Le Franches-Montagnes (), est l'unique race chevaline d'origine suisse subsistante. Il provient du district des Franches-Montagnes dans le canton du Jura où des chevaux de travail montagnards sont recensés depuis le . Il s'est constitué principalement au à partir de croisements réguliers entre des juments indigènes robustes de type Comtois et des étalons de diverses races européennes, en particulier Anglo-normands. À la fin du naissent les deux étalons fondateurs de la race, Vaillant et Imprévu, dont les deux lignées restent les plus importantes de nos jours. Son stud-book est ouvert en 1924. Depuis la fin du , il se fait connaître en dehors de son pays natal, particulièrement en France, en Allemagne et en Italie.

Le cheval Franches-Montagnes est de taille moyenne, médioligne, et dispose d'allures souples. Son caractère, réputé excellent, résulte d'une sélection très rigoureuse incluant des tests sur le mental, la santé, et les compétences monté et attelé. Il est l'un des rares représentants du cheval de trait léger en Europe de l'Ouest.

Ce cheval polyvalent est adapté aux familles, à la randonnée équestre et à de nombreuses disciplines sportives, mais l'attelage de loisir et de compétition reste son domaine de prédilection. Il est encore utilisé en petits nombres par l'armée suisse, et parfois mis au travail agricole. Si son aire d'élevage reste essentiellement concentrée en Suisse et particulièrement au haras national d'Avenches, la race se développe dans d'autres pays, notamment en Italie depuis les années 1980 et en France depuis les années 2000.

Dénomination Le Franches-Montagnes n'a pas de nom précis avant la fin du . Trois types de chevaux sont longtemps recensés, l'un dans les Franches-Montagnes, le second à Porrentruy et le troisième à Delémont, chacun sous son propre nom. Avec le temps, ces types sont fusionnés et indifféremment nommés « cheval du Jura » ou « Franches-Montagnes » quelle que soit leur origine géographique. Ce cheval est aussi anciennement connu sous le nom de « race welsche ».. Il était d'usage, jusqu'au début du , d'employer des dénominations en fonction du type de croisement effectué : Anglo-Jura pour les animaux ayant un ancêtre Pur-sang, et Normand-Jura pour ceux avec un ancêtre Anglo-normand. Il faut attendre la fin du pour que le nom « (Cheval des) Franches-Montagnes » soit définitivement officialisé.

En allemand, le nom officiel est « », issu du nom germanique de la région, .

Histoire vignette|Le Doubs, dans le district des Franches-Montagnes.|alt=Paysage champêtre avec une rivière, des arbres et des prairies Le Franches-Montagnes est la race emblématique du district du même nom ; originellement son élevage y était localisé avant l'extension à toute la Suisse. Ce district est situé dans le canton du Jura au Nord-Ouest de la Suisse, près de la frontière française dont il est séparé par le Doubs. Le Franches-Montagnes forme l'unique race chevaline suisse. Le biotope de son berceau d'élevage, prairies et conifères, est idéal pour ses éleveurs.. Le Franches-Montagnes est autant indissociable du massif du Jura (transfrontalier) que du canton suisse homonyme, habité par les Rauraques dans l'Antiquité« Les prémices de l'élevage jurassien » dans ..

La race possède un tronc commun avec le cheval Comtois., élevé sur le plateau voisin, de l'autre côté du Doubs. Ces deux populations équines sont longtemps confondues et les croisements entre elles nombreux aux et . L'organisation de l'élevage au début du sépare ces deux races dont les éleveurs respectifs prennent des orientations différentes.. Au cours de son histoire, la race Franches-Montagnes est menacée de disparitions à plusieurs reprises, par le chemin de fer, l'industrialisation, la motorisation de l'agriculture, les passages entre économie de guerre et économie de paix ou même les problèmes soulevés par le fédéralisme. Au , le marché du cheval de loisir met la race à l'abriIntroduction, dans .. Contrairement à l'idée populaire d'une race spécifique et immuable, le Franches-Montagnes a connu de multiples influences, des périodes de prospérité et de déclin à toutes les époques de son histoire. Bien qu'au début du , il soit le principal cheval du paysage équestre helvétique, son élevage n'a historiquement reçu que peu de soutiens de la part des autorités.

Le Franches-Montagnes est étudié par de nombreux spécialistes, notamment l'ancien directeur du haras national suisse Pierre-André Poncet, qui lui a consacré un ouvrage de référencePréface de Vincent Weirmeille dans ., Le cheval des Franches-Montagnes à travers l’histoire, réalisé par la Commission des éditions de la Société jurassienne d'émulation.. Il existe peu de sources iconographiques anciennes à son sujet, et les gravures sont rares. La photographie n'apparaît qu'au dernier quart du Introduction, dans .. Les premiers documents réellement fiables au sujet de la race sont rédigés à la fin du .

Origine Il est difficile de connaître la datation précise des premiers élevages chevalins dans le Jura suisse« Les prémices de l'élevage jurassien » dans .. En 1239, Albert le sage, père de Rodolphe de Habsbourg, aurait acquis un cheval dans l'évêché de Bâle à prix fort, mais le patriotisme a sans doute poussé certains auteurs du , comme le Ritzenthaler, à idéaliser les « chevaux du Jura ». Ainsi, ce témoignage de la victoire de Rodolphe de Habsbourg en 1278, face à Ottokar II de Bohême, grâce à son « cheval jurassien », peut-être remis en cause« Les prémices de l'élevage jurassien » dans .. Selon le Carnat (1934)., l'origine de la race est à rechercher parmi des chevaux montagnards de travail du type trait léger employés à la traction dans cette région dès la fin du . Il y voit une ascendance depuis les chevaux de trait d'Europe du Nord, mais cet argument est contesté.. Guillaume Séraphin Bernard (1881) cite une ascendance arabeGuillaume Séraphin Bernard, Quelques mots sur l'élève des chevaux dans le Jura: Dédié à nos cultivateurs, J. Boéchat, 1881, p. 11. L'influence des chevaux espagnols via l'abbaye de Bellelay, elle aussi évoquée par certains auteurs, est une fois de plus mise en doute..

La plupart des spécialistes relèvent les premières traces véritables d'élevage dans le Jura suisse au début du ... La présence d'une population de chevaux autochtone est avérée dans le district des Franches-Montagnes en 1619, où un animal beau, robuste, résistant, à la tête lourde et sujet à la cécité (probablement en raison de la proximité de marécages dans la région) est décrit à la cour du Prince-évêque de Bâle...

Dans leur région d'origine, ces chevaux sont mis au travail par des paysans rouliers nommés les « Montagnons »Patrick Wadel, « Le Montagnon, paysan roulier de Franches-Comté au XVIII » dans Voitures, chevaux et attelage, Association pour l’académie d’art équestre de Versailles, Paris, 2000, p. 279-294. Le Franches-Montagnes actuel est le résultat de croisements réguliers entre la jument jurassienne et des étalons d'origines très variéesIntroduction, dans ., notamment Anglo-normand. Le haras national d'Avenches estime que la naissance de la race en tant que telle remonte aux alentours de 1850..

vignette|gauche| Ex-voto représentant une jument et un poulain des Franches-Montagnes, 1850. D'après M. Poncet., c'est la plus ancienne représentation connue d'un cheval de la race.|alt=ex-voto montrant une jument de couleur marron à crinière et queue noires, accompagnée de son poulain Au début du , les éleveurs du district des Franches-Montagnes sont connus pour leur production de chevaux de tirage de qualité. et en 1817, y sont recensées.. Ils produisent surtout de petits animaux solides et résistants, vraisemblablement de taille moyenne, destinés à l'agriculture et à l'armée pour l'artillerie et le train. Des modèles de selle plus légers sont également produits, comme en témoignent les importations d'étalons Anglo-normands en 1821, puis de chevaux anglais, français, de Hanovriens et d'Oldenbourgeois en 1830.. Le but est d'atténuer les « défauts » de la race locale, parfois déconsidérée pour sa tête lourde et épaisse, son encolure courte et sa croupe avalée, malgré une excellente ossature et de bonnes attaches des membres.. Divers prix et des primes sont attribués, dépassant parfois le montant (considérable pour l'époque) de . Les juments des Franches-Montagnes sont réputées meilleures que dans d'autres régions..

Aucune sélection n'est faite sur la robe. et des couleurs très variées coexistent.. Le cheval Comtois influence aussi nettement le cheptel suisse., en effet des échanges réguliers ont lieu de chaque côté de la frontière franco-suisse, les races dites « Comtoise » et « Jurassienne » sont à cette époque similaires.. Avec l'arrivée du chemin de fer, le cheval perd en partie de son utilité, pour les animaux de selle comme pour les carrossiers..

Types de chevaux du Jura Avant les croisements et l'harmonisation du Franches-Montagnes, trois types sont recensés, le premier à Delémont, le second à Porrentruy, et le troisième dans le district des Franches-Montagnes. Le cheval de Delémont est le plus petit et le plus ramassé, résistant et vigoureux, il est compact, dispose d'un bon tempérament et d'allures de qualité. C'est essentiellement un cheval de trait et de chaise de poste, rarement monté. Par rapport aux deux autres types, son garrot et son dos sont de meilleure qualité, sa croupe est plus horizontaleRapport de la commission bernoise d'élevage, 1871, p. 3. Le type des Franches-Montagnes possède de nombreux défauts, mais forme un excellent cheval de trait capable de déployer une grande puissance. On trouve du gris et du bai, cette dernière robe étant la plus recherchée. Le cheval de Porrentruy est le plus grand et peut dépasser , il présente une meilleure conformation que les deux autres. Tous trois ont néanmoins des caractéristiques proches, une grande robustesse et une relative précocité.. À partir de 1855, alors que la majorité des chevaux étaient de robe grise, la robe baie devient la plus fréquenteEdouard Jacky (1863 - 1945), cité par .. Ces trois types de « chevaux du Jura » sont peu à peu fondus en un seul., un trait léger toisant un peu plus d'..

Les éleveurs locaux ne se préoccupent pas de sélectionner leurs animaux dans le sens qui arrange la Confédération et les militaires, malgré les fortes demandes de ces derniers.. Ils sont fiers de leurs chevaux, qui à la fin du mesurent environ . Militaires et savants, au contraire, jugent le « cheval du Jura » impropre à la selle en raison de son encolure courte, de son garrot bas et de son rein relevéA. Dutoit, « Le système de remonte de la cavalerie suisse avant 1875 » dans Revue militaire suisse, 1897, cité par ..

Implication du canton de Berne et de la Confédération