La famille Le Pelley du Manoir ou Le Pelley Dumanoir est une famille française originaire de Granville (Manche), en Normandie. L'un de ses membres a été titré comte en 1814 et un autre vicomte en 1816. Elle compte parmi ses ancêtres des marins et des corsaires.

Origine La famille Le Pelley, ou Le Pellé, est originaire du Cotentin et y est très anciennement citée. Elle a possédé les terres et seigneuries de Basse-Lande, Beaujardin, les Fontaines, Fontenelle, Fonteny, Longchamps, les Jonquais ou Jonchères, les Cerisiers, le Manoir, les Monts, Pléville, Verbisson, etc. Ses descendants ont formé de nombreux rameaux qui se distinguèrent entre eux sous le nom de ces terres, joints au nom patronymique de Le Pelley.

En 1439, lors de la fondation d'une forteresse sur le roc de Granville, Hugues Le Pelley fut un des premiers à s'établir dans la cité nouvelle qui s'y forma. En 1445, lorsque Charles VII érigea la nouvelle ville en bourgeoisie et lui octroya de nombreux privilèges, il est cité parmi les habitants notables : sa descendance s'allia à toutes les grandes familles de Granville : Pigeon, Yset, Dry, Le Sauvage, Campion, Le Mengonnet, etc..

Ses descendants portaient dans leurs armoiries une croix cantonnée, au premier et quatrième canton d'une aigle.

Hugues Le Pelley possédait un domaine dénommé Le Clos Pelley à deux kilomètres sud-est du Cap Fue. En récompense de ses services le roi Charles VII lui donna des armes et le droit d'entourer une partie de son domaine de murailles, de fermer ses cours par une porte de défense et d'élever un colombier. Ceci fut appelé Le Manoir tandis que le reste de la propriété conserva le nom de Clos Pelley. Un descendant d'Hugues Le Pelley fit bâtir sous Charles IX la maison de famille, rue Saint-JeanRue Saint-Jean (Granville) .

Histoire Les Mémoires de la Généralité de Caen, compilés en 1697, par l'intendant Nicolas-Joseph Foucault, d'après les ordres de Louis XIV, s'expriment ainsi, en parlant de Granville : « Les principaux négociants sont le sieur Boisbriand-Levesque, le sieur Dumoncel-Fraslin, le sieur Desmonts-Le Pelley ; les sieurs de la Turbotière, du Clos, de Grandmaison, Yset de Longchamps, de la Rue du Prey, Hugon-Hautehoule, de la Noë-Hugon, Dry de Parisy, des Fontaines, Lemarié des Vagues, etc. Les bâtiments qui vont en Terre-Neuve font sécher leur poisson et vont ordinairement décharger à Marseille et autres ports du Levant... ».

Pierre Le Pelley contribua de ses deniers à la construction du môle de Granville qui ferme l'entrée du port et au développement du port et du commerce maritime. Il prit le titre de seigneur du Manoir après l'achat en 1645 à Michel d'Argouges, seigneur et baron de Granville, de la moitié du manoir que ce dernier possédait à Saint-Nicolas de GranvilleVisible de la route d'Avranches, au bout d'une grande allée, le manoir s'élève sur l'emplacement de l'ancien manoir de la famille Argouges, seigneur de Granville et patron de la première partie de l'église Notre-Dame.

En 1645, Michel d'Argouges le cède à Pierre Lepelley, sieur du Manoir et marchand de Granville. Puis la propriété est vendue en 1755 à Nicolas Deslandes qui aménage l'actuel manoir. En 1856, Céleste de Beaucoudray, née Deslandes, est dans l'obligation de vendre le manoir. Les propriétaires vont se succéder. Finalement Monsieur et Madame Duval-Lemonnier en font l'acquisition en 1931. Les descendants de cette famille en sont toujours propriétaires. Le manoir est une belle demeure où le granit domine. Sans doute de l'époque 1786-1789, elle est composée d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un premier étage. La façade sud a une belle vue sur la mer. Son parc est protégé en espace boisé classé. (in « Saint-Nicolas-près-Granville, Contribution à l’histoire d’une paroisse et d’une commune du au » Ed Presses universitaires de Caen, 2005) Le Manoir Saint-Nicolas . Le Manoir Saint Nicolas sur la route de Granville à Avranches, .. Son fils, PierrePierre le Pelley, sieur du Manoir, maire de Granville, baptisé à Granville le et décédé à Granville le , fut un des premiers à armer des navires pour la pêche à l'île de Terre-Neuve et sur ses bancs ; il épousa Perrette Yset, dont il eut : Jacques, né à Granville le , mort à Granville le ; Suzanne, baptisée à Granville le . (in ), sieur du Manoir, (1630-1680) maire de Granville, acquit du même Michel d'Argouges le la seconde partie du manoir et fut l'un des premiers marins qui arma pour la pêche aux bancs de Terre-Neuve. Son fils JacquesJacques Le Pelley, écuyer, sieur du Manoir, garde du corps du roi Louis XIV, puis échevin de Granville, commandant pour le roi à Granville (1693-1708), se distingua lors du bombardement de cette ville en 1695, où il naquit le ; il se maria à Granville deux fois et y mourut le , laissant une très nombreuse postérité. : union avec Élisabeth Le Sauvage Nicolas Le Pelley, sieur du Manoir, cornette au régiment du Roi cavalerie, blessé au combat du Vieil-Brisach, fut baptisé à Granville le et épousa à Granville, le , Marie Boisard, fille de François, sieur du Mesnil-Grimeu, et d'Anne Micuin ; il mourut le , ayant eu cinq fils et une fille ; Pierre, baptisé le , † le ; Pierrette, baptisée le , décédée à Granville le . lit : union le avec Anne Françoise de la Piganniere, fille de Robert de la Piganniere, écuyer, sieur de Fumesson, conseiller du roi, vicomte d'Avranches, et de Jacqueline Vivier Jean François, curé de Granville, né à Granville le ; Robert Pierre, né à Granville le ; Gilles Jacques, né à Granville le ; René, curé de Granville, né à Grouville le ; Jean, né à Granville le ; Hervé, né à Granville le , auteur du rameau de Pléville ; Jacques, né à Granville le ; Jacques Claude, né à Granville le ; Pierrette, née à Granville le ; Marguerite Charlotte, née à Granville le ; Jeanne Françoise, née à Granville le . (in )

Cette très ancienne famille bourgeoise avait jadis gagné dans les armements maritimes une fortune considérable. Au commencement du pourtant, le patrimoine des Le Pelley était fort entamé. En effet, Jacques Le Pelley du Manoir, ancien Garde du corps du roi, qui avait contracté à la cour des habitudes de dépense, avait, dans le jeu et les prodigalités, dilapidé le plus clair de son bien et complètement vidé cette chambre pleine d'or, que les bonnes-gens émerveillés disaient avoir vue, jadis, chez son père, au manoir de Saint Nicolas. Il ne lui restait plus guère, à léguer à ses douze enfants, d'autre héritage que l'honneur qu'il avait acquis en 1695, comme gouverneur de Granville, dans sa défense contre les Anglais. (in ), écuyer, garde du corps du roi Louis XIV puis échevin de Granville, se distingua lors du bombardement de Granville en 1695 et laissa quatorze enfants, dont l'un, HervéHervé Le Pelley, sieur de Pléville, né à Granville le , fils puiné de M. du Manoir et de Melle de la Pigannière, se maria deux fois à Granville. : union le avec Jeanne Julienne Belliard, fille de Georges, sieur du Saussay, trésorier de la marine, et de Marie Ruellen Georges René, né à Granville le et décédé à Paris le ; Nicolas, né à Granville le et décédé à Granville le ; Jeanne Yvonne, née à Granville le , décédée à Granville le ; Jeanne Pierrette Louise, née à Granville le , mariée à Jean Ganne de Beaucoudray ; Marie, mariée à Pierre-François Jourdan de la Passardière. lit : union le , à Marie Le Virais (veuve de M. Blangnerie), fille de François et de Jeanne des Douétils (sans postérité) (in ), fut l'auteur du rameau de Pléville.

Cette famille a été titrée au : Pierre Dumanoir Le Pelley (1770-1829) reçoit du roi Louis XVIII lors de la première Restauration le titre de comte héréditaire par lettres patentes du et son cadet Charles (1776-1821)Charles Jean Marie Armand Le Pelley, vicomte du Manoir Le Pelley, enseigne de vaisseau (), lieutenant de vaisseau ), capitaine de frégate (), chevalier de la Légion d'honneur et de Saint-Louis, fut créé vicomte héréditaire par lettres patentes du , avec règlement d'armoiries : d'azur, à la croix d'argent cantonnée aux 1 et 4 d'une aigle éployée d'or et aux 2 et 3 d'une étoile d'argent ; né à Granville le , il avait épousé à Tunis, par contrat du , Marie-Françoise de Voize. Le vicomte du Manoir est mort à Port-Royal (Martinique) le , et la vicomtesse du Manoir, à Saint-Etienne-de-Crossey (Isère) en , ayant eu de leur union deux fils : Jacques Romain Marie Armand, né à Toulon le , † à Lyon le ; Charles René Auguste, baron du Manoir, capitaine au d'infanterie, né en 1823, mort au champ d'honneur à la bataille de Magenta, le , sans alliance. (in ) celui de vicomte héréditaire sous la seconde Restauration par lettres patentes du Titre de comte siv. archives-nationalesAnne Mézin, Les consuls de France au siècle des lumières (1715-1792), volume 1, Peter Lang, 1998, 974 pages,, , , titres reconnus par la commission des preuves de l'Association d'entraide de la noblesse française le .

Cette famille compte parmi ses membres des officiers au sein de la marine française : vice-amiral, contre-amiral, capitaine de vaisseau, capitaine de frégate, enseigne de vaisseau. L'un fut sénateur et ministre de la marinePierre Étienne René Marie Le Pelley, comte Du Manoir Le Pelley, entré dans la marine à 17 ans, élève de port (), sous-lieutenant de port (), enseigne de vaisseau (1791), lieutenant de vaisseau (), capitaine de vaisseau (), chef de division (), contre-amiral (), commandant de la ville de Dantzig (août 1811 - janvier 1814) ; il se signala à la bataille de Trafalgar, où il fut fait prisonnier, ainsi qu'à la prise de Dantzig, et avait été fait commandant de la Légion d'honneur à la création de l'Ordre en 1799.

Sous la Restauration, le roi Louis XVIII le fit chevalier, puis commandeur de Saint-Louis en 1820, et lui accorda le titre de comte héréditaire par lettres patentes du , portant règlement d'armoiries : coupé, au I : d'argent au vaisseau équipé d'azur; au II : parti : a) d'azur à la croix d'argent cantonnée aux 1 et 4 cantons d'une aigle éployée d'or; «aux 2 et 3, d'une étoile d'argent; b) d'or au dextrochère armé de sable, mouvant du flanc sénestre et tenant une épée du même. Né à Granville le , le contre-amiral comte du Manoir Le Pelley, mourut à Paris le , sans alliance. (in )Georges-René Le Pelley, sieur de Pléville, appelé M. de Pléville Le Pelley, lieutenant de frégate (), capitaine de brûlot (), capitaine de vaisseau (1779), membre de la Commission consultative de la marine et chef de division (1797), contre-amiral (), vice-amiral (), fut nommé Ministre de la marine et des colonies ( - ), et membre du Sénat conservateur le . Il avait été créé chevalier de Saint-Louis le et grand officier de la Légion d'honneur en 1804. M. de Pléville Le Pelley épousa à Marseille en , Marie Ursule Rambaud, † à Marseille le . Né à Granville le , il mourut à Paris le , ayant eu un fils et deux filles : N..., né en 1756, † en 1783. Marie Thérèse, mariée à Claude Luc Laugier, inspecteur général des Douanes, et mère de trois filles, dont les enfants furent autorisés par ordonnance royale du , à joindre à leur nom celui de « Pléville » N... Le Pelley, mariée en à N... de Viefville, lieutenant de vaisseau. (in ). Mais également des officiers dans les autres armes, entre autres Jacques Le Pelley. Des chevaliers de Saint-Louis, de la Légion d'honneur (un grand-croix et un commandeur à la fondation de l'Ordre).

Le nom de la famille évolue au cours des siècles pour se stabiliser en « Le Pelley Dumanoir ».

Filiation

Armes D'azur à la croix d'argent, cantonnée aux 1 et 4 d'une aigle éployée d'or et aux 2 et 3 d'une étoile d'argentArmes comte et vicomte siv.archives-nationales

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Liste des familles françaises anoblies et/ou titrées au XIXe siècle

Liens externes

Yves du Manoir, des mythes au mythe

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