La ZAC Pajol est une zone d'aménagement concerté située rue Pajol au cœur du quartier de la ChapelleZAC Pajol : éco quartier pilote en 2013.

Historique du quartier En 1926 furent transférés rue Pajol les services des douanes et messageries des chemins de fer de l'Est, à l'occasion de l'agrandissement de la gare de l'Est. Plusieurs bâtiments furent construits à cette occasion : un bâtiment à 2 étages sur sous-sol, de x , pour les bureaux de ces deux services. Le rez-de-chaussée s'organisait en une série de bureaux de chaque côté d'une galerie longitudinale couverte d'un comble en béton translucide. Le second étage servait aux logements des chefs de service. Ce bâtiment abrite aujourd'hui le collège Aimé Césaire ; une halle des messageries de x constituée par des pans de fer avec remplissage en briques et couvert avec des combles en Sheds, et desservie par une cour supérieure de de largeur. Des passerelles transversales avec monte-charges et goulottes assuraient la liaison entre la halle et les quais sans avoir à traverser les voies. Aujourd'hui la Halle Pajol ; la Halle des Douanes à trois étages, de x , construite en béton armé avec combles vitrés, abrite aujourd'hui l'IUT Paris Diderot ; les deux halles étaient réunies par une passerelle longitudinale pour conduire les colis dédouanés sans recouper les autres mouvements ; la cour supérieure des messageries, le long de la rue Pajol jusqu'à la rue Riquet, a été aménagée en Esplanade Nathalie Sarraute ; la cour des Douanes, qui séparait la halle des douanes de la rue du Département, est devenue aujourd'hui le square Françoise-Hélène-Jourda, renommé ainsi à l'été 2016 en mémoire de l'architecte chargée de la réfection de la ZAC Pajol.. ; une salle omnisports, une autre consacrée aux arts martiaux, de et une salle de danse de .

Rachetée par la Mairie de Paris, elle abrite maintenant une auberge de jeunesse et des locaux d'activités pour jeunes entrepreneurs. Chantier écologique pilote conçu par l’architecte Françoise-Hélène Jourda., elle est la première centrale solaire photovoltaïque urbaine de France avec de panneaux photovoltaïques..

Historique de la ZAC gauche|vignette|Anciennes messageries : façade Art déco mise en valeur par un enduit ciment brun. Cet écoquartier se veut exemplaire en matière de développement durable.. Le projet de réhabilitation de friches ferroviaires a été porté par la mairie de Paris, la mairie du et la SEMAEST. Les architectes coordonnateurs furent à partir de 2003 Janine Galiano et Philippe Simon. Mais plus de vingt ans de négociations ont été nécessaires pour arriver à ce résultat : en 1957, le quartier faisait partie des secteurs insalubres de Paris cités par l'enquête de l'urbaniste Raymond Lopez.

Pour la reconquête des emprises ferroviaires, vues comme les derniers gisements fonciers à investir dans la capitale, la Ville de Paris s'est appuyée au début sur les études de l'APUR, les procédures ZAC, les SEM et la Charte de la déconcentration du . en application de la loi du 6 février 1992. Pour Pajol, en 1993, l'APUR publie une première esquisse d'aménagement : le projet de ZAC couvre alors . Les habitants se mobilisent immédiatement contre la surdensification du quartier et demandent plus d'établissements scolaires ; mais la conservation du patrimoine industriel architectural ne répond à cette époque à aucune demande.

Une seconde vague de contestation débouche sur la réunion du et son appel fortement médiatisé à Jacques Chirac reprenant le thème de la fracture sociale. Au niveau national, le climat politique évolue au cours de cette décennie : la concertation citoyenne est à l'honneur avec la Charte de la concertation du ministère de l'Environnement de Corinne Lepage le et la loi d'orientation sur l'aménagement et le développement durable du territoire de Dominique Voynet (, ). Le , c'est la loi SRU qui modifie en profondeur le droit de l'urbanisme et du logement en France et la constitution de conseils de quartier dans les villes de + de suivie de la loi 2002-276 du relative à la démocratie de proximité..

thumb|left|Charpente métallique après restauration. Au niveau local, la grogne monte à Pajol. De nombreuses associations de défense du quartier se constituent, parmi lesquelles Gare aux pollutions, Oxygène, Les jardins d'Éole, Cactus, qui se fédèrent avec les collectifs du quartier de la Chapelle, ce qui leur donne plus de poids ainsi que l'occasion d'échanger et de se concerter.

Au niveau des décideurs, les années 2001-2003 vont être un moment décisif pour les prises de décision à venir ; plusieurs élus sont issus des milieux associatifs ce qui permet de relancer la concertation. La réunion publique du demande la reconversion du bâtiment de la messagerie en IUT et la création de jardins et de logements étudiants. Les habitants du quartier ont pris le temps d'apprécier la halle grâce aux animations qui leur ont ouvert le site et ils s'opposent fermement à sa démolition. Pendant l'été 2002, plusieurs architectes, urbanistes et sociologues bénévoles vont à la rencontre du collectif d'associations, le CEPA (Coordination Espace Pajol) dirigé par Olivier Ansart. Mais c'est Laurent Raphose, habitant du quartier, représentant associatif sportif pour la Commission Technique EDL, membre de la CEPA, qui propose à Francoise-Hélène Jourda de participer à l'appel d'offre et aux réunions de la SEMAEST. C'est aussi sa présence avec voix délibérative en tant que représentant associatif aux jurys de concours architecturaux, qui lui permet de prendre part à la co-décision liée aux éléments de conception en appuyant sur la nécessité de conservation de la halle dans son ensemble et en insistant sur les préconisations écologique. Ceci n'ayant été rendu possible qu'avec le soutien de Cactus, le CEPA et la cellule de prévisualisation qui ont demandé sa réintégration au processus de concertation, après en avoir été écarté, à la suite de contestations peu appréciées du maitre d'ouvrage. Après la réunion publique du , Jean-Pierre Caffet, conseiller de Paris et du , entérine le principe de la révision du projet en lien avec Michel Neyreneuf, fraichement élu, fondateur en 1976 d'une association appelée Paris-Goutte-d'Or.. La personnalité et l’expérience du monde associatif de l’adjoint à l’urbanisme et au développement durable du ., permet de créer un climat de confiance entre pouvoirs publics et représentants de la société civile..

Il faudra plusieurs réunions de concertation tout au long de l'année suivante pour faire avancer le projet. L'agence Galiano-Simon a remporté la maîtrise d’œuvre, n'a jamais eu connaissance des travaux des ateliers de préfiguration urbaine de la CEPA, mais va s'engager dans ce qu'ils appellent une requalification des rives du réseau ferré en s'appuyant sur l'ampleur des vues dégagées, comparables à celles d'un aéroport, et à l'intelligence du dispositif fonctionnel de la halle. thumb|left|Syndex au numéro 22. Le nouveau programme propose : une auberge de jeunesse pour remplacer les logements prévus par la ZAC ; pour remplacer le projet de pépinière dans le bâtiment d'activités, l'installation de SYNDEX, qui conseille les syndicats lors des restructurations, alors que la COGEDIM ne proposait que bureaux et banques ; et des panneaux photovoltaïques sur le toit. L'arrêté du ayant prévu une prime tarifaire, une sur-toiture de est envisagée. vignette|left|Halle Pajol, plus grande centrale solaire urbaine de France. L'originalité de ce programme réside en grande partie sur la mixité des fonctions avec les commerces, sur la réflexion concernant la gestion des eaux pluviales, sur l'intervention de la Compagnie parisienne de chauffage urbain et sur un fonctionnement basé sur la mutualisation.. En 2003, l'agence Galiano-Simon présente trois scénarios d'aménagement en réunion publique.. Les conflits sont partiellement résolus en introduisant la notion d'intégrité par opposition à celle d'intégralité. Les discussions vont bon train mais aboutissent—l'immeuble de bureaux a perdu trois étages par exemple --, sauf pour le nombre de travées de la halle à conserver. Alors que les services techniques veulent y construire un équipement sportif, la concertation aboutit sur la décision de conserver dix des quatorze travées au lieu de neuf, ce qui aurait permis de maintenir une aire de retournement des engins de secours entre la halle et le gymnase. L'architecte Françoise-Hélène Jourda est consultée à ce sujet, en tant qu'experte. Son intervention est décisive mais controversée. Elle s'est portée par la suite candidate pour le concours de transformation de la halle, qu’elle a remporté. Seule la discussion autour de la salle de spectacle revendiquée comme salle d'AG pour la Fédération unie des auberges de jeunesse devenue gestionnaire n'aboutit pas. La signature du contrat pour la centrale solaire avec Dalkia a lieu en ; c'est SOLARVIP qui prend la relève deux ans plus tard, sur un projet réduit du quart de la surface prévue.

En 2004 la convention publique d'aménagement entre la Ville de Paris et la SEMAEST inscrit expressément les objectifs de HQE dans le processus de conception, de réalisation puis d'exploitation de la ZAC : ces objectifs seront chiffrés et imposés aux constructeurs dans le Cahier de prescriptions environnementales et de développement durable comme en témoigne par exemple le bilan chiffré de l'opération du gymnase.. thumb|left|Charpente en acier de la Halle Pajol pendant les travaux de rénovation (2011-2012). Le chantier démarre en 2011 et l'inauguration aura lieu en 2013..

Comme dans tous les projets d’écoquartiers, les associations se sont positionnées comme intermédiaires entre maîtrises d’ouvrage et habitants non-organisés.. En revanche, pendant ces deux années où l'architecte et le paysagiste se mettent au travail le travail des associations change de cible : le comité de suivi est régulièrement mis au courant de l'avancée des travaux mais l'implication des habitants se porte ailleurs, sur la volonté de tenir compte de la grande diversité culturelle des résidents du secteur. Ils se préparent pour d’autres formes de mobilisation vis-à-vis des projets urbains et montent un festival de danses du monde entier en , qui va interpeller et intéresser les résidents des quartiers de la Chapelle, de la Goutte d’or ou de Flandre Aubervilliers.. Il s’agit aussi, en cherchant un certain niveau d’exigence, de valoriser ces cultures et leur diversité tout en attirant une audience au-delà de ce secteur.

La mobilisation des représentants associatifs impliqués depuis 2002 dans le projet de la ZAC a donné lieu à la construction de nouveaux savoirs, certes urbanistiques mais aussi politiques, en particulier la culture de débat. Pendant les réunions du comité de suivi les représentants associatifs interviennent au même titre que les acteurs professionnelsSandrine Rui, 2004, La démocratie en débat : les citoyens face à l’action publique, Paris, éditions Armand Colin..

Locataires actuels de la Halle Pajol thumb|left|Entrée des jardins Rosa-Luxemburg. thumb|left|Un écrivain public. La Halle Pajol héberge une série de services et de commerces donnant à l'ouest sur un vaste espace piéton ; l'arrière donne sur la voie ferrée ; il est occupé par le jardin Rosa Luxemburg. Toute la structure, accessible en rez-de-chaussée, se revendique éco-responsable. Les panneaux solaires pour le chauffage et des puits canadiens pour climatiser l'air. Les matériaux écologiques et l'utilisation de produits frais et d'ingrédients issus du commerce équitable sont privilégiés dans tous les services de restauration de la Halle Pajol et dans les boutiques.