François-Bernardin Noblat, né le à Belfort, mort le à Sevenans, seigneur de Sévenans, de Morvillars et d'autres lieux, est un avocat français, commissaire des guerres, subdélégué de l'intendance d'Alsace, bailli et prévôt royal de Belfort, conseiller du roi au Conseil souverain d'Alsace.

Il est chargé par le roi Louis XV d'établir les frontières françaises au niveau du Rhin avec les états allemands, et avec la Suisse ; il détermine ainsi la « limite Noblat », nouvelle frontière sur le Rhin.

Biographie François-Bernardin Noblat naît le à Belfort. Son père, Jean-Pierre Noblat (1682-1755), juriste issu d'une lignée noble de magistrats et officiers, est nommé responsable des négociations et des échanges à régler avec les autres états, pour établir les limites et frontières françaises au niveau des provinces d'Alsace et de Franche-Comté... Sa mère est Marie-Catherine Munck ou de Munck (1687-1767), fille de Bernardin Munck, receveur général de la principauté-évêché de Bâle, et de Françoise BennotBorel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France , 1868.. Les armoiries des Noblat sont .

thumb|upright=1.3|Sa demeure, la « maison Noblat », où il reçoit le dauphin, est devenue l'hôtel de ville de Belfort. thumb|upright=1.3|alt=gravure en noir et blanc d'une assemblée de magistrats et nobles, assis en quadrilatère|Le Conseil souverain d'Alsace, dont il fait partie. Reçu avocat, François-Bernardin Noblat devient commissaire des guerres ; il est rapidement associé aux affaires de son père Jean-Pierre Noblat..

Administre Belfort et la région François-Bernardin Noblat achète à son oncle François Noblat en 1737 l'office de de Belfort et celui de bailli de la même ville. En tant que prévôt royal de la ville, il reçoit chez lui en 1747 le dauphin Louis et la dauphine Marie-Thérèse d'Espagne et organise les fêtes en leur honneur.. En même temps qu'il est prévôt et bailli, il seconde son oncle à la tête de la subdélégation de l'intendance d'Alsace pour Belfort et sa région..

C'est à ce titre que François-Bernardin établit en 1751 un document statistique sur l'économie régionale ; il l'intitule « État et dénombrement de la subdélégation de Belfort », et le date du . Ce document est une mine d'informations sur l'économie et la société des bailliages ruraux, comme sur les villes d'Altkirch, Belfort et Huningue. Pour chacune des 269 communautés rurales et urbaines, Noblat indique le nombre de familles, le nombre de têtes de bétail et de chevaux, la superficie des terroirs, les types de culture et d'exploitation, l'élevage, les bois, les diverses activités économiques, les mines de fer, d'argent, de cuivre, de plomb, la fiscalité en impôt et en corvées.. En plus d'un état des lieux, il émet aussi des préconisations ; certaines ne sont pas tendres, notamment à l'égard des Juifs éleveurs de bétail..

Peu après ce rapport, il succède à son oncle comme subdélégué de 1752 à 1770.. Issu d'une famille de noblesse de robe, il est particulièrement représentatif des titulaires de ce type de charge.. Il est en outre nommé prévôt des mines par le duc de MazarinLéon Benoit, « La justice des mines du comté du Rosemont », in Bulletin de la Société d’émulation belfortaine, , 1914.. Il est membre du Conseil souverain d'Alsace. Ses laquais portent une livrée avec ..

Détermine la frontière du Rhin Les frontières Est de la France posent à cette époque des problèmes juridiques. Le Rhin est fluctuant ; des alluvions se déposant sur les rives le long d'une propriété délimitée se retrouvent parfois propriété de l'État situé de l'autre côté du fleuve ; le talweg non plus n'est pas fixePaul Huot, Des Vosges au Rhin, Berger-Levrault, 1866, ..

Noblat est nommé par Louis XV pour déterminer les limites du royaume à la frontière du Rhin. Avec le titre de « commissaire aux limites », il dirige la commission chargée d'établir la frontière sur le Rhin avec les États allemands.

La frontière ainsi déterminée porte son nom : la « limite Noblat » ; mais ses travaux d'établissement sont complexes et ne sont pas terminés en 1790. Ils reprennent en 1817 ; la « limite Noblat » ou « ligne Noblat » est alors difficile à reconstituer, plusieurs « bornes Noblat » ont disparu ; ces travaux aboutiront plus tard, en 1840, sur des bases plus simples. La « ligne Noblat » a été abolie par le traité de Lunéville en 1801, mais le traité de 1840 invoque encore cette « ligne Noblat » comme preuve de possession dans plusieurs casRevue étrangère et française de législation, de jurisprudence et d'économie politique, volume 10, 1843, ..

Possessions, retraite

En récompense de ses services, il reçoit la croix de chevalier de Saint-Louis.

Déjà seigneur de Morvillars, il crée la seigneurie de Sevenans à la suite d'un échange en 1768Site des archives départementales, page sur la seigneurie de Sevenans. avec la duchesse de Mazarin. Il fait construire un château sur sa nouvelle seigneurie Journal de la communauté de l'agglomération belfortaine , automne 2009, page 15..

En 1770, Noblat quitte toutes ses fonctions, charges et offices. Il se retire dans son nouveau château de Sevenans..

Sous la Révolution française, il est l'un des vingt plus anciens commissaires des guerres ; sa pension de ne suffisant pas, il bénéficie de secours de l'État pour Collection genérale des décrets rendus par l'Assemblée Nationale, 2 juillet 1791, ..

Décès, postérité Il meurt dans son château de Sevenans le , à 78 ans. Il est enterré dans le cimetière de Bermont..

Il avait épousé à Belfort en 1737 Anna Joséphine Apolline de Schwilgué (1717-1797), fille de Jean François Bernard de Schwilgué, conseiller au Conseil souverain d'Alsace, et de Marie Elisabeth du Comte.

Au bout de sept ans de mariage, n'ayant pas d'enfant, les époux Noblat firent en 1744 un pèlerinage à Notre-Dame-des-Ermites, à l'abbaye d'Einsiedeln où se trouve une statue de Vierge noire très vénérée. Les deux époux font le vœu que tous leurs enfants et leurs descendants porteraient parmi leurs prénoms celui de Marie.

Distinctions et hommages Décorations Chevalier de Saint-Louis.

Hommages Portent son nom ou celui de sa famille : La rue Noblat, à Morvillars ; La rue François Noblat, à Belfort.

Bibliographie . . . . . ; pour Noblat, voir , 176-177, 179-182, 184-187, 195-197, 199-202, 388, 390. . .

Notes et références Références

Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Juriste alsacien Catégorie:Conseiller du roi Catégorie:Intendant militaire Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Naissance en mai 1714 Catégorie:Naissance à Belfort Catégorie:Décès en juin 1792 Catégorie:Décès dans le Haut-Rhin Catégorie:Décès à 78 ans