Pointe-à-Pitre (en créole guadeloupéen : Lapwent) est une commune française située dans le département de la Guadeloupe. Habitée en par , la commune est, avec celle voisine des Abymes, au sein d'une unité urbaine de (soit la de France) et d'une aire d'attraction de (soit la de France).

Pointe-à-Pitre est depuis 2007, l'unique sous-préfecture de la Guadeloupe ; elle est le chef-lieu de l'arrondissement de Pointe-à-Pitre et la capitale économique de la Guadeloupe.

Géographie Localisation vignette|gauche|En rouge le territoire communal de Pointe-à-Pitre. S'étendant sur seulement de superficie totaleChiffres clés de la commune de Pointe-à-Pitre (97120), INSEE, 21 avril 2021., la commune de Pointe-à-Pitre est située à l'extrémité sud-ouest de Grande-Terre, face à la rade ouverte sur la mer des Caraïbes et idéalement placée au centre de la Guadeloupe à la jointure entre la Grande-Terre et la Basse-Terre. La ville, construite sur des marécages, a gagné du terrain sur la mer. C'est une ville de basse altitude située au bord d'une mangrove. Elle détient son propre port de croisière.

L'îlet à Cochons est rattaché à la commune.

Communes limitrophes

Climat Pointe-à-Pitre a un climat équatorial selon la classification de Köppen (Af) mais a en réalité un climat tropical humide d'alizé soumis aux cyclones tropicaux.

Urbanisme Typologie Pointe-à-Pitre est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Pointe-à-Pitre-Les Abymes, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle est une commune de la banlieue...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction des Abymes, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par l'océan Atlantique au sud-ouest, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit...

Lieux-dits, hameaux et écarts vignette|La place de la Victoire. En 1780, l'incendie qui la ravage permet de définir un premier plan d'alignement qui donne définitivement à la ville son plan en damier et toutes les caractéristiques des villes coloniales du . Deux nouveaux plans directeurs (1806 et 1817) permettent l'extension de la ville qui atteint ses limites définitives en 1830 avec le creusement du canal Vatable, mené pour évacuer les eaux de pluie vers la mer. Le centre ancien de Pointe-à-Pitre est une ville coloniale type du , bâtie selon un plan en damier, avec des rues se coupant à angle droit, ses espaces publics et ses équipements administratifs et militaires. C'est également une ville qui a été marquée par les catastrophes : incendies, tremblement de terre, ouragans. Ces dernières, au lieu d'affecter la morphologie de la ville, ont, au contraire, permis de faire évoluer le tissu urbain et de favoriser le passage à la modernité de la ville. Le tissu urbain de Pointe-à-Pitre s'est ainsi maintenu jusqu'à nos jours sans modifier la trame orthogonale du damier du .

Plusieurs fois ravagé par des cyclones tropicaux et des incendies, le centre historique présente une architecture hétéroclite. Les façades de style colonial côtoient des immeubles modernes. Au cœur de la vieille ville, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, date des années 1850. Sa structure métallique fut réalisée par la maison Joly d'Argenteuil, qui conçut celle des Halles de Paris. Grâce à sa charpente, l'édifice résista au séisme de 1897.

Avec l'expansion démographique des années 1950, le plan d'urbanisme développe de nouveaux quartiers modernes au nord-est de la ville où sont transférées diverses administrations (dans le sillage de la construction en 1973 du nouvel hôtel de ville) et créées de nouvelles habitations sociales. Pointe-à-Pitre bénéficie d'une opération de rénovation urbaine, engagée depuis 2006 avec l'Agence nationale pour la rénovation urbainePrésentation du programme.

Les quartiers de Pointe-à-Pitre :

Partagés avec Les Abymes :

Voies de communication et transports Voies routières vignette|La darse de Pointe-à-Pitre. Les accès principaux à la ville sont : la RN 1 vers l'île de Basse-Terre à l'ouest (Basse-Terre, Deshaies, Capesterre-Belle-Eau...) la RN 4 vers Sainte-Anne et Saint-François la RN 5 vers l'aéroport et le nord de l'île de Grande-Terre (Anse-Bertrand, Le Moule...)

De plus, la ville est contournée par deux rocades.

Karu'Lis La commune de Pointe-à-Pitre est desservie par le réseau Karu'Lis.

Gares routières vignette|Gare routière de BergevinDes bus privés font la liaison entre Pointe-à-Pitre et les autres communes de la Guadeloupe depuis les gares routières pointoises : la gare routière de Bergevin, d'où partent les bus qui desservent les destinations de la Basse-Terre ; la gare routière devant l'École normale, d'où partent les bus qui desservent les destinations de la Grande Terre..

Aéroport L'aéroport Pôle Caraïbes, situé en banlieue pointoise, est le principal aéroport de l'archipel guadeloupéen. Lui seul est capable d'accueillir des avions long courrier. Il était auparavant nommé « Aéroport de Pointe-à-Pitre Le Raizet », du nom du lieu-dit de la commune des Abymes où se situait l'aéroport (aujourd'hui Terminal Sud), avant le déménagement de l'aérogare au nord de la piste. Certaines compagnies aériennes y assurent des liaisons directes vers les autres îles de la Guadeloupe.

L'aéroport est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Pointe-à-Pitre.

Port Le port autonome de Pointe-à-Pitre dispose de neuf postes à quais situés à proximité du centre-ville (croisière, cabotage, marchandises diverses).

Toponymie L'origine du nom de la commune est incertaine ; la carte de l’ingénieur François Blondel, de 1667, mentionne certes un « morne de Pitre », un « marigot de Pitre » ; sur d’autres cartes figurent un « îlet à Pitre » ou une « rivière à Pitre ».

Il pourrait provenir d'un anthroponyme. Peter, juif hollandais exilé du Brésil et pêcheur., à moins qu'il n'ait été cultivateur de canne à sucre, se serait installé au sur un bout de terre perdue en pleine végétation sur la pointe de la Grande-Terre. Commençant par la vente de poissons, il aurait, selon certaines interprétations, développé son commerce. Alors que nombre de bateaux marchands et autres corsaires voguaient dans les eaux guadeloupéennes, Peter aurait créé un négoce pour les navires de passage dans la rade. L'endroit serait vite devenu incontournable pour tous les navigateurs qui y trouvaient de quoi acheter ou échanger des biens, vivres ou munitions. Tous les marins allaient chez Pitre à la pointe.

Cette origine est contestée, l'existence de ce personnage étant jugée improbable compte tenu des références antérieures à l'arrivée des Hollandais en Guadeloupe. L'hypothèse privilégiée tend à rapprocher le terme Pitre (ou Pit) d'une plante, possiblement Agave americana L. car pitera en espagnol évoque une sorte de corde tirée d’un agave, le karata (« langue de bœuf »), assimilée au chanvre par les Européens.

Elle prend le nom de Port-de-la-Liberté durant la Révolution française.

Histoire

Fondation de la ville au siècle

Dès le début de la colonisation de la Guadeloupe, le site de Pointe-à-Pitre retient l'attention des agents royaux. Il présente de nombreux avantages naturels, qui en fait d'emblée une alternative à la ville de Basse-Terre. Pourtant à cause de l'insalubrité du site les autorités hésitent longtemps à établir un centre de peuplement. La ville de Pointe-à-Pitre est fondée au milieu du sur les rives marécageuses de la baie du Petit Cul-de-sac marin en raison de sa position géographique et des mouillages possibles. L'origine de la ville remonte pourtant à l'occupation anglaise de la Guadeloupe (1759 à 1763). Le bourg n'occupe alors qu'une petite partie du site dit du « morne Renfermé ». Après le retour de la Guadeloupe à la France, lors du traité de Paris (1763) la ville prend son essor avec les premiers aménagements. Le site est ravagé lors de l'ouragan de Pointe-à-Pitre de 1776.

Lors de la révolution française, la ville est rebaptisée « Port-la-Liberté »LES ABOLITIONS FRANCAISES DE L'ESCLAVAGE (1789-1848): (…) L'armée républicaine reconquiert la Guadeloupe après que les Anglais aient été massacrés à Pointe-à-Pitre, par les canons français. Hugues installe alors un tribunal révolutionnaire et une guillotine à Pointe-à-Pitre, devenue Port-la-Liberté(…), cndp.fr, consulté le 25 août 2019.

Destruction de la ville lors du séisme de 1843 vignette|Plan de Pointe-à-Pitre en 1843L'Illustration, 25 mars 1843. Plan dressé par M Lemonnier de La Croix, ex-architecte-voyer de la ville de la Pointe-à-Pitre - 1. Église-2. Hôpital.-3. Tribunal.-4. Théâtre-5. Caserne d'infanterie de marine.-6. Prisons.-7. Entrepôt.-8. Douane.-9. Arsenal.-10. Caserne de la gendarmerie.-11. Bureaux de la marine.-12. Magasins des pompiers.-13. Mairie.-14. Trésor-15. Halle à la boucherie.-16. Halle aux poissons.-17. Corps-de-garde.-18. Bureaux de la police.-19. Bureaux de l'administration intérieure.-20. Presbytère..

Le , la ville de Pointe-à-Pitre est en grande partie détruite par un très violent tremblement de terre (d'une magnitude d'environ 8 à 8,8 sur l'échelle de Richter). D'autres villes sont endommagées, en particulier Le Moule, mais à Pointe-à-Pitre un incendie entraîne la destruction des bâtiments subsistants, et fait de nouvelles victimes avec un total de morts et blessésCarole Petit, « Séisme du 8 février 1843 : il y a 177 ans, le premier "Big One" frappait la Guadeloupe », Guadeloupe la , 8 février 2020.. Une grande campagne de souscription nationale lancée en métropole permet la reconstruction de la commune pointoise.

Pointe à Pitre dans la seconde moitié du siècle

L'abolition de l'esclavage en 1848 favorise l'arrivée en ville d'une main d’œuvre à la recherche de travail. Des milliers d'Indiens arrivent par convois, ainsi que des Cap-verdiens ou d'autres Caribéens, quelques centaines de travailleurs chinois et japonais, et des exilés politiques indochinois. Dans les usines, la ségrégation raciale est de mise. Traditionnellement, dans les anciennes colonies esclavagistes françaises, il existe une gradation de couleur, du plus sombre au plus clair..

Les émeutes de 1967

Les 26, 27 et sont des jours sanglants pour l'histoire de la ville et de la Guadeloupe en général. Des CRS (les "Képis rouge") répriment lourdement un mouvement de grève ouvrier visant une augmentation salariale de 2,5 % et mené par le GONG, un mouvement indépendantiste guadeloupéen dont le leader, Jacques Nestor sera l'un des premiers à tomber sous les balles. Le bilan des émeutes de mai 1967 est encore aujourd'hui sujet à controverses. Les autorités reconnaissent officiellement huit morts ; en 1985, le secrétaire d’État aux DOM-TOM, Georges Lemoine, retient le chiffre de 87 morts. L'Historien Benjamin Stora souligne que la massacre a été « ordonné sciemment sur le terrain et approuvé par le gouvernement sous la présidence du général de Gaulle »..

Politique et administration

Rattachements administratifs et électoraux