Bygmalion est une ancienne agence de communication créée en 2008 par Bastien Millot et Guy Alves. Sa structure juridique était une société par actions simplifiée (SAS) au capital de , détenue par deux holdings : AMM Participations (société de l'ancien PDG de Bygmalion, Guy Alves) et RG management (société de l'actuel directeur général de Bygmalion, Richard Gibeaud).
Organisation du groupe Le groupe Bygmalion est constitué d'une société mère Bygmalion SAS et de plusieurs filiales.
En , Bygmalion ainsi que ses filiales sont placées en liquidation judiciaire« Bygmalion en liquidation judiciaire », lepoint.fr, 17 juillet 2014.. Début , le mobilier et les équipements du siège de la société sont vendus aux enchères publiques« Bygmalion vend ses meubles ! », Le Parisien, le 4 octobre 2014.
Actionnariat de la société Bygmalion SAS Début 2014, l'actionnariat de Bygmalion SAS est décomposé de la manière suivante : 44,82 % Paris Luxembourg Participations (Emmanuel Limido) 23,86 % RG Management (Richard Gibeaud) 23,86 % AMM Participations (Guy Alves) Participations données par Mediapart
Les filiales Les différentes filiales de Bygmalion SAS : Bygmalion TV qui produit des spots télévisés et des programmes depuis 2009, Ideepole (depuis 2008) Event & est la filiale évènementielle du groupe. Doxeo, société créée en 2008, fournit des formations aux élus ou gèrent des événements comme les « Journées des jobs d'été », ou des rencontres d'eurodéputés. Bygmalion SAS exerce directement le contrôle sur cette filiale en sa qualité de président, et mandataire de l'entreprise DOXEO. Le dernier chiffre d'affaires publié pour cette société est de 4,8 millions d'euros au 31/12/2009. Elle employait à cette date un effectif de 21 personnes. Parmi les clients de Doxéo, on trouve surtout des élus qui ont demandé des formations politiques, comme Jérôme Lavrilleux (conseil général de l'Aisne), Olivier Bettati (conseil général des Alpes-Maritimes) B4 Sports (également dénommée Éditions Doxeo avant le qui exerçait un métier d'éditeur). Société créée en 2009, présidée par Bygmalion SAS. B4 Sports est une agence de publicité dont le métier est la communication des sportifs et la communication des marques autour du sport.
La direction générale de Bygmallion SAS est assurée par Richard Gibeaud, par ailleurs actionnaire de Bygmalion SAS (à travers RG Management), directeur général de Doxeo, de B4 Sports.
Domaine d'intervention
Le dernier chiffre d'affaires connu date de 2009 avec un montant de 2,79 millions d'euros. Depuis 2009, Bygmalion ne publie plus ses résultatsAffaire Copé : ce que l'on sait de la société Bygmalion, Le Nouvel Obs, 27 février 2014. Formations politiques Le groupe UMP (réalisation de plaquettes pour les parlementaires en 2008) Génération France (conception du site internet) L'UMP (organisation de séminaires) L'UMP et l'ANDL (formation d'élus) Entraînement d'élus (prise de parole devant un public hostile, gestion de crise, « media-coaching » intensif avant intervention dans un média, etc.)
Collectivités territoriales
Ville du Cannet, dont la maire est Michèle Tabarot, pour l'inauguration du musée BonnardTitre du marché Conseil en communication et relation presse pour l’inauguration du musée Bonnard, L'office du tourisme de Provins La ville de Levallois-Perret (réalisation d'un logo)Mathias Destal, Peltier: «papa Copé» et «maman Bygmalion» vont lui manquer, Marianne, 27 mai 2014. Ville de Fontainebleau (Conseil en communication et relation presse pour la démolition de la Halle du Marché)Le Parisien, Ville de Soisy-sous-Montmorency (Conception des supports de communication)
Divers
L'entreprise publique France Télévisions. Le cabinet médical de Roland Copé.
Affaires judiciaires Mairie de Saint-Maur-des-Fossés : prestations non réalisées Entre et , la société aurait signé plusieurs contrats avec la mairie de Saint-Maur-des-Fossés pour un montant de . D'après L'Express, de prestations n'auraient pas été exécutées par la société. Le parquet de Créteil a ouvert une enquête préliminaire en 2013. En , le maire Henri Plagnol est reconnu coupable de complicité de détournement de fonds publics et condamné à trois ans d'inéligibilité et un an d'emprisonnement avec sursis.
France Télévisions : mises en examen pour favoritisme En 2008, alors que son fondateur Bastien Millot quitte son poste de directeur délégué à France Télévisions, Le Canard enchaîné révèle que le jour de son départ, plusieurs contrats auraient été signés entre les deux entreprises pour un montant de . Le Canard enchaîné révèle également que des contrats de prestation ont été renouvelés pendant six ans sans faire l'objet d'appel d'offres. Pendant quatre ans, Bygmalion empoche ainsi 1,2 million, selon Le Canard enchaîné.
En , Patrick de Carolis, l'ancien PDG de France-Télévisions, et Camille Pascal, l'ancien secrétaire général du groupe France Télévisions, sont mis en examen pour favoritismeFrance Télé : Patrick de Carolis soupçonné de favoritisme. France Info, 23 avril 2014.. Parallèlement, Bastien Millot est mis en examen pour « recel de favoritisme »Bygmalion : surfacturations à l'UMP, favoritisme à France Télévisions. Libération, 22 avril 2014..
Par un arrêt remarqué du , la chambre criminelle de la Cour de cassation valide la procédure d'instruction suivie contre Patrick de Carolis et Camille Pascal : le délit peut être caractérisé même si le favoritisme ne concerne pas des marchés régis par le code des marchés publics ; la loi pénale française n'est pas contraire au droit de l'Union européenneTexte de l'arrêt du 17 février 2016..
Affaire UMP-Bygmalion
En , une enquête du magazine Le Point, accusant la société d'avoir surfacturé des prestations de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, met en cause les liens d'amitié entre les deux dirigeants de l'entreprise et Jean-François Copé, secrétaire général puis président de l'UMP.
En , Libération révèle que l'UMP a payé, pendant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, 20 millions d'euros à Bygmalion, et affirme que certains des événements rétribués n'ont jamais eu lieuFactures de l'UMP : Pierre Lellouche affirme ne pas être le bon «pigeon».. La filiale de Bygmalion Event & fait l'objet d'une enquête préliminaire pour « faux, abus de biens sociaux et abus de confiance »Affaire Bygmalion : l'UMP aurait réglé près de 20 millions d'euros, TF1, 15 mai 2014.. Le , Patrick Maisonneuve, avocat de la société, déclare que Bygmalion s'est vu « imposer » des factures litigieuses « à la demande » de la direction de l'UMP, et explique que les fausses factures seraient un montage pour dissimuler les dépassements de frais de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2012. Au cours de l’enquête, Franck Attal, patron d'Event et , déclare aux policiers que Bastien Millot et Guy Alvès avaient accepté la proposition faite par Jérôme Lavrilleux et Éric Cesari, de « rentrer dans l'irrégularité » par ce système de fausses factures, ce que Guy Alves confirme aux enquêteurs.
De nouveaux soupçons de surfacturation font surface le , avec un article du Canard enchaîné qui révèle que dès 2010, certaines prestations furent facturées par Bygmalion à l'UMP et à son groupe parlementaire « 700 fois le prix habituellement demandé par d'autres entreprises »Les bonnes affaires de Bygmalion avec le groupe UMP, selon « Le Canard enchaîné », Les Échos, 25 juin 2014.. L'hébergement mensuel du site de l'UMP a coûté 3 588 euros par mois en 2011 et jusqu'à plus de 22 000 euros pour le mois de novembre, une prestation qui d'ordinaire ne coûte que 5 à 21 euros par mois, soit « 250 à 1 000 fois moins cher »Bygmalion : le trop cher hébergement du site du groupe UMP, Le Monde, 25 juin 2014.. En 2010, Bygmalion a facturé 638 038,10 euros pour le site internet des députés UMP, une prestation qui d'ordinaire coûte aux alentours de 3 000 euros par anLes folles dépenses de l'UMP avec Bygmalion, Contribuables associés, 25 juin 2014.. La lettre d'information du groupe UMP (trois paragraphes de texte, une photo et quelques extraits de discours), envoyée aux députés du parti, fut facturée 172 415,36 eurosBygmalion: le groupe UMP à l'Assemblée a payé 638.000 euros pour son site Internet en 2010, Huffington Post, 25 juin 2014.. Autre exemple, le parti a payé 232 598,08 euros en 2010 pour la création de plusieurs « minisites » internet, en réalité « de simples pages d'accueil squelettiques ». Enfin, plusieurs personnalités de l'UMP furent rémunérées par Bygmalion, dont Guillaume Peltier et Geoffroy DidierLes factures mirobolantes de Bygmalion au groupe UMP de l'Assemblée nationale, Le Figaro, 25 juin 2014..
Le , après deux jours de garde à vue, Bastien Millot et Guy Alves sont mis en examen pour abus de confiance, complicité de faux et usage de faux par les juges chargés de l'information judiciaire ouverte pour « faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d’escroquerie »Les deux fondateurs de Bygmalion mis en examen Libération le octobre 2014. Franck Attal, ex-patron de la filiale Event & , est lui mis en examen pour faux et usage de faux. Le lendemain, Éric Cesari, ancien directeur général de l'UMP, Fabienne Liadzé, ex-directrice financière de l'UMP, et Pierre Chassat, ex-directeur de la communication de l'UMP, sont interpellés et placés en garde à vueAffaire Bygmalion : trois anciens cadres de l'UMP en garde à vue, Le Monde, le 2 octobre 2014. Le , ils sont tous les trois mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de confianceAffaire Bygmalion : trois ex-cadres de l'UMP mis en examen, Le Monde, le 4 octobre 2014 ».
Le , la Cour de cassation confirme définitivement le renvoi en procès de Nicolas Sarkozy pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012. Un procès était suspendu depuis deux ans à la suite de nombreux recours . .
Le procès en première instance s'ouvre le et se poursuit jusqu’au .
Le jugement est rendu le . Les peines prononcées sont les suivantes :
Nicolas Sarkozy, reconnu coupable de financement illégal de campagne électorale, est condamné à un an de prison ferme.
Jérôme Lavrilleux et Guillaume Lambert, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, reconnus coupables d’abus de confiance et de complicité de financement illégal de campagne électorale, sont respectivement condamnés à trois ans de prison dont un avec sursis, et trois ans et demi de prison dont deux avec sursis. Philippe Briand, ancien député, reconnu coupable d'escroquerie, est condamné à deux ans de prison dont un an avec sursis et est privé d’éligibilité pour trois ans. Pierre Chassat, reconnu coupable d'abus de confiance, complicité d’escroquerie et financement illégal de campagne électorale, est condamné à trois ans de prison dont deux ans avec sursis et est privé d’éligibilité pour cinq ans. Le trésorier Philippe Blanchetier et les experts-comptables Marc Leblanc et Pierre Godet, reconnus coupables d'escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale, sont condamnés à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis et 60 000 euros d'amende. Eric Cesari est condamné à trois ans de prison dont deux fermes et Fabienne Liadzé à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis ainsi qu'une peine d’inéligibilité de cinq ans. Bastien Millot, cofondateur de Bygmalion, reconnu coupable de complicité d’usage de faux, complicité d’escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale, est condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 100 000 euros d'amende. Guy Alves, cofondateur de Bygmalion, reconnu coupable de complicité de faux, d’usage de faux, d’escroquerie et de financement illégal de campagne électorale, est condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, et 100 000 euros d'amende.