L’Alouette des champs (Alauda arvensis) est une espèce d'oiseaux. Comme toutes les alouettes, elle appartient à la famille des Alaudidae. Espèce très répandue en Europe, l'alouette des champs est très courante en France.

Terminologie Selon le Littré, le mot « alouette » est le diminutif d'aloue qui provient du latin alauda, lui-même calqué sur le même nom en gauloisDéfinition du mot alouette, le Littré, consulté le ..

En français, Alauda arvensis est connue sous les noms vernaculaires d'alouette des champs, alouette commune ou ordinaire..

Description Alauda arvensis a une envergure de pour un poids de . Pas de dimorphisme sexuel si ce n’est la taille supérieure du mâle qui peut atteindre .

Le plumage de l’alouette des champs est peu voyant, brun strié de brun-noirâtre dans la partie supérieure avec une calotte un peu plus foncée et une gorge jaune, finement striée de brun foncé. La crête sur le sommet de la calotte se hérisse à certains moments. Les yeux brun foncé sont rehaussés d’un sourcil blanc-jaune, le bec est plutôt court et couleur corne. La partie inférieure du corps est crème sauf la poitrine chamois clair striée de brun-noir, la queue allongée et presque noire a les rectrices externes tachetées de blanc. Les ailes ont le liséré plus clair, pattes et orteils sont marron clair, le doigt arrière est plus long que les autres.

L’alouette court à ras le sol et s’y aplatit en cas de danger, le « trrlit » qui peut durer des minutes et le vol montant en spirale suivi d’une descente en piqué sont caractéristiques. L’alouette des champs chante également au sol de façon très mélodieuse, parfois pendant plus d’une heure, et comme celui du rossignol, ce chant fascine les humains.

Habitat et comportements vignette|gauche|Alauda arvensis dans Nederlandsche vogelen par Nozeman & Sepp (1770). Des discussions ont dans le passé porté sur le caractère migrateur ou non de cette espèce. Selon Aristote et divers auteurs anciens, il s'agit d'un oiseau migrateur, mais c'est affirment au Pierre Garnier qui invoque Blaze, Deyeux, Toussenel, de Curel, J. La Valiée, A. d'Houdelot, docteur Chenu, etc. dans son Traité complet de la chasse des alouettes au miroir avec le fusil. Ces auteurs estiment que dans tous les cas, cet oiseau n'effectue que des mouvements (en automne et hiver) locaux ou subrégionaux et non de vraies migrations. Adolphe D'houdetot, Le chasseur rustique ; Paris, 1847. .. J. La Vallée, La chasse à tir en France.. En fait, il semble que les hivers froids, l'alouette, en grands groupes grégaires mélangés avec d’autres espèces comme les pipits, les pinsons et les bruants, effectue parfois de vraies migrations ; La plupart des populations sont sédentaires, mais les hivers froids voient les populations nordiques migrer vers le Sud, rejoignant les résidents vivant dans ces zones. Si le temps est trop froid, les alouettes meurent en grand nombre.

L’alouette des champs vit sur le sol. Pour se nourrir, elle le fouille, cherchant sa nourriture à vue, un peu accroupie et avançant au fur et à mesure. Son plumage la rend presque invisible au sol.

Le mâle chante au-dessus ou sur son territoire, à environ du nid. Le chant est utilisé pour défendre le territoire et pour renforcer les liens entre les partenaires. Les couples sont monogames et restent ensemble pendant toute la saison de reproduction, mais s’ils survivent à l’hiver, ils pourront encore être ensemble l’année suivante. Les partenaires coopèrent pour élever les jeunes et leur procurer de la nourriture, à l’aide d’une parfaite connaissance de leur territoire. Les couples se forment en février, abandonnant les grands groupes hivernaux pour établir leur territoire, généralement le même que l’année précédente. À ce moment-là, les mâles commencent leurs vols nuptiaux, s’élevant du sol en spirale et en chantant fortement. Une fois à bonne hauteur, le mâle descend en spirale, alternant battements d’ailes et glissés, toujours en chantant. Quand il arrive à une hauteur moindre, il se laisse tomber sur le sol comme une pierre. Là, il effectue encore d’autres parades, marchant autour de la femelle avec la crête dressée, les ailes abaissées et la queue déployée en éventail. La parade nuptiale atteint son pic en mars et avril, et beaucoup plus après de fortes pluies, mais on ne sait pas pourquoi ! L’alouette des champs est territoriale pendant la saison de reproduction. L’oiseau effectue des parades de dissuasion au sol, gonflant ses plumes et hérissant sa crête, et quelques actions d’intimidation, mais aussi des parades aériennes telles que des séries de glissés montants avec des battements d’ailes vers l’intrus.

Habitat vignette|Différentes présentations de l'alouette des champs dans les îles britanniques. gauche|vignette|Répartition de l'alouette des champs Sa présence est continue en Europe de l’Ouest ainsi que sur la bande côtière de l’Afrique du Nord, sur tout le pourtour de la mer Noire.

L’alouette vit dans les prés et les champs, en plaine comme en altitude, quittant les zones froides pour hiberner dans le sud de l’Europe ou l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

À l’approche du printemps, les mâles sont les premiers à refaire la migration inverse pour reprendre possession de leur territoire estival, qui couvre toute l’Europe et la RussieDelachaux et Niestlé, Guide ornitho du naturaliste, ISB2-603-01142-1N..

Selon la directive habitats qui s'appuie sur les études effectuées par le réseau Natura 2000, l'alouette est susceptible d'habiter les zones suivantes répertoriées, ci-dessousSite de l'INPN, page sur l'alouette des champs, consulté le . :

La disparition des zones ouvertes propices à la vie de l’alouette eurasienne, les techniques agricoles et la chasse encore pratiquée dans de nombreuses régions menacent cette espèce.

Une étude danoise (1981) a montré que cet oiseau peut aussi nicher dans les accotements routiers (qu'elle préfère même aux champs adjacents), et que le fauchage estival de ces accotements n'avait pas d'incidence significative sur le nombre d'oiseaux ou de leur distribution sur les accotements de la route Karsten Laursen, Birds on roadside verges and the effect of mowing on frequency and distribution ; Biological Conservation, , , mai 1981, , (résumé).. S'il n'y a pas de biais d'observation (telle qu'une situation de piège écologique), cela laisse penser que les zones enherbées sont préférées aux champs pour l'élevage des petits.

Elle est considérée comme une espèce invasive à Hawaï, en Nouvelle-Zélande et en Australie du Sud-Est. Une petite population, introduite au début du , existe sur la côte ouest de l'Amérique du Nord. Elle occupe un territoire de entre l'île de Vancouver et les îles San Juan Illka Hanski, Paul R. Ehrlich, Marko Nieminen, Dennis D. Murphy, Jessica J. Hellmann, Carol L. Boggs et John F. Mclaughlin, Checkerspots and Conservation Biology, in Ehrlich, Paul R. ; Hanski, Ilkka, On the wings of checkerspots: a model system for population biology, Oxford University Press, 2004..

Chant left|vignette|Chant d'Alouette. vignette|Alouette chantant Cet oiseau possède un des répertoires les plus riches du monde des oiseaux avec plus de et syllabes articulées en phrases, correspondant à des informations à finalité biologique (interactions sexuelles, défense territoriale, alertes de présence d'un prédateur) et indiquant également des formes d'émotions. Celle-ci sont décelables en observant la rapidité des séquences chantées. Quand les temps de silence diminuent, l'alouette signifie à ses congénères qu’elle est en colère.. L'ordre des séquences a aussi son importance : les alouettes intercalent dans leur chant des plages visant à informer de leur appartenance à un groupe commun, de telle sorte que des chercheurs ont pu parler de dialecte. Lorsque l'ordre des syllabes est expérimentalement modifié, les alouettes du groupe perçoivent l'émetteur comme un intrus..

Vol L’alouette des champs vole à basse altitude au-dessus de la campagne, sur de courtes distances, tournant souvent près du sol tout en criant. Sur de longues distances, le vol devient ondulant, mais l’alouette a aussi un vol direct et puissant qui peut atteindre les Les 10 espèces à observer en plaine de Bièvre, LPO de l'Isère, consulté le .. Durant la période de migration, cet oiseau peut parcourir entre par jour..

Régime L’alouette des champs se nourrit d’insectes et de larves, vers de terre, et graines et semences diverses. Une étude a montré qu'en hivernage en France, au milieu de l'hiver dans deux régions de l'ouest de la France, les gésiers étudiés contenaient trente-huit espèces de graines appartenant à 16 familles ; et toutes sauf une appartenaient à la catégorie des "mauvaises herbes" ; aucun gésier ne contenait de graine de céréales cultivées. Le régime alimentaire était légèrement différent selon le sexe de l'alouette, mais contrastait surtout selon la région et la période, semble-t-il en raison de leur occurrence relative dans le territoire d'hivernage de l'oiseau. Selon ce travail, chaque alouette doit manger environ 8 g/jour (soit 4200–5600 graines) pour répondre à leurs besoins quotidiens. (6,7 g/jour mesurés chez des alouettes captives qui dépensent moins d'énergie). Ceci confirme la dépendance de cette espèce aux champs riches en messicoles (non traités par des herbicides) et aux habitats riches en herbes sauvages, qui sont en forte régression dans les lieux d'hivernage de l'alouette depuis la révolution verte de l'Ouest de la FranceEraud C, Cadet E, Powolny T, Gaba S, Bretagnolle F & Bretagnolle V (2015) Weed seeds, not grain, contribute to the diet of wintering skylarks in arable farmlands of Western France. European journal of wildlife research, 61(1), 151-161..

Reproduction vignette|Œufs d'Alouette des champs - Muséum de Toulouse. Deux voire trois couvées par an. Vol et parade nuptiale précèdent l’accouplement : le mâle monte et descend en spirale en chantant puis se laisse tomber sur le sol comme une pierre. Là, il parade autour de la femelle, crête dressée, ailes abaissées et queue déployée en éventail jusqu’à ce qu’elle accepte la fécondation. Le nid caché dans un trou sous l’herbe est fait à base d’herbes et de végétaux et tapissé de plumes, crins, poils, etc. La femelle y pond de deux à cinq œufs à la coquille gris jaune finement tachetée, elle les couve pendant onze jours.

Les deux parents participent à l’élevage des petits qui quittent le nid dix jours après l’éclosion et s’envolent définitivement à l’âge de trois ou quatre semaines pour mener une vie autonome. Les couvées sont souvent victimes des rapaces, serpents et autres prédateurs.

Menaces et protection La couvée de l’alouette des champs est la proie de divers prédateurs (ex : petits rapaces, renards, félins, chiens, serpents).

Le plus grand danger pour cette espèce étant l'agriculture moderne et l'emploi intensif de pesticides, qui mettent cet oiseau en voie de disparition.

Les effectifs de l'alouette des champs ont connu, en France, une perte de 20 % en moins de 15 ans, faisant passer son statut en 2016 de “Préoccupation mineure” à “Quasi menacée”. La population nicheuse d'alouettes est comprise, à l'échelle de la France, entre 1,3 et 2 millions de couples et à l'échelle de l'Europe, entre 40 et 90 millions de couplesEstimations figurant dans le préambule de l'arrêté du 12 juillet 2021 .