vignette|Remède contre le MDPV Un antidote est une substance chimique ou un élément chimique pouvant guérir une personne ou un animal d'un poison ou d'une maladie (pouvant provoquer un empoisonnement, une maladie…). Le plus souvent, l'antidote consiste à neutraliser une ou plusieurs formes données d'empoisonnement.

Les antidotes spécifiques sont détenus par les centres antipoison, qui apportent également les conseils d'utilisation et modalités d'administration.

Histoire Avant les progrès de la médecine, surtout avant le , les antidotes sont les moyens employés pour lutter contre les maladies, par exemple les alexipharmaques employés pour lutter contre la peste. Toutefois, comme le dit l'Encyclopédie de d'Alembert, il y a mille remèdes Dans l'encyclopédie de d'Alembert (lire en ligne).

Les antidotes sont désormais dans la plupart des cas une substance employée pour contrer les effets d'un poison.

Confection Parfois, l'antidote pour une toxine particulière est fabriqué en injectant la toxine dans un animal à petites doses et les anticorps résultants sont extraits du sang des animaux.

Cependant, quelques toxines n'ont aucun antidote connu. Par exemple, la ricine, sous-produit superflu de fabrication d'huile de ricin, n'a aucun antidote et est en conséquence souvent fatale si elle entre dans le corps humain dans des quantités suffisantes.

Poison Les poisons ingérés sont fréquemment traités par l'administration orale de charbon de bois activé, qui absorbe le poison. Ensuite, un lavage d'estomac est effectué (lavage à grande eau de l'étendue digestive), enlevant une grande partie de la toxine.

Les poisons qui sont injectés directement dans le système sanguin (comme ceux de morsures ou des piqûres d'animaux venimeux) sont d'habitude traités par l'utilisation d'une bande de constriction ou d'un point de compression manuel (voir les gestes de premiers secours) qui limite le flux de lymphe et de sang dans le secteur touché et ralentissant ainsi la circulation du poison autour du corps : ceci n'est pas un traitement, mais permet d'attendre l'antidote, en général un sérum (anticorps se fixant sur les molécules de venin, les inactivant et permettant la phagocytose). À ne pas confondre avec l'utilisation d'un garrot, qui coupe la circulation du sang complétement - causant souvent la perte du membre affecté.

Liste d'antidotes connus Type d'empoisonnement AntidoteAcétaminophène (paracétamol)N-acétylcystéineAmmoniaqueAcide acétique à 10 % ou vinaigreAnticholinergiqueSulfate de physostigmineInhibiteurs des cholinestérases : Organophosphorés ou Carbamates insecticidesAtropine éventuellement associée à la pralidoxime (ne pas utiliser ce dernier dans les intoxications aux carbamates insecticides)BenzodiazépineFlumazénil (Anexate)Syndrome malin des neuroleptiquesDantrolèneCyanureNitrite amylique, nitrite de sodium et thiosulfate, hydroxocobalamine ou hydroxycobalamine (vitamine B12 A) seul ou associé au thiosulfate de sodiumDigoxinefragment antigen-binding d'anticorps anti-digoxineÉthylène glycolÉthanol ou fomépizole 4MPSyndrome extrapyramidaltropatépine (Lepticur) en association éventuelle à une benzodiazépineFerMésylate de desferrioxamineIsoniazidePyridoxineMétal lourdChélateurs, édétate disodique de calcium (EDTA), dimercaprol (BAL), pénicillamine et acide dimercaptosuccinique (DMSA, succimer)MéthanolÉthanol ou Fomépizole (4MP ou 4-méthylpyrazole)MéthémoglobinémieBleu de méthylène ou vitamine C (quand le bleu de méthylène est contrindiqué : déficit en G6PD)Opioïde (opium, etc.)Chlorhydrate de naloxoneOxyde de carboneOxygène normobare (chez l'adulte : 15 l/min pendant 12 heures) ou médecine hyperbare (contacter le caisson hyperbare le plus proche pour les indications)Rayonnements ionisantsChélateurs suivi éventuellement d'une greffe de moelle osseuseThalliumBleu de Prusse (ferrocyanure ferrique : [Fe(CN)6]3Fe4)Antivitamine Kvitamine K et, dans les cas sévères, plasma sanguin ou facteurs de coagulation PPSB (Kaskadil)

Les intoxications aux alcaloïdes nécessitent souvent une évacuation digestive ou épuration digestive (vomissements provoqués - lavage gastrique - adsorption des substances toxiques par le charbon activé - accélération du transit intestinal) associée à une surveillance cardiaque.

On peut, en plus, mettre le patient sous oxygène, sous assistance respiratoire, lui faire subir plusieurs transfusions sanguines (par exemple, dans le cas d'ingestion de substance radioactive).

Classification Antidote d'action toxicocinétique Antidote limitant la biodisponibilité du toxique : charbon activé… Antidote favorisant l'élimination du toxique sous forme inchangée Au niveau pulmonaire : oxygénation pour les intoxications aiguës au monoxyde de carbone Au niveau rénal : déféroxamine pour les intoxications aiguës par le fer Antidote favorisant un métabolisme inactivateur du toxique : N-acétylcystéine pour les intoxications aiguës au paracétamol ; bleu de méthylène pour les méthémoglobines toxiques Antidote inhibant un métabolisme activateur du toxique : éthanol ou 4-méthyl-pyrazole pour les intoxications aiguës au méthanol et à l'éthylène glycol Antidote modifiant la distribution du toxique dans l'organisme : thiosulfate, EDTA dicobaltique et hydroxocobalamine pour les intoxications aiguës aux cyanures ; fragment d'anticorps anti-digitaline pour les intoxications aiguës digitaliques.

Antidote d'action toxicodynamique Antidote déplaçant le toxique de sa cible : flumazénil pour les intoxications aiguës aux benzodiazépines ; naloxone pour les intoxications aiguës par les opiacés Antidote shuntant la liaison toxique - récepteur : glucagon pour les intoxications aiguës par les bêta-bloquants, Antidote corrigeant les effets du toxique : vitamine B6 pour les intoxications aiguës par l'INH ; vitamine K pour les intoxications aiguës par les anti-vitamines K.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Survivre, Docteur Xavier Maniguet, Albin Michel, 1988. Classification des antidotes selon leur mode d'action : Première partie (Classification of antidotes based on mechanism of action. Part I), Lapostolle F., Bismuth C., Baud F., Source : Pathologie de la Grossesse. Journée Française de Médecine 20, Paris, France (23/10/1998), 1999, vol. 75, 1-2, (29 ref.), ., Revue La Semaine des hôpitaux de Paris, Éd. Expansion scientifique, Paris. Conférence Épuration digestive lors des intoxications aiguës, Nîmes, le .

Articles connexes Centre antipoison Poison Antivenin Toxicologie et Toxicité Abascantus Antidotaire Bézoard

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