Alice Ozy, née Julie Justine Pilloy le à Paris et morte le à Paris Acte de décès à Paris , n° 396, vue 23/31., est une comédienne française.
Biographie Origines et enfance Alice Ozy est la fille de Jean Baptiste Pilloy1792 Paris - Paris ancien , fils de Nicolas Pilloy, marchand à Sainte-Menehould et Marie Cabalaudre., fabricant et négociant en bijoux et joaillerieDomicilié dans les années 1815 à 1820 au 43, rue aux Ours à Paris, ayant une boutique rue Saint-Denis qu’il transféra au 9, passage de l'Industrie. En 1833, il habitait 41, rue du Faubourg Saint-Martin et en 1840 au 50 bis, rue des Marais. et de l’actrice Charlotte AmédéeEt non « Caroline », qui était un surnom. OziNée le dans une section du nord-ouest de Paris, proche du lieu où plus tard sera construite l’église Notre-Dame-de-Lorette, morte le dans l’ancienne commune de Batignolles-Monceau) est domiciliée en 1840 au 10, rue Saint-Louis dans cette commune., elle-même fille du bassoniste Étienne OziNé le à Nîmes, mort le à Paris ancien , directeur du Conservatoire, Premier basson de la Chapelle du Roi et musicien de la chapelle de l’Empereur, considéré comme le plus grand bassoniste de son temps. et de Marie Joséphine Adélaïde DupontDame d’honneur de la reine de Portugal., descendant du chancelier Maupeou et par conséquent, alliée aux Montmorency par les femmes.Loviot ajoute qu’« elle avait trop d’esprit et de bon sens pour s’enorgueillir de ces origines ». L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, , émet des doutes sur cette ascendance : « Les Pilloy n’ont jamais eu, que je sache, la prétention de descendre des Montorency. Ils étaient enfants de la balle. », mais Loviot la relève du côté de sa mère et non de son père.. Mariés le à Saint-Denys-du-Saint-SacrementActuelle rue de Turenne à Paris., ses parents se sont officiellement séparés peu de temps après sa naissance, en 1820. Son père n’a jamais versé la pension alimentaire qu’il devait légalement pour l’entretien de sa fille, élevant son fils, Charles Auguste, né le de son mariage avec Charlotte Ozi, avec deux enfants, qu’il avait avec une concubine. Sa mère, qui en avait la garde légale, entretenait, elle aussi, une liaison, tout en courant le cachet, ce qui la conduisait à suivre des troupes itinérantes où elle jouait de petits rôles de duègne et de choriste.
Son enfance est chaotique. Mise en nourrice et/ou en garde à Belleville dans sa prime enfance, elle suit sa mère dans des tournées en province vers 1828-1830, est en pension au moment de sa communion solennelle (vraisemblablement à Sainte-Menehould dans la famille Pilloy), est placée en pension-apprentissage dans la banlieue parisienne dans l’atelier de broderie de la maison Cariat (la boutique étant, elle, rue Vivienne), emploi qu’elle doit quitter brusquement alors qu’elle a à peine douze ans, après avoir subi les assauts inconvenants du patron. Conduite à Lyon, chez la sœur de sa mèreRose Justine Ozi, seconde épouse à Paris de Augustin Stanislas Machabée Générelly., pour retrouver un autre atelier de broderie sur or et argent. Assez rapidement, compte tenu de son bon travail, elle quitte l’atelier pour le magasin. Après trois années à Lyon, où son charme ne laisse pas indifférents les clients et les passants, elle revient à Paris. Elle comprend vite être une gêne pour sa mère. Aussi s’installe-t-elle dans une petite chambre du « haut de Belleville », dans la maison de sa nourrice pour faire des « broderies brochées », alors à la mode.
Comédienne Sa rencontre, à seize ans, avec Brindeau, jeune comédien de vingt-deux ans, à la Grande-Chaumière ou à La Chartreuse, où l’on dansait sur le boulevard du Montparnasse, va décider de l’orientation de sa carrière. Celui-ci convainc celle qui est devenue sa maîtresse de devenir comédienne, lui donne quelques cours et lui obtient des « utilités », voire de tout petits rôles. Au patronyme de sa mère, elle ajoute un prénom « qui sonne bien » et devient « Alice Ozy » et joue son premier vrai rôle, Marianne la cuisinière, le au théâtre du Palais-Royal dans Absent ou présent ou Ma maison du Pec, un vaudeville écrit par Mélesville et Varner à l’occasion de l’inauguration de la première ligne de chemin de fer au départ de Paris, reliant Paris-Saint-Lazare au Pecq, le .
Continuant de travailler avec Brindeau, elle fait des apparitions sur la scène de la salle Chantereine, en , aux côtés de Bernard-Léon qui joignait ses conseils à ceux de Brindeau pour la former au métier d’actrice., puis, le , participe au théâtre de la Renaissance à la création de l’opéra-comique La Chaste Suzanne de Carmouche et de Courcy, musique de Monpou.
Après avoir joué en compagnie de Bernard-Léon à l’occasion d’une fête de charité, elle a attiré l’attention de Pierre-Joseph Leroy, alors directeur du théâtre des Variétés, qui lui a offert un engagement, mais Bernard-Léon lui a conseillé de ne pas accepter cette offre avant d’avoir acquis une plus grande expérience des planches. Elle fait un passage à l’Opéra, où sa piètre prestation dans Lo Zingaro, opéra de Sauvage, sur une musique de Fontana, confirme qu’elle n’est pas faite pour l’opéra. Aux premiers jours de 1840, elle débute sur la scène des Variétés, dans le rôle d’Agathe, lors de la reprise des Enragés de Nicolas Brazier et Armand d'Artois, puis crée, le , le rôle de Louise dans Le Chevalier du guet de Lockroy, pièce qui a eu un long succès. Elle s’y révéla bonne comédienne, lançant le mot avec assurance et sang-froid, chantant les couplets avec beaucoup d’humour. On l’applaudit et ses appointements furent aussitôt élevés à . Parvenue à jouer sur le même théâtre que Brindeau, elle gagnait par an. Elle enchaine ensuite créations et reprises. Le public et la critique lui font un bon accueil.
Hippolyte de Villemessant rapporte que son extrême naïveté était proverbiale. Lui ayant fait croire, un jour, que le gouvernement venait de découvrir à Montmartre une carrière de fromage de Gruyère, dont l’exploitation serait la fortune des ménages, elle demandait à tous où souscrire des actions. Lorsque Hyacinthe voulait la faire fondre en larmes, il n’avait qu’à prendre une figure sérieuse, longue d’une aune, et à lui prédire qu’elle finirait par devenir une femme entretenue..
Au début 1841, elle devient la maîtresse du baron Bazancourt, mais elle a des soupirants au Café de Paris et de Tortoni. Lors de son aventure avec Bazancourt, elle accorde également ses faveurs à un jeune aristocrate polonais Wieloposki, qui convient, avec Bazancourt, qu’, convention qui dure peu de temps puisque Wieloposki meurt jeune, après avoir gagné, durant son séjour en France, une somme de ou au whist, dont il lui lègue à , ce qui forme l’origine de sa fortune.
Sa mère étant morte, le , elle ne joue pas pendant quelques mois, entre ses rôles dans Le Chevalier du Guet (), La Descente de la Courtille de Dumersan et Dupeuty () et Job et Jean de Lockroy (), précédant quatre rôles au cours de l’automne 1841. En 1842, elle se produit dans une quinzaine de comédies, soit près de la moitié des pièces mises au programme du théâtre des Variétés par Nestor Roqueplan. Elle est Carlotta dans La nuit aux soufflets de Dumanoir et Adolphe d’Ennery le . Les critiques commencent à lui trouver du talent, apprécient ses qualités et progrès de comédienne, maintenant plus que ses atouts de charmante jeune femme. En 1843, elle continue à jouer environ une nouvelle pièce par mois. L’année 1843 est aussi celle de sa rencontre avec Théophile Gautier dont elle crée le aux Variétés Un Voyage en Espagne, vaudeville en trois actes écrit avec Siraudin. Théophile Gautier devient ami et conseiller d’Alice Ozy, qu’il soutient dans ses critiques....
À partir du mois de , ses relations avec Nestor Roqueplan se tendent, allant jusqu’à un procès en .. Elle est moins présente sur les planches du théâtre des Variétés, ne tenant qu’une douzaine de rôles en 1844, où elle apparaît amaigrie aux yeux des journalistes qui font moins de critiques élogieuses. Au printemps 1845, elle cesse de jouer aux Variétés. En juin- on la retrouve au de Londres. Le , elle débute au théâtre du Vaudeville pour une reprise du Bal des Ouvriers de Charles Varin, après un prologue Le Français né malin de Adolphe Jaime et Charles Dupeuty. Jusqu’en décembre, elle joue une huitaine de pièces, plutôt bien accueillies.
Tout début 1846, elle est la première des fées en maillot moulant de couleur chair, jouant l’Avenir dans V’là c’qui vient d’paraître de Dennery et Clairville. Puis, elle enchaîne les créations au rythme d’une par mois. Elle est à la mode et vit la plus belle époque de sa carrière de comédienne. En , elle part donner quelques représentations à Baden où la cour est nombreuse et riche. À la rentrée d’automne, ses prestations se font rares et médiocres. Après avoir motivé une centaine de mentions par an dans les journaux, on n’y lit plus rien pendant des mois. Son contrat avec le théâtre du Vaudeville n’est pas renouvelé en , comme pour une quinzaine de comédiens de la troupe. D’après ses échanges de courrier avec Théophile Gautier, elle songe à quitter le Vaudeville pour le Théâtre du Palais Royal avant .
Elle débute au Palais-Royal, le , dans le Trottin de la Modiste de ClairvilleEt peut-être Siraudin. ; cette bouffonnerie, qui amuse jusqu’à Louis-Philippe, tient l’affiche trois mois. Alors que cette pièce rencontre un succès durable, L’Argus attaque la claque à ses ordres et la réalité de son talent. Menacé d’un procès en diffamation, L’Argus publie un démenti moqueur ; confraternels, les journaux ne parlent plus de la comédienne pendant un trimestre. Le , l'Artiste avait insinué qu’elle ne devait ses succès qu’à son physique. Son physique est ouvertement critiqué, comme dans le Journal des théâtres du . Au cours de ce début d’été 1847, Victor Hugo tente néanmoins de la séduire, allant jusqu’à lui offrir de la faire entrer à La Comédie-Française pour jouer Maguelonne dans Le roi s'amuse, mais elle n’apprécie guère le quatrain que le poète lui adresse le , terminé par . À défaut du père, elle entretient une relation de trois mois avec son fils Charles. Le , elle remonte sur la scène du Palais Royal, pour Le Bonheur est sous la Main, de Léonce et Eugène Nus, qui rencontre suffisamment de succès pour être représenté jusqu’à la mi-octobre. Seule publication à parler d’elle, L’Argus critique son jeu. Il en est de même pour ses prestations suivantes.
Elle joue trois rôles dans Le Banc à Huitres, revue de fin d’année de Dumanoir et Clairville, qui attire la foule chaque soir, encore à l’affiche le , quand éclate la Révolution. Alice s’enfuit en Angleterre. Après quelques représentations au Théâtre Saint James de Londres en , elle reprend ses prestations parisiennes, le , au théâtre de la Porte-Saint-Martin dans l’Ile au Tohu-Bohu des frères Cogniard, pièce qui est encore au programme le . Le , elle se montre pour la dernière fois dans un rôle d’Ève très dévêtue dans Les Marrons d’Inde des frères Cogniart et Muret. Après une période de silence jusqu’en , elle retourne au théâtre des Variétés. Au cours de cette année 1849, elle débute une idylle de deux années avec le peintre Chassériau, qui la prend comme modèle. Paul de Kock écrit pour elle un petit acte, le Quinze-vingt, puis elle crée À la Bastille !, le chevalier de Servigny, l’Anneau de Salomon, les Filles de l’Air, et Philine dans Mignon. En 1852, elle joue Une queue rouge, Déménagé d’hier, la Femme aux Camélias, le Mari d’une Dame de Cœur, Mamzelle Rose, La bonne qu’on renvoie, et incarne Mademoiselle Luzy aux côtés de Frédérick Lemaître dans Taconnet. En 1853, elle parait successivement dans les Femmes du monde, les Trois Sultanes, les Enfers de Paris, le Mari par régime. En 1854, elle se fait surtout remarquer dans Monsieur de La Palisse, dans le rôle de Zerbine, enchainant ainsi, de 1849 au , les pièces aux Variétés, date à laquelle le théâtre ferme pour travaux jusqu’au . Elle reprend encore quelques représentations.
Liaisons notables