Le lac des Deux Montagnes est une étendue d'eau douce située au Québec (Canada). C’est un des deux lacs qui baignent l’île de Montréal. Le lac des Deux Montagnes est un élargissement de la rivière des Outaouais en amont de l'archipel d'Hochelaga.
Hydrographie Le lac a une superficie d'environ . Sa longueur fait et sa largeur est de ou moins suivant l'endroit. Il couvre approximativement l'espace entre le barrage de Carillon et celui de Grand-Moulin, légèrement en amont de la confluence de l'Outaouais avec la rivière des Mille-Îles. Le lac des Deux-Montagnes constitue la frontière naturelle des régions des Laurentides, de Vaudreuil-Soulanges, de Laval et de Montréal. Le lac fait partie de la Région hydrographique de l'Outaouais et de Montréal (04).
Affluents Le lac tire l’essentiel de son eau de la rivière Outaouais (lac de barrage Dollard-des-Ormeaux) dont il est un élargissement. De plus, sept moyennes et petites rivières se jettent dans le lac des Deux Montagnes. Sur la rive droite la rivière Rigaud, la rivière à la Raquette, la rivière Viviry. Plus en aval, à Vaudreuil-Dorion, toujours rive droite, la rivière Quinchien apporte sa contribution ainsi que, sur l’île de Montréal, la rivière à l’Orme. Sur la rive gauche, la rivière du Nord et la rivière aux Serpents dans le Parc national d'Oka. Quelques ruisseaux complètent le portrait, dont le ruisseau Rousse. qui se jette dans la Grande Baie, près de Pointe-Calumet et le ruisseau Belle-Plage à l’entrée de Vaudreuil-sur-le-Lac. L’Outaouais a un débit moyen de /s à la tête du lac et jusqu’à /s en période de crue. La rivière du Nord a un débit moyen de /s à son point de confluence avec le lac. Les autres cours d’eau apportent ensemble un débit moyen de /s au lac.
Émissaires À la sortie, ses eaux alimentent la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies d’une part, et la rivière des Outaouais qui reprend sur une courte distance son cours, d’autre part. Les deux premières s’écoulent vers le nord-est, formant deux branches autour de l'île Jésus, pour se jeter ensuite dans le fleuve Saint-Laurent quelque en aval. En direction sud, l’eau s’écoule en formant des rapides ayant une dénivelée d’environ , en contournant à l’ouest l'île Perrot sur une distance d’environ , et d’autre part en passant entre l’Île de Montréal et l’Île Bellevue tout en s’engouffrant dans les méandres serrés dus à la présence de l’Île Claude et de l’Île Perrot, dans un dédale créant des rapides d’une dénivelée équivalente du côté est. En ces deux points, le lac des Deux Montagnes rejoint le lac Saint-Louis qu’il alimente de ses eaux brunes.
Profondeur De l’embouchure de la rivière des Prairies à Laval-sur-le-Lac, jusqu’à une droite tirée entre le Cap à l’Orme et la Pointe au Calumet, la profondeur du lac varie entre et . Puis, elle atteint en moyenne jusqu’à La Barque, un rocher à fleur d’eau entouré de quelques hauts-fonds. À partir de ce point, la profondeur se maintient au-delà des sur la plus grande partie du lac (exception faite des baies), allant jusqu’à et plus dans le chenal principal. Le point le plus profond noté sur la carte marine est devant la Pointe Parsons à Hudson où le lac plonge à près de . Les baies sont peu profondes. Celle de Vaudreuil est sous les à bonne distance du rivage et elle est parsemée de hauts-fonds. Les baies d'Oka, des Indiens, de Saint-Placide et de Choisy affichent une profondeur moyenne de mais celle-ci se hausse à loin du rivage. La baie du Fer à Cheval est un marais, la baie de Rigaud et celle de Carillon ont une profondeur qui oscille autour de . Le niveau d'eau du lac à la station hydrométrique de Pointe-Calumet varie en moyenne sur entre en septembre et en avril. Les niveaux minimum et maximum observés ont été de () et () respectivement. L'afflux d'eau survient le plus souvent dans les derniers jours de mars, à la fonte des neiges, ce qui explique la grande variabilité du niveau maximal.. Crue du . À midi ce jour-là, le niveau du lac s’est hissé à un haut historique de (station hydrométrique de Pointe-Calumet), provoquant de nombreuses inondations et des dommages considérables aux habitations riveraines et aux infrastructures municipales. La situation a entraîné le décret de l’état d’urgence dans plusieurs municipalités ainsi que le recours à l'aide des forces armées.
Écluses Deux écluses, à chaque extrémité du lac, permettent aux bateaux d’entrer dans le lac des Deux Montagnes et d’en sortir, de la mi-mai à la mi-octobre. Le canal de Carillon est l’aboutissement des efforts déployés au fil des siècles pour permettre la libre circulation des bateaux dans l’axe de navigation Montréal-Ottawa-Kingston. Passer du lac des Deux Montagnes à la rivière Outaouais au-delà de l’obstacle naturel que constituaient les rapides du Long-Sault exigeait qu’on mette pied à terre et qu’on effectue une série de portages totalisant plusieurs kilomètres de Carillon à Grenville. Le passage des navires était impossible. D’où la nécessité de canaliser la voie d’eau et d’y installer un système d’écluses. Avant qu’Hydro-Québec construise la centrale de Carillon (de 1959 à 1963) pour produire de l’électricité, jusqu’à pas moins de onze écluses furent jadis nécessaires au passage des bateaux à cet endroit. Le barrage vint noyer tous ces rapides, créant ainsi un bassin en amont, le lac Dollard-des-Ormeaux, et une dénivellation abrupte de concentrée en un seul endroit. Une seule écluse devenait alors suffisante. L’écluse de Sainte-Anne est située à Sainte-Anne-de-Bellevue. Les travaux de construction ont duré 3 ans, de 1840 à 1843. Elle permet de franchir la différence de niveau de entre le lac des Deux Montagnes (en amont) et le lac Saint-Louis (en aval). L’écluse actuelle a été aménagée en appoint à la première — qui est demeurée en opération jusqu’au début des années 1900 — et construite parallèlement à celle-ci, entre 1875 et 1882 pour permettre le passage plus rapide vers l’Outaouais. Elle fait de longueur ()Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue.
Rives Les rives du lac des Deux Montagnes comportent deux anses, quinze baies, un cap, trois plages publiques, trente pointes et plusieurs zones humides.
Les zones humides ne sont pas nommées. Il en est question plus loin dans la section Flore.
Îles Le lac des Deux Montagnes compte plusieurs dizaines d’îles, une presqu’île, des battures et des hauts-fonds. Les plus petites îles sont anonymes. La majorité des îles du lac sont inhabitées. Cinq d’entre elles ont une vocation écologique ou environnementale : la presqu’île Robillard, qu’on peut joindre par la route, recèle la Réserve écologique de la Presqu’île Robillard, l’île Carillon est un des 28 refuges d’oiseaux migrateurs du Québec et recèle le ROM de Carillon, et les îles Avelle, Wight et Hiam dans la baie de Vaudreuil forment la réserve écologique des Îles-Avelle-Wight-et-Hiam. Les autres îles n’ont pas de vocation particulière. Dans la partie ouest du lac on retrouve la presqu’île Robillard, l’île de Carillon, l’île Jones, l’île Rita dans la baie de Rigaud, les îles Pelées, l’île Hay, l’île à Ritté et l’île Robidoux. Dans la partie est, et notamment dans la baie de Vaudreuil on trouve une vingtaine d’îles, la plupart étant nommées : Todd, Rainville, Béique, Sunset, Wight, Hiam, Avelle, Hog, Charlotte, aux Chèvres, Cousineau, Lamontagne, aux Plaines, Claude, Bellevue et Girwood. L’île Sunset est une île privée habitée par son propriétaire et reliée à la municipalité de Terrasse-Vaudreuil par un petit pont. L’île Roussin est juste à la pointe de Laval-sur-le-Lac et est une des trois qui soient accessibles par la route. Outre ces terres bien visibles et parfois bien fournies en végétation on retrouve quelques battures et hauts-fonds comme la batture du Corbeau, le haut-fond d’Hudson, la Barque, la Goélette et le Petit Rocher. L'Île-Cadieux constitue à elle seule une petite municipalité. L’île aux Tourtes a donné son nom au pont qui traverse le lac à cet endroit. L’île Boisée, l’île Jésus, l’île Bizard, l’île de Montréal et l’île Perrot sont baignées par le lac mais ne sont pas entièrement incluses dans ses eaux.
Faune Poissons 73 espèces de poissons constituent l’ichtyofaune du lac des Deux Montagnes. Les espèces les plus répandues sont le crapet-soleil, la perchaude, la barbotte brune, le crapet de roche, le meunier noir et le doré jaune. Parmi les autres espèces qui vivent dans le lac on trouve aussi le maskinongé, le menton noir, le méné bleu, l’épinoche à neuf épines, l'achigan, le barbue de rivière, le crapet à oreilles bleues, le malachigan, le lépisosté osseux, l’éperlan arc-en-ciel et le grand brochet. Le lac des Deux Montagnes possède une population d’esturgeon jaune qui a souffert de la mauvaise oxygénation des eaux du lac dans les années 1950 et dont les effets sur cette population se font toujours sentir. Le lac est aussi une zone de reproduction pour l’alose savoureuse, poisson anadrome (il se reproduit en eau douce mais vit en eau salée).
Amphibiens et reptiles Les amphibiens et les reptiles sont présents dans l’écosystème mais selon l’état actuel des recherches il n’existe pas « d’inventaire systématique » de ces espèces. On croit toutefois que d’amphibiens sur les 21 recensées dans le sud-ouest du Québec pourraient se retrouver dans le lac et jusque dans les rivières des Prairies et des Mille Îles. Quant aux reptiles, la plupart de ceux qui vivent au Québec se retrouvent aussi dans l’écosystème du lac des Deux Montagnes. La tortue géographique est une des espèces qu’on peut observer. Oiseaux Près de 150 espèces d’oiseaux fréquentent le lac (200 selon la SEPAQ). La sauvagine s’y reproduit en abondance et on retrouve en quantité plusieurs espèces nicheuses dont certaines sont rares. Treize espèces de canards et d’oies s’y reproduisent. On y trouve aussi la sarcelle à ailes vertes et le dindon sauvage. Du côté des oiseaux plongeurs on trouve le harle couronné, le grand harle et le fuligule à collier. La bernache du Canada ainsi que des échassiers comme le héron et la grande aigrette sont aussi présents. Enfin, les oiseaux de marais sont représentés par sept espèces : le grèbe à bec bigarré, le butor d’Amérique, le héron vert, le râle de Virginie, la gallinule poule-d'eau, la bécassine des marais et la guifette noire.
Mammifères 35 espèces de mammifères vivent en bordure du lac. Le castor prolifère dans le Parc national d'Oka où il trouve tout ce qu’il lui faut pour subsister et élever ses petits. D’autres mammifères sont présents dans ce parc, comme le vison, la loutre et le raton-laveur. Le rat musqué quant à lui se retrouve un peu partout en bordure du lac, bien au-delà des limites du parc. On note aussi la présence de la belette à longue queue et du cerf de Virginie ainsi que de plusieurs espèces de souris, de rats et autres musaraignes, tels le campagnol des champs et le rat surmulot, sans oublier la mouffette rayée et le porc-épic d'Amérique.
Espèces en péril La SEPAQ répertorie 33 espèces en péril dans la région, réparties dans toutes les catégories : d’oiseaux, dont le pygargue à tête blanche ; d’amphibiens ; de reptiles, dont de couleuvres ; de mammifères terrestres, en majorité des chauves-souris ; de poissons, dont l’éperlan arc-en-ciel anadrome, l’esturgeon jaune et l’esturgeon noir.
Flore