Kirikou et la Sorcière est un long métrage d'animation franco-belgo-luxembourgeois réalisé par Michel Ocelot et sorti en 1998. Adapté d'un conte africain, le film raconte les aventures de Kirikou, un garçon minuscule mais à l'intelligence et à la générosité hors du commun, dans sa lutte contre la sorcière Karaba, qui tyrannise les habitants du village à l'aide de ses pouvoirs maléfiques et d'une armée de fétiches. Par son scénario, ses graphismes, sa musique et ses doublages, Kirikou s'inspire au plus près des cultures de l'Afrique de l'Ouest.

Premier long métrage de Michel Ocelot, Kirikou et la Sorcière remporte un succès critique et commercial inattendu, avec près d'un million d'entrées au cours de sa première exploitation en France. Ce succès exerce une influence très positive sur le développement de l'industrie de l'animation en France et sur le financement d'autres longs-métrages animés dans le pays au cours des années suivantes.

Kirikou et la Sorcière a été suivi d'un deuxième film, Kirikou et les Bêtes sauvages, sorti en 2005, qui raconte d'autres aventures de Kirikou prenant place pendant les événements du premier film, puis d'un troisième film sur le même principe, Kirikou et les Hommes et les Femmes, fin 2012. Le personnage de Kirikou a également été décliné sur d'autres supports tels que des livres pour la jeunesse, un jeu vidéo et des films documentaires.

Synopsis L’histoire se déroule dans un village ouest-africain intemporel et conte les aventures de Kirikou, un petit garçon qui parle déjà dans le ventre de sa mère, Madela, et qui s’enfante tout seul. Le village est frappé par la malédiction d'une puissante sorcière, Karaba, qui fait régner la terreur à l’aide d’une armée de fétiches animés. La source proche du village est asséchée et tous les hommes ont disparu. Kirikou veut savoir pourquoi Karaba est une sorcière tellement méchante et décide d’aider les villageois.

Les hommes partis combattre Karaba ont disparu : la rumeur dit qu’elle les aurait mangés. À peine né, Kirikou commence par sauver son oncle, Apo, parti affronter la sorcière, en se cachant sous son chapeau pour le conseiller. Le petit garçon parvient à faire échanger ce que Karaba prend pour un chapeau magique contre la promesse de laisser le village en paix. Mais la sorcière finit par découvrir la ruse et poursuit ses menaces. Elle réclame le peu d’or qui reste aux femmes du village – celles-ci s'exécutent, mais Karaba envoie ensuite des fétiches inspecter les maisons, et, lorsqu’ils découvrent un bijou caché par l’une des femmes, ils brûlent sa maison devant les villageois impuissants car privés d’eau.

Madela explique à son enfant que la source est maudite et ne donne plus d’eau, ce qui contraint les villageois à aller puiser au marigot, beaucoup plus loin. Ayant accompagné sa mère au marigot, Kirikou surveille les enfants qui jouent à la rivière. Karaba tente par deux fois de les enlever, d’abord à l’aide d’une pirogue ensorcelée, ensuite par le biais d’un arbre maléfique ; mais à chaque fois, Kirikou sauve les enfants. Il s’aventure ensuite jusqu’à la source maudite, et, grâce à sa taille minuscule, parvient à s’introduire dans le conduit asséché. Ayant découvert qu’une énorme créature a élu domicile dans la grotte et y boit toute l’eau, il la tue : l’eau afflue de nouveau, mais Kirikou manque de périr noyé.

En discutant avec Kirikou, sa mère lui apprend que le seul homme capable de savoir pourquoi Karaba est méchante est le sage, son grand-père, qui vit dans la montagne interdite, derrière la case de Karaba. Mais la sorcière défend à quiconque de passer – d’autant plus que le fétiche guetteur est très vigilant et n’hésite pas à alerter sa maîtresse à tout moment.

Kirikou, ayant mis au point une ruse avec l’aide de sa mère, passe par le sous-sol en empruntant les conduits de plusieurs terriers où il doit affronter une zorille, se lie d'amitié avec des rats palmistes, et parvient à atteindre la montagne sans être aperçu par le fétiche guetteur. Peu après, il voyage alors à travers la forêt puis sur la montagne, où il doit faire face à une huppe fasciée puis à un dangereux phacochère. En fin de compte, il atteint la grande termitière où séjourne le sage. Celui-ci apprend à Kirikou que Karaba doit sa méchanceté et ses pouvoirs maléfiques à une épine que des hommes lui ont enfoncée dans le dos, et qui la fait atrocement souffrir. Kirikou décide alors d’ôter l’épine à la sorcière.

De retour près de la case de Karaba, Kirikou y pénètre en passant par le sous-sol pour reprendre plusieurs bijoux volés par la sorcière. Il part ensuite les enterrer dans la forêt près du village. Folle de rage, Karaba est résolue à tuer Kirikou. Après que sa vipère a échoué à atteindre l'enfant, elle sort de sa case et commence par aller déterrer les bijoux elle-même. Mais c’est une ruse : pendant qu’elle se penche, Kirikou saute sur son dos et lui enlève l’épine. Karaba hurle si fort qu'elle se fait entendre par les villageois interloqués.

Libérée de la douleur et du maléfice, Karaba redevient elle-même. Kirikou, en remerciement, lui demande de l’épouser, mais Karaba lui objecte qu’il est trop jeune. Alors, il n’obtient qu’un baiser, mais ce baiser suffit à le faire grandir instantanément et à le rendre adulte.

Aussitôt, Kirikou rentre au village accompagné de Karaba. Méconnaissable pour les villageois, il est finalement reconnu par sa mère. Les villageois, qui veulent venger les hommes du village que Karaba a fait disparaître, s’apprêtent à la tuer, lorsque soudain tous les hommes reviennent en cortège au son des tam-tam, accompagnés par le sage de la montagne. Celui-ci explique que Karaba ne mangeait pas les hommes, mais les changeait en « objets obéissants » pour les asservir ; Karaba a perdu ses pouvoirs et le sortilège est levé. Le village, de nouveau au grand complet, se réjouit du retour des disparus, et Kirikou embrasse Karaba.

Fiche technique Réalisation : Michel Ocelot Scénario et dialogues : Michel Ocelot Scénarimage : Michel Ocelot Décors : Anne-Lise Koehler et Thierry Million Animation : Exist Studio (Hongrie), Rija Studio (Lettonie), Odec Kid Cartoons (Belgique) Son : Philippe Brunot, Paul Gagnon Montage : Dominique Lefever Musique originale : Youssou N'Dour Production : Didier BrunnerFiche du film sur Unifrance, consulté le 31 août 2011. ; Production exécutive : Didier Brunner, Paul Thiltges, Jacques Vercruyssen, Violette Vercruyssen, Vilnis Kalnaellis (à Riga), Arlette Zylberberg (pour la RTBF) Sociétés de production : Sociétés de production déléguées : Les Armateurs, Trans Europe Film Sociétés de production étrangères : Odec Kid Cartoons (Belgique) Autres sociétés participant au financement : Canal+ (participation), Exposure, France 3 Cinéma, Procirep, Studio O, Trans Europe Film (France), Fonds national de soutien à la production audiovisuelle, Monipoly (Luxembourg), RTBF (Belgique) Société de distributionInformations complètes du film sur l'Internet Movie Database, consulté le 20 février 2011. : Gébéka Films (France) Budget : environ eurosPage Box-office/Business sur l'Internet Movie Database, consulté le 16 février 2011. Pays de production : France, Belgique, Luxembourg Langue : français Durée : minutes Format : couleur — 35 mm — 1,66:1 — Dolby SR Dates de sortiesDates de sortie du film sur l'Internet Movie Database, consulté le 20 février 2011. : France : ; Belgique : ; Suisse : ; Québec : ;

Distribution Voix françaises

Doudou Gueye Thiaw : Kirikou Awa Sène Sarr : Karaba (la sorcière) Maimouna N'Diaye : Madela (la mère de Kirikou) Robert Liensol : le sage dans la montagne (le grand-père de Kirikou) William Nadylam et Sébastien Hébrant : Kirikou adulte Thilombo Lubambu : Apo (l'oncle de Kirikou) Marie-Augustine Diatta : Monkuga (la femme forte) Moustapha Diop et Samba Wane : Djohodo (le fétiche sur le toit) Isseu Niang : Izari (la femme maigre) Selly Raby Kane : la grande fille Erick Patrick Correa : le grand garçon Adjoua Barry : la fille moyenne Charles Édouard Gomis Correa : le garçon moyen Marie-Louise Shedeye Diiddi : Zouya (la petite fille) Abdoulaye Diop Yama : Aboulou (le vieillard) Joséphine Theodora M'Boup : Kobab (la femme moyenne) Tabata N'Diaye : Vineya (la femme âgée) Aminatha N'Diaye : Swaya (la femme-mère) François Chicaïa : l'homme du village N'Deyé Aïta N'Diaye : Dnayam (la femme du village) Abdou El Aziz Gueye : Rowadou (l'homme du village) Boury Kandé : Ustouri (la femme du village) Assy Dieng Bâ : le cri de Karaba (lorsque Kirikou lui enlève son épine dans le dos) Michel Elias : voix, sons et bruitages des animaux

Source et légende : Version française (V. F.) sur AnimeLand« Fiche du film + doublage français » sur AnimeLand.com

Production Financement vignette|upright|Michel Ocelot, réalisateur de Kirikou et la Sorcière (ici à Montreuil en 2012). Kirikou et la Sorcière est un film à petit budget : l'un des producteurs, Didier Brunner, explique cela par le fait que le film fait figure de projet d'art et d'essai aux yeux des investisseurs, par distinction avec d'autres projets plus commerciaux (comme Le Château des singes de Jean-François Laguionie, plus proche des dessins animés grand public à la Disney)Entretien de Gilles Ciment avec Didier Brunner (producteur de Kirikou) et Patrick Moine (producteur du Château des singes) en avril 2000, paru dans Positif, n° 472, juin 2000.. Le budget prévu, bien que petit, n'est pas facile à réunir, et son rassemblement prend du temps. Les premiers fonds réunis sont une avance sur recettes du Centre national de la cinématographie de 2,2 millions de francs, et une participation de la chaîne Canal+ à hauteur de 3,5 millions de francs ; le reste du budget est rassemblé à l'international, ce qui a pour résultat d'éparpiller la production entre plusieurs pays (comme cela se fait plutôt pour les séries télévisées) et la rend plus compliquée. Le film bénéficie largement des aides accordées par plusieurs institutions : le CNC, le Fonds Eurimages du conseil de l'Europe, le Programme média de l'Union européenne, le Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Communauté française de Belgique, l'Agence de coopération culturelle et technique, le Fonds international de soutien à la production audiovisuelle du Luxembourg, et la Procirep.

Deux ans sont nécessaires au financement du film, et quatre ans à la fabrication proprement dite. Le budget final du film s'élève à 25 millions de francs d'alors, soit 3,8 millions d'euros..

Scénario