est le deuxième album studio du groupe virtuel anglais Gorillaz, sorti le au Japon et le dans le reste du monde. Intégralement produit par Danger Mouse et distribué par Parlophone Records (la distribution américaine se fit chez Virgin Records), il comprend des contributions de De La Soul, Neneh Cherry, Martina Topley-Bird, Roots Manuva, MF Doom, Ike Turner, Bootie Brown, Shaun Ryder, Dennis Hopper, la London Community Gospel Choir et la San Fernando Valley Youth Chorus.

Dès sa sortie, l'album se classe au Royaume-Uni et aux États-Unis. De plus, le single Feel Good Inc. se classe (R.U.) et (États-Unis). Le second single, DARE, permet au groupe d'être , pour la première fois de leur carrière, au Royaume-Uni. Depuis, Demon Days a été certifié double disque de platine aux États-Unis et 5 fois platine au Royaume-Uni.

L'album s'est accompagné de 4 singles : Feel Good Inc., DARE, Dirty Harry et la double face A Kids with Guns/El Mañana. Comme pour Gorillaz, la sortie de l'album et les performances live autour sont accompagnées de diverses initiatives multimédia (tout cela combiné forme la Phase 2 de Gorillaz, nommée Slowboat To Hades) : clips, fausses interviews des personnages, fonctionnalités interactives sur le site du groupe, dessins préparatoires... La quasi-majorité des visuels ont été créés par Jamie Hewlett, co-créateur du groupe, et sa compagnie Zombie Flesh Eaters.

Vendu à 8 millions d'exemplaires à travers le monde, soit un million de plus que le premier album, l'album reçut des critiques unanimement positives : Spin l'a élu quatrième meilleur album de 2005, Mojo l'a classé huitième de sa liste de fin d'année et en a parlé comme d'un « éclateur de genres, une étape importante de la pop contemporaine ». Plusieurs magazines musicaux l'ont également placé dans leurs listes des meilleurs albums de la décennie, comme le NME, Uncut et Complex.

Création de l'album Conception Pendant que Jamie Hewlett travaillait avec son équipe sur un scénario pour un possible film Gorillaz, Damon Albarn était parti enregistrer le septième album studio de son groupe Blur, nommé Think Tank (la tournée ayant suivi a entraîné la création du double vinyle Democrazy, qui contient notamment I Need A Gun, démo du futur Dirty Harry). Il en profita également pour écrire et enregistrer des morceaux pouvant servir de B.O pour le film mais l'idée entière fut mise au placard, bien que certaines idées du scénario abandonné furent conservées, comme les thèmes des personnes guidées par l'ego et le monde piégé dans une nuit sans fin. Mais ce ne fut pas la principale source d'inspiration pour Demon Days : cette source est en fait le résultat d'un voyage en train de Pékin jusqu'à la Mongolie fait par Damon, sa femme et sa fille de 6 ans, qui ont voyagé pendant une journée dans ce que le musicien a décrit comme « une partie de la Chine bizarre, muette, oubliée. Basiquement, c'était des arbres morts, autant que l’œil puisse voir », décrit-il. « Boules de poussière, lâchant la Terre et retournant rapidement au désert. Il y a ces petites villes-satellites au milieu de ces semi-déserts qui sont absolument à genoux. Et cet endroit fait la taille de l'Europe. Et puis, tu te réveilles le matin avec ce cauchemar dans la tête et ce n'est que du ciel bleu et du beau sable, qui semble fantastique maintenant mais qui devait probablement être quelque chose d'autre il y a des millions d'années. Et cela va nous arriver à tous durant notre existence ».

Jamie Hewlett fut excité à l'idée d'un nouvel album de Gorillaz, disant « Répétons le même processus, mais faisons mieux. Parce que tout le monde pensait que c'était un gimmick. Si tu fais ça à nouveau, ce n'est plus un gimmick longtemps, et si ça marche, alors nous avons prouvé quelque chose. Et instantanément, tout le monde est excité ».

Enregistrement La principale différence avec Gorillaz est le changement de producteur. En effet, ce n'est plus Dan « The Automator » Nakamura mais Brian Burton, plus connu sous son surnom de Danger Mouse. Damon Albarn engagea Brian en se basant sur la force de The Grey Album, succès surprise de l'an 2004 où Mouse mixait des extraits du Black Album de Jay-Z et du White Album des Beatles. « Dan [The Automator] n'était pas occupé, le projet nécessitait juste une approche légèrement différente », explique Albarn. « Danger Mouse est, à mon avis, l'un des meilleurs jeunes producteurs au monde. Je pense que le dernier disque était trop simple. C'était un territoire vierge - hip-hop animé, reggae, stroke-rock, rock latin - il y a plus de complexité dans ce disque ». Pour Danger Mouse, fan de longue date de Blur (l'autre groupe d'Albarn), les sentiments d'admiration et de respect furent mutuels. « C'était une évidence quand il y avait un intérêt de la part de Damon », dit Burton au sujet de sa collaboration avec Albarn et Hewlett. « J'ai écouté des démos du nouveau disque, mais la plus grande part fut d'obtenir une chance d'être une part de quelque chose de si grand - tu n'as qu'à juste sauter dedans. J'ai vraiment eu une année qui monte et descend [en 2004], mais ce fut définitivement une grande montée lorsque j'ai eu la chance de [travailler avec Gorillaz] ».

« J'ai énormément appris en matière de travail sur le disque avec Damon », clama Danger Mouse. « [...] et c'était "coule ou nage". Tu n'as juste qu'à ramasser. À la fin de la journée, les personnes avec qui tu travailles - que ce soit le chœur, la section de violons ou le guitariste - sont spécialisées dans ce qu'elles font. Tout ce que tu as à faire est de comprendre la meilleure chose qu'elles créent et comment cela va s'accorder dans le contexte du projet entier. Cela revient à mettre ensemble [les parties d']une chanson dans un programme pour ordinateur. Tu regardes toutes les parties qui vont faire que cela sonne bien. C'est aussi être capable de communiquer. J'ai eu beaucoup de matériel validé avec Gorillaz - comme les trucs de Pelican City - où je travaillais avec les musiciens, donc cela ne m'était pas du tout étranger ». « Gorillaz fait de la dark pop, c'est ce qu'ils ont toujours cherché à atteindre », dit Albarn dans une interview donnée à MTV News. « L'album entier tente de raconter l'histoire de la nuit - de rester debout durant la nuit - mais c'est aussi une allégorie. C'est ce que nous vivons basiquement, le monde dans un état de nuit ».

Demon Days reprend et améliore ce que faisait déjà Gorillaz, à savoir les diverses collaborations avec des artistes venant de divers milieux musicaux. Sont donc présents le trio De La Soul, Bootie Brown (membre de The Pharcyde), les rappeurs MF Doom et Roots Manuva, Ike Turner (piano sur Every Planet We Reach Is Dead), l'icône mancunienne Shaun Ryder, Neneh Cherry, Martina Topley-Bird, la San Fernando Valley Youth Chorus (qui est, comme son nom l'indique, une chorale d'enfants), la London Community Gospel Choir ainsi que l'acteur-réalisateur Dennis Hopper qui, sur la chanson Fire Coming Out of the Monkey's Head, narre une fable traitant d'innocence, de cupidité et de châtiments liés à cette même cupidité, le tout sur un rythme reggae bizarre. Cette chanson contient des harmonies vocales éthérées, un hommage clair aux Beach Boys. Damon Albarn explique à ce sujet qu'il n'arrivait pas à faire bien sonner les parties de chant jusqu'à ce qu'il eut une révélation : « Si vous voyez les Beach Boys en photo, ils sourient tous, tentant désespérément de garder l'esprit Beach Boys tout entier en vie, alors que Brian Wilson est morne comme l'enfer. Donc j'ai eu 3 harmonies souriant vers mon visage. Et une qui est juste vraiment misérable, qui est Brian. Maintenant, ça a cette vibe ».

Kids with Guns fut inspiré par un garçon de la classe de la fille d'Albarn qui avait un jour ramené un couteau à l'école. « Un bon garçon », selon les dires de Damon, « qui avait juste décidé de prendre un couteau et de le montrer à ses amis au déjeuner. C'est un réel problème, mais je ne le traite pas [frontalement] comme un problème. C'est une part de la brutalisation d'une génération qui se passe en ce moment ». Au sujet de Fire Coming Out of the Monkey's Head, la chanson peut se lire comme une parabole claire de la guerre pour l'essence.

Au sujet du single iconique DARE et de sa collaboration avec Shaun Ryder, voici ce qu'explique Damon : « J'adore Shaun Ryder. Durant tout le truc d'Oasis, lui et Bernard Sumner (membre fondateur de Joy Division et New Order) étaient les deux seuls qui se souciaient de ce que je traversais. De se prendre constamment la pisse de Noel et Liam (Gallagher). Comment peux-tu combattre quand tu as les tabloïds et une attitude de classe ouvrière sur ton dos ? Tu es baisé. Mais Shaun fut vraiment très gentil avec moi et m'a fait me sentir bien mieux à propos de tout ça. Parce que je me suis vraiment énervé au sujet de ça, donc choisir le karma de Shaun en action ? Ouais, définitivement ». Originellement, la chanson se nommait It's There mais Ryder, à cause de son très fort accent mancunien, ne pouvait pas prononcer correctement la fameuse phrase, qui fut donc simplement transformée en DARE. Sur cette même chanson, c'est le personnage de Noodle qui chante la plupart des paroles.

Mais contrairement à Gorillaz, où ses parties de chant étaient "jouées" par Miho Hatori, sa voix a changé : ici, elle est doublée par Rosie Wilson, aussi surnommée Roses Gabor. Des chœurs discrets ont été fournis par Albarn mais comme sa voix et celle de Wilson ont été mélangées, la voix de Damon est très basse et on ne l'entend presque pas. Les parties de chant complètes d'Albarn peuvent être entendues dans le remix de la chanson fait par le duo DFA, qui sert de morceau d'ouverture au second disque de l'album D-Sides. Cet album contient également, dans son premier disque, une démo nommée People. Elle contient le même son de batterie électronique servant de fond musical mais sans la majorité des effets et des parties de claviers présentes sur le morceau final. Toujours au contraire de DARE, People est entièrement chantée par Damon Albarn, a des paroles différentes et comprend une rupture d'Omnichord.

Le rappeur Roots Manuva et la chanteuse Martina Topley-Bird apparaissent sur All Alone (dont l'instrumental a été enregistré en partie en Afrique) et ont même enregistré pour l'album une autre chanson, intitulée Snakes and Ladders ("Serpents et Échelles"). Cette chanson ne sortira jamais dans aucun album de Gorillaz (elle fait partie aujourd'hui des raretés du groupe) mais Topley-Bird la samplera pour Soldier Boy, face B de son single de 2008 Poison, qui comprend une collaboration de Roots Manuva et Gorillaz à la production. L'enregistrement de la chanson peut aussi être vu et entendu en partie dans le documentaire Bananaz.

Style musical & thèmes Selon Sputnik Music, le style de l'album est « une grande incursion dans la fusion de hip-hop dans les musiques pop et rock ». Pour Odyssey, Demon Days est « de la dark pop apocalyptique à son niveau le plus fin, le plus étrange et le plus topique ». Mike Schiller, critique à PopMatters, écrit que l'album « [fournit] à ses auditeurs non pas un arc narratif, mais un "arc musical", débutant lentement, et honnêtement, [de façon] pas tout à fait étrange, décrivant les premières chansons comme [sonnant] un peu comme la version "Casio-isée" d'un album de trip-hop du milieu des années 1990 ». Il parle aussi de la chanson Last Living Souls comme de la « pop au piano McCartney-esque ».

L'album brasse une grande quantité de thèmes, certaines paroles (Last Living Souls, O Green World, Every Planet We Reach Is Dead) sont parfois très introspectives (Damon Albarn se questionne sur sa vie et sur l'état du monde) mais 4 en tout prédominent :