Raymond Bussières est un acteur, scénariste et producteur français, né le à Ivry-la-Bataille (Eure) et mort le dans le .

Biographie Enfance Marcel Raymond Bussières naît le à Ivry-la-Bataille dans l'Eure. Il est le plus jeune enfant de parents originaires de Corrèze, Pierre Bussières et Marie Chataignier, tenant un bar-tabac dans la ville. Son père a été instituteur et s'est présenté à la députation de la Corrèze sous l'étiquette socialiste.

Raymond Bussières est élève au collège Rotrou de Dreux de 1920 à 1925L'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Quand j'ai eu passé mon certificat d'études, ma mère a décidé de m'envoyer au collège le plus près. J'y allais par le train. On changeait à Bueil. C'était en 1920. » où il se lie d'amitié avec le futur peintre Maurice Buffet (1909-2000)Journal L'Action Républicaine du 20 octobre 1981 : « La biennale d'Arts 28. « Bubu » était là… il y a soixante ans, il prêtait ses tubes de peinture à Maurice Buffet. », il loge chez les parents de son ami Maurice Bernard qui est au collège avec luiJournal L'Action républicaine du mardi 22 septembre 1981 : « Raymond Bussières et son « frangin » de Saint-Germain-sur-Avre » - portrait-interview de Raymond Bussières. Cette amitié va durer soixante ans. Les deux amis vivant dans le même immeuble parisien. et se lie d'amitié avec deux figures drouaises, lesquelles fréquentent aussi le même collège : Roger Lemonne et Louis Barbot qu'il va continuer à fréquenter pendant plusieurs décennies, notamment lors du tournage de La Carapate à Dreux, en L'Écho républicain, 14 avril 1978..

Théâtre À Dreux, Raymond Bussières monte de petites pièces de théâtre au Cercle laïque, notamment une parodie du Cid dans laquelle il incarne Rodrigue.

Il souhaite entreprendre des études de médecine mais sa mère n'a pas les moyens de les lui payerL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « J'ai pensé, en étant à Ivry, que je voulais être toubib. Bon, il a fallu, comme ma mère n'avait tout de même pas de fortune, pour payer mes études que je gagne ma vie. ». Il travaille dès lors chez un métreur qui l'incite à passer le concours de dessinateur topographe à la ville de Paris ; un examen qu'il réussitL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Je me suis donc présenté au concours de dessinateur topographe à la préfecture de la Seine. Tu sais, les plans du métro, les passages cloutés, les souterrains, etc. J'ai été brillamment reçu, et je suis allé bosser. J'avais vingt ans, un peu avant d'aller au service militaire. J'étais donc fonctionnaire à la ville de Paris. ».

Avec quelques amis, il fonde une troupe de théâtre, politiquement impliqué à gauche : . Sur la suggestion de Paul Vaillant-Couturier au sujet de cette démarche théâtrale, il fait la connaissance de Jacques Prévert pour lui demander des textes à jouer. Quelque temps après, devenu son ami, celui-ci lui propose de faire de la figuration dans un film devant sortir en 1933, dont il a écrit le scénario : Ciboulette.

Engagement politique à gauche vignette|Le poète et scénariste Jacques Prévert, ami de longue date de Raymond Bussières. Raymond Bussières fait partie des fondateurs du groupe Octobre pour lequel Jacques Prévert écrit de nombreux textes d'agitprop dans les années 1930. Le nom de ce groupe est proposé par Lou Bonin/Tchimoukow, en hommage à la Révolution d'Octobre russe. Membre du Parti communiste français depuis 1926, Raymond se rend en 1933 en URSS avec Jacques Prévert et sa troupe de théâtreL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Je suis allé en Russie en 1933 avec ma troupe de théâtre. (…) Jacques Prévert était avec nous dans le groupe. ». En Espagne, il rencontre en 1936 les communistes des Brigades internationales. À son retour, il démissionne du Parti communiste « car on souffrait déjà du stalinisme » et il est « écœuré à tout jamais » par la façon dont se conduisent les communistesL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « C'est la façon dont j'ai vu les communistes se conduire là-bas qui m'a écœuré à tout jamais, qui m'a fait donner ma démission du parti. ». Il devient par la suite, militant syndicaliste actif du syndicat des comédiens.

Cinéma Il obtient quelques petits rôles au cinéma tout en restant fonctionnaire à la ville de Paris. En 1936, il manque d'obtenir le rôle de Jacques, l'un des personnages du quatuor du fameux film de Julien Duvivier La Belle Équipe, aux côtés de Jean Gabin, Charles Vanel et Aimos ; il est finalement remplacé par un autre comédien du même âge que lui, Charles Dorat. Bussières, alors très engagé dans les événements du Front populaire de 1936, va toujours regretter de ne pas avoir participé à ce film qu'il adore.

Après des essais, il obtient en 1941 un rôle un peu plus consistant, pour le film Nous les gosses du réalisateur Louis DaquinL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Un beau jour, Louis Daquin, le metteur en scène, a demandé à un de mes amis : « Est-ce que tu connais quelqu'un qui pourrait jouer un rôle comme ça et comme ça ? » Mon pote a répondu : « J'ai un copain qui ne manque pas de personnalité, c'est un marrant, tu devrais lui faire un bout d'essai ; c'est un gars qui peut faire sûrement quelque chose. » C'est ainsi qu'un dimanche matin j'ai tourné un bout d'essai. Deux jours plus tard j'ai reçu un coup de téléphone de Daquin, à l'Hôtel de Ville : « C'est votre essai qui est le meilleur, et c'est vous que j'engage. » J'ai pris mon mois de congé à l'Hôtel de Ville pour faire le film. Mon mois de congé annuel puisque j'étais fonctionnaire, j'y avais droit. ».

Embauché chez Pathé pour une durée de trois ans, il démissionne de la fonction publiqueL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Au bout de dix ou douze jours de tournage, les pontes de la maison Pathé, qui faisait le film, sont venus voir les projections, tout ce qu'on avait fait pendant dix jours, et ils m'ont trouvé tellement génial, tellement merveilleux, tellement extraordinaire qu'ils m'ont proposé un contrat d'exclusivité de trois ans. Ce qui fait que je suis passé de fonctionnaire de la Ville de Paris à fonctionnaire chez Pathé. Mais pas au même prix car, alors que je gagnais 17 francs par mois à l'Hôtel de Ville, on m'a offert pour faire du cinéma. ».

Très tôt surnommé Bubu dans sa carrièreSite encinematheque.fr, fiche sur Raymond Bussière, consulté le 2 novembre 2019, l'acteur apparaît dans plusieurs films populaires parmi lesquels on distingue d'Henri-Georges Clouzot, en 1941 L'assassin habite au 21 et en 1947 Quai des Orfèvres, ou encore de Jacques Becker, en 1951 Casque d'Or et en 1952 Les Belles de nuit, et de René Clair en 1956 Porte des lilas. Avec ces rôles marquants, il acquiert une certaine notoriété, notamment en Italie où il s'essaie dans quelques films, sans grand succès toutefois.

Sa gouaille, son accent de titi parisien font de lui parmi les acteurs les plus populaires des années 50 et 60, toujours employé en second rôle fort distingué. À la fin de sa carrière, dans Les Sous-doués, il interprète un vieil homme dont le rêve consiste à obtenir son baccalauréat ou encore dans L'Aile ou la Cuisse, dans lequel il est le chauffeur de Louis de Funès, dont il avait déjà partagé l'affiche dans Taxi, Roulotte et Corrida ; ces rôles lui procurent un certain regain de popularité.

En , quelques mois avant sa mort, il déclare :

Vie privée

Raymond Bussières a pour épouse l’actrice Annette Poivre, qu'il surnomme « Poivron », rencontrée en 1943 sur la scène du théâtre où ils répétaient Une femme qu'a le cœur trop petit de Fernand CrommelynckParis-Presse, L'Intransigeant, 24 août 1969, . Son épouse joue très souvent dans les mêmes films que lui.

Raymond Bussières est le père adoptif de la comédienne Sophie Sel, née d'un premier mariage d'Annette Poivre avec Jean-Marie Cassel, dont elle a divorcé le .

Ils habitent le , au 27 rue Cardinet, dans le quartier de la Plaine-Monceau. Son ami d'enfance Maurice Bernard vit dans un appartement du même immeuble; une proximité amicale qui va durer soixante annéesL'Écho républicain, 3 avril 1981 : « Il s'est trouvé que dans l'immeuble que j'habite à Paris un appartement soit à vendre. J'ai téléphoné à Bernard en lui disant : « Il y a un appartement de libre dans l'immeuble. » Il a dit : « Bouge pas, j'arrive. » Il l'a acheté. Ce qui fait que même à Paris on crèche dans la même maison. C'est formidable, c'est même extraordinaire. C'est rare que des copains soient ensemble au bout de soixante berges s'en s'être jamais quittés. ».

Il est amateur de pêche et pratique la chasse.

Mort Après trois semaines de coma consécutif à une crise cardiaque, Raymond Bussières meurt à l'hôpital Bichat, le , dans le . Il est inhumé à Marchenoir dans le Loir-et-Cher.

Filmographie Acteur

Années 1930 1933 : Ciboulette de Claude Autant-Lara : un clochard 1934 : Sans famille de Marc Allégret : un complice de Driscoll 1934 : L'Hôtel du libre échange de Marc Allégret : Bob Chervet 1938 : Lumières de Paris de Richard Pottier : un danseur à la guinguette 1939 : Le Récif de corail de Maurice Gleize : l'infirmier

Années 1940 1941 : Romance de Paris de Jean Boyer : un joueur 1941 : Nous les gosses de Louis Daquin : Gaston 1941 : Le Briseur de chaînes ou Mamouret de Jacques Daniel-Norman : le camelot 1942 : Opéra-Musette de René Lefèvre et Claude Renoir : le coiffeur 1942 : Le Mariage de Chiffon de Claude Autant-Lara : Marcel Férez 1942 : L'Assassin habite au 21 d'Henri-Georges Clouzot : Jean-Baptiste Turlot, le brocanteur 1943 : Port d'attache de Jean Choux : Fernand 1943 : Madame et le Mort de Louis Daquin : Griset 1943 : L'Escalier sans fin de Georges Lacombe : Fred 1943 : Adieu Léonard (La Bourse ou la vie) de Pierre Prévert : le peintre 1943 : Ceux du rivage de Jacques Séverac : Domanger 1944 : Le Carrefour des enfants perdus de Léo Joannon : Marcel 1945 : Paméla (L'énigme du temple) de Pierre de Hérain : Gomin 1945 : Le Jugement dernier de René Chanas : Kroum 1946 : Vive la liberté de Jeff Musso : Jo 1946 : Les Portes de la nuit de Marcel Carné : Raymond Lécuyer, le cheminot 1947 : Les Deux Orphelins (I due orfanelli) de Mario Mattoli : M. Deval 1947 : Le Bataillon du ciel (film tourné en deux époques: Ce ne sont pas des anges et Terre de France) de Alexander Esway : Paname 1947 : Le Chanteur inconnu d'André Cayatte : Fernand 1947 : La Taverne du poisson couronné (Au poisson couronné) de René Chanas : Monseigneur 1947 : Quai des Orfèvres d'Henri-Georges Clouzot : Albert, le caïd menotté 1947 : Fausse Identité d'André Chotin : Achille 1947 : Face à la vie court métrage de René Chanas 1948 : Le Dernier Fiacre (Il Fiacre N. 13) : (film tourné en deux époques : Crime et Châtiment) : Jean Jeudi 1949 : Les Nouveaux Maîtres de Paul Nivoix : Victor Tricoudard 1949 : Fandango d'Emil-Edwin Reinert : François 1949 : Cinq Tulipes rouges de Jean Stelli : Albert Jacquin (La Puce) 1949 : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland) de Marc Maurette, Lou Bonin, Dallas Bower : la voix du tailleur 1949 : Je n'aime que toi de Pierre Montazel : Ernest 1949 : La Veuve et l'Innocent d'André Cerf : Paulo 1949 : Marlène de Pierre de Hérain : Harris 1949 : Drame au Vel'd'Hiv' de Maurice Cam : La Frime 1949 : Branquignol de Robert Dhéry : le plombier

Années 1950 1950 : Maldonne , court métrage de Henri Verneuil 1950 : Justice est faite d'André Cayatte : Félix Noblet, le 1950 : Ma pomme de Marc-Gilbert Sauvajon : Fricotard, le copain accordéoniste 1950 : Odette, agent S 23 (Odette) d'Herbert Wilcox : Apparition non créditée 1951 : L'Inconnue des cinq cités (épisode de Tale of five women) d'Emil-Edwin Reinert : Le frère de Jeannine 1951 : Si ça vous chante ou Quatre sans million (film inachevé) de Jacques Loew : 1951 : Les Nuits de Paris de Ralph Baum : Lulu, le fakir 1951 : Un sourire dans la tempête (Ein lächelm in sturm) de René Chanas : Paname 1951 : Moumou de René Jayet : Jules Latouche 1951 : Les Mousquetaires du roi, film inachevé de Marcel Aboulker et Michel Ferry : Planchet, le valet