L'économie du Vietnam enregistre, depuis les années 1990, une croissance économique de plus en plus affirmée, après les années difficiles dues à la guerre du Viêt Nam.

Le Sud, très fertile, cultive surtout le riz. Produit de base essentiel, cet aliment est aussi un produit d'exportation. Le Vietnam est le troisième exportateur mondial de riz. Les ressources minières et l'industrie lourde se concentrent en revanche vers le Nord. Le principal produit d'exportation, le pétrole, représente 20 % des revenus du commerce extérieur.

Le Vietnam est membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) depuis 1995, de la Coopération Économique Asie Pacifique (APEC) depuis 1998, ainsi que de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le . Il signe l'accord de partenariat transpacifique en 2016.

Agriculture

Le Viêt Nam est un pays fondamentalement rural et agraire, avec près de 65% de la population vivant en milieu rural. De plus, l’agriculture est une importante source d’emploi et de revenu au Viêt Nam. Le secteur agricole, des pêches et des forêts représente près de 40% des emplois du pays. Cependant, le pays connait depuis les dernières décennies une rapide baisse en importance du secteur agricole. En effet, la proportion des emplois dans ce secteur était de 50% en 2008 et de 66% au tournant du siècle. La proportion du PIB national a aussi chuté dans les dernières décennies. Alors qu’il se tient aujourd’hui à 15%, le secteur agricole, des pêches et des forêts représentait 42% du PIB en 1989.

Cette transition économique est l’effet des réformes économiques des années 1980 et 1990. Durant les décennies qui ont suivi les réformes, un grand nombre de Vietnamiens ont quitté le secteur agricole pour le secteur manufacturier. Ce secteur, aujourd’hui le plus important et le plus dominant au Viêt Nam, a contribué à l’augmentation rapide des conditions économiques du pays et de ses citoyens. En effet, le secteur manufacturier est devenu beaucoup plus productif et rentable que le secteur agricole, grâce à la mécanisation. De son côté, le secteur agricole a peu progressé technologiquement. Il utilise encore des méthodes humaines très peu mécanisées, puisque les paysans sont souvent trop pauvres pour mécaniser leurs moyens de production.

De plus, le climat chaud et tropical du Viêt Nam permet de nombreuses cultures. La principale est celle du riz, dont le Viêt Nam est le deuxième exportateur mondial, avec une production annuelle de 43M de tonnes. Les cultures du manioc et du maïs sont respectivement les deuxième et troisième en termes de production totale. Le Viêt Nam est aussi un important producteur de noix de cajou, de coton, de caoutchouc, de canne à sucre et de poivre noir. Le Viêt Nam est aussi un exportateur agricole majeur sur la scène internationale. En plus du riz, le Viêt Nam est le deuxième exportateur mondial de café, derrière le Brésil. Les exportations agricoles du Viêt Nam comptent aussi le thé et la noix de cocoHaussmann, R et Hildago, C. 2012. Viet Nam Export Treemap. Harvard Economic Complexity Observatory. .

Énergie Le secteur de l’énergie au Viêt Nam est principalement dominé par l’Électricité du Viêt Nam (EVN), une entreprise publique. Selon son rapport annuel de 2017, EVN fournissait 61% de l’électricité consommée au Viêt Nam. EVN est suivie par PetroVietnam et Vinacomin en termes de quantité consommée au pays. La majorité de l’énergie produite et consommée au Viêt Nam provient des énergies fossiles, comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon (55,4%) ainsi que de l’hydroélectricité (37,6%). PetroVietnam œuvre presque uniquement dans les énergies fossiles, puisque l’entreprise possède 70% des ressources de gaz de pétrole liquéfiées.

L’industrie énergétique est une partie majeure de l’économie vietnamienne. Elle constitue 16% à 18% du produit intérieur brut (PIB) du pays. De plus, l’industrie est fortement nationalisée. En effet, étant donné qu’EVN et PetroVietnam, les deux plus importantes entreprises énergétiques du pays, sont majoritairement possédées par l’État vietnamien, une très grande partie de l’industrie énergétique est gérée par l’État. Les profits de cette industrie sont donc une grande portion du budget annuel de l’État. En 2016, l’industrie énergétique a rapporté plus de 20% du budget.

Le Viêt Nam possède aussi une grande quantité de pétrole brut. En 2015, ses réserves totalisaient 4,4M de barils. Ceci place le pays au 25e rang mondial parmi les pays possédant des réserves de pétrole brut et au premier rang en Asie du Sud-Est, tout juste devant l’Indonésie et la Malaisie. Pendant le début du siècle, le pétrole brut était de loin la plus importante exportation du Viêt Nam. En 2006, les exportations de pétrole brut représentaient plus du quart (26,4%) du total des exportations vietnamiennes. Ceci représentait plus de $7 milliards USD en exportations annuelles. Cependant, dû à plusieurs facteurs, la portion des exportations de pétrole brut a beaucoup chuté, pour atteindre 2,3% du total en 2015. Un de ces facteurs est l’élargissement de l’industrie de transformation pétrolière. En effet, la raffinerie de Dung Quat, la première au Viêt Nam, transforma l’industrie énergétique vietnamienne pour inclure le raffinement de pétrole.

Exportations

pétrole brut, riz, troisième exportateur mondial chaussures, vêtements, café, deuxième exportateur mondial 12 % du volume total, manioc, 3 % de la production mondiale Produits de la mer (vifs et préparés).

La politique économique du Viêt Nam : Đổi mới La politique économique du Viêt Nam d’aujourd’hui repose principalement sur les principes instaurés lors la réforme du Đổi mới. Signifiant « renouveau » en vietnamien, le Đổi mới a été adopté en 1986 par le Parti communiste vietnamien et consiste en la libéralisation de l’économie du pays. La réforme crée donc une économie de marché au Viêt Nam. Le congrès vietnamien l’a cependant qualifié d’une « économie de marché à orientation socialiste ». Le Đổi mới est reconnu pour avoir grandement amélioré l’économie du Viêt Nam. Les années suivant la réforme ont été caractérisées par de haut taux de croissance économique, une réduction de l’inflation et par une croissance des exportations et des investissements internationaux. Le Đổi mới est aussi crédité pour avoir amélioré le niveau de vie de la population vietnamienne.

Contexte historique de la réforme Durant le siècle, la France, sous le Second Empire, colonisa une partie de l’Asie du Sud-Est, territoire qui deviendra l’Indochine française. Ce territoire se situe sur l’emplacement actuel du Laos, du Viêt Nam ainsi que du Cambodge. Ces colonies étaient majoritairement utilisées par la France pour des raisons économiques. Le système économique des colonies reposait sur l’exploitation de leurs ressources naturelles. Le système économique était donc très semblable à celui de la France, c’est-à-dire capitaliste. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Japon occupa l’Indochine et affaiblit considérablement les institutions coloniales à la fin de la guerre. Ceci a permis à des groupes révolutionnaires, comme les Viêt Minh communistes, à réclamer l’indépendance du Viêt Nam. Ces tensions ont mené à la guerre d’Indochine, qui débuta en 1946 qui prit fin en 1954.

Après l’issue de cette guerre, qui opposait les forces coloniales françaises à ses colonies asiatiques, le Viêt Nam se scinda en deux États distincts : la République démocratique du Viêt Nam (RDVN) et le Sud-Viêt Nam. La RDVN était communiste et alliée avec l’URSS. Son système économique reposait sur un système d’économie centralisée et planifiée, à l’instar de l’Union soviétique. La production agricole était collectivisée et les terres agricoles appartenaient à l’État. Le Sud-Viêt Nam, à l’inverse, était capitaliste et allié des États-Unis. L’État avait son système économique capitaliste inscrit dans sa constitution. Celle-ci garantissait des droits de propriété privée et d’investissements étrangers. La fin de la guerre d’Indochine fut donc directement suivie par la guerre du Viêt Nam, qui, dès 1954, opposa les deux nations. Cette guerre s’est inscrite dans le contexte de la guerre froide et elle s’est terminée en 1975, après la chute de Saigon, par une victoire du Nord. Le Viêt Nam fut donc réunifié sous un régime communiste.

À la suite de la guerre du Viêt Nam, la victoire du nord a signifié l’adoption de son système économique dans l’ensemble du pays. Le système capitaliste du sud fut donc complètement remplacé par celui du nord. La période entre la réunification de 1975 et l’implantation du Đổi mới fut donc particulièrement mouvementée. Au Sud, la collectivisation de l’agriculture était très impopulaire et fut rejetée fortement par les paysans. La production agricole a connu une importante baisse et rendait presque impossible la redistribution qui était nécessaire pour nourrir le Nord. De plus, le pays était touché par une forte vague d’inflation. En effet, en 1986, l’année lors de laquelle le Đổi mới fut établi, l’inflation était de 700%. Réalisant l’échec de la stratégie de collectivisation et de la planification de l’économie, le Congrès national du Viêt Nam s’est entendu en 1986 pour libéraliser l’économie, à l’instar de la Chine et de l’URSS, qui avaient pris des mesures similaires peu avant le Viêt Nam.

La réforme du Đổi mới Le Đổi mới a principalement réformé quatre domaines de l’économie vietnamienne.

La privatisation de l’agriculture : les terres agricoles, qui étaient collectivisées avant le Đổi mới, retournent essentiellement aux mains des paysans. Le plan fut conçu pour faire en sorte que les paysans puissent faire usage de la terre pendant 15 ans. Après avoir versé une taxe à l’État, la terre retourne au paysan et celui-ci est libre de vendre ses récoltes sur le marché. Ceci a particulièrement influencé le sud du pays, où une grande majorité de la population vivait de l’agriculture. Le système économique agricole retourne donc essentiellement au système du Sud-Viêt Nam. Les réformes des entreprises publiques : le Đổi mới réforme les entreprises publiques, qui sont désormais soumises aux lois du marché. Elles doivent donc être profitables, sous peine d’être dissoutes. Ces entreprises restent donc en possession de l’État, mais elles sont toutefois régulées par les lois du marché. Un bon nombre d’entreprises sont encore aujourd’hui détenues en partie ou entièrement par l’État vietnamien. Ceci diffère principalement du système capitaliste occidental et peut expliquer l’appellation « économie de marché à orientation socialiste ». La propriété privée : le Đổi mới a réformé les lois sur la propriété privée. Les héritages et la propriété foncière sont réformés pour garantir ces droits à la population vietnamienne. De plus, la réforme installe des mécanismes empêchant la nationalisation abusive de la propriété privée des individus et des entreprises. Les investissements étrangers : le Đổi mới a ouvert la porte aux investissements étrangers. Les entreprises étrangères étaient désormais invitées à faire affaire au Viêt Nam. De plus, de nombreux incitatifs ont été installés pour inciter les entreprises étrangères à faire affaire avec le pays. Cette réforme a ajouté une nouvelle pression sur les entreprises publiques. Celles-ci avaient encore plus intérêt à respecter les lois du marché, dû à l’ajout de nouvelle compétition économique.

Conséquences de la réforme