, parfois nommée , est une chanson de 1947, composée par Bronisław Kaper avec des paroles de Ned Washington pour le film Le Pays du dauphin vert.
Ce morceau devient un standard de jazz après avoir été joué par Miles Davis.
À propos du morceau À sa sortie, le film Le Pays du dauphin vert connaît un grand succès, mais étonnamment, la chanson ne marque pas les esprits..
Plusieurs musiciens de jazz s'en emparent, comme le tromboniste Urbie Green qui joue le morceau sur un tempo de ballade. Les musiciens Barney Kessel, Ray Brown et Shelly Manne, tous trois vainqueurs du vote des lecteurs de DownBeat, en enregistrent une version sur tempo medium, avec un rythme latin, qui pose les bases des versions ultérieures.
Il faut attendre encore quelques années avant que le morceau soit considéré comme un standard de jazz, grâce à la version enregistrée par Miles Davis en 1958.
Analyse du morceau Paroles La morceau est plutôt difficile à chanter avec justesse, c'est pourquoi on entend surtout des versions instrumentales..
Les paroles évoquent un amour perdu. L'introduction parle d'un amour passé : . Le refrain évoque avec mélancolie les nuits où l'on tombe amoureux, au point de déclarer . L'image peut sembler malhabile, mais c'est certainement la meilleure façon qu'a eue le parolier Ned Washington de glisser le nom de la rue.
Musique Le morceau est construit sur une structure habituelle de l'époque, à savoir A – B1 – A – B2. La version originale est en Do Majeur, mais il est aussi souvent joué en Mib majeur.
C'est un morceau qui est plutôt abordable par les musiciens débutants, puisque la mélodie repose sur des notes tenues, et que les accords s'étalent souvent sur plus d'une mesure.
Les sections A reposent sur des arpèges descendants soulignant les accords. On trouve un mouvement chromatique dans l'harmonie : l'accord de tonique (Do majeur dans l'enregistrement d'origine) devient mineur, avant de passer à un II7 (Ré 7) puis IIb7 (Réb7) ; on peut concevoir ce dernier accord comme une substitution tritonique de V7 (Sol7), donnant une progression II-V-I classique. Une pédale de tonique est en général tenue pendant toute cette section..
La section B est basée sur un saut vers le grave suivi d'un mouvement diatonique ascendant. La grille harmonique est basée sur des II-V-I, d'abord une tierce mineure au-dessus de la tonique (Mib). Dans B2, c'est le mouvement de basse qui dessine l'harmonie : on début sur un accord IIm (Rém) avec une basse descendante qui, quand elle arrive sur le Si, transforme la triade de Ré mineur en Si mineur b5, qui débute un II-V-I en La mineur. La même chose est répétée à partie de La mineur, permettant d'arriver sur Mi mineur. Le morceau suit ensuite le cycle des quintes pour revenir à la tonique (III-VI-II-V-I).
Reprises Ce morceau a été repris par de très nombreux musiciens, dont : Urbie Green sur East Coast Jazz, Vol. 6 (1955). Ahmad Jamal sur Count 'Em 88 (1956) Barney Kessel, Ray Brown et Shelly Manne sur The Poll Winners (1957) Bill Evans sur son album On Green Dolphin Street (1959) Eric Dolphy sur Outward Bound (1960) Oscar Peterson et Milt Jackson sur Very Tall (1961) Mark Murphy sur Rah! (1961) Red Garland sur Bright and Breezy (1961) Nancy Wilson et George Shearing sur The Swingin's Mutual! (1961) Mel Tormé sur Comin' home baby (1962) Al Grey sur Snap Your Fingers (1962) Sonny Rollins sur Sonny Rollins On Impulse! (1965) Ella Fitzgerald sur 30 by Ella (1968) Joe Henderson sur Four (1968) Cass Elliot pendant le "Mike Douglas Show", 1970. Lee Konitz sur Satori (1975) Keith Jarrett sur (1995) Martial Solal sur Live at the Village Vanguard (2008) Biréli Lagrène et Sylvain Luc sur Summertime (2009)
Notes et références
Liens externes
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