est un film d'horreur américain écrit et réalisé par Guillermo del Toro et sorti en 2015.
Le film est décrit comme une romance gothique par son réalisateur. Ce dernier a coécrit le scénario du film avec Matthew Robbins et Lucinda Coxon. Le design du manoir de la famille Sharpe a été conçu par Thomas E. Sanders, de la cuisine jusqu'aux chambres de ce lugubre domaine. L'histoire suit trois personnages : Edith Cushing, Lucille Sharpe et Thomas Sharpe.
Synopsis En 1901, Edith Cushing, jeune romancière novice, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo dans l’État de New York. Pendant son enfance, Edith a perdu sa mère atteinte d'une maladie grave, le choléra. À partir de ce jour, la jeune femme, qui possède le don de communiquer avec les défunts, est hantée par le fantôme de sa mère, qui la met en garde contre « Crimson Peak ». Cependant, Edith ne perçoit pas le sens de cette mise en garde. Le docteur Alan McMichael, l'ami d'enfance d'Edith, est de retour en ville depuis peu. Amoureux depuis longtemps de la jeune femme, il espère pouvoir la séduire et l'épouser. Dans les locaux de l'entreprise de son père, la jeune écrivaine tombe sous le charme de sir Thomas Sharpe. Baronnet anglais venu demander un prêt à son père. Sir Sharpe est venu aux États-Unis accompagné par sa sœur, Lady Lucille Sharpe, avec laquelle il vit dans le manoir d'Allerdale Hall, dans le comté de Cumbria, en Angleterre. Le gentilhomme anglais porte un intérêt certain à Edith et l'invite à danser une valse, en dépit du scepticisme affiché par sa sœur.
Les Sharpe ne paraissent pas recommandables aux yeux de Carter Cushing, si bien que ce dernier engage un détective nommé Holly afin d'enquêter sur leur passé. Les éléments troublants dont Carter est informé le poussent à éloigner Thomas Sharpe de sa fille unique. Après une confrontation dans son bureau et un chèque généreux, il somme les deux Anglais de quitter Buffalo au plus vite. Le lendemain, le père d'Edith est retrouvé sans vie dans les vestiaires de son club, le corps roué de coups et le crâne fracassé à plusieurs reprises. Edith, effondrée, se raccroche alors à Thomas, en qui elle voit son grand amour, et décide, malgré son deuil, de l'épouser et de partir vivre avec lui à Allerdale Hall. Alan, quant à lui, commence à douter de la nature de la mort de Carter Cushing qui avait été déclarée accidentelle. C'est pourquoi il contacte à son tour le détective Holly afin de prendre connaissance des informations que Cushing avait obtenues sur les Sharpe. Une fois arrivée en Angleterre, Edith saisit l'ampleur du délabrement dans lequel sombre le manoir : le toit est percé et la demeure s'enfonce dans les carrières d'argile voisines. Néanmoins, la jeune Américaine reste optimiste, semblant être heureuse de vivre avec l'homme qu'elle aime.
Peu à peu, cependant, d'étranges phénomènes viennent troubler la quiétude de la jeune femme. Ainsi, une nuit, tandis qu'elle sort de la chambre nuptiale pour chercher son époux, elle rencontre une silhouette décharnée qui erre dans les couloirs. Effrayée par l'atmosphère sinistre de la demeure et les apparitions dont elle est le témoin, Edith désire quitter le manoir. Lucille Sharpe n'atténue pas le malaise de la nouvelle hôtesse des lieux puisque le thé qu'elle sert à Edith laisse à cette dernière un goût particulièrement amer. L'éventualité d'une mort violente survenue dans le passé à Allerdale Hall germe dans l'esprit d'Edith, qui en fait part à son mari. À la suite de cela, les Sharpe s'avèrent être soupçonneux à son égard. Toutefois, afin de faire plaisir à la jeune femme, Thomas propose à Edith de l'accompagner en ville pour aller chercher à la poste les pièces dont il a passé commande pour la conception de sa machine. Là, le tenancier remet à Edith une lettre adressée à Lady Sharpe en provenance de Milan qu'il croit lui être destinée, ce qui intrigue l'Américaine, qui ne connaît personne en Italie. Peu pressée de repartir pour Allerdale Hall, Edith parvient à convaincre Thomas de rester en ville pour la nuit ; pour la première fois, ils consomment leur mariage. De retour au manoir, Lucille réagit furieusement lorsqu'elle apprend qu'ils ont dormi ensemble et terrifie Edith en l'attaquant. Lucille trouve une justification pour son comportement, expliquant qu'elle était inquiète ; Edith voit ses soupçons se renforcer néanmoins. Plus tard, Thomas explique à celle-ci que le manoir est également appelé « Crimson Peak » en raison de l'argile rouge qui surgit du sol en hiver et donne à la neige une teinte cramoisie (crimson en anglais). Edith saisit alors le sens du message du fantôme de sa défunte mère, comprenant dès lors qu'elle est en danger.
Dans sa chambre, Edith ouvre son courrier et lit notamment la lettre envoyée depuis Milan. Elle est intriguée par son contenu et l'occurrence du prénom « Enola ». Elle décide d'en apprendre davantage en subtilisant l'une des clefs du trousseau de Lucille, où le même nom y est inscrit. Ainsi, elle découvre dans les sous-sols du manoir les effets personnels des précédentes épouses de Thomas. Lentement, elle comprend qu'elle n'est que la dernière des « Lady Sharpe » et que le thé que lui sert Lucille depuis leur arrivée en Angleterre est empoisonné. Les trois épouses précédentes étaient elles aussi de riches héritières sans famille qui, après avoir transféré leurs biens à Thomas Sharpe, étaient assassinées. Les sommes obtenues servaient alors à entretenir le manoir et à financer les inventions du baronnet.
Toutefois, Edith n'est pas au bout de ses découvertes puisqu'elle met au jour l'inceste qui unit Thomas et Lucille. Alors que cette dernière n'avait que quatorze ans, elle tua leur mère, qui avait compris la nature exacte des relations entre ses enfants. Bien que la culpabilité de Lucille n'ait pu être établie, le doute conduisit les autorités à séparer les enfants Sharpe : ils placèrent le frère dans un pensionnat et la sœur, dans un asile. Terrorisée et écœurée par la véritable nature des Sharpe, Edith tente de s'enfuir, mais Lucille la pousse dans le vide du hall du manoir. La chute lui casse la jambe. La sœur Sharpe lui révèle alors la passion amoureuse qui l'unit à son frère, l'enfant qui en est né et qui n'a pas survécu, malgré les soins prodigués par Enola. Edith obtient un répit lors de l'arrivée inattendue du docteur McMichael, qui l’ausculte. Après qu'Edith lui révèle le dessein de la fratrie Sharpe, celui-ci décide de s'enfuir avec elle. Mais tandis qu'ils arrivent dans le hall, Lucille poignarde Alan et ordonne à son frère de lui donner le coup de grâce. Pris de remords, Thomas décide d'aider Edith et feint de tuer Alan pour pouvoir le cacher dans les sous-sols. Thomas, qui est réellement tombé amoureux de la jeune Américaine, ne souhaite plus sa mort. Il propose à sa sœur de faire table rase de leurs agissements passés et de vivre tous les trois ensemble. Refusant de partager la passion que lui porte son frère, Lucille, dans sa rage, le tue et poursuit Edith. Dans la cour enneigée d'Allerdale Hall, les deux femmes tentent de s'entre-tuer ; Edith profite de l'inattention créée par l'apparition de Thomas, devenu fantôme, pour frapper mortellement Lucille. Le frère Sharpe disparaît sitôt ses adieux silencieux faits avec sa femme.
Edith, portant Alan blessé, quitte Allerdale Hall, tandis que Lucille, désormais morte, est damnée à hanter ces lieux toute seule en jouant du piano à jamais.
Fiche technique Titre original et français : Réalisation : Guillermo del Toro Scénario : Guillermo del Toro, Matthew Robbins et Lucinda Coxon Musique : Fernando Velázquez Direction artistique : Brandt Gordon Décors : Thomas E. Sanders Costumes : Kate Hawley Montage : Bernat Vilaplana Photographie : Dan Laustsen Production : Guillermo del Toro, Callum Greene, Jon Jashni et Thomas Tull Producteur délégué : Jillian Share Zaks Société de production : Legendary Pictures Sociétés de distribution : Universal Pictures (États-Unis), Universal Pictures International France (France) Budget : 55 millions de dollars Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleur — 1,85:1 — son Dolby numérique Genres : horreur, romance, thriller, drame Durée : 119 minutes Dates de sortie : États-Unis : (avant-première à la Fantastic Fest) France : États-Unis : Classification : États-Unis : Rated R (interdit aux mineurs non-accompagnés d'un adulte) France : interdit aux moins de 12 ans
Distribution Mia Wasikowska : Edith Cushing Jessica Chastain : Lady Lucille Sharpe Tom Hiddleston : Sir Thomas Sharpe Charlie Hunnam : le Alan McMichael Jim Beaver : Carter Cushing Leslie Hope : McMichael, la mère d'Alan Bruce Gray : Ferguson Burn Gorman : le détective Holly Jonathan Hyde : Ogilvie Doug Jones : le fantôme de Lady Cushing Javier Botet : les fantômes d'Enola, de Margaret et de Pamela Emily Coutts : Eunice
Version française réalisée par Les Studios de Saint-Ouen, sous la direction artistique de Béatrice Delfe, avec une adaptation de dialogues de Linda Bruno. ; Version québécoise réalisée par Technicolor Services Thomson sous la direction artistique de Sébastien Reding, avec une adaptation de dialogues de Valérie Bocher.
Sources et légendes : version française () sur RS Doublage. ; version québécoise () sur Doublage.qc.ca..
Production Développement vignette|droite|150px|Le réalisateur Guillermo del Toro au Comic-Con de San Diego, en juillet 2014. Guillermo del Toro et Matthew Robbins écrivent une ébauche de script après la sortie du Labyrinthe de Pan (2006). Ce script spéculatif est ensuite acheté par Donna Langley d'Universal. Guillermo del Toro repousse cependant le film pour réaliser Hellboy 2 : Les Légions d'or maudites (2008), puis à nouveau pour travailler sur le scénario du Hobbit. Donna Langley suggère alors que Guillermo del Toro produise le film et laisse le poste de réalisateur à un autre, mais il n'est pas très emballé.
Plus tard, lorsqu'il tourne Pacific Rim (2013), Guillermo del Toro noue de bons liens avec Thomas Tull et Jon Jashni, de la société Legendary Pictures. Ces derniers lui demandent ce qu'il souhaite faire après ce film. Le réalisateur leur parle alors d'un projet d'adaptation cinématographique des Montagnes hallucinées de H. P. Lovecraft, d'une version western du Comte de Monte-Cristo ainsi que de son scénario coécrit avec Matthew Robbins. Les producteurs sont séduits par ce dernier et souhaitent le produire. Guillermo del Toro parvient à un accord avec Universal pour que Legendary Pictures récupère les droits, tout en restant distributeur. Crimson Peak est le de Legendary Pictures distribué sous la bannière Universal Pictures.
La dramaturge britannique Lucinda Coxon est ensuite engagée pour des réécritures, pour ajouter au script de la .
Pour l'écriture, Guillermo del Toro cite comme inspirations des romans comme Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Les Grandes Espérances de Charles Dickens, Rebecca de Daphné du Maurier ou encore Dragonwyck d'Anya Seton. Il ajoute l’œuvre d'Ann Radcliffe, pionnière du roman gothique, ainsi que le roman L'Oncle Silas de Sheridan Le Fanu. Il précise que le personnage de Danvers dans le film Rebecca (1940) d'Alfred Hitchcock est également une source d'inspiration. Le réalisateur évoque également l'horreur gothique des films de Mario Bava et Terence Fisher. Il cite également des films comme Frankenstein (1931), Le Guépard (1963), Les Innocents (1961) et La Maison du diable (1963), ainsi que les peintures de John Atkinson Grimshaw et Caspar David FriedrichSecrets de tournage - Allociné.
Attribution des rôles