Amédée Pauwels, de sa véritable identité Désiré Joseph Pauwels et également connu sous le nom d'emprunt de Étienne Rabardy, né le à Courcelles (Hainaut, Belgique) et mort le , est un anarchiste individualiste belge.
Biographie thumb|upright|Le Petit Journal, 26 mars 1894. thumb|upright|Le corps de Pauwels après l'explosion. Dès l'enfance, il souffre de surdité et d'une maladie des yeux. Il quitte Courcelles à 14 ans pour la France.
Il est tanneur de professionAthénée libertaire Estel Negre, Amédée Pauwels (1864-1894), notice biographique.. En 1884, il rentre en Belgique pour le tirage au sort du service militaire, mais il obtient un mauvais numéro. Insoumis, il retourne en France. Il est alors recherché comme réfractaireL'Éphéméride anarchiste : notice biographique..
Le , il épouse Albertine Lordon avec qui il a une fille, Gabrielle. Albertine ne partage pas ses convictions et finit par le quitter en 1891Romain Ducoulombier, Ni Dieu, ni maître, ni organisation ?, La vie des idées, 11 mai 2009, page 6.. Il s'installe à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, où le mouvement libertaire est très actif et où il participe au club Les Égaux de Montmartre, groupe anarchiste fréquenté par Ravachol, Charles Chaumentin, Joseph Marius Beala dit « Jas-Béala », et Auguste Vaillant.
Le , il est présent dans la manifestation lors des affrontements de ce que l'on appellera l'Affaire de Clichy.. Recherché par la police, il se réfugie chez Paul ReclusThierry Vareilles, Histoire d'attentats politiques, de l'an 44 av. Jésus-Christ à nos jours, Éditions L'Harmattan, 2005, page 75.. C'est chez lui qu'il est arrêté quelques semaines plus tard et expulsé de France une première fois.
En 1892, il revient en France. Lié d'amitié à Paul Reclus, qui est alors chef chimiste, il trouve du travail par son intermédiaire, comme ouvrier corroyeur, aux Soudières de la Meurthe à Varangeville, où il rencontre Élisée BastardThierry Vareilles, Histoire d'attentats politiques, de l'an 44 av. Jésus-Christ à nos jours, Éditions L'Harmattan, 2005, page 70..
Il est à nouveau expulsé de France.
De la mi-novembre à la mi-, il habite Genève, où il partage la chambre de l'anarchiste Marcel Virgile Carry, puis passe quelque temps à Lausanne, d'où il se rend à Barcelone. Il écrit qu'il s'y trouve « dans une purée épouvantable ». Il quitte Barcelone après l'attentat du Grand théâtre du Liceu, en .
En France, il vit grâce à des papiers d'identité trouvés dans un portefeuille perdu, en 1893, par l'ouvrier mécanicien Étienne RabardyMort de Calabrési, Le Journal de l'Ain, page 1, 23 février 1894, texte intégral.. Il a aussi utilisé les pseudonymes de Désiré, Meunier ou Pflug.
L'attentat de l'Église de la Madeleine Le , vraisemblablement revenu clandestinement en France, il tente de commettre un attentat dans l'Église de la Madeleine, place de la Madeleine à ParisL'Éphéméride anarchiste : L'explosion prématurée de la bombe de Pauwels..
Ses motivations sont floues. On pense qu’il a choisi cette église parce que l’on y célèbre alors les grands mariages bourgeoisEric Timmermans, La dame aux camélias au boulevard de la Madeleine, Paris Fierté, 18 septembre 2012, texte intégral.. Il se poserait, en outre, en vengeur de Auguste Vaillant, un anarchiste français qui a commis un attentat contre la Chambre des députés, le et est guillotiné le .
Pauwels tente donc de pénétrer dans l’église. Au moment où il ouvre la porte à tambour, il fait un faux mouvement et retourne sa marmite qui explose, faisant voler en éclats les vitres de l’église et éventrant celui qui la portait. Il est retrouvé sous le porche, le ventre ouvert, les bras et les jambes déchiquetés par l'explosion. Il porte sur lui une photographie de son ami Ravachol. Comme il n'est pas possible d’en savoir plus, la police classe l’affaire, après avoir photographié le cadavre.
Quelques jours auparavant, le , il aurait envoyé à deux commissaires de police spécialisés dans la lutte anti-anarchiste (Bélouino et Dresch), deux lettres, signées Étienne Rabardy, annonçant son suicideL'Éphéméride anarchiste : Explosion de la bombe rue St-Jacques.. Lors de l'arrivée de la police à l'Hôtel Calabresi, 69 rue Saint-Jacques et à l'Hôtel Renaissance, 47 Rue du Faubourg-Saint-Martin, deux bombes explosent. Cependant, selon l'historien Vivien Bouhey : « [les témoins], formellement, ne reconnurent pas en Joseph Pauwels l'ouvrier qui s'était présenté au numéro 69 de la rue Saint-Jacques et dans l'hôtel de la Renaissance. Il semble donc difficile de dire que les deux explosions furent « l'œuvre de l'anarchiste belge Pauwels dit Rabardy », comme l'écrit Jean Maitron ».
Sans doute a-t-il, pour perpétrer ces attentats, utilisé des bombes fabriquées par Émile Henry et restées dans son appartement après son arrestation, peu de temps auparavant.
Notes et références
Bibliographie . . . . Thierry Vareilles, Histoire d'attentats politiques, de l'an 44 av. Jésus-Christ à nos jours, Éditions L'Harmattan, 2005, , page 70. John Merriman, The Dynamite Club: How a Bombing in Fin-de-Siecle Paris Ignited the Age of Modern Terror Hardcover, Houghton Mifflin Harcourt, 2009, texte intégral. Gérard Chaliand, Arnaud Blin, The History of Terrorism. From Antiquity to al Qaeda, Paperback, 2007, page 128. Romain Ducoulombier, Ni Dieu, ni maître, ni organisation ?, La vie des idées, , texte intégral.
Documents judiciaires Alphonse Bertillon, Sur l'identité de Pauwels et du faux Rabardy, Notes remises à Louis Lépine, préfet de police, , texte intégral.
Notices bibliographiques
L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. Athénée libertaire Estel Negre, Amédée Pauwels (1864-1894), notice biographique. .
Articles connexes Anarchisme en Belgique Histoire de l'anarchisme
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