Arte (prononcé ; stylisé en bas de casse), acronyme d’Association relative à la télévision européenne, est une chaîne franco-allemande de service public et à vocation européenne, créée le et basée à Strasbourg, succédant à la chaîne culturelle européenne La Sept créée en 1987. Diffusant ses programmes depuis le et composée à parité de deux pôles , la chaîne culturelle forme un groupement européen d'intérêt économique (GEIE) et pour ce motif, le groupement est parfois dénommé « Arte GEIE ». Arte est déclinée en fonction des territoires, par une programmation spécifique, notamment à destination des germanophones et d'autres pays européens.

La chaîne est retransmise sur la TNT, le câble, le satellite, la télévision par xDSL et Internet. Les programmes d'Arte sont disponibles gratuitement dans un délai imparti variable entre six mois et sans restriction de disponibilité sur le site web et l'application ARTE destinée aux smartphone, tablette, la télévision connectée ainsi que par le réseau YouTube.

Arte propose en parallèle, un service de replay consacré aux spectacles vivants Arte Concert, sa webradio Arte Radio et des médias éducatifs Arte Éducation, en partenariat avec des organismes publics ou privés. Depuis 2015, en complément du français et de l'allemand, certains programmes en ligne sont sous-titrés en d'autres langues : anglais (2015), espagnol (2015), polonais (2016), italien (2018) et roumain (2025)..

Historique de la chaîne Projet de chaîne culturelle franco-allemande (1986-1990) La Sept Dans les années 1980, le paysage audiovisuel français est en plein bouleversement avec l'apparition d'opérateurs privés (Canal+, La Cinq, TV6 et TF1). François Mitterrand, alors président de la République, a l'idée d'une chaîne culturelle et éducative à vocation européenne dès 1984.. Le projet donne naissance le à la chaîne La Sept (Société d'édition de programmes de télévision), détenue à 45 % par FR3, à 25 % par l'État, à 15 % par Radio France et à 15 % par l'Institut national de l'audiovisuel.

Projet franco-allemand En , lors du à Francfort-sur-le-Main, le président français François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl parlent de renforcer le poids politique de l'Europe par la communication audiovisuelle. Un an et demi plus tard, le , un groupe de travail sur une chaîne culturelle franco-allemande est mis en place en Allemagne. Il est composé de Lothar Späth, ministre-président du Bade-Wurtemberg, de Bernhard Vogel, ministre-président de Rhénanie-Palatinat et de Klaus von Dohnanyi, premier bourgmestre de Hambourg. Le , lors d'un sommet franco-allemand à Bonn, Mitterrand et Kohl s'accordent sur « une chaîne culturelle franco-allemande, noyau d'une future télévision culturelle européenne ». Un groupe de travail est mis en place et les négociations débutent en 1989.. Le , une rencontre a lieu sur le sujet entre Lothar Späth, ministre plénipotentiaire chargé des relations culturelles avec la France, Jack Lang, ministre de la Culture et Catherine Tasca, ministre déléguée chargée de la Communication.

Le projet doit cependant surmonter une première difficulté : si en France l'audiovisuel est du ressort de l'État, en Allemagne de l'Ouest il est du ressort des onze länder avec qui il va falloir négocier. En Allemagne, il est prévu que la nouvelle chaîne s'appuie sur les groupes publics ARD et ZDF et en France, sur la jeune chaîne La Sept. Mais les Allemands hésitent à financer à parité la chaîne, car ils prévoient une diffusion sur 80 % de leur territoire via le câble tandis que La Sept ne touche qu'une petite partie de la population française via le satellite TDF 1. Pour rééquilibrer, Jérôme Clément, patron de La Sept, obtient que FR3 reprenne une partie des programmes le samedi après-midi.

Le , un traité interétatique est signé à Berlin établissant les fondements de la Chaîne culturelle européenne (CCE). Le traité est signé dans l'urgence, la veille de la réunification allemande, pour éviter de perdre du temps à convaincre les cinq länder d'Allemagne de l'Est.

Naissance d'Arte (1991-1992) Le , Arte, pour Association relative à la télévision européenne, est créée sous la forme d'un groupement européen d'intérêt économique (GEIE). Le siège central se trouve à Strasbourg et le groupement est composé de deux structures paritaires : La Sept en France (existant depuis le ) et Arte Deutschland TV en Allemagne (créé le à parité par ARD et ZDF). Jérôme Clément et Dietrich Schwarzkopf sont nommés respectivement président et vice-président du comité de gérance.

En , La Sept crée La Sept Cinéma, une société de production cinématographique. Le , la première conférence des programmes d'Arte a lieu à Strasbourg afin de lancer les premières productions..

Le , la diffusion d'Arte débute lors d'une soirée spéciale en direct de l'Opéra de Strasbourg animée par l'actrice néerlandaise Maruschka Detmers. De nombreux artistes sont présents tels que Gérard Depardieu, Hanna Schygulla, Mstislav Rostropovitch, Yves Lecoq, Karine Saporta et Manu Dibango..

Les salariés de la chaîne sont d'abord hébergés au sein de France 3 Alsace, avant de déménager rue de la Fonderie à Strasbourg..

La chaîne est diffusée en simultané dans les deux pays sur les satellites TDF 1/2 et DFS1-Kopernikus et sur le câble. Elle est visible par et d'Allemands.

Arte sur le cinquième réseau Le , Hervé Bourges, alors président d'Antenne 2 et FR3 fait part de son hostilité à l'arrivée d'Arte sur le cinquième réseau, jusqu'alors attribué à La Cinq qui vient de faire faillite..

Le , le secrétaire d'État Jean-Noël Jeanneney annonce que le gouvernement use de son droit de préemption sur le cinquième réseau pour le réserver à Arte. à partir de 19 heures pour , précisant que :

Divers députés de droite et du centre manifestent leur opposition :

Bernard Pivot exprime son opposition à l'arrivée d'Arte à la place de La Cinq :

La Fédération de l'audiovisuel du Syndicat national des journalistes dénonce un :

Le , Jean-Noël Jeanneney annonce que 160 millions de francs supplémentaires sont octroyés à Arte en 1992, (en plus du coût initial d'1,2 milliard partagé à égalité entre la France et l'Allemagne).. Le surcoût de la diffusion hertzienne ne devant pas excéder 400 millions de francs en 1993., ajoutant que la chaîne ne serait :

Les demandes d'annulation de l'attribution du cinquième réseau à Arte pour excès de pouvoir, formulées par l'Association de défense de la Cinq, AB Productions et Hamster Productions déposées les , ., et Les requêtes de l'association de défense de la Cinq et des sociétés AB Productions et Hamster Productions sont rejetées. sont rejetées par le Conseil d'État.

Années 1990 Le , la chaîne étend sa visibilité en France en récupérant le cinquième réseau hertzien terrestre français. Mais à partir du , elle doit partager ce canal avec la nouvelle chaîne La Cinquième créée plus tôt dans l'année. La Cinquième est diffusée de 6 h 45 à et Arte de à ...

La chaîne franco-allemande se met à nouer des partenariats avec d'autres chaînes européennes. Le , la RTBF (Belgique) devient membre associé du GEIE. Arte passe également des accords de coopération avec la SSR (Suisse) le , la TVE (Espagne) le , la TVP (Pologne) en .

Le , La Sept devient La Sept-Arte.. En , Arte sort le premier numéro de son mensuel allemand . En mai de la même année, La Sept-Arte crée Arte Éditions, rebaptisé Arte Boutique le site donne accès à un ensemble de livres, DVD et VOD dérivé du programme d'Arte. Le , les chaînes régionales publiques allemandes MDR et rejoignent Arte Deutschland TV..

En 1996, la chaîne connaît de nombreuses évolutions. Elle passe un accord de coproduction cinématographique avec l'ARD et la ZDF. En février, elle diffuse son premier film en audiodescription et le mois suivant, son premier programme en 16/9. En octobre, elle lance son site web. Le , les cinq États fédérés de l'ancienne Allemagne de l'Est adhèrent au traité interétatique du .

En 1998, Arte diffuse à partir de sur le câble et le satellite. La chaîne passe des accords de coopération avec l'ORF (Autriche) le , la Rai (Italie) le et l'Yle (Finlande) le . En , La Sept-Arte/La Cinquième devient actionnaire de TV5 Monde.

Les statuts d'Arte prévoient une alternance franco-allemande de la présidence. En 1999, Arte passe sous présidence allemande avec .

Années 2000 En , La Sept-Arte devient Arte France.

En , la grille des programmes évolue en journée et en soirée et change d'habillage antenne. Pendant ce temps, l'accord de coopération entre Arte et la TVP (Pologne) évolue en un accord d'association, tout comme avec l'ORF (Autriche) en mars de la même année. En juin, Arte France devient actionnaire à 15 % de la chaîne canadienne francophone ARTV. En octobre, Arte passe un accord de coproduction avec la BBC (Royaume-Uni).

En , la diffusion de la chaîne s'étend à vingt pays africains francophones. En juin, Arte passe un accord de coproduction avec SVT (Suède). En septembre, Arte France lance Arte Radio, une webradio à la demande proposant des reportages et documentaires. En novembre, Arte est diffusée sur le réseau numérique terrestre allemand.

Le , Arte inaugure son nouveau siège à Strasbourg, plus près des institutions européennes. Son bâtiment de verre situé au bord de l'Ill a été conçu par une équipe d'architectes franco-allemands, Hans Struhk et Paul Maechel..

En 2003, Jérôme Clément est nommé président du comité de gérance d'Arte. En 2007, la chaîne passe sous présidence allemande avec Gottfried Langenstein.

Jusqu'au , Arte partage le canal avec France 5 mais avec l'arrivée de la TNT française, France 5 est sur le canal et Arte est sur le canal . Arte est diffusée sur la TNT française et devient donc visible /24.

En , Arte et la RTBF lancent la chaîne Arte Belgique. La chaîne est diffusée sur l'ADSL français à partir d' et sur celui allemand à partir de 2007.

En , elle lance son service de télévision de rattrapage ; il s'agit de la première chaîne à le faire. Arte passe à la haute définition sur le satellite Astra en , puis sur la TNT française en octobre de la même année.

En , Arte passe un accord de coopération avec ERT (Grèce). En mai, elle lance , une plateforme consacrée au spectacle vivant (rebaptisée Arte Concert en 2014).

Années 2010 En , Arte est disponible dans trois départements français d'outre-mer : la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. En novembre, est accessible sur les smartphones, la télévision connectée et les plateformes vidéos. En , , une plateforme participative consacrée à la culture contemporaine et à l'art numérique, est lancée. La même année, Arte passe sous présidence française pour la période 2011-2014 avec Véronique Cayla. En , Arte est disponible en direct et en différé sur internet, smartphones, tablettes et télévision connectée.

En , , une plateforme consacrée aux problématiques environnementales, scientifiques et économiques, est lancée. En , la chaîne passe un accord de coopération avec Česká televize (République tchèque) et en , un accord d'association avec RTS (Suisse). La même année, elle co-produit et sort son premier jeu vidéo Type:Rider sur téléphones mobiles.

En , le portail consacré au , , est mis en ligne. En novembre, est lancé , un hebdomadaire pour tablettes consacré à l'actualité culturelle. Le , Arte France sort du capital de la chaîne canadienne francophone ICI ARTV au profit de Radio Canada.. En 2016, la chaîne signe un accord d'association avec RTE (Irlande) et RAI Com (Italie).

Arte devient multilingue en lançant des nouvelles versions linguistiques aux côtés du français et de l'allemand : Arte in English (anglais), Arte en español (espagnol) en , ainsi qu'Arte po polsku (polonais) en et Arte in italiano (italien) en . Cette offre en ligne propose des sous-titres en 6 langues pour les programmes de la chaîne. Le projet est financé à hauteur de d'euros par la Commission européenne afin de toucher plus d'Européens dans leur langue maternelle..