vignette|Sépulture de Fernand Pelloutier au cimetière des Bruyères à Sèvres (92). Fernand Léonce Émile Pelloutier (), est un militant syndicaliste révolutionnaire socialiste et libertaire français. ..
Secrétaire général, en 1895, de la Fédération des Bourses du travail, il est une des grandes figures du syndicalisme et de l'anarchisme français au .
Biographie Fernand Pelloutier est le fils de Saint-Ange Adrien Léonce Pelloutier, commis principal des Postes et Télégraphes, et de Marie Amélie Couillaud. Petit-fils de Léonce Pelloutier, il est le frère de Maurice Pelloutier.
En avril 1883, Eugène Couronné fonde le journal républicain, radical et anticlérical La Démocratie de l'Ouest dans lequel Pelloutier, âgé de 16 ans et encore au collège, signe ses premiers articles dès les premiers numéros sous le pseudonyme de Brutus. Par la suite, il se rend avec son frère Maurice au Café de France de Guillaume Briand dont son fils, Aristide Briand, en a fait une sorte de quartier général de la gauche nazairienneBernard Oudin. La paix une idée neuve en Europe. Paris : Éditions Robert Laffont 1987.
Esprit rebelle dans une famille de tradition monarchiste, Fernand Pelloutier arrête ses études après un échec au baccalauréat et devient journaliste en 1886.
D'abord attiré par les idées républicaines, il rallie ensuite le socialisme et adhère, en 1892, au Parti ouvrier de Jules Guesde. Il écrit, avec Aristide Briand, une brochure intitulée De la révolution par la grève générale. Il est ensuite séduit par les idées anarchistes.
Élu secrétaire de la Fédération des bourses du travail en 1895, Pelloutier critique la stratégie terroriste de Ravachol et préfère développer les bourses du travail. Sous sa direction, leur nombre progresse fortement, passant de 33 en 1894, à 81 en 1901. Par leur vocation et leur fonction, ces lieux apparaissent aux yeux des exploités plus efficaces et plus pragmatiques que les simples syndicats de métier. Pour Pelloutier, les bourses du travail sont l'expression du syndicalisme intégral. Pensées comme des organisations de solidarité, elles sont dotées de divers services de mutualité : bureaux de placement, caisses de solidarité, caisses de maladie, de chômage, de décès… Il publie le 20 octobre 1895 un article-manifeste dans lequel il se déclare en faveur de la création d'un État transitoire, dans la mesure où il pense que le communisme libertaire n'est pas prêt d'arriverGeorges Lefranc. Le syndicalisme en France. Presses Universitaires de France, 9e édition 1975.
On trouve aussi dans ces bourses de travail des bibliothèques destinées à permettre aux travailleurs de mieux comprendre leur situation par les lectures d'Adam Smith, Proudhon, Marx, Kropotkine, Zola, Bakounine… Pelloutier y organise également des cours du soir.
Il s'attachera autant à développer les bourses qu'à maintenir leur autonomie dans le cadre de la CGT.
Adepte de l'autonomie ouvrière, il remit à l'ordre du jour les enseignements de Proudhon et de Bakounine, et est reconnu à ce titre comme un actualisateur de la pensée anarchiste. Après avoir eu toute sa vie des problèmes de santé, Pelloutier meurt prématurément et dans le dénuement en 1901. Sa tombe se trouve au cimetière des Bruyères (Sèvres).
Pelloutier et la grève générale Méthode de lutte, la grève générale expropriatrice est pour Fernand Pelloutier « un mouvement, sinon violent, du moins actif, tendant à annihiler la résistance du capitalisme et de ses moyens de coercition : pour cela, il évitera de prendre la forme d'une insurrection, trop facilement réductible militairement, ou d'une épreuve de force financière qui verrait nécessairement la défaite du prolétariat. Elle ne débouchera pas sur un pouvoir socialiste, mais sur une société de type absolument nouveau, reposant sur la libre association de producteurs. C'est que la grève générale devant être une révolution de partout et de nulle part, la prise de possession des instruments de production devant s'y opérer par quartier, par rue, par maison, pour ainsi dire, plus de constitution possible d'un « gouvernement insurrectionnel » d'une « dictature prolétarienne », plus de « foyer » à l'émeute, plus de « centre » à la résistance ; l'association libre de chaque groupe de boulangers dans chaque boulangerie ; de chaque groupe de serruriers dans chaque atelier de serrurerie ; en un mot, la production libre »TY - MANSCPT|nom1= Clair|prénom1= Charles (1835-1899). Auteur du texte|langue=frRP - |éditeur=V. Palmé (Paris)|année=1878|titre=Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de Jésus, par le P. Charles Clair,..|LK - https://worldcat.org/title/1176886840|url=http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6457085t.Jacques Julliard, Fernand Pelloutier, Le Mouvement social, Institut français d'histoire sociale, Éditions ouvrières, 1971-04, ..
Hommage Depuis 1932 la rue Fernand Pelloutier lui rend hommage à Paris 17.
D'autres voies et places portent son nom dans les villes d'Albi, Alès, Puteaux, Boulogne-Billancourt, Clichy, Villejuif, Choisy-le-Roi, Creil, Grenoble, Nîmes, Quimper, Toulon, Toulouse, Tours et Nantes ainsi qu'une petite ville du Nord, Hasnon.
Bibliographie Œuvres Pelloutier Fernand et Pelloutier Maurice, 1900, La vie ouvrière en France, Paris : Schleicher frères, 344 p. Fernand Pelloutier, Histoire des bourses du travail : origine, institutions, avenir, 1921, (ouvrage posthume), Paris, Alfred Costes Éditeur, ; Réédition Phénix éditions, coll. bibliothèque libertaire & anarchiste, 2001, 340 p. . Pelloutier Fernand, 1921, Les syndicats en France, Paris : éd. de la Librairie du Travail ; Nancy : impr. ouvrière de la région de l'est, 30 p. Pelloutier Fernand, L'art et la révolte (conférence faite le ) ; Choix d'articles à thème littéraire ; Le musée du travail, éd. établie et annotée par Jean-Pierre Lecercle, Paris : Place d'armes, impr. 2002 , 112 P.
Filmographie Fernand Pelloutier et les bourses du travail, documentaire de Patrice Spadoni, 59min, 2002
Études 1967 : — Contient en appendice : Lettre aux anarchistes, , par Fernand Pelloutier. 1970 : F.F. Ridley, Revolutionary Syndicalism in France, Cambridge 1971 : Jacques Julliard, Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Paris 1971 : Peter Stearns, , New Brunswick 1985 : Peter Schöttler, Naissance des bourses du travail. Un appareil idéologique d'État à la fin du , Paris 1987 : Barbara Mitchell, , New York Robert Graham, Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas, From Anarchy to Anarchism (300 CE to 1939), volume I, Black Rose Books, 2005, .
Articles Jacques Julliard, Proudhon, Pelloutier, Ravachol... Le fond de l'air est libertaire, Le Nouvel Observateur, , , .
Radio Jean Lebrun, Philippe Pelletier, Les anarchistes : le moment terroriste, et après ?, France Inter, , .
Notices . . . .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Bourse du travail Fédération des Bourses du travail Anarcho-syndicalisme Syndicalisme révolutionnaire Socialisme libertaire Organisation collective
Liens externes
Texte de la Lettre aux anarchistes (F. Pelloutier) « Pelloutier dans le Maitron », biographie dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de Jean Maitron Texte de Histoire des bourses du travail, ouvrage posthume de F. Pelloutier (1901), sur le site Gallica de la BNF Vidéo de l'Institut d'histoire sociale CGT sur l'évolution des structures de la CGT au cours de l'histoire
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