Louis Vallon, né le . à Crest (Drôme) et mort le à Paris, est un homme politique français. D'abord membre de la SFIO et du Parti socialiste de France avant la Seconde Guerre mondiale, il est par la suite, en tant que gaulliste de gauche, membre fondateur du RPF, de l'Union démocratique du travail puis de l'UDR. Il est député RPF de 1951 à 1955 puis UDT de 1962 à 1967 et enfin UDR de 1968 à 1973.

Biographie Polytechnicien (X1921), Louis Vallon adhère aux Jeunesses socialistes et en 1923, à la SFIO, où il soutient Pierre Renaudel.

Délégué à la propagande de la Fédération SFIO de la Drôme, il est candidat de la SFIO aux élections législatives de 1932 dans la circonscription de Die mais est battu par son adversaire du parti radical, Léon Archimbaud. En 1933, Louis Vallon quitte la SFIO et adhère au Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès de Marcel Déat. Il est alors l'un des signataires du « Plan du 9 juillet » au côté de jeunes fonctionnaires, des membres de la SFIO, du Parti radical, des néo-socialistes et des Croix-de-Feu, sous l'autorité de Jules Romains, pour proposer au Parlement un programme de « redressement national ». Il écrit alors un livre intitulé Le socialisme expérimentalFiche biographique de l'Assemblée nationale.

En février 1936, il démissionne du comité central du parti de Déat pour réintégrer la SFIO de la Seine. Après la victoire du Front populaire, Léon Blum le nomme à la direction des émissions économiques et sociales de la Radiodiffusion française. Très critique envers la politique économique et sociale du Front populaire, il se rapproche de la Gauche révolutionnaire et collabore aux Cahiers rouges, la revue théorique de cette tendance.

En , Louis Vallon se range parmi les antimunichois.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est combattant dans les forces armées régulières, puis dans la Résistance intérieure puis dans les Forces françaises libres. Au début du conflit, il est rappelé avec le grade de capitaine dans une unité du génie de la ligne Maginot. Fait prisonnier après la campagne de France il est libéré en 1941 et rejoint la Résistance au sein du mouvement Libération-Nord.

Contraint de s'expatrier en Angleterre, il arrive à Londres à l'été 1942 où il se voit confier la section « politique » ou « non militaire » du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA)In Les agents secrets de la France libre, pages 29 et 30).. Après un bref passage début 1943 au sein de la DFL comme chef d'état major adjoint, il est nommé directeur des affaires économiques du LevantCf. Site de l'assemblée nationale puis devient membre de l’Assemblée consultative provisoire d'Alger. Il fonde en avec Henri d'Astier de La Vigerie et René Cerf-Ferrière les commandos de France et en devient le premier chef de corpsIn Les commandos de France, pages 23 à 25..

Il rejoint le général de Gaulle à Londres et devient directeur adjoint de son cabinet. Il dirige ensuite les « Monnaies et médailles » puis est commissaire du gouvernement près la Banque de Madagascar et des Comores. Membre du comité exécutif, puis du conseil de direction du RPF, il est délégué général du mouvement gaulliste pour la région parisienne en 1947 puis secrétaire national à l'action ouvrière et sociale.

Le , Louis Vallon entre à l’Assemblée nationale en étant élu député RPF dans le quatrième secteur de la Seine (cantons de Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Sceaux, Villejuif et Vanves).

Après la dissolution du RPF, Louis Vallon ne rejoint pas le groupe de l'URAS et siège parmi les non-inscrits. En novembre 1955, il propose la création d'un « Front populaire » incluant les communistes, marquant ainsi son réengagement à gauche. Il s'était déjà indigné deux années plus tôt de l'interdiction faite à des candidats communistes de se présenter à l'ENA, y voyant une sorte de maccarthysme « à la française », et avait voté contre la levée de l'immunité parlementaire de Jacques Duclos.

Louis Vallon tente de se faire réélire lors des élections législatives du en menant une liste d'action républicaine et socialiste pour l'union des gauches. Il est nettement battu, ne récoltant que 1 % des suffrages exprimés, arrivant en avant-dernière position des treize listes qui s'étaient présentées.

Il est alors réintégré dans l'administration des finances et publie en 1958 La France fait ses comptes, aux Presses universitaires de France, avec une préface de Pierre Mendès France. Au cours de l'été 1958, il cosigne avec Léo Hamon, Philippe Dechartre, Jacques Debû-Bridel un manifeste intitulé Des hommes de gauche parlent aux hommes de gauche et appelle à soutenir l'action du général de Gaulle.

En 1959, il fonde l'Union démocratique du travail,(UDT) avec René Capitant, Yvon Morandat et Jean de Lipkowski. Il est nommé dans la même période membre du Conseil économique et social.

De 1962 à 1967, il est député UNR-UDT de la de Seine-et-Oise, l'Union démocratique du travail ayant fait le choix de s'associer au mouvement gaulliste majoritaire, l'Union pour la nouvelle République (UNR) afin de présenter des listes communes et d'en constituer l'aile gauche. Spécialiste reconnu des comptes publics, il est alors rapporteur général de la commission des Finances de 1962 à 1967. En 1965, il présente un amendement – l’amendement Vallon – qui introduit le principe de la participation des travailleurs aux plus-values en capital des entreprises, réforme dont ni la gauche traditionnelle, ni Pompidou ne voulaient. Il défend alors, avec le soutien du général de Gaulle (), une ligne progressiste d'association du capital et du travail, réforme économique et sociale qui doit selon son courant achever la rénovation politique et institutionnelle entamée en 1958. L'ordonnance de 1967 relative à la participation et le référendum de 1969 constituaient les premières réalisations de ce projet.

De 1968 à 1973, il est député UDR de la de Paris. Une vive animosité personnelle et politique l'oppose alors à Georges Pompidou, dont il avait été l'ami. Pompidou ne voyait pas l'intérêt de cette participation () et considérait notamment qu'il avait joué un rôle dans l'affaire Markovic, Vallon lui reprochant d'orienter le gaullisme vers le conservatisme. Il n'hésite pas à affirmer :

Dans son pamphlet L’Anti-de Gaulle, publié en aux éditions du Seuil, Louis Vallon tient Georges Pompidou pour l'un des responsables du rejet du référendum du qui avait abouti à la démission de la présidence du général de Gaulle. Affichant une constante hostilité à l'égard de Georges Pompidou, Louis Vallon est alors exclu du Bureau politique du groupe UDR et du groupe, et siège en tant que député non-inscrit dès cette date. Pour lui, Pour lui, l'UDR n'est qu'.

Les gaullistes de gauche se détachent de plus en plus de la majorité de l'UDR dont ils n'approuvent plus la politique, mais n'arrivent pas à refaire leur unité et s'éparpillent en plusieurs mouvements travaillistes.

En 1974, Louis Vallon appelle à voter au second tour pour François Mitterrand car, selon lui, Sept ans plus tard, il appelle de nouveau à voter Mitterrand, considérant que celui-ci s'est rallié aux institutions de la République.

Louis Vallon meurt le , deux mois et demi avant la victoire du candidat socialiste à l'élection présidentielle de 1981.

Vie de famille Il a épousé Suzanne Braun, ophtalmologiste juive, avec qui il n'aura pas d'enfants. Divorcés après quelques années, il lui propose de se remarier pour la protéger contre les lois raciales du régime de Vichy et ils terminent leur vie ensemble. Par sa femme, il est le beau-frère de Madeleine Braun, première femme vice-président de l'Assemblée nationale, et le cousin de Geneviève Zadoc-Kahn, régisseuse des concerts Musigrains, et de Maurice Franck, compositeur et chef d'orchestreSources généalogiques familiales.

Ouvrages On lui doit notamment : Socialisme expérimental, 1936 Salaires et Niveaux de vie, 1938 Le dilemme français, Denoël, 1951 L’Histoire s’avance masquée, Julliard, 1957 La France fait ses comptes, Presses universitaires de France, 1959 (préface de Pierre Mendès France) Le Grand dessein national, Calmann-Lévy, 1964 L'anti-de Gaulle, Seuil, , 1969 De Gaulle et la démocratie, 1973.

Annexes Bibliographie

Articles connexes Commandos de France

Liens externes

Notes et références

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