vignette|upright=1.8|Trajectoire estimée de l'avion, débris et zones de recherches sous-marines Le vol Malaysia Airlines 370 (numéros de vol MH370 et CZ748 via un partage de code avec China Southern Airlines) était un vol international régulier entre l'aéroport international de Kuala Lumpur, en Malaisie et l'aéroport international de Pékin-Capitale, en Chine. Le , ce vol a subitement disparu des écrans radar secondaires peu après son décollage de Kuala Lumpur. Le Boeing 777 qui assurait ce vol, avec à bord a disparu, plus de sept heures plus tard, dans le sud de l'océan Indien.

Le contrôle aérien a subitement perdu la trace de l'avion à la frontière de l'espace aérien vietnamien, au-dessus du golfe de Thaïlande. Un peu plus tard, le Centre de Contrôle des Opérations de la compagnie Malaysia Airlines perd aussi le contact par déconnexion de la liaison satellite Inmarsat mais s'en rend compte et le rapporte quatre heures plus tard. Dans ce laps de temps, il fournit plusieurs informations erronées semant la confusion au sein du contrôle aérien.

L'analyse des données enregistrées par les radars primaires montre que l'avion a soudainement fait demi-tour, traversé la péninsule Malaise par une route survolant la frontière thaïlandaise, puis changé de cap par trois fois pour contourner l'île de Penang et rejoindre le milieu du détroit de Malacca, qu'il a remonté jusqu'à la mer d'Andaman, à la limite de portée du radar de la base militaire de Butterworth dans l'État de Penang. Quelques instants plus tard, l'avion s'est reconnecté au satellite Inmarsat, sans que l'envoi automatique de données ne reprenne, ni que l'équipage ne réponde au téléphone ou aux messages. L'analyse des signaux émis pendant six heures suggère que l'avion a changé une nouvelle fois de cap et poursuivi son vol, avant de s'abîmer en mer, dans le sud de l'océan Indien.

Après trois ans de recherches infructueuses, le rapport final du Ministère des transports malaisien a conclu à un accident dont la cause n'est pas établie, ce qui a provoqué de nombreuses réactions et théories. Bien que des débris aient été retrouvés dans l'ouest de l'océan Indien, l'épave principale n'a pas été retrouvée malgré douze ans de recherche, l’avion est considéré comme disparu.

C'était alors l'accident le plus meurtrier impliquant un . Mais quatre mois plus tard, le , celui du vol Malaysia abattu par un missile surface-air dans l'est de l'Ukraine l'a surpassé (). Ces deux catastrophes ont entraîné d'importants problèmes financiers pour Malaysia Airlines, qui a dû être renationalisée par le gouvernement malaisien en .

Aperçu Le à , le Boeing 777 de Malaysia Airlines décolle de l'aéroport international de Kuala Lumpur à destination de Pékin, avec à son bord , d'équipage et de fret. Trente-huit minutes après son décollage, l'avion quitte l'espace aérien malaisien. Au contrôle aérien du centre en route de Kuala Lumpur qui le transfère au centre de Hô Chi Minh-Ville en lui donnant la fréquence radio, le copilote, croyait-on d'abord, envoie la dernière communication radio () à le (heure de la Malaisie).. Ce faisant, il n’a pas confirmé la fréquence radio assignée, ce qui n’est pas conforme aux procédures de radiotéléphonie.. Fin , les médias annoncent qu'il s'agissait plutôt du commandant Zaharie Ahmad Shah, aux dires de son épouse et d'autres membres de sa famille.. Il ne prend pas contact avec le contrôle vietnamien. Le transpondeur est alors réglé sur un mode qui ne communique pas l’altitude. Quelques secondes plus tard, le transpondeur ne répond plus et l'avion disparaît des écrans radar secondaires. La connexion par satellite de type ClassicAero, opérée par la société britannique Inmarsat, est aussi interrompue, les messages et les rapports automatisés (ACARS de la SITA) ne peuvent plus être transmis à la compagnie et à son fournisseur Rolls-Royce. Les jours suivants, on apprendra que, dans ce laps de temps, l’avion a fait demi-tour.

Pendant des heures, la confusion a régné dans le contrôle aérien des pays concernés ainsi qu’au Centre de Contrôle des Opérations de la compagnie, et l’on ne sait toujours pas dans quelle mesure l’armée malaisienne, qui est de toute façon restée inactive, a été informée de l’incident.

Un avion anonyme a laissé des traces sur des radars civils et militaires pendant l'heure qui suit la disparition. Après recoupements, l'enquête déterminera qu'il s’agissait du MH370. L'appareil a fait demi-tour et a traversé la péninsule malaise en direction de l'île de Penang, empruntant une route chevauchant la frontière thaïlandaise.

Après avoir contourné l'île de Penang, il a changé de cap pour rejoindre le milieu du détroit de Malacca qu'il a remonté jusqu'à la mer d'Andaman, à la limite de portée du radar, à environ au nord-ouest de l'île de Penang. Alors que toutes les communications avaient été interrompues pendant ce trajet de plus d'une heure, l'avion se reconnecte au réseau Inmarsat. À travers le satellite géostationnaire Inmarsat-3 F1, il se reconnecte à la station au sol de Perth, sur la côte ouest d'Australie-Occidentale.

Cependant l'ACARS ne reprend pas ses rapports et personne ne répond au téléphone. Après chaque heure d’inactivité, la station de Perth interroge le système satellite de l’avion, lequel répond être toujours actif. L'analyse par Inmarsat de ces sept groupes de signaux radio automatiques, enregistrés pendant six heures, révélera, deux semaines plus tard, que l'avion avait une nouvelle fois changé de cap et continué son vol sept heures après la perte de contact, jusqu'.

Les recherches, les plus coûteuses de l'histoire de l'aviation, se sont d'abord concentrées sur la mer de Chine méridionale puis la mer d'Andaman, avant que l'analyse des données Inmarsat ne les oriente dans le sud de l'océan Indien, au large des côtes de l'Australie, sur une surface maritime de , sans parvenir à localiser l'avion durant trois ans..

Entre 2015 et 2016, plusieurs débris marins échoués dans l'ouest de l'océan Indien sont identifiés comme provenant de l'avion. Après l'arrêt des recherches officielles en , une campagne privée menée à partir de par la société Ocean Infinity se solde également par un échec au bout de six mois. Une nouvelle campagne de recherches par Ocean Infinity a repris en et s'est achevée, sans résultats probants, en ...

À divers stades de l'enquête, l'hypothèse d'une hypoxie ou d'autres scénarios de détournement, y compris avec implication de l'équipage ou de passagers, sont envisagés. Toutefois, le rapport final du ministère malaisien des transports en n'apporte aucune conclusion sur la cause de la disparition.

La communication officielle chaotique dans les jours qui suivirent la disparition a suscité de vives critiques de la part du gouvernement et du public chinois, en particulier de la part des proches des passagers, la majorité des personnes à bord étant d'origine chinoise.. De nombreuses théories ont été imaginées et rapportées par les médias.

En l'absence d'une explication définitive, les recommandations et réglementations de sécurité de l'industrie du transport aérien mentionnant le visent principalement à empêcher la répétition des circonstances associées à sa disparition. Elles prévoient notamment l'augmentation de l'autonomie des piles des balises de localisation sous-marines, l'allongement des durées des enregistreurs de vol, ou encore la mise en place de nouvelles normes concernant les rapports de position des aéronefs au-dessus des océans.

Il s'agit du deuxième cas de disparition d'un avion avec plus de cent personnes à bord, après celui d'un Lockheed L-1049 Super Constellation de la Flying Tiger Line, affrété par l'armée américaine, survenu le entre l'île de Guam et les Philippines..

Aéronef vignette|Poste de pilotage du disparu de Malaysian Airlines (2004).|alt=Photographie du poste de pilotage du Boeing 777 disparu de Malaysian Airlines, prise en 2004.

L'avion impliqué, un Boeing 777-200ER immatriculé 9M-MRO, avait effectué son premier vol le , ayant été livré neuf à Malaysia Airlines le . Il était motorisé par deux réacteurs Rolls-Royce Trent 892. Selon la compagnie aérienne, il avait cumulé de vol Malaysia Airlines MH370 Flight Incident - Media Statement malaysiaairlines.com, 11 mars 2014. En 2012, l'extrémité d'une de ses ailes avait été endommagée lors d'une collision au sol..

Passagers et équipage Il y avait à bord , dont cinq enfants et douze membres d'équipage. Les deux tiers des passagers étaient Chinois, et les autres issus de treize nationalités différentes..

Les 12 membres d’équipage – deux pilotes et 10 membres d’équipage – étaient des citoyens malaisiens.

Le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, avait rejoint Malaysia Airlines en 1981 et totalisait de vol. Le copilote était Fariq Abdul Hamid, , depuis 2007 dans la compagnie, avec de vol. Il était copilote de Boeing 737 depuis 2010 puis était passé sur Airbus A330 en 2012. En , il a commencé sa formation de copilote de Boeing 777-200. Il en était à son sixième vol dans le cockpit d’un 777. C'était son premier vol sans copilote formateur supplémentaire pour le superviser. Il devait être qualifié lors de son prochain vol. Le commandant de bord était son instructeur sur ce vol.. Le chef de cabine principal, Patrick Gomes, , père de quatre enfants, avait rejoint Malaysia Airlines en 1979..

+ Bilan des victimes (par nationalité et par nombre de victimes) Nationalités (14) Passagers Équipage 152Un passager asiatique voyageait probablement avec un faux passeport chinois. 38 12 7 6 5 4 3 2 2Deux passagers voyageant avec un passeport volé, l'un autrichien et l'autre italien, étaient en fait iraniens. 2 2 Hong Kong 1Un citoyen de Hong Kong initialement présenté comme étant originaire de Chine continentale, 1 1 1 Total à bord 239

Un passager asiatique voyageait probablement avec un faux passeport chinois. En effet, sur la liste des passagers fournie par Malaysia Airlines, un passager avait un passeport chinois dont le numéro (G25****18) est celui du passeport d'un ressortissant chinois originaire de la province côtière du Fujian (Fukien) dont le nom ne correspond pas à celui communiqué par Malaysia Airlines. L'intéressé, qui n’a pas quitté le Fujian, a déclaré que son passeport n'avait jamais été perdu ni volé..

Une société américaine, Freescale Semiconductor, a déploré la perte de vingt de ses employés qui empruntaient ce vol pour se rendre à une réunion d'affaires à Pékin. Douze de ces employés étaient malaisiens et huit de nationalité chinoise..

Fret vignette|upright=2|Extrait des documents de fret du vol, relatif à l'expédition des talkies walkies Motorola depuis l'aéroport international de Penang, incluant des détails sur les batteries lithium-ion. La cargaison a retenu l'attention des enquêteurs et alimenté beaucoup de spéculations. Le transportait de fret. Parmi cette cargaison, quatre conteneurs standardisés contenaient des mangoustans pour un total de . Hors saison dans l’hémisphère nord, ces fruits tropicaux étaient expédiés par une entreprise d’import-export qui achète aussi des fruits dans l’hémisphère sud, notamment en Indonésie. Selon le chef de la police malaisienne, Khalid Abu Bakar, les personnes ayant manipulé les mangoustans ainsi que les importateurs chinois ont été interrogés afin d'écarter toute piste de sabotage.