vignette|Scooter de catégorie cyclomoteur .
Un scooter (du verbe anglais signifiant « démarrer brusquement, filer ». En anglais, le terme ou désigne aussi la trottinette.) ou scouteur (Canada.) est un véhicule routier motorisé à deux ou trois roues, caractérisé par des roues de faible diamètre, un cadre ouvert formant plancher (un large espace entre les roues permet d’y placer les pieds et éventuellement des bagages) et un carénage.
Selon sa cylindrée, le scooter entre dans la catégorie des cyclomoteurs, jusqu'à , ou des motocyclettes au-delà de cette cylindrée. On parle de maxi-scooter, ou maxiscooter, quand la cylindrée dépasse et que le gabarit est plus large que celui d'un scooter normal, ce qui nécessite, en France, d'avoir un permis spécifique..
Depuis le milieu des années 2000 se développe le marché des scooters à trois roues, qui allient cylindrée au-delà de et, dans l'hexagone, conduite avec un permis de catégorie B. Historiquement à moteur thermique, les modèles récents sont de plus en plus électriques.
Les scooters sont souvent équipés d'un variateur de vitesse mécanique et d'un embrayage avec boîte de vitesses automatique. C'est un véhicule utile en ville, évitant les difficultés de stationnement, d'embouteillages et les fréquents changements de rapports de vitesse. Sa maniabilité et son gabarit le rendent très populaire en Europe, en particulier en Italie où la Vespa et la Lambretta font partie de l'imagerie populaire, mais aussi dans d'autres régions du monde, comme certains pays d'Asie (Inde, Viêt-nam, Chine, Japon et Philippines entre autres) où c'est un mode de locomotion économique.
Histoire
Immense notoriété et définitions imprécises Jouissant d'une immense notoriété mondiale comme type de véhicule terrestre motorisé, le "scooter" n'a pas de définition précise universellement reconnue.
L'origine historique du mot "scooter " fait peu débat : d'origine anglo-saxonne et basé sur le verbe "scoot ", signifiant "avancer" ou "filer", le mot désigne initialement dans les pays anglophones une trottinetteEncore au 21ème siècle un "scooter" , selon le contexte d'utilisation, peut signifier "trotinette".. Lorsque des versions motorisées de ces machines apparaissent, elles sont qualifiées de "motor scooter", appellation étendue ensuite à certains petits véhicules motorisés à deux ou trois roues. Dans les pays francophones, plusieurs appellations sont initialement utilisées, comme "autopède" , "auto-fauteuil ", nom de marque de l'entreprise française éponyme, ou encore "automobile à deux roues".
La définition "officielle" du scooter fait l'objet de disputes industrielles au début des années 1950 en Italie opposant les tenants d'une définition stricte du scooter (Vespa et Lambretta notamment) à leurs concurrents proposant un plus large éventail de motos et cyclomoteurs , comme Moto Guzzi ou Gilera. Leur association professionnelle, l'ANCMA, édicte alors la définition suivante : "un véhicule motorisé sans pédales...caractérisé par un cadre ouvert,...des repose pieds continus entre l'avant et l'arrière...et deux roues d'un diamètre ne dépassant pas 12 pouces".
Les dictionnaires francophones définissent un scooter comme un "motocycle à deux ou trois roues à plancher plat", un "motocycle léger à roues de petit diamètre, caréné, à cadre ouvert formant plancher", ou encore comme un "véhicule à moteur à deux roues, muni d'une jupe à cadre ouvert protégeant le conducteur". Les réglementations nationales et internationales ne comportent généralement pas de définitions ni de spécifications relatives aux seuls scooters : ces machines relèvent de catégories définies par ces réglementations pour tous les véhicules motorisés à deux ou trois roues, qui sont basées essentiellement sur des critères relatifs aux cylindrée, puissance ou vitesse maximaleAinsi, par exemple, en France un scooter de moins de et de vitesse limitée à relève de la réglementation des cyclomoteurs, un scooter de plus de 50 et moins de relève de celle des motos légères, et un scooter de plus de de celle des motos. . Et le chercheur Andrea Rapini résume en 2007 ce qui, d'après lui, caractérise un scooter : "Les règles d’or permettant de distinguer un scooter de tous les autres deux-roues sont maintenant au nombre de cinq : un petit moteur placé à l’avant ou près de la roue arrière ; un châssis fermé ; une carrosserie pour protéger le conducteur des éclaboussures ; deux roues de petite dimension ; et un ensemble transmission-automatique-friction".
Au 21ème siècle, l'usage dans le monde des véhicules terrestres motorisés est d'utiliser l'appellation "scooter" pour désigner, quelles que soient sa puissance, sa cylindrée, son mode de transmission ou la taille de ses roues, une machine à deux ou trois rouesUn scooter à trois roues en a généralement deux à l'avant et une à l'arrière.avec un cadre ouvert et un utilisateur assis dont les pieds reposent à plat sur une plateforme : cela permet de distinguer les scooters d'autres modèles, notamment de certains cyclomoteurs qui ont un cadre ouvert et un utilisateur assis, mais les pieds de celui-ci reposent sur des pédales ou des repose-pieds fixes semblables à ceux des motocyclettes. Elle permet aussi, comme le fait l'industrie, d'employer cette dénomination pour des machines comme les maxi scooters qui n'ont pas de plancher plat, et dont les roues sont de diamètre supérieur à 12"Au milieu des années 2020, les scooters légers ont généralement des roues de 12". Celles du scooter à trois roues Piaggio MP3 sont de 13 ou 14", et celles des maxi scooters comme le Yamaha T-Max ou le Kymco XCITING VS 400 SE sont de 14 ou 15". À titre de comparaison, une moto routière comme la BMW K1600 a des roues de 17".. C'est la définition utilisée, sauf indication explicite contraire, dans cet article.
Aux origines : bicyclettes et trottinettes motorisées (années 1900-1920) Les premiers deux roues motorisés construits en série apparaissent au début du 20ème siècle. Nombre d'entre eux sont conçus à partir de bicyclettes auxquelles sont adjoints de petits moteurs permettant d'en faciliter l'usage, notamment pour gravir des côtes. La plupart ont un cadre "fermé", comportant un élément supérieur qu'il faut enjamber pour monter sur le véhicule : ce sont les ancêtres des motos actuelles. Mais certains utilisent un cadre "ouvert" permettant de s'asseoir sur la machine sans devoir enjamber le cadre et sont dotés d'une plateforme ou de repose-pieds plats où l'utilisateur peut poser les pieds : ce sont les ancêtres des scooters actuels. Parmi les premières machines de ce type se trouve notamment l'Auto-Fauteuil du français Georges Gauthier (1902), doté d'un moteur à quatre temps de 3 ou 3,5ch disposé sous la selle devant la roue arrière. Dans les années 1910/1920, divers modèles sont proposés : Velauto Monet -Goyon en France, Ner-a-Car américaine (et la Neracar britannique sous licence), ou encore, en Angleterre, Skootamota et Unibus, l'un des premiers modèles de cette époque à offrir une structure et une esthétique proches de celles qui seront popularisées par les scooters des années 1950 avec plancher plat et carrosserie enveloppante.
D'autres architectures sont également utilisées : ce sont des trottinettes motorisées. Dans ce cas, l'utilisateur n'est pas assis mais reste debout, les pieds posés sur la plate-forme reliant les deux extrémités de la machine. Parmi les premières machines de ce type se trouvent par exemple l'Autoped nord-américain (années 1910) ou encore le Krupp-Roller allemand. Les trottinettes électriques du 21ème siècle sont les lointaines descendantes de ces engins.
Toutes ces machines suscitent intérêt mais aussi scepticisme. Ainsi, en 1922, l'actrice est photographiée sur un petit engin baptisé « scooter ». Publiée dans l'Histoire de l'automobile et du cycle éditée par le magazine L'Illustration, cette photo est ainsi légendée :
Des années 1930 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale : émergence américaine Après la Grande Dépression, plusieurs constructeurs nord américains se lancent sur le marché des scooters et proposent des modèles qui marquent leur époque, notamment :
Motor Glide du californien Foster Salsbury : Salsbury produit plusieurs modèles scooters de 1935 à 1949, dont l'Aero (1937), petit modèle au moteur deux ou quatre temps décliné à deux ou trois roues, ou encore les modèles 40/50/60 de la fin des années 1930, premiers scooters à être équipés d'un variateur de vitesse, la marque proposant en outre une version attelée à un side-car. De nombreuses célébrités hollywoodiennes marquent leur intérêt pour les Motor Glide, notamment Freddie Bartholomew, Roscoe Turner, Paulette Goddard, ou encore Judy Garland. Le dernier modèle de Salsbury, le Model 85 de 1946, est très proche de l'architecture et de l'esthétique qui feront le succès des scooters italiens à partir des années 1950, offrant notamment un carénage complet, un variateur de vitesse, le choix entre un selle mono ou biplace, etc. L'entreprise fait faillite en 1947. Auto-Glide de Cushman : pour relancer ses ventes, Cushman, jusqu'alors spécialisé dans les petits moteurs et machines pour l'industrie et l'agriculture, se lance en 1936 dans la fabrication de scooters, activité qui continue jusqu'en 1965. Parmi les premiers modèles lancés par la marque figure le Cushman 53, petit scooter parachutable utilisé par les forces alliées durant et après la Seconde Guerre mondiale. Puis sont lancés les Cushman 52/54, avec deux vitesses ou variateur automatique, dont certaines versions sont fabriquées sous licence en Belgique. Durant les années 1950, certains modèles Cushman sont vendus sous la marque Allstar par les grands magasins Sears. Et à partir de 1961 Cushman importe et distribue aux États-Unis des Vespas, portant parfois la mention "Cushman".
De l'après guerre aux années 1960 : premier essor international et domination italienne
Essor mondial L'après-guerre marque le véritable essor des scooters, notamment en Europe et au Japon où les populations cherchent des moyens de locomotion peu onéreux et consommant peu de carburant, alors rationné et cher. De la fin des années 1940 aux années 1960, de nombreux industriels se lancent dans la fabrication de tels véhicules, que ce soit au Japon (Fuji, Mitsubishi), en France (Peugeot, Motobécane), en Espagne (Montesa), en Allemagne (Zündapp), en Russie (Tula T-200, Vyatka), en Tchécoslovaquie (Cezeta). Des constructeurs de motos déjà bien établis s'y essayent aussi , comme Triumph avec le Tigress, ou encore Harley-Davidson avec le Topper. Mais c'est d'Italie, avec notamment Vespa et Lambretta, que va partir le premier déploiement mondial des scooters, avec des solutions techniques et des choix esthétiques qui vont marquer durablement le marché.
Le phénomène Vespa et la domination italienne