Pierre Decroo, né le à Bergues et mort en service aérien commandé le à Marolles-en-Hurepoix., est un aviateur français, pilote de chasse de la France libre et pilote d'essai.
Biographie
Entre-deux-guerres Passionné d'aviation, Pierre Decroo s'inscrit à l'École d'Orly, dirigée par Guy Bart, et obtient son brevet de pilote à 18 ans, en 1930. L'année suivante il participe au Tour de France aérien des avions de tourisme sur un Farman F.200, et remporte l'épreuve dans sa catégorie. Il entre dans l'armée en 1934, sort premier de sa promotion d'élève pilote et gagne un concours d'acrobaties. Il est affecté comme observateur à la base aérienne de Nancy.
En 1935, avec Jacques Vandroy, il s'embarque sur un petit biplan Morane-Saulnier MS 60 Moth équipé d'un moteur de pour un raid de qui le conduit au Soudan. Puis il devient moniteur à Ambérieu-en-Bugey à l'école Caudron et chef pilote à Cognac, dont le président est Maurice Hennessy, propriétaire d'un Percival Gull que Decroo aura à plusieurs reprises la possibilité de piloter à travers l'Europe pour y effectuer de nombreux voyages et rallyes.
Seconde Guerre mondiale À l'entrée en guerre de la France, en 1939, il devient moniteur d'acrobatie aérienne à l'École de l'air et entre peu de temps après comme pilote d'essai à l'Arsenal de l'aéronautique, pour être le second de Modeste Vonner.
Passé en zone libre, il pratique le vol à voile et devient chef de centre adjoint à Saint-Auban-sur-Durance et recordman de France de durée et d'altitude en planeur biplace avec son complice Henri Foucaud en octobre 1942, avec en l'air, contre précédemment et une altitude de contre les de l'ancien recordSTALIN'S FALCONS - Thomas Polak with Christopher Shores. Grub Street Éditions. Aviateurs de la Liberté - Mémorial des Forces Aériennes Libres par le Colonel Henry Lafont Normandie-Niemen - Éditions Heimdal par Christian-Jacques Ehrengardt. Ceux du Normandie-Niemen d'Yves Donjon - Éditions Astoure. selon J. NoetingerJ. Noetinger, op.cit.
Il quitte la France en , traversant les Pyrénées et l'Espagne. Épuise, malade, il est recueilli à Séville par des Anglais après de marche. Après l'avoir soigné, ils l'emmènent à Lisbonne d'où il gagne l'Angleterre à bord d'un hydravion. Ses pieds le faisant terriblement souffrir, il sera soigné pendant deux mois, avant d'intégrer le groupe de chasse 2/2 « Berry » des Forces aériennes françaises libres (Squadron 345 pour la Royal Air Force), commandé par Jean Accart. Decroo prend le pseudonyme de « Peter ». Il vole sur Spitfire. Il participe à de nombreuses missions de chasse et d'attaque au sol. Au cours de l'une d'elles, il coule à la bombe un navire de et rentre à sa base criblé de balles, les ailerons déchiquetés par l'éclatement des boites de cartouches, et se pose sur le ventre.
Le , commandant de Wing, il est opérationnel à 3h15 le jour du débarquement de Normandie, et exécutera quatre missions dans la journée. En , avec ses de vol, il est nommé lieutenant et commandant d'une escadrille basée à Anvers.
Le , commandant une escadrille dans l'attaque de camions convoyant des munitions, il subit l'effet des déflagrations et son avion prend feu. Il réussira à se poser sans trop de dommages. Il est démobilisé de la RAF en .
Après guerre Après la guerre, il entre au Centre d'essais en vol (CEV) de Marignane après avoir obtenu la licence de pilote d'essais n° 102. En , il casse une roue d'un Focke-Wulf Fw 190 lors d'un atterrissage et sort indemne de l'avion tournoyant sur la piste.
Il réintègre l'Arsenal de l'aéronautique en 1946. Il est chargé l'année suivante des essais et du premier vol le du monoplace A-O-101, et trois mois plus tard du bimoteur Arsenal VB-10. Le , il décolle de Villacoublay, pour un vol d'essais, mais à la verticale d'Antony la rupture du régulateur d'une des hélices entraîna un passage au petit-pas de l'hélice, provoquant un surrégime d'un moteur et la rupture d'embiellage avec une fuite d'huile, qui déclencha un incendie qui se propagea jusqu'à la cabine. Ne voulant pas que son avion s'écrase sur la ville, il ne saute pas de suite en parachute et mène son appareil le plus loin possible avant de sauter au tout dernier moment, à du sol. Il se fait une double fracture du crâne et il se fracture également les jambes. Souffrant de nombreuses brûlures, il va lutter plusieurs semaines contre la mort et recevra la croix d'officier de la Légion d'honneur à titre militaire pour ses actions passées, décoration remise pour cet acte héroïque dans l'urgence, vu son état critique, sur son lit d'hôpital, par le ministre de l'Air André Maroselli.
Un an après, il reprend le manche et, en 1950, participe aux essais de l'avion de chasse à réaction Arsenal VG 90-01 destiné à l'Aéronavale, à la suite de l'accident de Modeste Vonner au mois de . Il meurt le 25 mai 1950 en effectuant un vol de routine à basse altitude à bord du VG-90-01, lorsque son train d'atterrissage sort brusquement à une vitesse trop élevée, arrachant les trappes qui viennent percuter l’empennage. L'appareil s'écrase dans le parc du château de Marolles sur la commune de Marolles-en-Hurepoix où s'élève aujourd'hui une stèle commémorative. Pierre Decroo aura le droit à des funérailles nationales. Les recherches se poursuivront sur l'Arsenal VG 90-02 avec un nouveau pilote, Claude Dellys, qui connaîtra la même fin tragique deux ans plus tard.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().
En moins de vingt ans, Pierre Decroo a piloté différents, dont le Potez 58, et compte de vol. C'était, selon son entourage, un homme d'une grande simplicité, équilibré, d'un grand sang froid avec le sens de l'humour et bien modeste lorsqu'il parlait de sa carrièreJacques Noetinger, Rigueur et audace aux essais en vol..
Postes, grades 1939-1940 : Pilote d'essais à l'Arsenal de l'aéronautique Sous-Lieutenant 1943-1945 : Pilote de chasse de la RAF et des Forces aériennes françaises libres : Lieutenant et commandant d'une escadrille, vole pendant la guerre sur Spitfire et Typhoon -1946 : Pilote d'essais (brevet de 1945), au centre d'essais en vol de Marignane et de Brétigny 1945 : Capitaine 1946 : Pilote d'essais à l'Arsenal de l'aéronautique 1947 : Pilote d'essais chargé des essais du bimoteur à hélice contrarotative Arsenal VB-10
Ses programmes d'essais 1940 - Arsenal VG 33 1945 - Gros hydravions hexamoteurs, Latécoère 631 et SNCASE SE.200 1947 - du monoplace expérimental A-0-101 le 1948 - du Arsenal VB-10 1950 - Arsenal VG 90
Hommages Funérailles nationales Une plaque au beffroi de la ville de Bergues Son nom fut donné à une rue de la ville de Bergues
Distinctions Officier de la Légion d'honneur (1948) à titre militaire, remise sur son lit d'hôpital pour avoir emmené son avion en feu le plus loin de la ville d'Antony et être entre la vie et la mort. 100px Croix de guerre 1939-1945 100px Médaille de l'Aéronautique 100x30px Distinguished Flying Cross (Royaume-Uni) 100px Air Medal américaine
Liens externes Stèle à la mémoire de Pierre Decroo dans la parc du château de Marolles-en-Hurepoix GC 2/2 Berry Sqn 345, commandant de groupe, aérodromes victoires et pertes Berry Squadron RAF tableaux chronologiques Le personnel du squadron 345 II/2 Berry
Bibliographie Jacques Nœtinger, de l'Académie nationale de l'Air et de l'Espace Rigueur et audace aux essais en vol, éd. Nouvelles Éditions Latines, et suivantes. Jacques Noetinger, « Pierre Decroo, héroïque pilote d'essais », dans Air & Cosmos, l'Aviation Française des Hommes et des Ailes, du . Jean Cuny, Les avions de combat français 1944-1960, Éd. Larivière, Coll. Docavia , t.I. .
Notes et références
Catégorie:Aviateur français Catégorie:Résistant français Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1948 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Récipiendaire de la Distinguished Flying Cross (Royaume-Uni) Catégorie:Récipiendaire de l'Air Medal Catégorie:Naissance en décembre 1913 Catégorie:Décès en mai 1950 Catégorie:Décès à 36 ans Catégorie:Mort dans un accident aérien Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 97) Catégorie:Naissance à Bergues Catégorie:Décès en Seine-et-Oise