéploiement budgétaire lors d’une entrevue accordée au magazine Total 911 en 2019.

Paradoxalement, Wiedeking, observant la montée en puissance du segment des supercars et dans l'optique de relance de la marque lancée par le Cayenne, charge Ampferer de concevoir un concept, basé sur le moteur développé pour le prototype et resté inexploité, apte à rivaliser avec Ferrari.

Conception et développement Inutilisé, le V10 de 5,5 L du prototype est alors installé par Porsche dans un appelé Carrera GT, présenté au Mondial de l'Automobile de Paris de 2000. Sa présentation donne lieu à une mise en scène particulière. Le matin de l'ouverture du salon, la Carrera GT, conduite par le pilote de rallye allemand Walter Röhrl, descend les Champs-Élysées pour terminer sa course devant la pyramide du Louvre, où les agences de presse, invitées par Porsche, attendent sans savoir quel véhicule va leur être présenté. Elle est ensuite exposée au salon, au stand Porsche.Sur ce concept, de nombreux éléments sont repris du prototype 9R3, notamment le moteur V10 5,5L développant , ainsi que la boite de vitesses. Le design est signé Harm Lagaay, directeur du design Porsche de 1989 à 2004.

Du concept à la série vignette|Vue entre-ouverte sur le moteur V10 de la Carrera GT.|alt=Un moteur en exposition dans un musée.|gauche Le , à l’occasion du Salon de l’automobile de Détroit, Porsche annonce officiellement le lancement en production de la Carrera GT, dont la commercialisation est prévue pour l'année modèle 2004. En effet, l'intérêt suscité par le véhicule et l'afflux de revenus générés par le Cayenne incitent alors Porsche à décider de produire la voiture.

Même si le concept-car a initialement été développé dans l'optique de le convertir rapidement en véhicule de série, plusieurs modifications techniques et esthétiques sont à noter entre le concept et la version de série.

Tout d'abord, le moteur V10 connait plusieurs optimisations. Sa cylindrée est en effet poussée à , augmentant sa puissance à et son couple à . La boite de vitesses n'est plus séquentielle, mais remplacée par une boîte manuelle à 6 rapports avec un embrayage céramique. Par ailleurs, la Carrera GT est le premier véhicule produit de série à disposer d'un châssis monocoque en composite CFRP, des matières synthétiques renforcées de fibre de carbone. Elle s'équipe de freins céramiques perforés et ventilés. Son poids se limite à .

La Carrera GT dans sa version de série est présentée en au Salon international de l'automobile de Genève, en .

Historique et fin de production vignette|Une Carrera GT ici exposée au Salon International de l'automobile de San Francisco de 2004.|alt=Une voiture grise 2 portes vue de l'avant, exposée dans un salon automobile. L'objectif de production est fixé à .

La production du groupe motopropulseur a lieu à Stuttgart. Le moteur et la transmission sont ensuite envoyés à l'usine de Leipzig, en Allemagne, où la voiture est assemblée. La première Carrera GT a été commercialisée aux États-Unis le .

À la fin de la production, le , ont été fabriqués, avec un total de 604 unités vendues aux États-Unis et 31 unités vendues au Canada. Au Royaume-Uni, 49 unités ont été vendues.

Un total de exemplaires ont été vendus à travers le monde entre le début et l'arrêt de la production en août 2006.

Le samedi , l'acteur Paul Walker est victime d'un accident mortel en étant passager du véhicule. La famille Walker dépose plainte contre Porsche considérant que le véhicule posait des problèmes de sécurité qui auraient causé la mort de l'acteur et de son ami pilote professionnel Roger Rodas. En 2016, la famille Walker et Porsche concluent un accord à l'amiable..

Caractéristiques

Dimensions alt=Une voiture grise 2 portes exposée dans un musée, vue de l'arrière droit.|vignette|Vue arrière droite de la Carrera GT ; le prototype LMP2000 en arrière plan. La Carrera GT présente des dimensions caractéristiques d'une supercar du début des années 2000, combinant une largeur marquée, une hauteur contenue et un empattement optimisé pour assurer stabilité et performances à haute vitesse. alt=Logo du constructeur automobile Porsche.|centré|sans_cadre|120x120pxCarrera GT Version de sérieLongueurLargeurHauteurEmpattementDiamètre de braquage (entre murs)Poids annoncé DIN (selon moteurs et finitions)CoffreCapacité du réservoir

Chaine cinématique

Motorisation alt=Un moteur installé à l'arrière d'une voiture.|vignette|Le compartiment moteur de la Carrera GT. Le moteur V10 de équipant la Porsche Carrera GT de série dérive directement du moteur V10 de initialement conçu pour le prototype d’endurance Porsche 9R3, et déjà utilisé dans le concept-car initial. En raison d’un poids supérieur de 10 % par rapport au concept, la version de production nécessitait une augmentation équivalente de puissance afin de préserver le rapport poids/puissance initial. Pour ce faire, l’alésage a été porté de 96 à 98 mm, portant la cylindrée à 5 733 cm³, et le bloc moteur a été allongé de 7 mm pour permettre l’ajout d’un segment de piston supplémentaire. Le bloc ainsi utilisé porte le code interne M80/01.

Concernant les composants internes, le V10 est à double arbre à cames en tête à 4 soupapes par cylindre, le tout en distribution variable Variocam. Le vilebrequin est forgé et les bielles en titane.

Le moteur intègre un système de lubrification à carter sec particulièrement élaboré, comprenant dix pompes à huile : une pompe de pression et neuf pompes de récupération, assurant l’évacuation de l’huile des chambres de vilebrequin, des culasses et du carter de distribution. Ce dispositif a été conçu pour supporter des accélérations latérales allant jusqu’à , garantissant ainsi un fonctionnement optimal du moteur, même dans des conditions d'utilisation extrêmes proches de la compétition. Moteur V10 M80/01 Moteur V10 atmosphérique à , en position centrale arrière, monté longitudinalement Cylindrée Alésage x Course: 98,0 x Distribution 2 doubles arbres à cames en tête + Variocam Alimentation Gestion Bosch Motronic ME 7.1.1 Puissance () à Couple à Régime maximal Taux de compression 12,0 : 1 Puissance au litre /L (/L) Rapport poids/puissance Refroidissement Par eau (28 litres)Vitesse maximaleConsommation mixteÉmissions de Les performances générées par ce moteur sont à la hauteur de la voiture. Le est effectué en , le en , et le en . Le quart de mile, ou départ arrêté, est effectué en et le départ arrêté en . La vitesse maximale annoncée est de .

En termes de consommation, la moyenne mixte est de . En usage urbain, elle est de , et de en extra urbain.

Boite de vitesses et transmission En raison des exigences strictes imposées par le concept global de la voiture, l'adoption d'une boite de vitesses conventionnelle fut écartée. Porsche a ainsi développé une boite entièrement nouvelle spécifiquement pour la Carrera GT.

Il s'agit d'une boîte de vitesses transversale, intégrant un réservoir d'huile et un séparateur cyclonique destiné à éliminer la mousse d'huile. Elle inaugure par ailleurs l’utilisation d’un système de commande de boîte de vitesses par câbles baptisé Flexball, une première mondiale. Ce dispositif permet de réduire significativement les pertes par friction, tout en assurant une précision accrue dans le passage des rapports.

Pour limiter l'encombrement de l’embrayage, la Carrera GT n’est pas équipée d’un volant bimasse, mais d'un embrayage à carter sec à deux disques en céramique, dont le diamètre n'excède pas . Cet embrayage porte le nom PCCC, pour Porsche Ceramic Composite Clutch. La fonction de filtrage des vibrations, normalement assurée par un tel dispositif, est remplie par une architecture spécifique des arbres d’entrée : un premier arbre principal creux contient un second arbre, plein, long et fin, jouant le rôle de tige de ressort. En combinaison avec la masse du renvoi d’angle, ce système agit comme un ressort de torsion, permettant d’absorber les à-coups du moteur et de réduire le bruit généré par la transmission.

La puissance est transmise aux roues arrière via un différentiel autobloquant central à disques multiples.

Mécanique La céramique est également présente sur le système de freinage de la Carrera GT. En effet, cette dernière s'équipe de disques en carbone-céramique de de diamètre, avec des étriers à six pistons. Ce système porte le nom officiel Porsche Ceramic Composite Brakes (PCCB). Le tout est assisté par ABS et par répartiteur électronique de freinage.

La Carrera GT est équipée de jantes spécifiques en magnésium forgé, dotées d’un écrou central, une solution issue du sport automobile permettant de réduire les masses non suspendues tout en facilitant les changements de roues. À l’avant, les jantes mesurent et sont chaussées de pneumatiques Michelin 265/35 ZR 19, tandis qu’à l’arrière, elles mesurent 12,5 x 20 pouces et sont équipées de pneumatiques Michelin 335/30 ZR 20.

Enfin, concernant les suspensions, le modèle adopte un schéma de suspension à double triangulation à l’avant comme à l’arrière. Les combinés ressorts-amortisseurs sont actionnés par des tiges de poussée (« push-rods ») en acier inoxydable, associées à des leviers de renvoi, architecture déclinée de la compétition automobile. Les bras de suspension, en aluminium matricé, sont fixés directement sur le châssis monocoque, assurant à la fois rigidité, légèreté et précision dans le guidage des trains roulants.

Châssis et carrosserie vignette|Une Carrera GT exposée sans carrosserie au PEC Silverstone.|alt=Une voiture exposée sans carrosserie dans un musée. La Porsche Carrera GT est la première automobile, tous segments confondus, route et compétition, à adopter une cellule monocoque et un châssis entièrement réalisés en plastique renforcé de fibres de carbone (PRFC), supportant l’ensemble des modules et composants mécaniques.