Escal’Atlantic est un centre d'interprétation sur l’histoire des paquebots transocéaniques, situé en France dans la commune de Saint-Nazaire, dans le département de Loire-Atlantique en région Pays de la Loire.

Il comprend un parcours scénographié couvrant établis sur trois niveaux, et comporte près de de collection, provenant de paquebots construits à Saint-Nazaire entre la fin du et le début des années 1960. Situé dans l’ancienne base sous-marine du port de Saint-Nazaire, Escal’Atlantic a accueilli plus de s de visiteurs depuis son ouverture en 2000. Dans sa nouvelle version, ouverte depuis l’été 2013, cet équipement touristique et culturel associe un parcours scénographié, inspiré de l’architecture des paquebots, des objets de collections remarquables et des dispositifs multimédia pour une visite immersive dans l’univers des paquebots.

Saint-Nazaire et les paquebots

Les paquebots ont fortement marqué l’histoire de la ville, à la fois port transatlantique de 1862 à la veille de la Seconde Guerre mondiale, et haut lieu de la construction navale. Le , le paquebot La Louisiane quitte Saint-Nazaire pour inaugurer la première ligne régulière de la Compagnie générale transatlantique, Saint-Nazaire – Veracruz au MexiqueMarthe Brabance, Saint-Nazaire, le port, la ville, le travail. Crépon-Leblond éditeur, Moulins, 1948. À partir de 1865, une deuxième ligne sera établie, reliant Saint-Nazaire à Colón, sur l’isthme de Panama, via la Martinique. Saint-Nazaire est ainsi tête de ligne pour des liaisons régulières vers l’Amérique centrale et les Antilles ; les paquebots transportent passagers, marchandises et troupes. Dès les années 1920, les services réguliers au départ de l’estuaire de la Loire sont de plus en plus réduits ; la Seconde Guerre mondiale mettra fin à l’histoire transatlantique de Saint-Nazaire. L’activité de construction navale démarre à la même époque que la mise en place des lignes transatlantiques, également à l’initiative de la Transat et de ses fondateurs, les frères Pereire, pour doter la compagnie d’une flotte de paquebots modernes. Le premier paquebot sorti du chantier naval de Saint-Nazaire sera l’Impératrice Eugénie, en 1865. La ville restera connue comme le berceau des transatlantiques géants puisque la quasi-totalité des paquebots transatlantiques français aura été construite à Saint-Nazaire (chantiers de Penhoët puis Chantiers de l’Atlantique) : des géants comme Île-de-France (1927), Normandie (1935) ou France (1962) ; le célèbre France de 1912, surnommé « Versailles de l’Atlantique », ou encore, aux alentours de 1900, la série des « provinces » dont La Bretagne (1886), La Champagne (1886), La Savoie (1901), La Provence (1906)… Entre 1862 et 2013, les chantiers navals de Saint-Nazaire ont construit 121 paquebots (de ligne et aujourd’hui de croisière), dont 36 pour la seule Compagnie générale transatlantiquePatrick Baul, 150 ans de paquebots à Saint-Nazaire. Coop Breizh, 2012. . La décision de créer à Saint-Nazaire un lieu culturel et touristique, consacré à la découverte des paquebots de ligne, s’inscrit logiquement dans cette longue histoire. Escal’Atlantic est inauguré le .

Escal’Atlantic, première version La création d’Escal’Atlantic à l’intérieur de la base sous-marine (voir aussi ci-dessous), permet d’utiliser un volume important : sur trois niveaux seront scénographiés pour reconstituer les ambiances d’un paquebot transatlantique. Les scénographes, François Confino et François Seigneur, s’attachent à recréer des espaces comme les cabines, la salle des machines, l’entrepont des émigrants, les ponts promenade, etc., qui font de ce lieu un décor parfois grandeur nature. Le visiteur « embarque », en empruntant une passerelle, et parcourt le « paquebot ». Géré par la société d’économie mixte SIREN (Société d’initiatives de la région nazairienne), Escal’Atlantic est inauguré le Déclaration de Michelle Demessine, secrétaire d'État au tourisme, sur la réalisation du projet Escal'Atlantic. Entre 2003 et 2012, des expositions temporaires puis des thématisations de l’ensemble de l’équipement sont proposées chaque année, grâce à des collaborations avec des partenaires comme la compagnie britannique Cunard ou l’association French Lines. Depuis 2010 Escal’Atlantic est géré par l’établissement public Saint-Nazaire Tourisme & Patrimoine (SNTP), devenu Saint-Nazaire Agglomération Tourisme dans le cadre de la loi NOTRe, transférant la compétence communautaire à l'échelon communautaire et élargissant ainsi la compétence territoriale de la structure à l'ensemble de la Communauté d'agglomération de la Région Nazairienne et de l'Estuaire. Une réflexion sur le développement et le renouvellement de l’équipement est alors lancée ; elle aboutit à un projet de réaménagement scénographique. Escal’Atlantic ferme pour travaux entre et ; depuis la réouverture, le , une expérience de visite renouvelée est proposée aux visiteurs.

Escal’Atlantic aujourd’hui La scénographie La scénographie, signée Philippe Comte, s’insère dans le parcours existant et cette architecture s’inspirant des paquebots qui fait depuis toujours la singularité d’Escal’Atlantic -hall d'embarquement, pont promenade, timonerie, salle des machines...-, même si des éléments et accessoires de l’ancien décor ont été retirés afin d’éviter la confusion entre décors et éléments authentiques. La visite a été enrichie par l’apport de nouveaux contenus et la présentation de près de 200 pièces de collection, objets provenant de paquebots de la première moitié du , construits à Saint-Nazaire. Ces objets sont accompagnés de « cartels » numériques donnant accès à des informations complémentaires sur l’objet (fabrication, utilisation à bord, contexte historique, esthétique, sociologique…). Tout au long du parcours, des dispositifs interactifs et multimédias permettent au visiteur d’explorer, s’il le souhaite, différents niveaux de découverte ; il peut ainsi adapter son parcours et son temps de visite selon ses propres centres d’intérêt. Certains dispositifs se présentent sous forme de jeu. Des images d’archives, photos et cinéma, sont présentées sous forme de montages spécialement créés pour Escal’Atlantic. Certaines scènes (le départ, le grand large, la séance de cinéma) ont été entièrement recréées.

Les pièces de collection La Ville de Saint-Nazaire possède environ pièces, réunies depuis 20 ans et provenant de paquebots construits dans ses chantiers navals entre 1900 et 1960. Œuvres décoratives et graphiques, mobilier, arts de la table, bagagerie, accessoires et documents constituent ce qui est sans doute la plus importante collection publique sur ce thème en Europe Place Publique, « Escal’Atlantic, paquebots d’hier et monde d’aujourd’hui », Emmanuel Mary et Tiphaine Yvon, mai-juin 2013. Près de 200 objets de la collection sont intégrés de façon permanente à Escal’Atlantic, pour leur valeur esthétique ou artistique, mais surtout pour leur valeur de témoins des voyages en paquebot. Un dépôt du Musée des Arts décoratifs (Paris) a enrichi la collection d'œuvres exceptionnelles, provenant d’une dation faite par les héritiers de Louis-René Vian en 2005. Ce grand connaisseur, passionné du paquebot Normandie, avait réuni plusieurs centaines d’objets spécialement conçus pour le navire, et signés par les plus importants créateurs de l’époque Art déco. Parmi les pièces les plus importantes exposées à Escal’Atlantic on peut citer : Des panneaux de laque de Jean Dunand, provenant de l’ensemble monumental « La chasse » qui ornait la cloison de séparation entre le fumoir et le grand salon à bord de Normandie ; Un ensemble de 73 dalles de verre d’Auguste Labouret, qui faisaient partie du revêtement mural de la salle à manger de Normandie ; L’ensemble du salon de musique du paquebot Liberté (1950), avec piano, fauteuils, guéridons ; Un lustre en aluminium de de diamètre, créé par Gilbert Poillerat pour le salon fumoir de France (1962) ; 11 lustres identiques dont trois grands modèles, comme celui exposé à Escal’Atlantic, avaient été créés par Poillerat pour ce salon ; Plusieurs dizaines d’objets « arts de la table » provenant de Normandie, des services , et . Ces objets étaient dessinés spécialement pour le navire et fabriqués en grandes séries, par des maisons comme Christofle, Ercuis, Daum… Un ensemble de laque de Pierre Bobot, provenant du salon de musique de France, représentant les instruments de l’orchestre symphonique ; Des fauteuils et chaises provenant de Normandie et d’Île-de-France, signés Jean-Maurice Rothschild, Baptistin Spade, Pierre Patout ; Un panneau de laque de Raymond Deléage d’inspiration khmer, représentant deux divinités, qui était à bord du paquebot Félix Roussel (1932) des Messageries maritimes (la décoration de ce navire desservant les lignes de l’Extrême-Orient s’inspirait en partie de l’art khmer) ; Une malle-armoire du début des années 1930, signé Louis Vuitton. Certains de ses objets sont regroupés dans le nouveau Grand Salon d’Escal’Atlantic, consacré aux arts décoratifs, d’autres sont mis en scène dans divers espaces : le lustre du salon-fumoir de France, par exemple, est installé dans le bar d’Escal’Atlantic.

Les contenus Équipement consacré uniquement aux paquebots de ligne, Escal’Atlantic aborde de nombreux thèmes et non seulement le mythe du voyage en paquebot, qui est essentiellement basé sur la vie à bord en . Un retour aux archives a abouti à de nouvelles connaissances notamment concernant l’exploitation des lignes régulières, la propulsion, le travail des équipages, les liens entre compagnies et décorateurs, etc. L’équipe de Saint-Nazaire Tourisme & Patrimoine a entrepris des recherches dans son propre centre de documentation et auprès de partenaires en France et à l’étranger, parmi lesquels l’association French Lines au Havre, le Musée des Arts Décoratifs à Paris, l’institut Mémoires d’Édition Contemporaines à Caen, le Museum of the City of New York (États-Unis), la Library of Congress à Washington (États-Unis), la collection P&O Heritage (Grande-Bretagne), le Site historique maritime de la Pointe-au-Père (Québec).

L’histoire des paquebots de lignes Avec la généralisation de la propulsion par la vapeur, à partir des années 1860, la création de lignes maritimes régulières et de services fiables devient possible : le premier réseau structuré de transport international et intercontinental va se mettre en place avec les paquebots . Les paquebots de ligne auront ainsi marqué les deux siècles derniers et conditionné l’ouverture au monde des pays européens. Les échanges économiques entre les continents, le peuplement de l’Amérique du Nord (près de 30 millions d’immigrants européens entre la deuxième moitié du et les années 1920), mais aussi les mouvements de colonisation, auraient été impossibles sans les paquebots. Le thème est traité à plusieurs reprises dans Escal’Atlantic, à travers des projections et des dispositifs multimédia, dont un grand jeu interactif autour d’un planisphère animé.

Vie à bord : l’expérience du passager Voyager en paquebot voulait dire passer plusieurs jours dans l’espace restreint d’un navire, en supporter les mouvements, se trouver entouré de centaines d’inconnus avec qui il fallait cohabiter le temps de la traversée. Pendant les premières décennies de traversées, les passagers des paquebots n’ont guère que la lecture, des jeux de société et éventuellement un piano à leur disposition pour briser la monotonie du voyage. À partir des années 1920, les compagnies maritimes mettent tout en œuvre pour « faire oublier la mer » et créer du lien entre les compagnons de voyage : chaque jour les passagers découvrent un programme d’activités sportives –le shuffle-board par exemple-, culturelles, festives Programme journalier dans "L'Atlantique", journal imprimé à bord des paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique (exemplaires dans la collection de la Ville de Saint-Nazaire).