vignette|En 1801, la découverte de Cérès démontre l'utilité de la constante gravitationnelle de Gauss. La constante gravitationnelle de Gauss est un paramètre utilisé en astronomie pour les calculs de mécanique céleste effectués en unités du système astronomique (jour, masse solaire, unité astronomique) plutôt qu'en celles du Système international d'unités (seconde, kilogramme, mètre).. Ce paramètre n'est constant que pour un système donné : dans un autre système planétaire, satellite naturel ou stellaire, cette constante aurait une valeur différente. En l'absence de précision, c'est de la constante associée au Système solaire que l’on parle.
Mise en évidence En mécanique céleste non relativiste, dans le cadre du problème à deux corps à symétrie sphérique et isolés, il existe une loi qui relie la période et le demi-grand axe de l'orbite relative de l'objet secondaire de masse au produit de la masse de l'objet primaire par la constante de la gravitation : .
Prenons comme unité de masse : ; prenons une unité de temps telle que : , et permettant d'exprimer le moyen mouvement de l'objet secondaire : . Considérons que la masse de l'objet secondaire est négligeable par rapport à celle de l'objet primaire ; et notons : .
Il est alors possible de définir une unité de longueur : , telle que : , où est la constante de Gauss.
Dans le système précité d'unités : , soit : .
Ainsi, avec où est l'année gaussienne.
Histoire L'éponyme de la constante de Gauss est Carl Friedrich Gauss (-), qui l'a proposée en dans sa (« Théorie du mouvement des corps célestes parcourant des sections coniques autour du Soleil » Théorie du mouvement…, trad. et notes par Edmond Dubois, éd. Arthus Bertrand, 1864 ; reprint, Jacques Gabay, 2008, ; Gallica texte sur internet.). Gauss semble l'avoir utilisée dès afin de prédire l'orbite de Cérès, découverte le par Giuseppe Piazzi et que celui-ci avait perdue de vue. Avant Gauss, Isaac Newton avait lui-même utilisé la constante.
Dès , Jean-Baptiste Delambre (-) présente la constante dans son compte-rendu de l'ouvrage de Gauss pour la Connaissance des temps.
En , Urbain Le Verrier (-) ouvre un débat sur la question de savoir si la valeur numérique de la constante de Gauss ne devrait pas être modifiée.
En , Simon Newcomb (-) publie ses (« Tables du Soleil ») dans lesquelles il adopte la notation et les valeurs de la constante que Gauss avait lui-même proposées.
En à Stockholm, la de l'Union astronomique internationale (UAI) adopte à l'unanimité une résolution présentée par la commission des éphémérides et fixant la constante de Gauss à k = par jour solaire moyen pour .0.
En à Grenoble, la de l'UAI adopte une recommandation en vertu de laquelle la constante de Gauss devient la du système astronomique d'unités. Sa valeur reste celle adoptée en et sert à définir l'unité astronomique de longueur.
En à Pékin, la de l'UAI adopte une résolution qui redéfinit l'unité astronomique de longueur comme une ; cessant ainsi d'être une servant à définir l'unité astronomique de longueur, la constante de Gauss est supprimée du système des constantes astronomiques.
Dérivation par Gauss
Gauss énonce les lois qui, en mécanique céleste newtonienne, régissent le mouvement képlérien, non perturbé, d'un système de deux corps en interaction gravitationnelle.
Dans ce cadre, l'équation de l'orbite s'écrit : , qui est l'équation, en coordonnées polaires , d'une conique paramétrée par et où : est l'anomalie vraie ; est le paramètre de l'orbite ; est son excentricité ; est la fonction cosinus. Puis il définit sa constante par : , où : est le double de l'aire balayée, dans le temps , par le rayon vecteur mené du Soleil à l'astre ; est le paramètre de l'orbite de l'astre ; est la masse de l'astre en unité de masse solaire. Puis Gauss considère le cas d'une orbite elliptique où , pour une période de révolution complète, est donnée par : , où : est le demi-grand axe de l'orbite. Cela lui a permis de définir par : . Puis, pour définir un système d'unités et calculer la valeur de dans celui-ci, Gauss considère le cas de la Terre. Il prend le jour solaire moyen pour unité de temps et le demi-grand axe de l'orbite de la Terre pour unité de longueur. Puis il calcule la valeur de à partir des valeurs suivantes : ; . Il obtient : .
Notation et valeur
Notation La constante de Gauss est couramment notée , correspondant à la lettre K minuscule de l'alphabet latin, initiale de l'allemand (constante).
Expression Depuis , la constante de Gauss est donnée par la relation : , où : est la constante de la gravitation, est la masse du Soleil, et : leur produit est la constante héliocentrique de la gravitation.
recommandées du paramètre de masse solaires sont :
Dimension et unité La dimension du carré de la constante de Gauss est celle de la constante de gravitation : , où et sont la dimension du carré de la constante de Gauss et celle de la constante de gravitation.
La dimension de la constante de Gauss est celle de la vitesse angulaire ou pulsation :
où est la dimension d'une vitesse et la dimension d'un angle plan, grandeur adimensionnelle.
Bien que, dans le Système international d'unités, l'unité dérivée pour la vitesse angulaire, ou pulsation, soit le radian par seconde, la constante de Gauss est habituellement exprimée en radian par jour.
Valeur
Dans le système astronomique d'unités, la constante associée au Système solaire vaut :
avec : l'unité astronomique, le jour solaire moyen, la masse solaire.
Si, à la place du jour solaire moyen, on utilise l'année sidérale comme unité de temps, la valeur de est alors très proche de .
Cette valeur de , calculée par Gauss, est encore en usage.
Déterminations contemporaines
Simon Newcomb la recalcule pour son .
Interprétation La constante de Gauss représente la vitesse angulaire moyenne, en radian par jour, à laquelle une particule de masse infinitésimale se déplacerait, autour du Soleil, sur une orbite newtonienne circulaire non perturbée de rayon approximativement égal à la distance moyenne entre le Soleil et la Terre.
Applications
Année gaussienne
Une année gaussienne est l'année sidérale d'une planète hypothétique d'une masse négligeable par rapport à celle du Soleil, dont l'orbite ne serait pas perturbée par les autres planètes et qui serait gouvernée par la constante gravitationnelle de Gauss (dans le cadre de la troisième loi de Kepler). De ces contraintes, on en déduit que l'année gaussienne est égale à (soit ).
Définition de la seconde De 1956 à 1967, la constante gravitationnelle de Gauss est à la base de la définition internationale de la seconde. Elle fait partie du système astronomique d'unités depuis 1952.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
. . .
. . . . . . .
Publication de Carl Friedrich Gauss , réimpr. : :
Publication d'Urbain Le Verrier .
Publication de Simon Newcomb .
Publications de l'Union astronomique internationale
Publications du Bureau international des poids et mesures
Publications du Bureau des longitudes .
. .
Publications de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides
Articles connexes Constante gravitationnelle
Liens externes Gaussian Gravitational Constant sur
gravitationnelle de Gauss, constante Catégorie:Gravitation Catégorie:Carl Friedrich Gauss