vignette|upright=1.35|Nombre de grands électeurs alloué à chaque État des États-Unis et au District de Columbia pour les élections présidentielles de 2024 et de 2028 sur la base du recensement de 2020. Chaque État a au moins 3 grands électeurs et le nombre total de grands électeurs est de 538. vignette|300px|Nombre de grands électeurs par État pour les élections présidentielles américaines de 2012, 2016 et 2020. vignette|300px|Nombre de grands électeurs par État pour les élections présidentielles américaines de 2004 et 2008. Le collège électoral des États-Unis est l'ensemble des grands électeurs, formé tous les quatre ans dans le seul but d'élire le président et le vice-président des États-Unis, qui ne dépend donc pas de qui a eu le plus de voix dans le vote populaire américain.

Le collège électoral compte , nombre resté stable depuis des décennies, soit autant que de membres du congrès plus trois grands électeurs pour le district de Columbia. Le congrès compte 435 représentants et 100 sénateurs, qui ne peuvent être membres du collège électoral..

La présidentielle américaine est une élection au scrutin indirect : les citoyens votent pour des grands électeurs qui seront chargés d'élire le président et le vice-président. Chaque État dispose d'un certain nombre de ces grands électeurs, et — à part dans 2 états — l'ensemble des voix des grands électeurs est intégralement attribués à la paire de candidats président/vice-président qui y a remporté le plus de voix des citoyens (exemple : 50 grands électeurs pour un état, candidat A : 60% des votes, candidat B 40% donne 50 voix de grands électeurs pour le candidat A).

Ces grands électeurs se réunissent ensuite dans la capitale de leur État respectif pour élire le président et le vice-président ; mis à part en de très rares occasions, ils votent en faveur de la paire de candidats pour laquelle ils ont été élus.

Histoire Création En 1787, à la convention de Philadelphie, le texte servant de base aux discussions, le plan de Virginie, préconisait l'élection de l'exécutif par le législatif, sans recourir donc à un scrutin au suffrage universel, qu'il soit direct ou indirect, pour sa désignation. Les délégués d'une majorité d'États étaient d'accord avec ce mode d'élection.

Cependant, un comité formé pour régler certains détails, qui incluaient le mode d'élection du président, recommanda plutôt son élection par un groupe de gens répartis parmi les États de la même façon que leurs représentants au Congrès, mais choisis par les États « selon la manière que leur législature décidera ».

Cette recommandation venait alors que la formule venait d'en être résolue après de longs débats aboutissant au compromis du Connecticut et au compromis des trois-cinquièmes.

Selon Gouverneur Morris, membre de ce comité qui venait d'édicter cette recommandation, ce changement de point de vue provenait de la crainte d'« intrigues » si le président était choisi par un petit groupe d'hommes se réunissant régulièrement, ainsi que d'inquiétudes sur l'indépendance du président.

Bien que certains délégués eussent préféré une élection populaire, la proposition du comité fut approuvée, avec seulement quelques modifications mineures.

Dans Le Fédéraliste, James Madison expliquait que la constitution avait été conçue comme un mélange de gouvernement fédéral — basé sur les États — et national — basé sur la population.

Dans cette optique, le Congrès posséderait deux chambres, l'une fédérale (le Sénat) et l'autre nationale (la Chambre des représentants).

Et le président serait lui élu par une combinaison des deux modes. Ce système date en effet du début du , époque pendant laquelle le président était surtout une personnalité faisant fonction d’arbitre entre les États, qui à cette époque sont profondément divisés, avec des intérêts profondément contradictoires, en particulier sur l'esclavage. Les Etats de la Nouvelle-Angleterre sont proches culturellement et spirituellement de l'ancienne "maison-mère", l'Angleterre, où le mouvement abolitionniste est alors en plein essor, et l'esclavage est très peu répandu dans la Nouvelle-Angleterre, alors qu'il est en plein essor dans les Etats du Sud-est.

Le président élu par un mode de conciliation entre Etats aura pour mission de réduire ces tensions entre Etats. Son pouvoir notamment en politique extérieure était bien moindre qu’actuellement.

Origine du nom Le terme « collège électoral » ne figurait pas dans la Constitution des États-Unis et ce n'est qu'au début du qu'il est entré dans l'usage pour désigner le groupe de citoyens se réunissant pour élire le président et le vice-président. Sa première mention dans une loi fédérale date de 1845 ; il est désormais inscrit dans les amendements à la constitution sous le nom de « college of electors ».

Amendement La Constitution des États-Unis mentionne le collège électoral dans son article II, section 1. La clause 3 de cette section définit la façon dont le président et le vice-président étaient initialement choisis. Chaque grand électeur votait alors pour deux personnes comme président (actuellement, un grand électeur vote pour une personne comme président et une autre comme vice-président, séparément). Le candidat ayant reçu le plus de voix était élu président. Le second candidat le mieux placé était élu vice-président.

L'apparition de partis politiques compliqua les élections de 1796 et de 1800. En 1796, le vainqueur de l'élection fut John Adams, membre du Parti fédéraliste ; le candidat ayant reçu le plus de voix après lui (et donc le nouveau vice-président) était Thomas Jefferson, membre du Parti républicain-démocrate et de l'opposition.

En 1800, les candidats du Parti démocrate-républicain (Jefferson comme président et Aaron Burr comme vice-président) arrivèrent ex æquo en tête. Cependant, les votes du collège électoral ne désignant exclusivement que le président, les voix recueillies par Burr l'élisaient techniquement comme président, bien qu'il fût le deuxième choix de son parti. Jefferson étant particulièrement détesté par les membres du Parti fédéraliste au Congrès, ceux-ci tentèrent d'élire Burr comme président. Le Congrès se trouva dans une impasse pendant 35 votes successifs, aucun candidat ne recevant la majorité nécessaire à son élection. Le problème ne fut résolu qu'au lorsque le leader du Parti fédéraliste, Alexander Hamilton, révéla sa préférence pour Jefferson.

En conséquence, le Congrès proposa le , qui requiert que les grands électeurs votent séparément pour le président et le vice-président, en remplacement du système décrit dans la Constitution. L'amendement fut proposé en 1803 et adopté en 1804.

Mécanisme

Généralités L'élection du président et du vice-président des États-Unis est indirecte. La théorie constitutionnelle veut que, tandis que la Chambre des représentants américains est élue suivant cette logique d'expérience de vie requise, le président et le vice-président soient élus pour former l'exécutif d'une fédération d'États.

Le mode de désignation des grands électeurs est déterminé par chaque État. Actuellement, tous les États utilisent le vote populaire à cet effet. Ainsi, le jour de l'élection présidentielle, même si les bulletins de vote portent les noms de candidats à la présidence ou à la vice-présidence, les votants élisent en fait des grands électeurs. Une fois déterminés, ces grands électeurs votent pour l'élection du président et du vice-président.

Un candidat doit recevoir la majorité absolue des votes du collège électoral (270 voix depuis 1964, soit la moitié plus un des 538 grands électeurs) pour être élu. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages, la chambre des représentants se charge de l’élection.

Le mécanisme électoral original est décrit dans l'article II, section 1, clause 3, de la Constitution des États-Unis ; le à cette constitution en a révisé quelques principes. Actuellement, l'élection est administrée par la National Archives and Records Administration, par l'intermédiaire de l'Office of the Federal Register.

Répartition des grands électeurs vignette|400px|Population par grand électeur, pour chaque État (recensement de 2010). La taille du collège électoral est égale à celle des deux chambres du Congrès (en 2008, 435 représentants et 100 sénateurs), plus trois électeurs alloués au district de Columbia (Washington DC). En 2016, il comptait donc 538 grands électeurs. Ce nombre a peu évolué dans le temps.

Chaque État reçoit autant de grands électeurs qu'il possède de représentants et de sénateurs au Congrès. Tous les États possèdent deux sénateurs et au moins un représentant, le nombre total des représentants dépendant de la population de l'État : ils possèdent donc au minimum trois grands électeurs. En 2016, les six États possédant le plus de grands électeurs sont la Californie (55), le Texas (38), New York (29), la Floride (29), la Pennsylvanie (20) et l'Illinois (20). Les sept États les moins peuplés — l'Alaska, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Delaware, le Montana, le Vermont et le Wyoming — en ont trois.

Depuis l'adoption du , le district de Columbia reçoit a priori autant de grands électeurs qu'il en aurait s'il était un État, mais ne peut cependant pas en recevoir plus que l'État le moins peuplé de l'Union. Selon le recensement de 2010, cet État est le Wyoming et possède trois électeurs ; le district de Columbia ne peut donc pas recevoir plus de trois grands électeurs. Néanmoins, cette limite ne change rien, car la population du district de Columbia ne lui permet de toute façon pas de prétendre à plus de trois grands électeurs.

Le n'attribue de grands électeurs qu'au seul district de Columbia, en plus des États membres de l'Union. Les autres territoires des États-Unis (Porto Rico, Guam, etc.) ne participent donc pas à l'élection présidentielle.

Lors de certaines élections, le système électoral américain donne un poids plus important aux électeurs des États ruraux généralement conservateurs comparé à leur part de la population nationale. Dans le cas de l’élection de 2016 cependant, des États densément peuplés comme la Floride ou la Pennsylvanie s'étant prononcés pour Donald Trump, cette surreprésentation des États ruraux est d'une importance moindre.

Choix des grands électeurs

Candidats Les candidats comme grands électeurs sont nommés par les partis politiques des différents États dans les mois qui précèdent le jour de l'élection. La constitution américaine autorise chaque État à choisir son propre système de nomination. Dans certains États, les candidats sont déterminés lors de primaires. D'autres États, comme l'Oklahoma, la Virginie ou la Caroline du Nord, nomment les candidats lors des conventions de parti. En Pennsylvanie, les comités de campagne de chacun des candidats à la présidence désignent les candidats grands électeurs. Tous les États exigent que les noms de tous les candidats soient transmis au secrétaire d'État de l'État (ou le poste équivalent) au moins un mois avant l'élection.

Élection La date de l'élection est légalement fixée au mardi suivant le premier lundi de novembre, l'Election Day. Les grands électeurs affiliés à un candidat particulier sont formellement choisis par élection populaire ce jour-là. Il ne s'agit alors que d'élire le collège électoral : l'élection du président n'a pas lieu à cette date.

48 États utilisent la méthode du winner-takes-all (« le vainqueur prend tout ») qui attribue en bloc l'intégralité de leurs grands électeurs au candidat ayant reçu la majorité des suffrages. Le Maine et le Nebraska choisissent eux un électeur dans chaque district congressionnel sur la base du vote populaire local, puis sélectionnent les deux derniers électeurs à partir des votes sur l'ensemble de l'État. Cette méthode a été utilisée dans le Maine depuis 1972 et dans le Nebraska depuis 1992.

Disqualification d'électeurs