James Cook est un navigateur, explorateur et cartographe britannique, né le ( selon le calendrier julien) à Marton (Middlesbrough) et mort le à Hawaï.
Accédant au grade de capitaine de la Royal Navy, il fait trois voyages dans l'océan Pacifique à l'occasion desquels il est le premier Européen à débarquer sur la côte Est de l'Australie, en Nouvelle-Calédonie, aux îles Sandwich du Sud et à Hawaï. Il est également le premier navigateur à faire le tour de l'Antarctique et à cartographier Terre-Neuve et la Nouvelle-Zélande.
Après son service dans la marine marchande britannique, il intègre en 1755 la marine royale britannique au cours de la guerre de Sept Ans. Pendant le siège de Québec, il se consacre à la cartographie de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, ce qui permet au général James Wolfe de mener son attaque décisive sur les Plaines d'Abraham. Le jeune James Cook attire ainsi l'attention de l'Amirauté et de la Royal Society à un instant crucial de sa carrière personnelle et de la direction des expéditions britanniques outre-mer. Il est alors nommé commandant du HMS Endeavour pour la première de ses trois expéditions dans le Pacifique, en 1766. Il s'ensuit deux autres expéditions établissant les premières cartes précises de nombreuses îles et côtes.
Son grand sens marin, ses aptitudes poussées pour la cartographie, sa détermination à explorer des zones dangereuses afin de vérifier l'exactitude des faits rapportés par d'autresIl n'hésite pas à franchir plusieurs fois le cercle polaire Antarctique ni à s'approcher de la Grande barrière de corail par exemple., sa capacité à mener les hommes et son souci de leur sécurité sanitaire dans les conditions les plus rudes, ainsi que son besoin constant de remplir ses missions en allant au-delà des instructions reçues de l'Amirauté, lui ont permis de léguer à la postérité des connaissances considérables.
Cook meurt à Hawaï en 1779 durant un combat contre des autochtones, alors qu'il commande sa troisième expédition en quête du passage du Nord-Ouest.
Biographie
Jeunesse James Cook est issu d'une famille relativement modeste. Il est le deuxième des huit enfants de James Cook, valet de ferme d'origine écossaise et de Grace Pace, anglaise.. Il est né à dans le Yorkshire du Nord, ville aujourd'hui rattachée à Middlesbrough. Il est baptisé à l'église locale de St Cuthberts Marton, où son nom figure au registre des baptêmes.. Alors que la famille compte cinq enfants, elle s'établit à la ferme Airey Holme à Great Ayton. L'employeur de son père finance sa formation à l'école primaire. À l'âge de 14 ans, il commence à travailler avec son père dans la gestion de la ferme James Cook (avec la contribution de William Smith), The Voyages of Captain James Cook, Oxford University, 1842, (Introduction: Life of James Cook)..
En 1745, alors âgé de 17 ans, Cook est placé en apprentissage chez un mercier du village de pêcheurs de Staithes. Selon la légende, c'est là que Cook ressent pour la première fois l'« appel du large » en regardant la mer par la fenêtre du magasin. Au bout d'un an et demi, William Sanderson, le propriétaire de l'entreprise, décrète que Cook n'est pas fait pour le commerce et le conduit au port de Whitby où il le présente à John et Henry Walker, quakers faisant commerce du charbon et propriétaires de plusieurs navires. Cook est engagé comme apprenti de la marine marchande sur leur flotte. Il passe les années suivantes à faire du cabotage entre la Tyne et Londres. Parallèlement, il étudie l'algèbre, la trigonométrie, la navigation et l'astronomie.
Une fois ses trois ans d'apprentissage terminés, Cook travaille sur des navires de commerce en mer Baltique. Il monte rapidement en grade et, en 1755, se voit proposer le commandement du Friendship. Il préfère cependant s'engager dans la Marine royale. La Grande-Bretagne se prépare alors à la future guerre de Sept Ans et Cook pense que sa carrière avancerait plus vite dans la marine militaire. Cela implique toutefois de recommencer au bas de la hiérarchie et c'est alors comme simple marin qu'il s'engage à bord du HMS Eagle, sous le commandement du capitaine Hugh Palliser. Il est rapidement promu au grade de Master's Mate (équivalent de Second maître (France)). En 1757, après deux ans passés au sein de la Navy, il réussit son examen de maîtrise lui permettant de commander un navire de la flotte royaleG. Williams (2002)..
Au cours de la guerre de Sept Ans, James Cook participe au siège de la ville de Québec avant la bataille des plaines d'Abraham en 1759. Il démontre alors un talent certain pour la topographie et la cartographie, et cartographie la plus grande partie de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent pendant le siège, ce qui permet au général James Wolfe de lancer son attaque décisive sur les plaines d'Abraham. Les années suivantes, il établit les cartes de la côte de Terre-Neuve, puis le passage du Nord-Ouest (1763-1764), la côte sud entre la péninsule de Burin et Cap Ray (1764–1765), puis la côte ouest en 1767. Durant ses cinq saisons passées à Terre-Neuve, il établit les premières cartes précises à grande échelle des côtes de l'île.
Voyages vignette|centre|600px|Itinéraires des voyages du capitaine James Cook. Le premier voyage est en rouge, le second en vert et le troisième en bleu. La route de l'équipage de Cook après sa mort est représentée par une ligne bleue en pointillés.
Premier voyage (1768-1771)
vignette|upright=1.5|Premier voyage, 1768-1771. En 1768, la Royal Society charge James Cook, à bord du HMs Endeavour, d'explorer l'océan Pacifique sud avec pour principales missions l'observation du transit de Vénus du et la recherche d'un hypothétique continent austral. Selon les savants, ce continent se serait trouvé dans les hautes latitudes au sud de cet océan, mais Cook ne le découvrira pas. Il est d'ailleurs sceptique quant à son existence et, dans son journal, confronte ses explorations avec les témoignages rapportés par les explorateurs précédents.
L'HMS Endeavour est un trois-mâts carré du même type de ceux que Cook a déjà commandés, embarcation solide et idéale en termes de capacité de stockage ainsi que pour son faible tirant d'eau, qualité indispensable pour s'approcher des nombreux récifs et archipels du Pacifique. Après avoir passé le cap Horn, il débarque à Tahiti le , où il fait construire un petit fort et un observatoire en prévision du transit de Vénus. L'observation, dirigée par Charles Green, assistant du nouvel astronome royal Nevil Maskelyne, a pour but principal de recueillir des mesures permettant de déterminer avec davantage de précision la distance séparant Vénus du Soleil. Une fois cette donnée connue, il serait possible de déduire la distance des autres planètes, sur la base de leur orbite. Malheureusement, les trois mesures relevées varient bien plus que la marge d'erreur anticipée ne le prévoyait. Lorsque l'on compare ces mesures à celles effectuées au même instant en d'autres lieux, le résultat n'est pas aussi précis qu'espéré.
Une fois ces observations consignées, James Cook ouvre les scellés qui contiennent les instructions pour la seconde partie de son voyage : chercher les signes de Terra Australis, l'hypothétique pendant de l'Eurasie dans l'hémisphère sud. La Royal Society, et particulièrement Alexander Dalrymple, est persuadée de son existence et entend bien y faire flotter l'Union Jack avant tout autre drapeau européen. Pour cela, on choisit de recourir à un bateau qui, par sa petite taille, ne risque guère d'éveiller les soupçons, et à une mission d'observation astronomique comme couverture.
gauche|vignette|1969 James Cook et son HMS Endeavour sur la médaille d'argent commémorative de James Berry du jubilé des 200 ans de la redécouverte de la Nouvelle-Zélande en 1769. Cook doute cependant de l'existence même de ce continent. Grâce à l'aide d'un Tahitien nommé Tupaia, qui possède des connaissances pointues de la géographie du Pacifique, Cook explore les îles de la Société et découvre l'île de Rurutu. Ne parvenant pas à découvrir de continent nouveau plus au Sud de cette dernière île, il se dirige alors vers la Nouvelle-Zélande, qu'il atteint le . Second Européen à y débarquer après Abel Tasman en 1642, il cartographie l'intégralité des côtes néo-zélandaises avec très peu d'erreurs (notamment sur la péninsule de Banks, qu'il prend pour une île, et sur l'île Stewart, qu'il rattache abusivement à l'île du Sud). Il identifie également le détroit qui allait porter son nom, le détroit de Cook, séparant l'île du Sud de l'île du Nord, et que Tasman n'avait pas découvert. Lors de ses nombreuses rencontres avec les peuples maori de la Nouvelle-Zélande, son accompagnateur Tupaia lui est d'un grand secours en tant qu'interprète, voire diplomate. Il y relate l'anthropophagie de ces derniers.
Il met ensuite cap à l'ouest en direction de la Terre de Van Diemen (actuelle Tasmanie) avec l'intention de déterminer s'il s'agit d'une partie du continent austral. Des vents violents forcent cependant l'expédition à maintenir une route nord. L'expédition aperçoit la terre en un lieu que Cook nomme « Point Hicks », entre les villes actuelles d'Orbost et de Mallacoota dans l'État du Victoria. Vu l'orientation de la côte au sud-ouest, Cook doute que Van Diemen's Land y soit relié. Ils se trouvent en fait au sud-est du continent australien, devenant officiellement les premiers Européens à repérer sa côte est. En 1843, l'endroit reçoit le nom de « Cape Everard », avant de retrouver sa dénomination originale de Point Hicks à l'occasion du du débarquement.
D'après le livre de bord, nous sommes alors le à 6 heures du matin. En fait, Cook emploie la notation de la date en vigueur dans la marine et qui court de midi à midi. Le jour commence ainsi douze heures avant le jour civil. De plus, l'écart de longitude entre le sud-est de l'Australie et la Grande-Bretagne implique un décalage horaire d'environ dix heures, si bien que la date admise aujourd'hui est le .
Cook poursuit sa route vers le nord en longeant la côte, ne la perdant jamais de vue pour la cartographier et nommer ses points remarquables. Au bout d'un peu plus d'une semaine, ils pénètrent dans un fjord long mais peu profond. Après avoir mouillé devant une pointe basse précédée de dunes de sable qui porte actuellement le nom de « Kurnell », l'équipage débarque pour la première fois en Australie, le . Cook baptise tout d'abord le fjord « Stingaree Bay » en allusion aux nombreuses raies aperçues (stingray en anglais). L'endroit reçoit ensuite le nom de « Botanist Bay », puis finalement « Botany Bay » en raison des nombreuses nouvelles espèces découvertes par les botanistes Joseph Banks, Daniel Solander et Herman Spöring.
La Grande-Bretagne va plus tard choisir ce site pour y établir une première colonie britannique, entre autres sur les conseils de Joseph Banks. Cependant, quand le capitaine Arthur Phillip y débarque à la tête de la First Fleet en 1788, soit près de 18 ans plus tard, la baie et ses environs ne s'avèrent pas aussi idéales que leur description le laissait espérer. Phillip ordonne de relocaliser la colonie dans un port naturel situé quelques kilomètres au nord, que Cook avait nommé Port Jackson sans en pousser très loin l'exploration. C'est dans ce port, dans une baie qu'il nomme « Sydney Cove » (en l'honneur du ministre Thomas Townshend, premier vicomte de Sydney), que naît la colonie de Sydney.